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	<title>Lady Macbeth de Mtsensk - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 15 Dec 2025 12:30:58 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Lady Macbeth de Mtsensk - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>CHOSTAKOVITCH, Lady Macbeth de Mzensk &#8211; Milan (streaming)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/chostakovitch-lady-macbeth-de-mzensk-milan-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Dec 2025 16:18:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Par chance cette production puissante et magnifique de l’opéra de Chostakovitch aura été captée en direct par la Rai et reste disponible via Arte Concert.Belle audace de la Scala que de choisir Lady Macbeth pour l’ouverture de sa saison (et pour la toujours très cossue Saint-Ambroise) et de la confier de surcroît au jeune encore &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Par chance cette production puissante et magnifique de l’opéra de Chostakovitch aura été captée en direct par la Rai et reste disponible via Arte Concert.<br />Belle audace de la Scala que de choisir <em>Lady Macbeth</em> pour l’ouverture de sa saison (et pour la toujours très cossue Saint-Ambroise) et de la confier de surcroît au jeune encore (42 ans) metteur en scène <strong>Vasily Barkhatov</strong>, très actif en Russie d&rsquo;abord puis dans le monde germanique, mais qui ne faisait que récemment ses débuts en France a<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/moussorgski-boris-godounov-lyon/">vec le <em>Boris Godounov</em> de l’Opéra de Lyon</a>.</p>
<p>À l’issue de la première, c’était un beau spectacle de voir l’orchestre de la Scala applaudir debout un <strong>Riccardo Chailly</strong> * rayonnant, lui qui sans nul doute avait milité pour ce choix, le cinquantenaire de la mort du compositeur n’étant, dit-il, qu’un prétexte pour monter une œuvre essentielle pour lui, et l’occasion pour son orchestre de donner une prestation « fébrile et maléfique » (ce sont ses mots).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="601" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Capture-decran-2025-12-10-a-09.47.19-1024x601.png" alt="" class="wp-image-205029"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Capture d&rsquo;écran</sub></figcaption></figure>


<p>La Scala a de toute évidence cassé sa tirelire et déployé le grand jeu pour un opéra qu’elle n’a pas représenté très souvent. On se souvient d’une production (en italien) avec Inge Borkh sous la direction de Nino Sanzogno en 1964, puis de la version originale dirigée en 1992 par Myung-Whun Chung, mise en scène par André Engel avec Mary Jane Johnson, puis de la production de 2007 par Richard Jones dirigée par Kazushi Ono avec Evelyn Herlitzius et Anatoli Kotscherga. Nul doute que la version 2025 restera dans les annales.</p>
<h4><strong>Colossal !</strong></h4>
<p>Tout commence dans la maison d’un riche marchand, Boris Timofeyevich Izmailov. ici, tout est tellement surdimensionné, l’immense salle de réception, les lustres, le personnel innombrable, cuisiniers, femmes de chambre, domestiques en tous genres, qu’on a le sentiment qu’on est plutôt chez un apparatchik haut de gamme à l’époque stalinienne.</p>
<p>L’essentiel du plateau est occupé par un hall luxueux, très 1930. Marbres, marqueteries, grandes verrières, balustrades en fer forgé, le vocabulaire Arts-Décos a largement inspiré le scénographe <strong>Zinovy Margolin</strong>. Un spectaculaire balcon en forme de pont roulant, sur lequel apparaîtra parfois une fanfare militaire de cuivres en uniformes blancs, se met en mouvement et modifie les perspectives.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/una-lady-macbeth-prove-4--1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-205033"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Brescia e Amisano</sub></figcaption></figure>


<p>Du côté gauche, un énorme praticable glisse pour venir occuper la scène : sur deux étages, ce sont les espaces privés, l’arrière-boutique peu reluisante. Avec tout en haut les cuisines où sera employé Sergueï, et en dessous, une manière de bureau crasseux, le lieu des secrets, des manigances sordides de Boris et des amours clandestines de Katerina. Un coffre-fort, un bureau, un lit sinistre, des toiles d’araignées sur les vasistas jaunâtres. On ne lésine pas sur les détails réalistes. Esthétique très cinéma (comme pour les costumes).</p>
<p>À intervalles réguliers, une trappe s’ouvre au centre de l’avant-scène et, des tréfonds, monte une petite table d’interrogatoire : le lieutenant de police y cuisine les témoins de l’affaire en prenant des notes. Les fiches de police, les empreintes digitales sont projetées en très grand sur un rideau, et les interrogés ont les doigts noircis par le tampon encreur. Un détail que la salle ne voit pas, évidemment, mais les caméras oui, qui captent le moindre détail de jeu. Très cinéma lui aussi.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/una-lady-macbeth-prove--1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-205043"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Sara Jakubiak et Oleg Budaratskiy © Brescia e Amisano</sub></figcaption></figure>


<p>Tout est vrai. Naturaliste. Le style ici, c’est en somme de ne pas styliser. Pas plus que sur le tape-à-l’œil de cet antre de parvenu (ou de puissant du régime), on ne lésine sur les détails vulgaires, sur les cravates moches ni les sentiments frelatés, sur les laideurs physique ni les laideurs d’âme. Chacun pourra y voir les allusions politiques qu’il voudra.</p>
<h4><strong>La fluidité de la fatalité</strong></h4>
<p>La mise en scène de Vasily Barkhatov ne respecte pas forcément le découpage du livret, mais elle atteste d’une lecture en profondeur de la partition, utilisant notamment les nombreux interludes musicaux pour mettre en image des scènes de transitions, et d’abord les comparutions devant le policier d’Aksinia, Sergueï, du Pope, etc.<br />Ainsi le premier monologue de Katerina devient-il sa réponse au policier qui l’interroge, un policier qui sera toujours là, stylo en main, quand elle entrera dans la salle à manger tout en continuant son récit (son premier lamento, et il y en aura beaucoup, où <strong>Sara Jakubiak</strong> déploiera toujours une superbe ligne de chant, extrêmement musicale en même temps qu’intensément sincère).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="942" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/una-lady-macbeth-prove-7--942x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-205044"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Sara Jakubiak © Brescia e Amisano</sub></figcaption></figure>


<p>Barkhatov travaille beaucoup la fluidité, et c’est sur un contrechant de basson, d’une goguenardise très Chostakovitch, qu’apparaîtront Boris, son beau-père, et Zinovy, son piètre mari.</p>
<p>Entouré d’un quarteron de pope et de militaires, <strong>Alexander Roslavets</strong> dessine Boris en homme de pouvoir autoritaire plutôt qu’en marchand libidineux, un tyran familial humiliant son fils, gros garçon impuissant, qui n’a pas encore réussi à donner un héritier à la dynastie (<strong>Yevgeny Akimov</strong> joue habilement de son physique pataud) et sa bru « froide comme un poisson ».</p>
<p>Tout de suite se remarque avec quel naturel, quelle fluidité Riccardo Chailly passe d’un ton de conversation (peu aimable, certes !) et de l’écriture chambriste des commentaires de l’orchestre (prédominance des bois), à un chœur démesuré de femmes de chambre, de cuisiniers, de sbires de tous poils (décidément Boris est davantage un oligarque qu’un marchand de farine).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/una-lady-macbeth-prove-5--1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-205034"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>à gauche Alexander Roslavets (Boris) © Brescia e Amisano</sub></figcaption></figure>


<p>&#8230; Avant de faire hurler toutes les couleurs de l’orchestre quand à l’étage des cuisines la soubrette Aksinia se fera quasiment violer par une brigade déchainée, une bonne trentaine de bonshommes dont le moins agressif n’est pas Sergueï (on apprendra qu’il s’est fait chassé de sa place précédente pour avoir fauté avec la patronne), Sergueï qui va mettre son grappin sur Katerina.</p>
<h4><strong>Une esthétique naturaliste</strong></h4>
<p>À peine aura-t-elle chanté le superbe lamento où elle dit toute sa frustration,« Le poulain court après la jument », et où Sara Jakubiak est magnifique sur les longues tenues lancinantes des cordes graves, que Sergueï partira à son assaut, une scène de séduction finissant en viol, que Barkharov leur fera rejouer, tous deux menottés, sous les yeux du policier et de ses acolytes (déchaînement orchestral jusqu’à un glissando de trombone explicite). Naturalisme à nouveau.</p>
<p>De même que la scène de beuverie à la vodka du deuxième acte sur fond de valse sarcastique, où Alexander Roslavets peut d’abord déployer sa belle voix, avant que dans un crescendo formidable s’y mêlent les râles amoureux de Sergueï et Katerina, puis l’entrée du chœur des ouvriers et que tout finisse par une séance de fouettage d’une brutalité glaçante (furie de l’orchestre et lamentations désespérées de Katerina &#8211; Sara Jakubiak trouve le moyen de chanter sans crier).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="668" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Sans-titre-5-1024x668.png" alt="" class="wp-image-205031"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Sara Jakubiak et Najmiddin Mavlyanov (Sergueï) &#8211; Capture d&rsquo;écran</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Un sordide assumé</strong></h4>
<p>On évoquait la fluidité des changements de climat dans la fosse. Pour ce qui est de la scène, on pourrait parler de fluidité dans le sordide : le coup de téléphone de Boris rappelant son fils, les ponctuations lancinantes des contrebasses, le récit de Katerina au policier, la scène des champignons empoisonnés, la mort du tyran que vient bénir un cuistot déguisé en pope (le vrai étant ivre mort), écho sardonique à Moussorgsky et à tous les Kremlins. Comme le cercueil rouge abandonné dans un coin et la fanfare des obsèques (somptueuse page orchestrale).<br />Tout s’enchaîne dans une esthétique hyper-réaliste s’appuyant sur l’écriture très cinéma de Chostakovitch.</p>
<p>Grand soprano lyrique, Sara Jakubiak (qui à son répertoire a aussi bien Salomé que Sieglinde, Elisabeth qu’Ariane) dessine une Katerina puissante et libre. Si intenses soient les situations (par exemple son quasi viol par le fantôme de Boris), la maîtrise vocale reste impeccable, la ligne tenue, toutes les couleurs du rôle, le lyrisme amoureux, l’ironie, la violence, bientôt la douleur et le désespoir, sont tour à tour éclairées.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/una-lady-macbeth-prove-11--1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-205040"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Le cercueil de Boris © Brescia e Amisano</sub></figcaption></figure>


<p>Les scènes d’action ne sont pas moins virtuoses, et d’abord le deuxième assassinat, celui du mari, Zinovy, revenu de sa tournée, étouffé sous un coussin par le couple maudit, un autre exploit du jeune Chostakovitch (24 ans), qui semble avoir déjà trouvé sa voix propre : du solo de violon un peu sentimental de l’attente jusqu’au déferlement furieux de l’orchestre, en passant par le tragico-goguenardo-grinçant quand l’amant sort de l’armoire où il s’était caché ou quand, jolie trouvaille du metteur en scène, on se débarrasse du cadavre en le fourrant dans le coffre-fort.</p>
<h4><strong>Les fantômes du remord</strong></h4>
<p>La scène du mariage commence avec le brillant numéro aviné de ce personnage qu’on appelle traditionnellement « le balourd miteux » (« pauvre diable » serait une meilleure traduction de <em>zadripannyy muzhichok</em>), le souffre-douleur bedonnant et touchant de Boris. <strong>Alexander Kravets</strong>, spécialiste du rôle, excelle dans le registre pathético-bouffon. C’est un de ces petits rôles que Barkhatov dessine attentivement, dans une subtile balance entre cruauté et dérision. La scène permet aussi d’entendre le beau timbre du chef de la police (<strong>Oleg Budaratskiy</strong>) et un chœur de soldats fortement charpenté par un <strong>Coro della Scala</strong> comme toujours éclatant.<br />Et sur un autre interlude musical étonnant de variété (avec une trompette solo évoquant le premier Concerto) entrera une escouade de dames 1930 (longues robes satinées et renard sur l’épaule), ambiance bal chez Staline.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="560" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Capture-decran-2025-12-12-a-16.00.30-1024x560.png" alt="" class="wp-image-205127"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Le fantôme de Zinovy &#8211; Capture d&rsquo;écran</sub></figcaption></figure>


<p>Un cauchemar pour Katerina : d’abord avec l’apparition du fantôme de Boris, puis de celui de Zinovy émergeant de la pièce montée… Ensuite tout ira très vite l’arrivée de la police, l’arrestation, et une surprise spectaculaire que nous n’allons pas spoiler, sauf pour dire que Barkhatov fait très fort !</p>
<h4><strong>Une douleur poignante</strong></h4>
<p>Très fort aussi et très puissant, le dernier acte, celui du bagne. Sur la route de Sibérie, l’un des prisonniers (<strong>Goderdzi Janelidze</strong>) chante la douleur des verstes qui s’ajoutent aux verstes, interminablement. Tandis que des femmes dépouillent Katerina de sa robe de mariée, d’autres au loin reprennent cette complainte.<br />Image poignante, ces femmes qu’on distingue à peine dans l’obscurité ce sont, recouvertes de manteaux sombres, les invitées de la noce. Image du totalitarisme. Rappel : 1934, c’est l’époque des grandes purges.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="620" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Capture-decran-2025-12-11-a-09.09.52-1024x620.png" alt="" class="wp-image-205064"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Sara Jakubiak et Najmiddin Mavlyanov &#8211; Capture d&rsquo;écran</sub></figcaption></figure>


<p>Un énorme camion vert-de-gris envahit la scène, il neige. Katerina, dans un nouvel air très pur, supplie Sergueï (son Serioja) de s’intéresser à elle, alors que lui n’a d’yeux que pour Sonietka (<strong>Elena Maximova</strong>). Le moment où Katerina, tout en continuant sa déploration accompagnée du cor anglais, monte sur le marchepied du camion pour se regarder dans le rétroviseur latéral est une des nombreuses images sensibles semées par Vasily Barkhatov au fil de sa mise en scène.</p>
<p>Trahie, bafouée, elle se réfugie sous le camion comme un animal traqué, tandis que Sergueï entreprend de séduise Sonietka, qui ne se fait pas prier pour quelques galipettes dans la cabine. <strong>Najmiddin Mavlyanov</strong> dessine un Sergueï tout d’une pièce, d’une voix solide, physiquement toujours crédible dans sa rudesse. Le rôle n’est guère flatteur. Il atteint son maximum de bassesse quand il suppliera Katerina de lui donner ses bas de laine pour les transmettre à Sonitka…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="753" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Capture-decran-2025-12-11-a-09.26.58-1024x753.png" alt="" class="wp-image-205067"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Sara Jakubiak &#8211; Capture d&rsquo;écran</sub></figcaption></figure>


<p>Toujours pour ménager la surprise de ceux qui regarderont le streaming de cette production, on ne dira rien sur la dernière image, sinon pour dire qu’elle est stupéfiante.</p>
<p>À la hauteur de « l’une des plus grandes œuvres du XXe siècle », comme le dit Riccardo Chailly. Servie par une sublime Sara Jakubiak. Et restituée dans toute sa force. Sa rudesse impitoyable.</p>
<pre>* Malheureusement, Riccardo Chailly a été pris d’un malaise lors de la deuxième représentation, le 10 décembre. Le spectacle a dû être interrompu à l’issue du deuxième acte. M. Chailly, que ses problèmes cardiaques avait amené à annuler une tournée en février dernier, a été conduit vers un service de soins intensifs. À l’heure où ces lignes paraissent, on ne sait si la représentation du 13 aura lieu, et si oui, qui la dirigerait.<br />_______________<br />Suite de l'histoire : Le 13, c'est le Maestro Chailly, qui revint au pupitre pour diriger l'opéra, et reçut une formidable ovation ! <em>(ajout du 15 décembre)</em></pre><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/chostakovitch-lady-macbeth-de-mzensk-milan-streaming/">CHOSTAKOVITCH, Lady Macbeth de Mzensk &#8211; Milan (streaming)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Milan : Riccardo Chailly renonce à Lady Macbeth de Mtsensk</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/milan-riccardo-chailly-renonce-a-lady-macbeth-de-mtsensk/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Dec 2025 08:53:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La saison du Teatro alla Scala s’est ouverte à Milan, comme de tradition, pour la Saint-Ambroise le 7 décembre. Cette année c’est Lady Macbeth du district de Mtsensk qui a les honneurs de l’affiche. Forum Opéra rend compte par ailleurs de ce spectacle disponible en streaming sur Arte Concert.Mercredi 10 décembre, la représentation a malheureusement &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La saison du Teatro alla Scala s’est ouverte à Milan, comme de tradition, pour la Saint-Ambroise le 7 décembre. Cette année c’est <em>Lady Macbeth du district de Mtsensk </em>qui a les honneurs de l’affiche. Forum Opéra <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/chostakovitch-lady-macbeth-de-mzensk-milan-streaming/">rend compte par ailleurs de ce spectacle disponible en streaming sur Arte Concert</a>.<br />Mercredi 10 décembre, la représentation a malheureusement été interrompue par le malaise du chef d’orchestre <strong>Riccardo Chailly </strong>(72 ans), qui a dû être transporté en soins intensifs dans le service cardiologie de l’hôpital Monzino de Milan . Le premier entracte avait été prolongé de quelques minutes, mais la représentation n’avait pu reprendre après le second « par respect pour le maestro » et « compte tenu de la complexité de la partition ».</p>
<p>On savait que Riccardo Chailly, qui terminera son bail à Milan en 2026, avait déjà souffert de problèmes cardiaques au cours des dernières années.</p>
<p data-start="61" data-end="258">D&rsquo;après un post du Teatro alla Scala sur Instagram (voir ci-dessous), l’état de santé du Maestro s’est rapidement amélioré. Dans un message, il remercie les musiciens ainsi que toutes les personnes qui lui ont témoigné leur soutien et précise avoir été touché par les nombreux messages reçus. Il indique également qu’il sera de retour au pupitre très prochainement.</p>
<p data-start="260" data-end="505">Nous lui présentons tous nos vœux de prompt et complet rétablissement.</p>


<blockquote class="instagram-media" data-instgrm-captioned data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/p/DSIdUuFDGoY/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" data-instgrm-version="14" style=" background:#FFF; border:0; border-radius:3px; box-shadow:0 0 1px 0 rgba(0,0,0,0.5),0 1px 10px 0 rgba(0,0,0,0.15); margin: 1px; max-width:540px; min-width:326px; padding:0; width:99.375%; width:-webkit-calc(100% - 2px); width:calc(100% - 2px);"><div style="padding:16px;"> <a href="https://www.instagram.com/p/DSIdUuFDGoY/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" style=" background:#FFFFFF; line-height:0; padding:0 0; text-align:center; text-decoration:none; width:100%;" target="_blank"> <div style=" display: flex; flex-direction: row; align-items: center;"> <div style="background-color: #F4F4F4; border-radius: 50%; flex-grow: 0; height: 40px; margin-right: 14px; width: 40px;"></div> <div style="display: flex; flex-direction: column; flex-grow: 1; justify-content: center;"> <div style=" background-color: #F4F4F4; border-radius: 4px; flex-grow: 0; height: 14px; margin-bottom: 6px; width: 100px;"></div> <div style=" background-color: #F4F4F4; border-radius: 4px; flex-grow: 0; height: 14px; width: 60px;"></div></div></div><div style="padding: 19% 0;"></div> <div style="display:block; height:50px; margin:0 auto 12px; width:50px;"><svg width="50px" height="50px" viewBox="0 0 60 60" version="1.1" xmlns="https://www.w3.org/2000/svg" xmlns:xlink="https://www.w3.org/1999/xlink"><g stroke="none" stroke-width="1" fill="none" fill-rule="evenodd"><g transform="translate(-511.000000, -20.000000)" fill="#000000"><g><path d="M556.869,30.41 C554.814,30.41 553.148,32.076 553.148,34.131 C553.148,36.186 554.814,37.852 556.869,37.852 C558.924,37.852 560.59,36.186 560.59,34.131 C560.59,32.076 558.924,30.41 556.869,30.41 M541,60.657 C535.114,60.657 530.342,55.887 530.342,50 C530.342,44.114 535.114,39.342 541,39.342 C546.887,39.342 551.658,44.114 551.658,50 C551.658,55.887 546.887,60.657 541,60.657 M541,33.886 C532.1,33.886 524.886,41.1 524.886,50 C524.886,58.899 532.1,66.113 541,66.113 C549.9,66.113 557.115,58.899 557.115,50 C557.115,41.1 549.9,33.886 541,33.886 M565.378,62.101 C565.244,65.022 564.756,66.606 564.346,67.663 C563.803,69.06 563.154,70.057 562.106,71.106 C561.058,72.155 560.06,72.803 558.662,73.347 C557.607,73.757 556.021,74.244 553.102,74.378 C549.944,74.521 548.997,74.552 541,74.552 C533.003,74.552 532.056,74.521 528.898,74.378 C525.979,74.244 524.393,73.757 523.338,73.347 C521.94,72.803 520.942,72.155 519.894,71.106 C518.846,70.057 518.197,69.06 517.654,67.663 C517.244,66.606 516.755,65.022 516.623,62.101 C516.479,58.943 516.448,57.996 516.448,50 C516.448,42.003 516.479,41.056 516.623,37.899 C516.755,34.978 517.244,33.391 517.654,32.338 C518.197,30.938 518.846,29.942 519.894,28.894 C520.942,27.846 521.94,27.196 523.338,26.654 C524.393,26.244 525.979,25.756 528.898,25.623 C532.057,25.479 533.004,25.448 541,25.448 C548.997,25.448 549.943,25.479 553.102,25.623 C556.021,25.756 557.607,26.244 558.662,26.654 C560.06,27.196 561.058,27.846 562.106,28.894 C563.154,29.942 563.803,30.938 564.346,32.338 C564.756,33.391 565.244,34.978 565.378,37.899 C565.522,41.056 565.552,42.003 565.552,50 C565.552,57.996 565.522,58.943 565.378,62.101 M570.82,37.631 C570.674,34.438 570.167,32.258 569.425,30.349 C568.659,28.377 567.633,26.702 565.965,25.035 C564.297,23.368 562.623,22.342 560.652,21.575 C558.743,20.834 556.562,20.326 553.369,20.18 C550.169,20.033 549.148,20 541,20 C532.853,20 531.831,20.033 528.631,20.18 C525.438,20.326 523.257,20.834 521.349,21.575 C519.376,22.342 517.703,23.368 516.035,25.035 C514.368,26.702 513.342,28.377 512.574,30.349 C511.834,32.258 511.326,34.438 511.181,37.631 C511.035,40.831 511,41.851 511,50 C511,58.147 511.035,59.17 511.181,62.369 C511.326,65.562 511.834,67.743 512.574,69.651 C513.342,71.625 514.368,73.296 516.035,74.965 C517.703,76.634 519.376,77.658 521.349,78.425 C523.257,79.167 525.438,79.673 528.631,79.82 C531.831,79.965 532.853,80.001 541,80.001 C549.148,80.001 550.169,79.965 553.369,79.82 C556.562,79.673 558.743,79.167 560.652,78.425 C562.623,77.658 564.297,76.634 565.965,74.965 C567.633,73.296 568.659,71.625 569.425,69.651 C570.167,67.743 570.674,65.562 570.82,62.369 C570.966,59.17 571,58.147 571,50 C571,41.851 570.966,40.831 570.82,37.631"></path></g></g></g></svg></div><div style="padding-top: 8px;"> <div style=" color:#3897f0; 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margin-bottom:0; margin-top:8px; overflow:hidden; padding:8px 0 7px; text-align:center; text-overflow:ellipsis; white-space:nowrap;"><a href="https://www.instagram.com/p/DSIdUuFDGoY/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" style=" color:#c9c8cd; font-family:Arial,sans-serif; font-size:14px; font-style:normal; font-weight:normal; line-height:17px; text-decoration:none;" target="_blank">Une publication partagée par Teatro alla Scala (@teatroallascala)</a></p></div></blockquote>
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		<title>CHOSTAKOVITCH, Lady Macbeth de Mtsensk &#8211; Athènes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/chostakovitch-lady-macbeth-de-mtsensk-athenes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Nov 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=148867</guid>

					<description><![CDATA[<p>Y aura-t-il un enregistrement ? On l’espère, s’il était à même de restituer la puissance et la finesse d’un maelstrom orchestral où entre rugissements et rutilances des cuivres sur tapis de percussions s’insinuent les timbres obliquant sur des dissonances et les caresses de mélodies vouées à l’avortement. Entre les deux avancées du premier balcon où se &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Y aura-t-il un enregistrement ? On l’espère, s’il était à même de restituer la puissance et la finesse d’un maelstrom orchestral où entre rugissements et rutilances des cuivres sur tapis de percussions s’insinuent les timbres obliquant sur des dissonances et les caresses de mélodies vouées à l’avortement. Entre les deux avancées du premier balcon où se répartissent à cour et à jardin d’un côté tubas et trombones et de l’autre les trompettes. l’effet stéréophonique est garanti et porte à son paroxysme l’expressivité des éclats qui suggèrent  la courbe du désir assouvi, de sa montée irrésistible jusqu’à la descente piteuse dont Staline s’était offusqué. Cette luxuriante orgie musicale, <strong>Fabrizio Ventura</strong> la conduit magistralement, comme toute l’œuvre dans son ensemble, sans la plus petite baisse de tension, cette énergie inlassable étant celle qu’il faut pour parcourir la parabole du destin de Katerina Ismailova. On ne niera pas qu’à quelque moment la puissance sonore de la fosse semble pour les chanteurs plus un adversaire qu’un partenaire, mais globalement la balance est bonne, et le souffle de cette direction ne néglige aucune des délicatesses acidulées dont la partition n’est pas avare. Le son est d’une netteté admirable et on imagine le plaisir que les musiciens, tous pupitres confondus – cordes péremptoires, incisives ou caressantes, percussions savamment graduées, vents sarcastiques ou ambivalents – ont pu ressentir à affronter victorieusement  le monument.</p>
<p>La mise en scène de <strong>Fanny Ardant</strong> s’attache à mettre efficacement en évidence les relations entre les personnages, en particulier la violence qui caractérise l’ensemble de leurs rapports. Le riche marchand Boris exerce sur ses employés, dont l’obséquiosité ne cache pas toujours le ressentiment que la crainte les contraint à dissimuler, la même autorité brutale que sur son fils et sa bru. Dans cette société que les costumes ne situent pas précisément  le puritanisme règne : surprise en galante compagnie, Anietka est longuement maltraitée et humiliée par les hommes et aussi par les femmes, qui renchérissent probablement par pusillanimité opportuniste. Est-ce ce conformisme moral et social qui a conduit Fanny Ardant à les traiter le plus souvent comme des blocs, avec pour conséquence une présence scénique figée ? Cette mobilité réduite a l’avantage que les artistes des chœurs peuvent se concentrer sur leur chant et réussissent haut la main leur morceau de bravoure, l’assaut qui tourmente la cuisinière. Quant à Boris, obsédé par la conservation et la transmission de ses biens, ce tyran domestique a émasculé son fils en le maintenant dans une soumission quasi-infantile et se verrait bien engrosser sa bru, encore infertile après cinq ans de mariage. En imposant à son fils de se rendre sur un chantier éloigné il crée les conditions de l’engrenage qui verra Katerina succomber.</p>
<p>Un nouvel employé, Serguei,  vient d’arriver. Son physique et son comportement attirent immédiatement Katerina, ce qu’en prédateur en quête de partenaires sexuelles, de préférence liées au pouvoir dans l’entreprise, il perçoit aussitôt. Katerina essaie de résister – conformisme vertueux, prudence imposée par la surveillance rapprochée du beau-père ? – mais enfin elle cède et cette relation charnelle lui devient absolument nécessaire. La chambre conjugale qui étouffe sous les feuillages et les fleurs de la tapisserie surplombe le porche où le beau-père se cache pour saisir l’amant qui se sauvait par la fenêtre. Aidé par ses gens qui maintiennent l&rsquo;audacieux il va le battre jusqu’à n’en pouvoir plus, avant de l’enfermer dans le cellier et d’envoyer informer le mari. Il paiera de sa vie cette brutalité, en mangeant les champignons à la mort aux rats que lui a servis Katerina. C’est dans ce même cellier que Serguei et elle, après avoir assassiné le mari, déposeront le cadavre dont un ivrogne indiscret révèlera la présence, entraînant ainsi l’arrestation des amants criminels et leur déportation en Sibérie.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/GNO-Lady-Macbeth-of-Mtsensk-photo-Georgios-Kalkanidis-13-1294x600.jpg" />© Georgios Kalkanidis</pre>
<p>Limpide donc dans sa mise en images de l’action, la mise en scène pêche pourtant lors du moment fatidique de la découverte du corps putréfié. Fanny Ardant montre Katerina recevant sa parure de noces dans la chambre alors qu&rsquo;elle devrait être auprès du cellier, comme montant la garde, puisque c’est cette vigilance insistante qui aurait dû induire l’ivrogne à supposer que ce réduit recèle les meilleurs breuvages et à en forcer la serrure. Si ce personnage de ce balourd manque de truculence, le traitement du poste de police ne convainc pas vraiment non plus. On nous montre une sorte de Police Academy, avec des subalternes qui singent en cachette leur instructeur sentencieux, quand la scène nous semble saisir sur le vif les protecteurs de l’ordre en train de comploter pour trouver l’idée d&rsquo;une crapulerie de bon rapport. Et que sont les personnages ajoutés pendant l’ouverture et à la clôture, ces deux éphèbes nus et leur danse auréolée de leurs corolles de plumes respectivement noire et blanche ? Renseignement pris, ils seraient en fait les anges, celui du Bien et celui du Mal, ce dernier reparaissant seul à la fin, tenant une femme dans ses bras, apparemment morte. Avouons-le, cet apport esthétisant nous a semblé gratuit dans la mesure où l’œuvre ne représente pas la défaite du Bien, à moins de considérer que celui-ci consistait dans la situation initiale.</p>
<p>Outre le brio et le brillant de l’expressivité orchestrale, une autre satisfaction tient à la tenue vocale de la grande majorité des interprètes et au sentiment d’une équipe qui se dégage du spectacle. Il faut les citer tous, de <strong>Petros Magoulas, </strong>le vieux prisonnier, à<strong> Andreas Karaoulis</strong>, l’instituteur socialiste, <strong>Vangelis Maniatis</strong>, le chef de la police pontifiant, <strong>George Mattheakakis</strong>, le portier dévoué jusqu’à l’aliénation, et le pope <strong>Tassos Apostolou, </strong>dont les regards sur Katerin<strong>a </strong>lors de l’agonie de Boris annoncent déjà l’intérêt particulier qu’il épanchera lors du banquet des noces. Dans le bref rôle de la détenue Sonietka, <strong>Maria Mitsopoulou </strong>a l’abattage attendu de celle qui ne s’en laisse pas conter et <strong>Sophia Kyanidou </strong>assume crânement la scène qui la voit assaillie longuement et violemment malmenée par les hommes sous le regard complice des autres femmes.</p>
<p>En Boris Ismailov, <strong>Yanni Yannissis </strong>impose immédiatement le personnage grâce à une autorité vocale qui fait exister le possédant face à ceux qui dépendent de lui ; il mesure justement le côté scabreux du beau-père, qui n’a pas honte de ses pensées concupiscentes envers sa bru et les exprime sans se mentir. De même l’agonie du personnage est exempte de tout histrionisme qui l’alourdirait. A cette voix mâle du père répond la voix claire du fils, chanté par <strong>Yannis Christopoulos</strong>, dans un rapport de timbres qui fait de celui-ci l’enfant du premier. Elle semble avoir une étendue et une souplesse qu’on aimerait goûter davantage. Scéniquement, il passe de la soumission initiale à une violence maladroite qui semble un instantané de la réalité. Son rival heureux a reçu de la nature un sex-appeal dont il tire parti auprès des femmes liées au pouvoir, et son rêve d’en conquérir une qui l’épousera va s’accomplir avec Katerina. <strong>Sergey Semishkur </strong>prête au personnage sa haute stature et une voix de ténor barytonnant qui séduit par son aplomb mais aussi sa souplesse insinuante, quand il lui suggère sans le dire la solution qui permettrait à Katerina de continuer à se griser de leur liaison. Son expressivité de comédien ne laisse rien à désirer, qu’il considère avec une extase incrédule tout l’espace de la propriété désormais à sa disposition ou qu’il rabroue sans ménagement celle qui a favorisé son ascension en lui reprochant d’être exclusivement coupable de sa chute.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/GNO-Lady-Macbeth-of-Mtsensk-photo-Georgios-Kalkanidis-14-1294x600.jpg" />© Georgios Kalkanidis</pre>
<p style="text-align: left;">Mais le plus grand défi est le lot de l’interprète de Katerina, qui devra exprimer tout  un kaléidoscope  émotionnel en chantant cette partition si éprouvante dans sa version originelle. Alors, oui, quelques aigus nous ont semblés un peu bas, mais à ce niveau d’écriture, quand le chant devient par moments un corps-à-corps avec l’orchestre, quand les notes ne sont plus les signes d’un langage mais l’aveu rendu inévitable d’une fatigue de vivre, l’expression douloureuse de la conviction d’être dans une impasse, l’horreur de l’impuissance et le désarroi  devant la force du désir, c’est le panorama d’une âme que <strong>Svetlana Sozdateleva </strong>porte à son terme, entre tourments internes et désir inassouvi d’une tendresse qu&rsquo;elle semble chercher en étreignant un coussin. Souvent à l’avant-scène pour ne pas sombrer dans les vagues de l’orchestre quand il s’emporte l’interprète domine sa partition et peut ainsi faire passer sur son visage les expressions correspondantes aux situations et aux sentiments. On n’oubliera pas de sitôt justement  cette inexpressivité apparente du dernier acte, quand le désespoir a déjà englouti le personnage avant même qu’elle ne se tue. Criminelle, Katerina ? Oui, mais cette interprétation rappelle le spectateur à son statut, celui de témoin, mais pas de juge.</p>
<p>Vif succès aux saluts pour tous, avec une prime au rôle-titre et au chef d’orchestre. L’équipe des décors était absente ; si celui des trois premiers actes, la cour du domaine de Boris Smailov, témoigne de l’habileté d’une conception qui fait circuler la chambre sur des rails pour la rapprocher de l’avant-scène,  selon les situations et les climats orchestraux, le dernier, toile peinte où se devine un paysage de la taïga, arbres esquissés, lointain flou, indistinct, s’accorde remarquablement à l’avenir de ceux qui vont poursuivre la longue marche des condamnés et disparaître dans l’aube boréale aussi pâle qu’un crépuscule, atmosphère créée aussi par les belles lumières reprises par Dimitris Koutas.  Louange donc à tous les artisans et à tous les artistes !</p>
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		<title>CHOSTAKOVITCH, Lady Macbeth de Mtsensk &#8211; Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/chostakovitch-lady-macbeth-de-mtsensk-geneve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 04 May 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=130255</guid>

					<description><![CDATA[<p>Formidable spectacle, réussi en tous points, puissant, saisissant, effrayant même. Rien n’est édulcoré de la violence de l’opéra de Chostakovitch, sa cruauté est là. C’est la reprise d’une production de l’Opéra des Flandres, montée alors qu’Aviel Cahn en était le directeur. Lequel Aviel Cahn a attendu sa troisième saison à Genève pour en faire le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Formidable spectacle, réussi en tous points, puissant, saisissant, effrayant même. Rien n’est édulcoré de la violence de l’opéra de Chostakovitch, sa cruauté est là. C’est la reprise d’une production de l’Opéra des Flandres, montée alors qu’Aviel Cahn en était le directeur. Lequel Aviel Cahn a attendu sa troisième saison à Genève pour en faire le point culminant d’une programmation où les spectacles très forts se sont succédés. Dans une ligne éditoriale cohérente et pour le moins sans concession, très sombre, reflet de notre temps. Temps sans pitié.</p>
<div class="components-resizable-box__container has-show-handle"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/343627235_614989593903969_7702424851993455780_n-1024x683.jpg" alt="L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est 343627235_614989593903969_7702424851993455780_n-1024x683.jpg." />
<div style="text-align: center"><sub data-rich-text-format-boundary="true">Aušrinė Stundytė, Ladislav Elgr © Magali Dougados</sub></div>
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<p><strong>Calixto Bieito</strong> avait conçu ce<em> Lady Macbeth de Mtsensk</em> en 2014 en association avec le chef Vladimir Jurowski et ForumOpera <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lady-macbeth-de-mzensk-anvers-sex-crimes/">n’avait pas caché son enthousiasme</a>. Neuf ans plus tard, il y revient avec une distribution presque inchangée. Dominée par <strong>Aušrinė Stundytė</strong> qui retrouve son rôle.<br />On est pétrifié devant tant d’engagement, d’investissement personnel, d’abnégation, de violence subie, on a peur pour elle, mais c’est <em>son</em> rôle et d’ailleurs elle vient de le chanter <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lady-macbeth-de-mzensk-lyon-du-grand-tcherniakov/">à Lyon pour Dmitri Tcherniakov</a>, autre metteur en scène star, preuve qu’une chanteuse en réchappe.<br />Pour Calixto Bieito, elle a été aussi Vénus (de <em>Tannhaüser</em>) ou Judith (du <em>Château de Barbe-Bleue</em>), rôles tout aussi forts. On peut imaginer que ces deux artistes s’inspirent l’un l’autre. Et qu’il faut une singulière entente pour qu’une chanteuse se livre avec une telle impudeur, prenne autant de risques et aille ainsi au bout de ses forces (son épuisement était visible aux saluts).<br /><strong>Ladislav Elgr</strong> retrouve lui aussi son rôle neuf ans après, il est Sergueï, l’ouvrier dont Katerina fait son amant, puis son mari. « Ils ont beaucoup mûri, le temps leur a donné plus de liberté… et je leur en avais déjà donné beaucoup à l’époque », dit le metteur en scène. En effet, le moins qu’on peut dire est qu’ils y vont carrément, avec une audace plutôt sidérante. Les nudités ne sont pas seulement physiques ici.</p>
<h4><strong>Entre Tchernobyl et une plate-forme off shore</strong></h4>
<p>Autre artisane de cette réussite, la scénographe <strong>Rebecca Ringst</strong>, complice du metteur en scène depuis deux décennies : une envahissante structure métallique noyée de pénombre, des escaliers de fer qui se perdent dans la nuit et grimpent on ne sait où, des souffleries, une énorme citerne de bois tout en haut comme sur les toits de New York, cela tient du chevalet de mine, de la plate-forme <em>off shore</em>, de la friche industrielle en rase campagne. Et justement, comme si cette oppressante usine était en plein champ, tout l’avant-scène est recouvert d’une boue grasse, qui colle aux semelles, une boue où on se battra, où on tombera vaincu, fouetté, martyrisé, violé, boue de chantier ou de charnier.<br />La première arrivée des ouvriers, en combinaisons de travail souillées, cohorte indistincte, procession menaçante, ponctuée des loupiotes de leurs casques de spéléologues, redoublera cette suggestion d’un monde souterrain, menaçant, d’une virilité dangereuse, noire, malsaine. Où les femmes ne peuvent être que des proies, des objets, des victimes, des ventres pour les mâles.</p>
<h4> </h4>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20230426_GP_MACBETH_GTG©DOUGADOS_MAGALI__E8A2357-1024x683.jpg" alt="© Magali Dougados" class="wp-image-130284" /><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Magali Dougados</sup></figcaption></figure>


<h4><strong>L’ennui et l’impuissance</strong></h4>
<p>Au milieu de cet édifice d’acier, l’appartement de la malheureuse Katerina, aussi éclatant de blancheur et de propreté que son environnement est nocturne et poisseux. Cuisine toute équipée d’un côté et coin salon de l’autre avec canapé d’angle où se lover. Mais dans un tel monde on ne se love pas. Cet appartement-témoin acheté sur catalogue, Katerina y meurt d’ennui. Sous le joug d’un terrible beau-père, aux allures de cowboy, sorti de quelque <em>Dallas</em> (ou <em>Bonanza</em>), patron-tyran, <em>self made man</em> brutal, la main baladeuse, peloteuse, fouilleuse, insidieuse. Dictateur domestique dégoulinant dont <strong>Dmitry Ulyanov</strong> dessine avec voracité la silhouette libidineuse.</p>
<p>Autre souffre-douleur de la brute, son propre fils, Zachary, le mari de Katerina, piètre silhouette en imperméable de petit employé, vraisemblablement impuissant, même si c’est à Katerina que le beau-père fait grief de ne lui avoir pas donné de petit-fils. « Tu es comme un poisson froid », lui dit-il. Reproductrice, seul rôle qu’on lui concède.</p>
<h4><strong>Le sexe et la mort</strong></h4>
<p>Dans cet océan de frustration, surgit un autre mâle dominant, un ouvrier bien monté, chassé d’une exploitation voisine pour avoir lutiné la patronne, et qui, pour célébrer son arrivée ici, n’a rien de plus pressant que de violer dans la boue la fragile Aksinia, sous les yeux hagards des spéléologues concupiscents.</p>
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<div style="text-align: center"><sup data-rich-text-format-boundary="true">© Magali Dougados</sup></div>
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<p>Le sexe et la mort sont les seules issues dans cet univers sans lumière. Mais Katerina aura l’incongruité d’y faire surgir un élément hétérodoxe et dévastateur : l’amour. Elle se prendra de passion pour Sergueï, ce mâle qui la prend sauvagement sur la cuisinière, aussi brutal en somme que le beau-père, mais désirable, lui. Le désir est aussi impitoyable que l’ennui, aussi impérieux, aussi désespéré.</p>
<h4><strong>Calixto Bieito sans truquage</strong></h4>
<p>« Je me sens très proche de cet opéra qui raconte toute notre impuissance humaine et le monde hostile et violent dans lequel nous vivons », dit Calixto Bieito. Et de faire référence à quelques-unes de ses références personnelles, les peintures noires de Goya, la <em>Chute des Damnés</em> de Jérôme Bosch, mais aussi, plus proches d’aujourd’hui, Tchernobyl ou le film noir de Tay Garnett, <em>Le facteur sonne toujours deux fois</em>, ou <em>La Route</em> de Cormac McCarthy. D’où l’impression de sincérité sans truquage qu’il donne ici. À la différence de son <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/guerre-et-paix-geneve-au-peril-de-la-derision/"><em>Guerre et Paix</em></a> de Prokofiev sur la même scène, qui nous avait semblé multiplier les provocations inutiles.</p>
<h4><strong>Un chœur magistral</strong></h4>
<p>Le groupe et les individus, la victime et les bourreaux, ainsi se dessinent la dialectique du livret et celle de la partition. La victime se fera bourreau à son tour, avant d’être à la fin terrassée elle aussi.<br />La masse, c’est le peuple. Staline quand il rédigea pour la <em>Pravda</em> le fameux article de 1936 où il condamnait la violence, qu’il trouvait cacophonique, de la musique, avait sans doute perçu aussi qu’il n’y a ici aucune indulgence pour le peuple, asservi, moutonnier, oppresseur. Ici figuré par le <strong>Chœur du Grand Théâtre de Genève</strong>, toujours impressionnant, mais particulièrement acerbe, incisif, dru, percutant dans cette partition.<br />Silhouettes arpentant les échafaudages ou masse informe et terrifiante envahissant la boîte à vivre de Katarina ou spectateurs hirsutes du viol d’Aksinia ou du combat dans la boue de Katarina et Sergueï (car le premier défi qu’il lui propose c’est de se battre avec lui), les choristes, au-delà de leur prestation vocale imposante, se plient physiquement à toutes les demandes d’un metteur en scène qui sait animer un groupe, le faire habiter un décor. Et ce sera vrai encore au dernier tableau quand l’architecture de métal deviendra camp de transit sur le chemin de la Sibérie et qu’ils deviendront les éternels <em>zeks</em> de Dostoïevski, en route vers la maison des morts. « C’est très fort émotionnellement et ça demande de vraiment laisser notre personnalité dans les loges », nous confiait une choriste.</p>
<h4><strong>Un orchestre quasi chambriste (par moments)</strong></h4>
<p>La masse c’est aussi l’orchestre. Tour à tour clinquant, goguenard, fanfaresque, tonitruant, puis d’une inattendue délicatesse. Ce Chostakovitch de vingt et quelques années (l’opéra a été composé entre 1932 et 1934) maîtrise son propre langage, un collage d’emprunts insolites, d’influences revendiquées, de trivialités assumées, de valses parodiques, de narquoiseries, brinquebalant entre divers registres, mais aussi une orchestration constamment inventive et curieuse, poudroyante, des subtilités de timbres, des tissages de textures, mises en évidence par un <strong>Orchestre de la Suisse Romande</strong> des grands jours.</p>
<p>Il se passe autant de choses dans la fosse que sur la scène, et ce n’est pas peu dire. Et le contraste est parfois étonnant entre la rudesse (euphémisme !) de ce qu’on voit, et le raffinement d’une partition, qui certes abonde en fortissimos déferlants, en goguenardises chostakoviennes, en riffs de cuivres tonitruants, mais aussi en entrecroisements de bois, en contrechants de clarinette ou de basson, en flûtes astringentes, en tapis de cordes veloutées, en roulements de timbales presqu’imperceptibles, en délicatesses pointillistes, en touches de couleurs boisées. <strong>Alejo Pérez</strong> fait respirer cet orchestre, alanguit les phrasés, étire le temps, et puis d’une main ferme assène des fanfares pétrifiantes.</p>
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<div style="text-align: center"><sup data-rich-text-format-boundary="true">© Magali Dougados</sup></div>
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<h4><strong>Body and soul</strong></h4>
<p>Vocalement on ne peut qu’admirer les performances des chanteurs. Le plus souvent, <strong>Ladislav Elgr</strong> se cantonne à un chant expressif et expressionniste, parfois assez rugueux, et la partition ne lui offre que peu d’envols solistes. Il aborde son personnage en chanteur-acteur, très athlétiquement. La mise en scène le déshabille volontiers. Cette machine désirante est aussi objet de désir…</p>
<p>À Katerina Chostakovitch ménage quelques moments d’un lyrisme éperdu, telle son apparition au lever de rideau. Si la première phrase d’<strong>Aušrinė Stundytė</strong>, au fond de son salon, est presqu’inaudible, dès la seconde elle impose son timbre insinuant, très projeté, avec beaucoup de chaleur, beaucoup de corps, au sens le plus charnel du mot. Difficile d’en parler avec le vocabulaire habituel de l’exercice critique. Davantage que de beau chant, même si la voix est là, avec sa plénitude, son aisance technique, des lignes impeccablement conduites, des notes hautes aisées, une respiration impavide, c’est plus l’expressivité de ce chant, sa façon de porter le texte, de suggérer l’âme du personnage, sa couleur, son poids de mélancolie, qui touchent l’auditeur. En osmose avec la silhouette, la gestuelle, en un mot l’incarnation.</p>
<h4><strong>Accomplir son destin</strong></h4>
<p>Autre moment crucial, on pourrait s’arrêter un instant sur la scène qui commence avec le lamento « Zherebyonok k kob&rsquo;lke toropitsa – Mes jours s’écoulent sans joie, je n’ai personne à qui parler », où on peut admirer les phrasés, la chaleur du timbre, et surtout, au-delà du chant, l’intériorité d’Aušrinė Stundytė au dessus d’un entrelacs de bois (basson et clarinette) que vient relayer un beau violoncelle solo. Elle se prépare alors à se coucher. Elle se caresse, elle s’assied devant le frigo pour se rafraichir, une flûte acide ironise.</p>
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<div style="text-align: center"><sub data-rich-text-format-boundary="true">© Magali Dougados</sub></div>
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<p>On frappe à la porte : c’est Sergueï. Il entre par la fenêtre, apparemment très chaud. Conversation furtive, et là on peut remarquer l’éclat de la voix du ténor. « Je meurs d’ennui », dit-il (lui aussi), « je suis un homme sensible, j’ai bien vu le sort des femmes… » (la ficelle est grosse…)</p>
<p>Le tapis de cordes se fait voluptueux et alangui, alors que le chant est de plus en plus anguleux, puis très vite le désir se fait brûlant jusqu’à l’accouplement brutal sur le frigo, et la musique devient crûment explicite : survient alors un orchestre de scène (tubas, trombone, cors, une huitaine de cuivres) qu’on devine derrière la fenêtre du salon dans une lumière verte et qui vient pimenter fortissimo ce qui se passe, jusqu’à un glissando de trombone drolatique signalant au premier degré que tout est accompli. Une fanfare itinérante qu’on verra surgir ici et là pour ponctuer sarcastiquement l’action et même se percher au dernier balcon pour des effets stéréophoniques savoureux.</p>
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<div style="text-align: center"><sup>Aušrinė Stundytė, Ladislav Elgr, Dmitry Ulyanov © Magali Dougados</sup></div>
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<p>À l’éruption sexuelle succède alors un grand calme. Un basson nasille dans la fosse pour commenter l’approche de Boris, descendant de la chambre au premier étage où il s’était retiré avec Aksina (encore elle, décidément), et à nouveau on remarque la palette large, les graves solides, de <strong>Dmitry Ulyanov</strong>, ses éclats sur des bouffées de valse grotesque (référence au baron Ochs ?), les ponctuations pointillistes de l’orchestre, goguenardes, et, à nouveau sur les trois temps d’une valse, un trio improbable préludant à la violente scène où Boris fouette à coup de ceinture le dos de Sergueï sur un arrière-plan de cuivres déchainés. Hurlements de Katerina, crescendo harcelant, jusqu’à un climax insoutenable, la réalisation sonore est aussi ébouriffante que le spectacle est éprouvant à regarder.</p>
<h4><strong>Montagnes russes sonores</strong></h4>
<p>Alejo Pérez fait siennes dans sa direction les alternances quasi systématiques chez Chostakovitch entre explosions volcaniques et détentes chargées de sombres présages, ainsi la scène des champignons à la mort-aux-rats que Katerina fait réchauffer pour son beau-père : ici, un très joli solo de violon, galbé à souhait, tout en sous-entendus morbides, que relieront des pizzicati harcelants des contrebasses, puis des ritournelles de flûtes et de clarinettes, jusqu’aux beuglements du bonhomme suppliant qu’on aille cherche un pope. Et au chant joyeux sur fond de fifre des employés partant au travail.</p>
<p>On ne s’attarde sur ce moment que pour suggérer l’assez épatante conjonction d’un travail orchestral constamment affuté, d’une imbrication virtuose du chant et jeu théâtral, et d’une direction d’acteurs nerveuse, acide, virulente.</p>
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<div style="text-align: center"><sup data-rich-text-format-boundary="true">Aušrinė Stundytė, Alexey Shishlyaev © Magali Dougados</sup></div>
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<p>Les rôles secondaires sont parfaits : <strong>Michael Laurenz</strong>, brillant ténor de caractère, dessine un « Balourd miteux » truculent dans son ivrognerie et son monologue au troisième acte, ponctué par le tuba, est d’une bouffonnerie à la Moussorgsky (ou à la Beckett), sur un tempo cavalcadant (flons-flons virtuoses à l’orchestre sur un rythme de manège en folie). Le commissaire, <strong>Alexey Shishlyaev</strong>, est impérieux à souhait, avec sa troupe de policiers, d’abord grotesques puis terrifiants. Soit dit en passant le côté brigade de maintien-de-l’ordre casquée relève du cliché et la scène de passage à tabac dans la pénombre d’un gentil jeune homme (gay ?) est un peu gênante aussi.<br />Quant à <strong>Alexander Roslavets</strong>, il fait un joli numéro de basse bouffe en pope porté sur la vodka, mais il en appellera à son registre le plus puissamment vieux-russe pour la longue plainte douloureuse du vieux forçat de l’acte sibérien, en osmose avec un chœur poignant.<br />Le rôle de Zachary (le mari qui finira dans un body bag) est sacrifié à tous points de vue, mais on retient le timbre et la projection du ténor <strong>John Daszak</strong>. On remarque aussi les quelque huit membres du chœur (riche en voix russes) qui s’en détachent pour les rôles de commis ou de détenus.</p>
<p>Le mélange des genres préside à la scène du mariage. La fragilité de Katerina en robe blanche, l’impudence de Sergueï (l’argent, autre moteur du personnage, avec le sexe), la gigue des invités puis leur chœur quasi byzantin dont se gaussent les cuivres, le débarquement de la soldatesque précédée du balourd miteux reconverti en mouchard, tout cela grince, narquoise, ricane.</p>
<h4><strong>Déglingue</strong></h4>
<p>Autre moment de spectacle, le démontage total de l’appartement en cinq minutes chrono, du sol au plafond tout disparait dans un ballet bien réglé de machinistes, frigo, fenêtres, tout le décor des amours et des crimes est évacué sur fond sonore de bourrasque. Ne reste que la carcasse, sur laquelle tombe la nuit du bagne.</p>
<div class="components-resizable-box__container has-show-handle"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20230426_GP_MACBETH_GTG©DOUGADOS_MAGALI__E8A3286-1024x683.jpg" alt="L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est 20230426_GP_MACBETH_GTG%C2%A9DOUGADOS_MAGALI__E8A3286-1024x683.jpg." />
<div style="text-align: center"><sup data-rich-text-format-boundary="true">La casse du décor © Magali Dougados</sup></div>
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<p>De plus en plus bouleversante, Aušrinė Stundytė fait appel à son registre le plus dépouillé pour « la longue cantilène de désolation absolue » de Katerina (ce sont les mots d’Alejo Pérez) : contrepoint de hautbois puis de clarinette, roulement sourd de grosse caisse, commentaire lancinant des violoncelles, ponctuations de harpe, on est à la limite du silence. « Ce n’est pas facile après la douceur de l’édredon de dormir sur la terre froide », chante Katerina tandis que Sergeï, plus insolent que jamais, entreprend une idylle grinçante avec une pimpante détenue blonde. Commentaire sarcastique, volubile, pointu, de l’orchestre pendant la scène où le cynique vient convaincre la malheureuse de lui remettre ses bas avant de les passer à la blonde…. puis hallucinant crescendo chœur-orchestre sur le combat dans la boue des deux femmes (choral de tuba au point culminant).</p>
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<div style="text-align: center"><sup data-rich-text-format-boundary="true">Kai Rüütel, Aušrinė Stundytė © Magali Dougados</sup></div>
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<h4><strong>Le triomphe de la mort</strong></h4>
<p>Plus que jamais, c’est Alejo Pérez qui conduit les ruptures de tension et de dynamique : d’un paroxysme assourdissant on retombe à un lamento dénudé, une plainte blafarde (harpes, cordes en ariière-plan, on songe à Mahler, que Chostakovitch connaissait bien), avant de glisser à l’ironie des piques de Sonietchka (et <strong>Kai Rüütel</strong> en appelle à ses graves les plus impertinents pour narguer Katerina).<br />La dernière scène sera hallucinante. L’ostinato des cuivres tel un glas, les implorations fortissimos du chœur, les ponctuations lancinantes de la grosse caisse, les contrebasses descendant dans les tréfonds, Katerina étranglant Sonia, les hurlements de Sonia, le suicide de Katia, la voix funèbre du vieux prisonnier « Marcher, marcher, encore », l’ultime chœur des forçats, telle une prière s’enfonçant dans la nuit. L’empire de la mort.</p>
<p>Sublime point final d’un spectacle magnifique et poignant.</p>
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<div class="components-resizable-box__container has-show-handle" style="text-align: center"><sup data-rich-text-format-boundary="true">© Magali Dougados</sup></div><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/chostakovitch-lady-macbeth-de-mtsensk-geneve/">CHOSTAKOVITCH, Lady Macbeth de Mtsensk &#8211; Genève</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>Aušrinė Stundytė de retour sur la scène de l&#8217;Opéra Bastille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/ausrine-stundyte-de-retour-sur-la-scene-de-lopera-bastille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Apr 2019 12:35:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’accident dont a été victime Aušrinė Stundytė mardi soir sur la scène de l’Opéra Bastille a suscité plusieurs questions auxquelles un communiqué de presse en fin de matinée apporte quelques réponses. D’abord – et c’est la bonne nouvelle – l’état de santé de la soprano lui permet de reprendre le rôle de Katerina dès la &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="/breve/ausrine-stundyte-blessee-sur-la-scene-de-lopera-de-paris">L’accident dont a été victime <strong>Aušrinė Stundytė</strong> mardi soir sur la scène de l’Opéra Bastille</a> a suscité plusieurs questions auxquelles un communiqué de presse en fin de matinée apporte quelques réponses. D’abord – et c’est la bonne nouvelle – l’état de santé de la soprano lui permet de reprendre le rôle de Katerina dès la prochaine représentation, samedi 13 avril à 19h30 (beaucoup se sont étonnés que l’Opéra de Paris n’ait pas eu la prudence de prévoir une doublure. La difficulté de la partition et le petit nombre de représentations expliqueraient cette absence de précaution). En compensation du désagrément, les spectateurs ayant assisté à la représentation interrompue du 9 avril peuvent bénéficier soit d’une invitation pour le même spectacle, soit d’un bon d’achat d’une valeur de 50% du prix du billet initial. Reste à savoir si pour se mouvoir sur scène, Aušrinė Stundytė (dont un des orteils a été sectionné) devra utiliser des béquilles, contre le gré du metteur en scène <strong>Krzysztof Warlikowski</strong>. Plus d&rsquo;information sur <a href="https://www.operadeparis.fr/?gclid=EAIaIQobChMIgqjFrIbI4QIVSRDTCh2nAAWXEAAYASAAEgJoP_D_BwE">operadeparis.fr</a>. </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/ausrine-stundyte-de-retour-sur-la-scene-de-lopera-bastille/">Aušrinė Stundytė de retour sur la scène de l&rsquo;Opéra Bastille</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Ausrine Stundyte blessée sur la scène de l&#8217;Opéra de Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/ausrine-stundyte-blessee-sur-la-scene-de-lopera-de-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Apr 2019 06:30:42 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/breve/ausrine-stundyte-blessee-sur-la-scene-de-lopera-de-paris/</guid>

					<description><![CDATA[<p>« Je me donne à fond mais dans ma tête tout est sous contrôle », expliquait Ausrine Stundyte lors d’un entretien publié ici-même la semaine dernière. Las, hier soir sur la scène de l’Opéra Bastille, l’interprète incendiaire de Katerina Ismaïlova dans Lady Macbeth de Mzensk s’est donnée trop à fond. Blessée au 2e acte, elle &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« <em>Je me donne à fond mais dans ma tête tout est sous contrôle</em> », expliquait <strong>Ausrine Stundyte</strong> lors d’<a href="https://www.forumopera.com/actu/ausrine-stundyte-je-me-donne-a-fond-mais-dans-ma-tete-tout-est-sous-controle">un entretien publié ici-même</a> la semaine dernière. Las, hier soir sur la scène de l’Opéra Bastille, l’interprète incendiaire de Katerina Ismaïlova dans <em><a href="https://www.forumopera.com/lady-macbeth-du-district-de-mzensk-paris-bastille-quen-aurait-pense-stravinsky">Lady Macbeth de Mzensk</a></em> s’est donnée trop à fond. Blessée au 2<sup>e</sup> acte, elle a dû être emmenée à l’hôpital. En l’absence d’une doublure capable de la remplacer au pied levé, la représentation a été interrompue. Rien de grave, nous assure-t-on tandis que sur les réseaux sociaux, certains regrettent que cet accident tombe sur « le meilleur spectacle de la saison de l’Opéra de Paris » et que d’autres se consolent en rappelant que les derniers actes sont « plus faibles » que les premiers. Nous souhaitons à la soprano lituanienne un prompt rétablissement. </p>
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		<title>CHOSTAKOVITCH, Lady Macbeth de Mtsensk — Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lady-macbeth-du-district-de-mzensk-paris-bastille-quen-aurait-pense-stravinsky/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Apr 2019 07:06:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Trop de morceaux de musique finissent trop longtemps après la fin ». Dans l’une de ses nombreuses piques assassines, Stravinsky ne mentionne pas de compositeur en particulier. Pourtant, il n’est pas difficile de se faire une idée du genre de musique auquel Igor le Caustique fait allusion. De même, rien n’exclut que le compositeur ne réservait &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« <em>Trop de morceaux de musique finissent trop longtemps après la fin</em> ». Dans l’une de ses nombreuses piques assassines, Stravinsky ne mentionne pas de compositeur en particulier. Pourtant, il n’est pas difficile de se faire une idée du genre de musique auquel Igor le Caustique fait allusion. De même, rien n’exclut que le compositeur ne réservait cette critique à la seule musique, d’autres formes d’art pouvant tout à fait y trouver le compte…</p>
<p>Pour cette troisième version de <em>Lady Macbeth du district de Mzensk </em>de Dmitri Chostakovitch à la Bastille depuis son entrée tardive au répertoire (en 1992 avec Myung-Whun Chung), Stéphane Lissner a fait appel à <strong>Krzysztof Warlikowski</strong>. Cela tombait presque sous le sens. La collaboration entre l’Opéra de Paris et le metteur en scène durait depuis plus de dix ans, et il n’y avait eu personne pour lui proposer l’adaptation d’un opéra soviétique par excellence ! L’oubli est réparé, tout va bien merci.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="266" src="/sites/default/files/styles/large/public/kes3wsygozblakvlzpzk.jpg?itok=SypIvL8i" title="© Bernd Uhlig - Opéra national de Paris" width="468" /><br />
	© Bernd Uhlig &#8211; Opéra national de Paris</p>
<p>Dans le rôle titre d’un opéra aussi féministe que celui-ci, mieux vaut une chanteuse dont la solidité de caractère scénique n’a d’égal que celle de ses contre-ut. Pour ses débuts à l’Opéra de Paris, <strong>Aušrinė Stundytė</strong> joue sur du velours. Spécialiste des grands rôles dramatiques, elle ne rechigne pas devant la difficulté de la partition, et remporte avec brio le défi. Outre un timbre noir mais homogène et précis, elle nous gratifie d’une incarnation scénique frisant la folie, ce qui est bienvenu dans un rôle aussi tordu que celui de Katerina. Autre grand excité de la scène, <strong>Dmitry Ulyanov</strong> ne fait qu’une bouchée du rôle endurant de Boris Timofeevitch, pliant sa tessiture de basse à toutes les exigeances de la partition. Entouré de ces deux colosses, <strong>Pavel Černoch</strong> (Sergueï) paraît pâlot durant ses premières interventions. La voix ne tarde cependant pas à se réveiller et ses aigus puissants et lumineux conviennent à merveille à son rôle de séducteur crâneur. Son homologue et concurrent <strong>John Daszak</strong> est lui aussi parfaitement à sa place dans le rôle du mari maladroit et cocu. Sa voix de métal à la projection phénoménale n’est pas sans arrière-goût ironique, sorte de parodie du Tambour-major de <em>Wozzeck</em>. Côté projection, <strong>Sofija Petrovič</strong> (Aksinia) tient aussi le haut du panier, avec un timbre rond et charnu qui n’a aucun mal à passer la barre de Bastille (fait rare pour une chanteuse encore membre de l’Académie de l’Opéra).</p>
<p>Après ce premier plateau de haute voltige les seconds rôles ne sont pas nécessairement aussi convaincants. Si le pope noble mais alcoolique de <strong>Krzysztof Bączyk</strong> se démarque de la distribution, le Balourd miteux de <strong>Wolfgang Ablinger-Sperrhacke</strong> restera un peu effacé. Tassée dans le grave, la partie d’<strong>Oksana Volkova</strong> (Sonietka) peine à prendre son envol malgré un jeu de scène plus abouti. A l’inverse, la basse pourtant noble et chantante d’<strong>Alexander Tsymbalyuk</strong> (le chef de police) pèche par manque d’incarnation scénique.</p>
<p>Dans la fosse, <strong>Ingo Metzmacher</strong> semble sur la réserve. Les couleurs choisies sont très rondes et homogènes (tapis de cordes soyeux, solos de vents irréprochables) et le discours souvent empreint d’un lyrisme poétique qui n’est pas malvenu dans un tel ouvrage. Ce souci d’esthétique fait cependant un dommage collatéral : on semle avoir perdu une bonne part du grinçant de l’orchestre d’un Chostakovitch qui ne s’interdit pourtant aucune audace d’instrumentation. La pâte sonore rutilante et charnelle des chœurs de l’Opéra est en revanche tout à fait à propos chez un compositeur qui a beaucoup étudié et orchestré Moussorgky. </p>
<p>Côté mise en scène, la soirée s’annonçait grinçante, et elle le fut. Sans jeu de mots et à juste titre, le metteur en scène nous rappelle que <em>Lady Macbeth</em>, c’est avant tout « <em>une histoire de sexe qui se consume jusqu’au bout</em> ». Le parti pris est donc celui de gommer les arêtes socialistes (voire soviétiques) du livret d’après Leskov, et de se concentrer sur les passions des personnages.<br />
	Pour figurer un milieu où libido et pulsions destructrices ne font qu’un, il nous propose un abattoir. L’idée peut faire grincer des dents, mais force est de reconnaître que le parallèle fonctionne bien, et que la crudité des images (carcasses de porcs, pas mal d’hémoglobine et surtout beaucoup d’accouplements en tous genres, volontaires ou non, à deux ou plus) n’est qu’une transposition scénique de ce qu’il se passe en musique. Mieux que cela, les deux premiers actes déploient une direction d’acteurs aux petits oignons, et même les interludes musicaux sont habillés d’un propos scénique intelligent. L’humour n’y fait pas non plus défaut, même s’il se veut surtout grinçant et triste, comme souvent chez Chostakovitch. Dans l’air de Katerina ainsi qu’à la toute fin de la première partie, on trouve le metteur en scène à son meilleur, c’est  à dire en parfaite concordance avec le texte et la musique (les saisissantes lumières de <strong>Felice Ross</strong> n’y sont pas pour rien). On regrette en revanche un peu plus la vidéo aux animations 3D bâclées de <b>Kamil Polak</b>, qui nous rappelle la fin de l’histoire à plusieurs reprises sans grande subtilité. </p>
<p>C’est après l’entracte que s’amorce la lente descente du soufflé warlikowskien. Au troisième acte, le metteur en scène renoue avec ses tendances foutraques, mêlant tout et n’importe quoi afin d’arriver à quelque chose. Vu son métier considérable en matière d’opéra, cela fonctionne encore à peu près, mais le propos se brouille de plus en plus. Le dernier acte (peut-être aussi le plus faible musicalement) est en revanche d’un vide sidéral. Tout est bien fidèle au propos du livret, mais sans originalité ni fantaisie, ce qui fait trouver le temps très long. On en vient à regretter la profusion de détail de l’acte précédent, et encore plus les grands moments de scène de la première partie de soirée.</p>
<p>C’est surtout par la scène que la soirée donne une impression d’inabouti. Après deux premiers actes au sommet, c’est comme si le travail amorcé par Warlikowski s’était arrêté trop longtemps après la fin. Qu&rsquo;en aurait pensé Stravinsky ? Certainement pas grand chose, lui qui détestait la musique de son collègue.</p>
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		<title>CHOSTAKOVITCH, Lady Macbeth de Mtsensk — Salzbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lady-macbeth-de-mtsensk-salzbourg-dabord-la-tragedie-apres-la-farce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Aug 2017 03:42:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour cette nouvelle production d’un des chefs-d’œuvre incontestables du XXe siècle, le Festival de Salzbourg a réuni une somme impressionnante d’atouts. Le premier est une silhouette élancée qui s’avance parmi les rangs des Wiener Staatsoper. Mariss Jansons retrouve une œuvre sur laquelle il a très largement apposé son sceau ces dernières décennies, notamment depuis la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour cette nouvelle production d’un des chefs-d’œuvre incontestables du XXe siècle, le Festival de Salzbourg a réuni une somme impressionnante d’atouts. Le premier est une silhouette élancée qui s’avance parmi les rangs des Wiener Staatsoper. <strong>Mariss Jansons</strong> retrouve une œuvre sur laquelle il a très largement apposé son sceau ces dernières décennies, notamment depuis la création triomphale en 2006 à Amsterdam de la production de Martin Kusej<strong> </strong>(<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cest-pour-mieux-te-broyer-mon-enfant">vue à Paris en 2009</a>). Si quelques tempos particulièrement alanguis dans les scènes intimes manquent un chouïa de soutien, on rendra les armes sur tout le reste. Les pastiches, les moqueries, le scabreux comme le pornographique, le grotesque comme l’effrayant, le doux, le cinglant, le romantique dégoulinant… L&rsquo;orchestre est un vrai caméléon capable de changement de couleur, de volume et de rythme à vue.</p>
<p>	La distribution promettait Nina Stemme en tête d’affiche. Hélas, après deux premières représentations triomphales, la suédoise a dû jeter l’éponge, victime d’un mauvais virus (qui semble-t-il n’a pas épargné l’auteur de ces lignes). Formée au Mariinski, <strong>Evgenia Muraveva</strong> (interprète initiale d’Aksenya) la remplace au pied levé. L’incarnation troublante et musclée de sa Katarina lui promettent d’hors et déjà un très bel avenir (comme à d’autres remplaçants de vedettes par le passé). Sur scène, la soprano gracile se glisse sans mal dans une direction d’acteur digne d’un théâtre à tel point que les premiers tableaux pourraient ressembler à une représentation <em>d’Une Maison de Poupée</em>. <strong>Andreas Kriegenburg</strong> ne lâche en effet jamais la thématique de la détresse sexuelle et de la femme en lutte contre l’ordre masculin. Vocalement, la Russe brille surtout par la fraicheur et l’aisance de son registre aigu particulièrement sollicité dans les premiers tableaux, ceux de l’hystérisation sexuelle de son personnage. Il lui manque encore quelques capitons, ceux de voix plus dramatiques, pour épouser la sensualité démesurée qui prend possession de son personnage sitôt la fornication avec Sergei accomplie. Un « Serjoscha » qui trouve son interprète idéal en <strong>Brandon Jovanovitch</strong>. Carrure et port de lutteur, l’Américain dispose aussi d’un volume considérable pour composer un arriviste bravache et enjôleur. Ce qui n’est pas contradictoire avec de belles nuances et même des demi-teintes. On croirait presque le personnage quand il dit être sensible, à l’inverse des autres mâles alpha qui l’entourent ! Les Ismailow sont bien servis par <strong>Maxim Paster</strong> ténor de caractère qui compose un Sinowi acidulé (et éméché) et le Boris marmoréen de la basse russe <strong>Dmitry Ulyanov</strong>. Les seconds rôles sont tous de premières classes dans cette distribution quasi exclusivement slave, au premier rang desquels le Pope alcoolique de <strong>Stanislav Trofimov</strong>. Les Chœurs du Wiener Staatsoper délivrent une prestation irréprochable.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="310" src="/sites/default/files/styles/large/public/hires-08_ladymacbethvonmzensk_2017_ninastemme_stanislavtrofimov_ensemble_c_sf_thomasaurin.jpg?itok=MJqzsm3e" title="© Salzburger Festspiele / Thomas Aurin" width="468" /><br />
	© Salzburger Festspiele / Thomas Aurin</p>
<p><strong>Andreas Kriegenburg</strong> fait le choix de la cruauté. Son décors est aussi réaliste qu’il est déprimant : une usine en béton gris délabrée, qui se transformera sans mal en prison au dernier tableau. Deux boites coulissantes s’extraient de ces murs et viennent composer deux prosceniums. A jardin, on retrouve la « bulle » d’ennui bourgeois de Katia, meublée comme presque toutes les chambres d’hôtel design actuel ; de l’autre, les lieux du pouvoir masculin (bureau de son mari, commissariat). De solides jalons pour déployer une direction d’acteur millimétrée qui travaillent sur les corps, leur attraction et leur répulsion. Une mise en scène qui ne stylise ni la violence ni le sexe et les représente crûment, comme la musique ne laisse pas aucun doute sur ce qui se trame. Seule la manie de vouloir systématiquement mettre en scène les interludes (Katarina qui fantasme des étreintes etc.) agace tant elle est redondante du travail réalisé pendant les scènes. Enfin, Andreas Kriegenburg opère une transposition temporelle discrète mais néanmoins judicieuse : la Russie tsarine devient Russie post-soviétique. Or, si Chostakovitch se moquait des apparatchiks du régime, sa musique et son texte mordent avec d’autant plus d’ironie ces nouveaux barons et leurs mercenaires, cette police discrétionnaire, cette société hétéro-normée, peuplée de machos aussi idiots qu’ils sont violents. De l&rsquo;URSS à la Russie actuelle, les époques bafouillent à travers l’œuvre du compositeur et l’on ne peut s’empêcher de penser à la réflexion de Karl Marx à propos de Hegel sur l’Histoire : «<em> les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois (…) : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce.</em> »</p>
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		<title>CHOSTAKOVITCH, Lady Macbeth de Mtsensk — Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lady-macbeth-de-mzensk-lyon-du-grand-tcherniakov/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sonia Hossein-Pour]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 Jan 2016 07:13:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un calme noir et nerveux, le rideau de scène se lève pour laisser voir le spectacle mutique d’hommes et de femmes affairés, avant que les premières notes de Lady Macbeth de Mzensk de Chostakovitch ne viennent briser, inquiétantes, ce prologue silencieux. Nous sommes au XXIe siècle. Les employés et les ouvriers d&#8217;une société se &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Dans un calme noir et nerveux, le rideau de scène se lève pour laisser voir le spectacle mutique d’hommes et de femmes affairés, avant que les premières notes de <em>Lady Macbeth de Mzensk</em> de <strong>Chostakovitch</strong> ne viennent briser, inquiétantes, ce prologue silencieux. Nous sommes au XXI<sup>e </sup>siècle. Les employés et les ouvriers d&rsquo;une société se meuvent dans un décor froid où se dressent des bureaux sans âme, éclairés par une lumière blafarde. Et au milieu de ce bourdonnement où le travail produit ses fruits, Katerina, seule et inféconde dans une chambre aux murs recouverts de tapis d’orient, dévide le fil de ses complaintes&#8230;</p>
<p class="rtejustify">Oscillant sans cesse entre le tragique et la satire qui lui vaudra d’être longtemps censuré en Union soviétique, l’opéra de Chostakovitch, créé en 1934, est un chef-d’œuvre absolu qui exige un grand metteur en scène capable de le dompter et de le représenter. <strong style="line-height: 1.5">Dmitri Tcherniakov </strong>en est un. Indéniablement. Il  donne à réfléchir avec intelligence et avec un parti pris esthétique et politique qui convergent vers une force inouïe de l’image. Le tableau du dernier acte est ainsi terrifiant de réalisme : dans leur sinistre cellule de prison, Katerina et Sonietka n’échangent que leur indifférence et Sergueï vient tour à tour leur rendre visite avant de prendre bestialement Sonietka sous les yeux horrifiés de Katerina. Le meurtre final, sous le néon tremblant de la cellule, obéit à cette même sauvagerie qui saisit d’effroi. Oui, Dmitri Tcherniakov est brillant, mais impertinent, immodeste même, devant le legs qui s&rsquo;offre à lui, car une fois de plus, il ne se contentera pas de la contrainte du livret et transformera le suicide final de Katerina en passage à tabac par les sbires d’on ne sait quel Pouvoir. </p>
<p class="rtejustify">La puissance de la mise en scène doit beaucoup à une direction d&rsquo;acteurs exemplaire ainsi qu&rsquo;à l&rsquo;interprétation exceptionnelle de la soprano <strong style="line-height: 1.5">Ausrine Stundyte</strong> dans le rôle de Katerina. Dotée d’une voix ample et puissante, son jeu est confondant de vraisemblance, d’un engagement sans bornes, comme si elle chantait là pour la dernière fois. Ainsi de cet air du troisième tableau, « Zerebyonok k kobïlke toropitsya », où elle exprime avec une tendresse déchirante, comme un cri de la chair, son besoin d’amour et de sensualité. L’attachement aveugle qu&rsquo;elle éprouve à l&rsquo;égard de Sergueï, où la délivrance est en même temps aliénation, est également extrêmement émouvant dans sa manifestation quasi animale, à l’opposé du hiératisme des premiers tableaux. </p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/lady-macbeth-de-mzenskcjean-pierre-maurin2016_03885.jpg?itok=IoqFt2_N" title="© Jean-Pierre Maurin" width="468" /><br />
	© Jean-Pierre Maurin</p>
<p class="rtejustify">Le plateau vocal demeure dans l&rsquo;absolu de très haut niveau. La basse <strong style="line-height: 1.5">Vladimir Ognovenko</strong> est un choix idéal pour le rôle de Boris, avec cette voix caverneuse qui assoit l’autorité du patriarcat. Tout comme Vladimir Ognovenko, <strong style="line-height: 1.5">John Daszak</strong> a l’habitude des rôles ingrats dans plusieurs des productions de Tcherniakov, et quoiqu’il n’ait pas un timbre particulièrement séduisant et nuance rarement son chant, cela correspond parfaitement à la rustrerie de Sergueï. Si le chant de <strong>Peter Hoare</strong>, dans le rôle de Zinovyï, apparaît dans un premier temps assez poussif, la voix semble beaucoup plus installée et épanouie dans la scène de son retour. Enfin, la performance du <strong style="line-height: 1.5">chœur de l’opéra de Lyon</strong> sous la direction de <strong style="line-height: 1.5">Philip White</strong> mérite d&rsquo;infinies louanges. Il est sans doute un des plus beaux chœurs qu’il nous ait été donné d’entendre, avec une puissance à laquelle s’allient l’intelligibilité du texte et l’homogénéité des pupitres, au point de nous donner l&rsquo;impression qu’une seule et même voix émane de lui.</p>
<p class="rtejustify">A la tête de <strong style="line-height: 1.5">l’orchestre national de Lyon</strong>, <strong style="line-height: 1.5">Kazushi Ono</strong> n’a pas à pâlir devant le fantôme de Rostropovitch. Sans être doublé, l’effectif orchestral demeure toutefois très important, au point que l’espace semble presque insuffisant pour contenir tout le volume sonore. Les soli de violon et de violoncelle sont exquis et le chef maîtrise le subtil contraste entre la dimension tantôt railleuse et tantôt angoissante de l’œuvre de Chostakovitch. Du grand Tcherniakov, en somme. Mais mettons-le au défi de faire une mise en scène fidèle à un livret pour la gratifier ainsi de 4 coeurs. </p>
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		<title>Dix mises en scène déconseillées au moins de seize ans</title>
		<link>https://www.forumopera.com/dix-mises-en-scene-deconseillees-au-moins-de-seize-ans/</link>
					<comments>https://www.forumopera.com/dix-mises-en-scene-deconseillees-au-moins-de-seize-ans/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Sep 2015 05:18:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec l&#8217;avènement des metteurs en scène, Il en est à présent de l&#8217;opéra comme du cinéma : certains ouvrages ne sauraient être mis devant tous les yeux. Voici une sélection amusée de quelques unes des mises en scènes parmi les plus scandaleuses de ces dernières années. La liste n&#8217;est évidemment ni exhaustive, ni définitive d&#8217;autant &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec l&rsquo;avènement des metteurs en scène, Il en est à présent de l&rsquo;opéra comme du cinéma : certains ouvrages ne sauraient être mis devant tous les yeux. Voici une sélection amusée de quelques unes des mises en scènes parmi les plus scandaleuses de ces dernières années. La liste n&rsquo;est évidemment ni exhaustive, ni définitive d&rsquo;autant que là comme ailleurs, on assiste à une surenchère qui laisse présager dans les années à venir une généralisation et donc une banalisation d&rsquo;un phénomène posant plusieurs questions. Faut-il toujours être explicite ? Peut-on montrer ce que la musique ne fait que suggérer, si tant est qu&rsquo;elle l&rsquo;ait imaginé ? Jusqu&rsquo;à quel point a-t-on le droit d&rsquo;interpréter les intentions du compositeur, voire de les détourner ? L&rsquo;opéra, genre onirique s&rsquo;il en est, doit-il refléter l&rsquo;exacte réalité d&rsquo;un monde en perte de valeurs ? D&rsquo;un autre côté, ne faut-il ouvrir grand les portes des théâtres lyriques si l&rsquo;on veut renouveler un art vieillissant, qui tourne depuis maintenant un siècle avec peu ou prou la même cinquantaine de titres ? Ne faut-il pas frapper les esprits avec des images parfois insoutenables pour inciter chacun à réfléchir et, qui sait, réagir ? Interrogeons-nous, il en est temps encore. [Christophe Rizoud]</p>
<hr />
<p><strong>1. Gyorgy Ligeti, <em>Le Grand Macabre</em> &#8211; mise en scène de Daniel Mesguich (Paris, Garnier, 1981)</strong></p>
<p>Il y a plus de trente ans, un jeune homme de théâtre réalisait au Palais Garnier sa première mise en scène lyrique. Non seulement le texte très cru (en français selon la volonté du compositeur) choqua les tendres oreilles, mais les chastes yeux des spectateurs furent horrifiés : des femmes nues à l’Opéra de Paris ! C’était la première fois, mais ce ne serait pas la dernière. Après les figurantes en tenue d’Eve, viendrait le tour des chanteuses, notamment des Salomé allant jusqu’au bout de leur danse des sept voiles… [Laurent Bury]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="434" marginheight="0" marginwidth="0" scrolling="no" src="https://fresques.ina.fr/en-scenes/export/player/Scenes01073/512x384" width="512"></iframe></p>
<p><strong>2. Richard Wagner, <em>Tannhaüser </em>&#8211; mise en scène d&rsquo;Olivier Py (Genève, 2005)</strong></p>
<p>Comment évoquer la luxure du Venusberg au début de <em>Tannhäuser</em> ? Pardi, en demandant à un hardeur de traverser la scène nu, zizi en l’air. A Genève en 2005, la scène mit le feu au lac. Pouvait-il en être autrement ? Interrogé <a href="/actu/le-best-of-de-jean-marie-blanchard">ici-même</a> à ce sujet, Jean-Marie Blanchard, alors directeur du Grand-Théâtre, s’étonnait : « <em>Tout cela prend une dimension folle et on oublie complètement </em>Tannhäuser<em> dans l’histoire : Nina Stemme, sublime, chantant dans son église de néons, à vous faire verser les larmes. Comment un scandale non voulu occulte les choses essentielles… La présence de cet homme nu en érection n’avait finalement rien de scandaleux dans le Venusberg. Comme le disait Olivier Py, regardez les didascalies, rien que les didascalies. Ce Venusberg, je le trouvais presqu’un peu sage !</em> ». Comme quoi, tout est relatif. [Christophe Rizoud]</p>
<p><iframe allow="geolocation *; autoplay; encrypted-media" allowfullscreen="" frameborder="0" height="351" name="Opéra: Olivier Py met en scène &quot;Tannhäuser&quot; de Wagner à Genève" src="//tp.srgssr.ch/p/srf/embed?urn=urn:rts:video:1551626&amp;start=" width="624" id="Opéra: Olivier Py met en scène &quot;Tannhäuser&quot; de Wagner à Genève"></iframe></p>
<p><strong>3. Antonio Vivaldi, <em>Ercole sul Termodonte</em> &#8211; mise en scène de John Pascoe (Spoleto, 2006</strong>)</p>
<p>Un décor hérissé de phallus géants, et un chanteur qui, dans le rôle-titre, ne cache pas grand-chose de sa propre anatomie – tout juste le drapé « alla Pizzi » dont Hercule est (fort peu) vêtu vient-il masquer sa virilité. Bien sûr, ça ne dure pas très longtemps, le temps d’une scène seulement, mais grâce à laquelle John Pascoe a réussi à marquer les esprits. Si jamais le DVD tombe entre les mains de vos chères têtes blondes, imposez-leur le sous-titrage pour protéger leur innocence : le texte masquera au moins une partie de l’image. [Laurent Bury]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/mhHU56_nfrI" width="560"></iframe></p>
<p><strong>4. Piotr Ilyitch Tchaïkovski, <em>Eugène Onéguine</em> &#8211; mise en scène de Krzysztof Warlikowski (Munich, Bayerische Staatsoper, 2007)</strong></p>
<p>L&rsquo;homosexualité est indéniablement une des clés de l&rsquo;œuvre de Tchaïkovski en général et d&rsquo;<em>Eugene Onéguine</em> en particulier. De là à faire coucher le héros de l&rsquo;opéra avec son meilleur ami et transformer la fameuse polonaise en partie de jambes en l&rsquo;air entre cowboys, il y a un fossé large et profond que Krzysztof Warlikowski n&rsquo;a pas hésité à franchir dans sa représentation scénique de l&rsquo;ouvrage à Munich en 2007. Huit ans plus tard, cette vision subversive continue de susciter des réactions controversées. Et pendant que les adultes, partagés, s&rsquo;affrontent dans la salle à grand renfort de quolibets, les enfants restent consignés à la maison. [Christophe Rizoud]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/y7M-UgDd8As" width="420"></iframe></p>
<p><strong>5. Thomas Adès, <em>Powder </em><em>her face</em> &#8211; mise en scène de Carlos Wagner (Londres, 2008)</strong></p>
<p>Que l’histoire vraie de la Duchesse d’Argyll, photographiée en 1963 à son insu en train de tailler une pipe à un inconnu ne soit pas de celles que l’on raconte le soir à la veillée relève de l’évidence. Que Thomas Adès en fasse un opéra, créé en 1995 au festival Cheltenham, passe encore. La musique aide souvent à rendre moins crues les situations les plus scabreuses. Mais que la mise en scène en soit confiée treize ans après à Carlos Wagner, voilà qui laissait présager le pire quand on connait le radicalisme de ses (re)lectures. Si le parti fut évidemment pris de ne rien cacher, si la fameuse fellation fut représentée plusieurs fois sans la moindre équivoque, le résultat s&rsquo;avéra finalement moins choquant que prévu. A force, on finit par être blindé. [Christophe Rizoud]<br />
	 </p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/bfIIZve0Z80" width="420"></iframe></p>
<p><strong>6. Nikolaï Rimski-Korsakov, <em>Kitège</em> &#8211; mise en scène de Dmitri Tcherniakov (Amsterdam, 2012)</strong></p>
<p>Apologie du meurtre, incitation à la violence ? La férocité des envahisseurs tatares aura rarement été montrée de manière aussi explicite que dans la mise en scène de <em>Kitège</em> réglée par Dmitri Tcherniakov. Avec des scènes où la mafia russe n’hésite pas à violer, à torturer et à tuer comme pour le plaisir, un nouveau palier a peut-être été atteint dans ce qui est représentable sur une scène d’opéra. [Laurent Bury]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/0dIdGKdxi5c" width="560"></iframe></p>
<p><strong>7. Richard Wagner, <em>Der Ring des Nibelungen</em> &#8211; mise en scène de Frank Castorf (Bayreuth, 2013)</strong></p>
<p>Pour célébrer le bicentenaire de la naissance de Wagner en son royaume – Bayreuth –, il était important de marquer les esprits. C’est pourquoi, après quelques péripéties, il fut décidé de confier la nouvelle mise en scène du <em>Ring</em> à Frank Castorf, un des papes du Regietheater. Bingo ! Chaque soir des bordées d’injures et de huées accueillirent son travail dont on ne sait finalement ce qui fit le plus grincer les dents : la turlutte d’Erda à Wotan, le couple de crocodiles forniquant allègrement ou la kalachnikov avec laquelle Siegfried abat de sang-froid Fafner, préfigurant d’autres drames sanglants, bien réels ceux-là malheureusement.  [Christophe Rizoud]</p>
<p><iframe allow="geolocation *; autoplay; encrypted-media" allowfullscreen="" frameborder="0" height="351" name="Ausschnitte aus «Rheingold»" src="//tp.srgssr.ch/p/srf/embed?urn=urn:srf:video:10da7ff0-9193-49d5-aa08-70f1de96f606&amp;start=" width="624" id="Ausschnitte aus «Rheingold»"></iframe></p>
<p><strong>8. Dmitri Chostakovitch, <em>Lady Macbeth de Mtsensk</em> &#8211; Mise en scène de Calixto Bieito (Vlaanderen Opera, 2014)</strong></p>
<p>De la rencontre entre Calixto Bieito, metteur en scène réputé sulfureux, et <em>Lady Macbeth de Mtsensk</em>, opéra jugé dégénéré par la censure stalinienne, il ne fallait pas attendre un nouvel épisode des Barbapapas. Combat dans la boue, corps dénudés, scènes de viol et de sexe explicites et, comme souvent avec Bieito – c&rsquo;est, plus que son goût pour la provocation, la raison de la considération dont il bénéficie –, des artistes si engagés que, <a href="/spectacle/sex-crimes">le 29 mars 2014</a>, le placard de la cuisine sur laquelle Ladislav Elgr (Serguei) besognait furieusement Austine Stundyne (Katarina) s’est décroché. Vous avez dit <em>trash</em> ? [Christophe Rizoud]</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="281" mozallowfullscreen="" src="https://player.vimeo.com/video/89479607?color=ec007c&amp;title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0" webkitallowfullscreen="" width="500"></iframe></p>
<p><strong>9. Gioachino Rossini, <em>Guillaume Tell </em> &#8211; mise en scène de Damiano Michieletto (Londres, Royal Opera House, 2015</strong>)</p>
<p>Avec <em>Sigismondo</em>, Damiano Michieletto avait indigné le très conservateur public du festival de Pesaro. Depuis juin dernier, il a rejoint le petit club des auteurs de productions huées avec véhémence dans une maison d’opéra internationale. Pourtant, Londres avait déjà eu droit à une scène de viol collectif l’année précédente, dans <em>La donna del lago</em>. Mais celle que Michieletto situe pendant le ballet du troisième acte de <em>Guillaume Tell</em> fut autrement plus convaincante, et donc plus nauséeuse. [Laurent Bury]</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/m5uSjeraUm8" width="560"></iframe></p>
<p><strong>10. Wolfgang Amadeus Mozart, <em>L’enlèvement au sérail</em> &#8211; mise en scène de Martin Kušej (Aix-en-Provence, 2015)</strong></p>
<p>A l’heure où l’islamisme militant fait sans cesse de nouveaux ravages et ne cesse d’attirer de nouvelles recrues parmi les jeunes Occidentaux, il n’était peut-être pas très judicieux de montrer Osmin muni de têtes tranchées à la fin de la représentation de <em>L’Enlèvement au sérail. </em>Martin Kušej a donc été prié d’ôter de sa mise en scène, pourtant située il y a un siècle, tout ce qui pouvait un peu trop rappeler la situation géopolitique actuelle. [Laurent Bury]</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/ZWgAS3z-X54" width="560"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/dix-mises-en-scene-deconseillees-au-moins-de-seize-ans/">Dix mises en scène déconseillées au moins de seize ans</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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