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Metropolitan Orchestra/van den Heever – Paris (Philharmonie)

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Spectacle
3 septembre 2026
Strauss et paillettes

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3

Légende

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❤️❤️🤍🤍🤍 : Inférieur aux attentes
❤️🤍🤍🤍🤍 : À oublier

Détails

Richard Strauss (1864-1949)
Suite du Chevalier à la rose
Salomé, scène finale
Une vie de héros

Orchestre du Metropolitan Opera de New York

Elza van den Heever, soprano

Yannick Nézet-Séguin, direction

Salle Pierre-Boulez, Philharmonie de Paris, mardi 1er septembre 2026, 20h.

Après le Gewandhaus de Leipzig, le Philharmonique de Berlin, l’Orchestre et les Chœurs de la Scala l’année dernière, les Prem’s réunissent ces jours-ci à la Philharmonie de Paris l’Orchestre du Metropolitan Opera de New York et le Concertgebouw d’Amsterdam, sans oublier l’Orchestre de Paris, qui joue à demeure. Cet impressionnant programme témoigne du dynamisme et de l’attractivité d’une institution qui fait exception dans le paysage culturel parisien, ce dont on se réjouit pleinement. Le festival de rentrée a connu de légers ajustements par rapport à l’année dernière (le parterre a été intégralement vidé de ses fauteuils, alors que les rangs du fond avaient été conservés en 2025) mais le principe reste le même :  convier les plus grandes formations et les meilleures baguettes à jouer pour un public en partie debout qui bénéficie de places moins chères, dans un esprit de festival qui se veut plus relâché que le format habituel du concert classique.

Les deux premières dates sont confiées à l’Orchestre du Metropolitan Opera de New York, sous la direction de son chef principal, Yannick Nézet-Séguin. La formation star de l’opéra américain reprend pour les Prem’s les programmes qu’elle a interprétés lors de ses débuts aux BBC Proms de Londres il y a quelques jours. Avant une soirée Saariaho/Mahler avec Joyce DiDonato, le public parisien a donc pu entendre un concert de pièces de Richard Strauss, illuminé par la présence de la soprano Elza van den Heever.

La soirée commence avec la suite du Chevalier à la rose : cet amalgame d’extraits de l’opéra ne fait pas preuve d’un grand souci de continuité et n’est sans doute pas un concentré des plus efficaces d’un si précieux chef-d’œuvre. Ainsi, après un condensé du sublime trio final, où l’absence des voix n’est que maigrement compensée par le jeu des solos orchestraux, survient un tonitruant roulement de caisse claire et la suite s’achève dans un retour de bonne valse viennoise… Du reste, quand en 2015 Alan Gilbert avait dirigé le New York Philharmonic dans la même salle et dans la même suite, il avait remplacé ce barouf final par la véritable conclusion de l’opéra.

Nézet-Séguin, lui-même scintillant de paillettes, propose une lecture très hollywoodienne du Chevalier à la rose, où domine la recherche du moelleux et du rebond, d’un lyrisme fait de lignes splendides et de timbres bien mariés. L’orchestre a pour lui un son homogène et vibrant de couleurs, des pupitres d’une netteté remarquable et de très bons solistes qui font merveille quand on a besoin d’eux (beau hautbois dans la présentation de la rose). Les virages straussiens, ces moments où, passant par le chas d’une aiguille, la musique bascule dans une atmosphère et une harmonie qu’on croyait impensables quelques secondes plus tôt, sont rendus avec grâce et sans excès d’affectation. La lecture est impeccable, pittoresque même : on croit entendre du Rimsky dans la présentation à la rose et la valse d’Ochs est si lourdée qu’on croit voir un danseur ivre qui nous arrache quelques sourires. Les amateurs d’un Strauss moins rose repasseront.

Puis vient la scène finale de Salomé. Elza van den Heever avait fait des débuts retentissants dans le rôle à Paris en 2022 et la voix est toujours aussi impressionnante : ronde mais claire, souple, à l’émission franche et lumineuse. La soprano choisit d’incarner autant que possible l’évolution du rôle : elle donne plus dans la jeune fille illuminée que dans la harpie sanguinaire, mais ose un passage presque hurlé, et n’hésite pas à esquisser des mouvements de danse pour rendre la sensualité de la fille d’Hérode. On serait entièrement à la fête si la voix n’était pas régulièrement couverte par l’orchestre. On touche là à un problème qu’on croyait déjà avoir décelé en 2025 : sans les fauteuils du parterre, l’acoustique de la salle Pierre-Boulez est détériorée et on entend un écho inhabituel, le son semble uniformisé, sans possibilité de bien distinguer les pupitres, comme si on écoutait de la mono. Dans cet opéra aussi, Nézet-Séguin et l’orchestre semblent faire le choix du sublime plus que de la noirceur et de la verve – mais le volume, lui, est bien là.

Ein Heldenleben, après l’entracte, est dans la même veine : orchestre en pleine possession de ses moyens (très beau pupitre de cors, violon solo virtuose très exposé, belles trompettes), chef dont le métier et le talent sont évidents mais qui peine à imprimer une lecture vraiment marquante, en cherchant peut-être trop à créer des climax qui finissent par diluer un peu l’impact et l’inventivité étrange de ce poème symphonique.

La soirée s’achève tout de même sur un triomphe du public, preuve que le format du festival de rentrée peut sans aucun doute d’imposer. Elza van den Heever, rappelée sur scène, interprète une belle version de Zueignung (sans trou de mémoire cette fois). Au bout du compte, une soirée pétillante et pailletée, servie par de grands musiciens, autour d’un compositeur populaire : rien d’inoubliable pour les plus stricts mélomanes, mais l’essentiel n’était peut-être pas là.

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Richard Strauss (1864-1949)
Suite du Chevalier à la rose
Salomé, scène finale
Une vie de héros

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Elza van den Heever, soprano

Yannick Nézet-Séguin, direction

Salle Pierre-Boulez, Philharmonie de Paris, mardi 1er septembre 2026, 20h.

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