Révélé en 2015 par Le Jardin des Voix de William Christie et des Arts Florissants, Carlo Vistoli a, en une décennie, construit une carrière internationale qui l’a mené sur les plus grandes scènes lyriques. Le contre-ténor est aujourd’hui l’un des interprètes incontournables du répertoire baroque, présent aussi bien à l’opéra qu’au disque. L’été s’annonce une nouvelle fois dense pour l’artiste, avec plusieurs rendez-vous dans des festivals et la parution à la rentrée chez Harmonia Mundi, d’un CD consacré à Händel.
– Votre programme estival sur scène ?
Après un premier semestre riche en productions scéniques (Orfeo ed Euridice de Gluck à Parme, Giulio Cesare de Händel à Zurich, Tancredi de Rossini à Rome), mon été est consacré aux concerts. Je serai au Wigmore Hall de Londres, au Festival de Salzbourg, ainsi qu’aux Arènes de Vérone, où je ferai mes débuts dans Carmina Burana de Carl Orff sous la direction de James Conlon — et, qui plus est, le jour même de mon anniversaire ! Début septembre, je donnerai également deux représentations d’un nouveau récital avec Giulio Zappa au piano, à la Park Avenue Armory de New York.
Entre-temps, je commence à présenter, avec des concerts à Vichy et à Rocamadour, le programme de mon nouveau CD, qui paraîtra en septembre chez Harmonia Mundi. Intitulé Handel’s Italians, il est consacré aux rôles écrits pour les castrats dans les oratorios anglais du Caro Sassone et je l’ai enregistré avec Emmanuelle Haïm.
– Vos vacances, si vous avez la possibilité d’en prendre ?
Cette année, c’est un peu compliqué, car mon agenda est (heureusement !) bien rempli. J’espère pouvoir aller quelques jours à la mer à la fin du mois d’août, à mon retour de Rocamadour. Je voyagerai en voiture depuis Turin, où je vis, et, sur le chemin du retour, je pense longer la côte et passer quelques jours, soit en France, soit en Ligurie. Au fil de ces dernières années d’activité, j’ai compris l’importance des périodes de repos, même courtes, tant sur le plan mental que vocal : c’est essentiel. À force de voyager en permanence, il arrive que le simple fait d’être chez soi, au calme, donne déjà l’impression d’être en vacances.
– Un festival que vous recommandez ?
Il y a plusieurs festivals, surtout en France et en Italie — mes deux pays de cœur — que j’aime énormément. Mais si je devais n’en citer qu’un, je choisirais le Ravenna Festival. C’est un festival qui a profondément contribué à ma formation et à ma culture, non seulement musicale mais artistique au sens large. Proche de ma ville d’origine, Lugo, j’y allais souvent lorsque j’étais adolescent et j’y ai entendu les plus grands musiciens de la scène internationale. Ravenne est une ville magnifique, avec ses églises byzantines, et ce festival est depuis toujours un formidable ambassadeur de son territoire.
– Un livre à lire sur la plage ?
Ma liste est longue, mais sur ma table de chevet comme dans mon e-book pour les voyages, tout en haut figure Les Livres de Jakób d’Olga Tokarczuk qui, par son ampleur et sa complexité, demande sans doute un véritable investissement. Le dernier livre que j’ai lu, plus léger mais remarquablement écrit, est un roman français que j’ai lu en langue originale : La Vieille de Georges Simenon. Je dois d’ailleurs avouer que c’était le premier livre de Simenon que je lisais — bien différent, je le sais, de sa célèbre production policière.
– La musique qui tourne en boucle dans vos écouteurs ?
> Le Troisième Concerto pour piano de Beethoven, dans l’enregistrement de Martha Argerich et Claudio Abbado.
> Le Chant de la Terre de Mahler. Il existe plusieurs versions que j’aime beaucoup, mais je choisirais peut-être celle dirigée par Leonard Bernstein avec James King et Dietrich Fischer-Dieskau.
> Et, pour quitter la musique classique, pratiquement toutes les chansons de Fabrizio De André, qui m’accompagnent depuis mon enfance.
– Votre plus beau souvenir d’été ?
Les étés passés chez mes grands-parents, que j’aimais énormément, à la campagne, non loin de Ravenne, avec mon chat qui s’appelait… Mimì. Eh oui, on revient toujours à l’opéra !


