Christophe Ghristi est un directeur musical heureux. A la tête d’une des plus belles institutions lyriques de France, le Théâtre national du Capitole de Toulouse, il prépare une saison 2026-27 qui s’annonce encore palpitante. Il nous partage ses coups de cœur.
– Votre programme de l’été ?
La mer, le soleil, la forêt, le silence, la sieste… Arriver enfin à éteindre le téléphone… Et de la musique et de la lecture bien sûr !
– Un festival que vous recommandez ?
Toulousain d’adoption, je ne peux qu’évoquer le Festival Piano aux Jacobins, où j’ai passé tant de soirées d’exception dans un cadre magique. Et bien sûr, le roi des festivals, Salzbourg, où je verrai cette année le Saint François de Messiaen !
– Votre livre sur la plage ?
L’été, j’ai souvent envie de littérature romanesque : Stendhal, Dumas (cet été Le Maître d’armes), Balzac, Sand… Sénèque est aussi au programme, en prélude au Couronnement de Poppée que le Capitole présentera en mai 2027 !
– La musique qui tourne en boucle dans vos écouteurs ?
J’achète encore quelques gros coffrets et je les écoute ensuite depuis les plateformes ! Parmi les derniers, les sommes des Sirs Thomas Beecham et Adrian Boult de Warner. Et puis, l’été, c’est aussi d’autres musiques… Cet été, il y aura sans doute dans mon casque beaucoup de Maria Bethania qui fête cette année ses 80 ans…
– Votre plus beau souvenir estival… ?
Il en est un absolument fondateur pour moi. Grâce à internet, j’ai même pu retrouver la date exacte : 23 août 1985… Ce jour-là, au Musikverein à Vienne, Claudio Abbado dirigeait la Deuxième symphonie de Mahler. Jessye Norman et Karita Mattila faisaient pleuvoir une émotion surnaturelle. J’étais lycéen en voyage linguistique et c’était la première fois que je ressentais à ce degré le choc physique du son du concert, de l’orchestre, du chœur… Inoubliable et définitif !

