La méthode Rietzler allie détermination et force tranquille. Ouverture et collaboration sont ses mots d’ordre. Avec lui, Rennes n’a jamais mieux porté sa réputation de culot et d’hospitalité: une programmation éclectique, accueillant des spectacles venus des maisons les plus réputées; soucieuse d’être ouverte à tous les spectateurs sans pour autant y sacrifier l’audace avec des productions résolument contemporaines.
– Votre programme de l’été sur scène ?
Plusieurs projets de l’Opéra de Rennes sont sur les routes des festivals, notamment Le Triomphe du temps au Festival de Beaune avec notre ensemble en résidence Le Banquet Céleste, Le Requiem de Fauré à Saint-Malo avec l’Orchestre national de Bretagne et notre ensemble en résidence le Chœur de chambre Mélisme(s) ainsi que Cendrillon au Festival de Saint-Céré avec la co[opéra]tive dont l’Opéra de Rennes fait partie.
– Vos vacances, si vous pouvez en prendre ?
La montagne, en particulier le tour des Fiz, magnifique randonnée alpine d’une semaine au paysage époustouflant. Car la Bretagne est superbe, mais lorsqu’on a grandi aux abords des Vosges, on a besoin de s’en échapper l’été pour retrouver du relief.
– Un festival que vous recommandez ?
Les Tombées de la Nuit à Rennes, aujourd’hui dirigées brillamment par Morgane Le Gallic après que Claude Guinard en ait fait l’un des plus sensibles festivals de France. Entre chien et loup, quand la chaleur s’estompe, la rue devient un espace de jeu profondément poétique et les artistes y transforment la ville. Tout y devient possible, avec même de l’opéra dans l’espace public.
– Un livre que vous avez envie de lire ?
Le Maître et Marguerite de Boulgakov. Car l’actualité de l’Opéra de Rennes dans les prochaines saisons nécessite que je m’y replonge. Une grande joie !
– La musique qui tourne en boucle dans vos écouteurs ?
Il est tant de préparer la rentrée, donc Werther de Massenet et Vénus et Adonis de John Blow.
Mais aussi et surtout Dafné Kritharas, immense coup de cœur pour cette chanteuse franco-grecque à la voix envoûtante.
– Votre plus beau souvenir estival ?
Le Sang des promesses en 2009, douze heures dans la Cour d’Honneur du festival d’Avignon, bercé et captivé par l’épopée théâtrale de Wajdi Mouawad. Fabuleuse expérience. Mais toute la nuit, j’avais eu peur de m’endormir alors que j’étais assis à côté de Caroline Sonrier, ma directrice d’alors à l’Opéra de Lille.


