Avec leur ensemble Mare Nostrum et le « Stradella Project », ils achèveront en 2027 une intégrale les oratorios d’Antonio Stradella, à paraître en coffret : Ester, liberatrice del popolo ebreo est déjà sous presse mais pas encore éditée tandis que Susanna verra enfin le jour en studio et face au public.
La redécouverte de ce répertoire méconnu entre en résonance avec un travail approfondi mené depuis un quart de siècle par Andrea de Carlo sur la relation entre phonétique, technique italienne et esthétique des musiques vocales et instrumentales du XVIIe siècle ; une réflexion qui a des conséquences surprenantes sur l’interprétation de ce répertoire.
Tout au long du mois de septembre, dans les églises de Viterbe comme dans les plus beaux palais du Latium, il sera possible de juger sur pièce, l’équilibre entre cet art savant et une interprétation jubilatoire.
– Votre programme de l’été sur scène ?
Lucia &Andrea : En juin, nous avons donné deux concerts à Rome : le premier dans la magnifique basilique des saints Nérée et Achille, au sein des catacombes de Domitilla, et le second au beau musée national des instruments de musique.
En juillet, nous avons présenté notre propre festival à Viterbe, avant de créer pour le Festival Baroque du Pays du Mont-Blanc, un programme inspiré par la vie d’Alessandro Stradella.
Puis à la fin du mois, nous nous sommes rendu à Lerici, l’une des plus belles villes balnéaires d’Italie, pour interpréter de la musique romaine sacrée et profane des XVIe et XVIIe siècles, avec la spectaculaire côte ligurienne en toile de fond.
– Vos vacances, si vous pouvez en prendre ?
Lucia &Andrea : Nous avons passé quelques jours sur la côte des Abruzzes en juin, pour célébrer notre anniversaire de mariage.
Andrea : Je vais également me lancer dans une semaine de navigation avec ma nièce. Elle attend ça avec impatience toute l’année – et, pour être honnête, moi aussi !
– Un festival que vous recommandez ?
Lucia &Andrea : D’une part le Festival International de Chigiana à Sienne, pour son dialogue extraordinaire entre grands maîtres, jeunes musiciens et nouvelles idées et d’autre part I Suoni delle Dolomites où la musique quitte la salle de concert et grimpe dans les montagnes. Deux façons bien différentes de nous rappeler que la musique reste une aventure.
– Un livre que vous avez envie de lire ?
Lucia : Le monde magique d’Ernesto de Martino, édité par Einaudi.
Andrea : Physique et philosophie de Werner Heisenberg, qui m’attend patiemment sur ma table de chevet depuis des années.
– la musique qui tourne en boucle dans vos écouteurs ?
Lucia:
– Almamegretta — Nun te scurdà
Dov’è Liana — Blue summer
Bleu Soleil & Luiza — Soleil bleu
Andrea : Le bruit du vent et de la mer. Je crois bien ne pas avoir besoin d’écouteurs pour cela ; )
– Votre plus beau souvenir estival ?
Lucia &Andrea : Notre mariage. Celui-là gagne – pour toujours.
* l’article a été publié dans un volume académique marquant le 500e anniversaire de Prose della volgar lingua de Pietro Bembo, dans le cadre d’une série linguistique éditée par Vittorio Coletti, membre de l’Accademia della Crusca.



