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MAHLER, Rückert-Lieder, Symphonie n°4 – Paris (Philharmonie)

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Spectacle
6 septembre 2026
Le lait de la tendresse humaine

Note ForumOpera.com

4

Légende

❤️❤️❤️❤️❤️ : Exceptionnel
❤️❤️❤️❤️🤍 : Supérieur aux attentes
❤️❤️❤️🤍🤍 : Conforme aux attentes
❤️❤️🤍🤍🤍 : Inférieur aux attentes
❤️🤍🤍🤍🤍 : À oublier

Infos sur l’œuvre

Kaija Saariaho (1952-2023)

Lumière et pesanteur (2009)

Création le 22 août 2009 à Helsinki

Gustav Mahler (1860-1911)

Rückert-Lieder (1901-1902)

Création de la version complète le 28 février 1907 à Vienne

Symphonie n°4 (1899-1900)

Création le 25 novembre 1901 à Munich

 

Détails

Rückert-Lieder

  1. Blicke mir nicht in die Lieder !
  2. Ich atmet’ einen linden Duft
  3. Liebst du um Schönheit
  4. Um Mitternacht
  5. Ich bin der Welt abhanden gekommen

Symphonie n°4 en sol majeur

Mezzo-soprano

Joyce DiDonato

Direction musicale

Yannick Nézet-Seguin

The Metropolitan Orchestra

Philharmonie de Paris, mercredi 2 septembre à 20h

 

La deuxième soirée des Prem’s à la Philharmonie invite quelque sept cents personnes debout devant la scène (et c’est près d’être rempli) ainsi que le public habituel assis à vivre une soirée presque entièrement dédiée à Gustav Mahler avec des artistes de prestige : Yannick Nézet-Séghin à la tête de l’Orchestre du Metropolitan Opera et Joyce DiDonato. La soirée s’ouvre avec Lumière et pesanteur, une œuvre symphonique à petit effectif de six minutes environ de Kaija Saariaho, dont l’intérêt ne saute pas aux oreilles avec sa monotonie toute spectrale. C’est ensuite à Joyce DiDonato d’entrer (avec quelques instrumentistes supplémentaires aux bois et aux vents) pour interpréter les Rückert-Lieder dont les cinq pièces sont présentées ainsi qu’un voyage de la lumière vers la pénombre : de la joie des deux premiers chants auxquels s’ajoute la pièce écrite en juin 1902 (un an après les numéros 1, 2, 4, 5) pour Alma Mahler (dite « Almschili » quelques mois après la célébration de son mariage avec le compositeur) à l’expérience de la douce déréliction de l’être séparé du monde mais encore happé par sa beauté. Cette expérience intérieure, somme toute mélancolique, est d’ailleurs contemporaine de trois des Kindertotenlieder. Dès « Blicke mir nicht in die Lieder » (Ne regarde pas sous les paupières/chants) la voix de la mezzo américaine s’épanouit en une sonorité pleine et souveraine pour exprimer les élans heureux de l’effusion, une voix à la ductilité toujours parfaite. Le rythme s’alanguit dans « Ich atmet’ einen Linden Duft » (Je respirais le doux parfum des tilleuls) et la voix sinue en un lyrisme presque enivrant, celle d’un être s’éloignant déjà, dont le chant lumineux porté par les vagues des cordes, les interventions ascensionnelles des vents et bois, cède (après avoir orné chaque syllabe, illuminé chaque mot) pour laisser la place à la transcendance angélique des flûtes. Vient la déclaration d’amour de l’époux pour la jeune fille, « Liebst du um Schönheit » (Si tu m’aimes pour ma beauté), dont Joyce DiDonato fait résonner autant la malice que l’émotion, accompagnée par un orchestre tendre dont les pupitres s’unissent en une harmonieuse poursuite, et que les vents finalement hissent jusqu’à une émotion qui serre le cœur. Parfaite transition pour les deux bouleversants derniers lieder. D’abord « Um Mitternacht » (A minuit) avec ses lignes dépouillées, sans cordes sauf la harpe, où surgissent les sourdes angoisses lancées par les bois, les vents, après les timbales. La voix aux inflexions souples, à la texture opulente de la mezzo américaine vient s’y fondre, avant de porter à une intensité artiste son amer constat de solitude. Enfin « Ich bin der Welt abhanden gekommen » (Je suis perdu pour le monde) ressuscite soudainement les beaux plans ultimes sur l’horizon de « Mort à Venise » (le film de L. Visconti) grâce au chant sublime du cor anglais, que suivent les clarinettes, les cors et les hautbois, puis les cordes alors que la mezzo offre une superbe et poignante expression de la tristesse résignée, épousant les lignes orchestrales mouvantes jusqu’à un final sombrement céleste, très proche des accents de l’Adagio de la 5e symphonie que Mahler a composée le même été à Maïernigg. L’émotion aura été au rendez-vous lors de cette première partie de haute volée.

Après l’entracte, Yannick Nézet-Seguin chef dansant et parfaitement maître du jeu donne à la Symphonie n°4 les couleurs du « conte de fées » que Bruno Walter y voyait, et le Met Orchestra rend justice à sa riche imagination sonore. D’une durée ramenée à une heure, avec un effectif moins lourd en cuivres et l’absence de chœur des précédents opus, Gustav Mahler vient d’entrer dans sa période de maturité et peint un tableau aux couleurs vives, entre allégresse et contraste gentiment ironique des sentiments. Le quatrième mouvement consiste en un lied à l’humour fin, rappelant que la symphonie devait s’appeler d’abord « Humoreske ». Joyce DiDonato, placée encore légèrement de côté derrière les pupitres des cordes, est restée sur scène pendant toute la symphonie, encourageant ses collègues instrumentistes, vivant chaque mouvement avec ferveur. Ce n’est pas si courant. Elle livre une vision irrésistible du paradis et du bonheur («  Das Himmlische Leben ») entre naïveté enfantine et sérénité, grâce à une interprétation qu’on ne saurait qualifier que d’idéale.

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Kaija Saariaho (1952-2023)

Lumière et pesanteur (2009)

Création le 22 août 2009 à Helsinki

Gustav Mahler (1860-1911)

Rückert-Lieder (1901-1902)

Création de la version complète le 28 février 1907 à Vienne

Symphonie n°4 (1899-1900)

Création le 25 novembre 1901 à Munich

 

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Rückert-Lieder

  1. Blicke mir nicht in die Lieder !
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Symphonie n°4 en sol majeur

Mezzo-soprano

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The Metropolitan Orchestra

Philharmonie de Paris, mercredi 2 septembre à 20h

 

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