À Vienne, il était comte. À Naples, le voilà valet. Le 9 septembre, Florian Sempey faisait ses débuts en Almaviva, dans Les Noces de Figaro, avec Elsa Dreisig pour épouse. Le 20 octobre, le baryton français découvre le San Carlo en Dandini, dans La Cenerentola. Deux grandes maisons en six semaines : on a connu des rétrogradations moins enviables.
Dandini, Sempey le connaît bien. En avril 2024, à Toulouse, il avait même terminé une représentation à la place d’un collègue : privé de voix après le premier acte, Philippe Estèphe lui avait laissé le second. À Naples, il rejoint la production de Damiano Michieletto, créée à Dresde puis reprise au Théâtre des Champs-Élysées, qui fait passer Cendrillon d’une cafétéria défraîchie à un loft chic. Aigul Akhmetshina chantera Angelina les 20, 23 et 27 octobre, face au séduisant Jack Swanson en prince. Au pupitre, Speranza Scappucci devient la première femme à diriger un opéra dans ce théâtre inauguré en 1737. Il aura fallu près de trois siècles.
Les voix françaises voyagent beaucoup cet automne. À Berlin, Gaëlle Arquez vient de faire ses débuts à la Deutsche Oper en Carmen, tandis que Benjamin Bernheim sera Cavaradossi à la Staatsoper Unter den Linden à partir du 25 octobre. Elsa Dreisig, elle, retrouvera sa couronne de comtesse le 11 novembre au Teatro Real de Madrid, dans les Noces de Robert Carsen. Son époux viennois aura entre-temps enfilé la livrée.
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