Forum Opéra

Soile Isokoski à l’auditorium du Musée d’Orsay : une soirée pour esthètes

Partager sur :
Brève
25 mars 2014
Soile Isokoski à l’auditorium du Musée d’Orsay : une soirée pour esthètes

 

Après avoir donné de la voix, en Maréchale, dans la version de concert du Chevalier à la Rose dirigé par Kirill Petrenko au Théâtre des Champs-Elysées, la soprano finlandaise Soile Isokoski égrenait à l’auditorium du Musée d’Orsay un bouquet de mélodies autour de la figure féminine, le 20 mars dernier : le Schumann fiévreux des Frauenliebe-und Leben trouve dans une voix encore lumineuse, dont on peine à croire qu’elle se produit dans le monde entier depuis 25 ans déjà, un instrument idéal. Curiosité de la soirée, quatre extraits de Ratsumies, opéra écrit par son compatriote et contemporain Aulis Sallinen, concluent la première partie sur une note onirique et hallucinée.
Le même surréalisme nous saisit après l’entracte, où le Strauss méconnu des Trois Lieder d’Ophélie déploie une ligne vocale troublante et ambiguë, dans la lignée des héroïnes « hystériques » du compositeur : l’ombre de Salome, d’Elektra, de Chrysothemis aussi, rôdent au détour de chaque mesure. La tension retombe, avec une douzaine d’extraits de L’Italianisches Liederbuch de Wolf, sur une tonalité beaucoup plus légère. La distinction naturelle de la cantatrice, son élégance que d’aucuns trouveraient légèrement corsetée, apportent à ces pages décalées un charme irrésistible, un parfum envoûtant opportunément sollicité, depuis le piano, par l’énergique Ilkka Paananen… une soirée pour esthètes. 

Commentaires

VOUS AIMEZ NOUS LIRE… SOUTENEZ-NOUS

Vous pouvez nous aider à garder un contenu de qualité et à nous développer. Partagez notre site et n’hésitez pas à faire un don.
Quel que soit le montant que vous donnez, nous vous remercions énormément et nous considérons cela comme un réel encouragement à poursuivre notre démarche.
© DR

Nos derniers podcasts

Nos derniers swags

Plus qu’un témoignage, une somme capitale
LivreSWAG

Les dernières interviews

Les derniers dossiers

Zapping

Vous pourriez être intéressé par :

De ce chef-d’œuvre de l’opéra russe, il n’existe qu’une dizaine d’enregistrements disponibles au disque, l’essor du DVD expliquant en partie ce phénomène pour les dernières décennies du XXe et les premières du XXIe siècle (avec notamment les versions Gergiev/Carsen de 2008 et tout récemment Altinoglu/Pelly de 2025). En CD, plus encore que Levine 1987, Bychkov 1992 ou Solti 2012, c’est cet enregistrement déjà ancien qui nous semble réunir les qualités principales requises pour rester aujourd’hui encore au sommet de la discographie.
Brève
[themoneytizer id="121707-28"]