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	<title>Emmanuel VILLAUME - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Emmanuel VILLAUME - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>OFFENBACH, Les Contes d&#8217;Hoffmann &#8211; Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-les-contes-dhoffmann-lyon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Dec 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce sont des Contes surréalistes, fantaisistes, fantastiques. Peuplés d’elfes emplumés en tutus verts, de souris géantes, d’un homme sur échasses, d’un Niklausse aux allures de perroquet, d’une Muse qui telle la fée Clochette disperse ses paillettes enchantées, de diablotins décolletés en collant à paillettes sortant d’un cabaret transgenre. Leur premier tour de prestidigitation sera d’envelopper &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce sont des Contes surréalistes, fantaisistes, fantastiques. Peuplés d’elfes emplumés en tutus verts, de souris géantes, d’un homme sur échasses, d’un Niklausse aux allures de perroquet, d’une Muse qui telle la fée Clochette disperse ses paillettes enchantées, de diablotins décolletés en collant à paillettes sortant d’un cabaret transgenre. Leur premier tour de prestidigitation sera d’envelopper d’un tissu magique Stella apparue en vamp rousse à la Rita Hayworth ondulant en fourreau violet pour la transformer elle aussi en diablotin sardonique. Il y a du Robert Houdin ou du Méliès dans cette mise en scène de <strong>Damiano Michieletto</strong>.</p>
<p>Mais, au-delà de ces tours et détours, elle raconte surtout le cheminement d’un homme, de l’enfance à la désillusion.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2025_contes_Hoffmann_PGcPaul_Bourdrel_HD_014-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-205333"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Ivan Ayón Rivas © Paul Bourdrel</sub></figcaption></figure>


<p>C’est une <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-les-contes-dhoffmann-londres-rbo/">production de grand format, déjà donnée à Londres</a> (avec J.D. Florez &#8211; on la trouve en DVD) et à Sidney où, chose devenue rare, les trois rôles était tenus par une seule chanteuse – Jessica Pratt, et Hoffmann par un jeune chanteur péruvien, <strong>Iván Ayón Rivas</strong>, qu’on retrouve à Lyon et qui à lui seul justifierait de voir ce spectacle, tant son incarnation du personnage est puissante et troublante.</p>
<h4><strong>De l&rsquo;enfance à la désillusion</strong></h4>
<p>Visuellement c’est une production surprenante, amusante, intrigante. Si le décor de la taverne du prologue se résume à deux parois à angle droit, les décors suivants (inattendus) seront une école (plutôt que le cabinet d’un savant fou), puis un studio de danse (plutôt que l’appartement d’une chanteuse), enfin une maison de jeu (voire une maison galante) dans des couleurs noir et rouge &#8211; celles, hasard ou pas, de l’Opéra de Lyon… <br />Des décors juxtaposant ou superposant des manières de boites (à malices ou à maléfices), propices à toutes les apparitions ou disparitions, notamment celles du Diable, évidemment.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2025_contes_Hoffmann_PGcPaul_Bourdrel_HD_004-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-205331"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>La Muse (Jenny Ann Flory) et les Elfes © Paul Bourdrel </sub></figcaption></figure>


<p>Cette théâtralité joueuse (et somme toute cet opéra joue avec les codes de l’opérette et ceux du grand opéra) suscite quelque chose qui tient de l’émerveillement enfantin. D’ailleurs l’enfance est un fil rouge de la proposition de Micheletto, – un thème constamment présent jusqu’aux déceptions du dernier acte, celle de l’âge adulte sans doute.</p>
<h4><strong>L’enfant au perroquet</strong></h4>
<p>Et n’est-ce pas en vieil enfant qu’apparaît Hoffmann au prologue, même s’il a tout d’un pauvre hère, ou d’un vieillard, « un poète, un ivrogne », un « orateur de tripots », aux longs cheveux filasses sous son bonnet. C’est pourtant lui que la Muse sommera de choisir entre elle (l’Art donc) et ces femmes qui ne l’auront que trop troublé et qu’elle lui fera retrouver. Pour le guider dans ce travail de mémoire elle se transformera en Niklausse, qui lui-même prendra l’aspect d’un perroquet (autre invention badine de Michieletto, lecteur on suppose de <em>L’Île au Trésor</em>).</p>
<p>Iván Ayón Rivas a une éclatante voix, à la projection imparable, d’ardentes notes hautes en voix de poitrine, et surtout un engagement, une manière de candeur qui rend tout crédible. Le timbre n’est peut-être pas le plus beau de la terre, et la silhouette est un peu enveloppée, mais, après avoir terminé la chanson de Kleinzach par un <em>si</em> naturel longuement tenu, sa sincérité à évoquer dans des demi-teintes rêveuses ces « trois femmes dans une seule âme » qui auront marqué sa vie, touchera au cœur.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2025_contes_Hoffmann_GcPaul_Bourdrel_HD_011-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-205323"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>à gauche Niklausse  (Victoria Karkacheva) © Paul Bourdrel</sub></figcaption></figure>


<p>Ce prologue marque la première apparition d’un <strong>Chœur de l’Opéra de Lyon</strong> d’une belle plénitude sonore, toujours précis et d’une diction formidable, tous en costumes vaguement 1950, bretelles et pull Jacquard, comme le lumineux Nathanaël du ténor <strong>Filipp Varik</strong> ou son complice Hermann (<strong>Alexander de Jong</strong>).</p>
<h4><strong>Une silhouette plutôt qu’une voix</strong></h4>
<p>Dans sa première incarnation maléfique en conseiller Lindorf, la basse croate <strong>Marko Mimica</strong> convainc davantage par sa silhouette dessinée au fusain, noire de redingote et de cheveux, son visage halluciné, que par sa diction (un peu pâteuse dans des couplets où la musique s’appuie sur les mots) ou sa voix qui n’a peut-être pas la profondeur, le legato et l’ampleur diabolique qu’on aimerait.</p>
<p>Il suffira qu’Hoffmann se dépouille de ses hardes, arrache sa perruque et déboutonne son pantalon pour apparaitre en garçonnet en culottes courtes, petite veste et lavallière d’enfant sage, pour que le premier des enchantements commence. Les parois de la taverne s’envoleront pour révéler une salle de classe, avec vieux pupitres, grand tableau noir, planisphère, écoliers d’autrefois chahutant Cochenille (sous l’aspect d’un pion en blouse grise, c’est l’excellent <strong>Vincent Ordonneau</strong> dans le deuxième de ses avatars comiques (le premier c’était Andrès, le valet monosyllabique de Lindorf).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2025_contes_Hoffmann_GcPaul_Bourdrel_HD_022-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-205326"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Paul Bourdrel</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Un merveilleux qui convainc</strong></h4>
<p>Cette école, paradis des vertes amours juvéniles d’Hoffmann, est aussi celui de Coppelius et de sa fille Olympia, qui pour l’instant sommeille sur son pupitre dans une niche en haut à droite. Niklausse aura eu beau le prévenir dans la chanson de la poupée aux yeux d’émail (<strong>Victoria Karkacheva</strong> aura l’occasion à d’autres moments de déployer mieux toute l’ampleur, la chaleur et la puissance de son beau timbre de mezzo), il se laissera prendre à la chanson d’Olympia.</p>
<p>Évidemment que la présence de Coppelius, son couplet des baromètres et l’énorme œil bleu qui tourne en haut du décor sont un peu inexplicables dans ce décor scolaire, mais, tant pis pour le réalisme, on se laisse porter par le merveilleux de ce tableau noir où des formules algébriques viennent se dessiner, par les énormes chiffres et lettres qui descendent des cintres et qui pleuvront sur les élèves, par les trois danseuses en jaune, doubles d’Olympia, par les trois diablotins en paillettes qui passent par là, par Spalanzani devenu un instituteur aux cheveux en pétard que dessine <strong>François Piolino</strong>, autant d’inventions fantasques, poétiques et drôles.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2025_contes_Hoffmann_GcPaul_Bourdrel_HD_021-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-205325"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>François Piolino, Iván Ayón Rivas, Vincent Ordonneau, Eva Langeland  Gjerde © Paul Bourdrel</sub></figcaption></figure>


<p>Et d’abord par l’Olympia de <strong>Eva Langeland Gjerde</strong> qui, sous l’aspect d’une poupée de Nuremberg, gagne de plus en plus en souplesse dans les « Oiseaux de la charmille » à mesure qu’elle conquiert des notes hautes de son cru, évidemment spectaculaires. On avouera qu’après que les élèves seront partis gaiement souper (autre incongruité évidemment, mais <em>passons ! </em>comme dirait Lindorf), on sera davantage ému par la romance d’Hoffmann « Doux aveux, gage de nos amours ! » où la voix ensoleillée de Iván Ayón Rivas, juvénile et tendre, pourra s’envoler.</p>
<p>La valse finale prend l’aspect d’une fête de la jeunesse, avec cerceaux et mouvements gymniques jusqu’à l’ultime trille (stratosphérique) par Eva Langeland Gjerde, avant qu’elle ne soit lancée dans le vide (du moins son mannequin) par Coppelius, au désespoir d’Hoffmann.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2025_contes_Hoffmann_GcPaul_Bourdrel_HD_020-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-205324"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Paul Bourdrel</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Une danseuse qui ne danse plus mais qui chante (bien)</strong></h4>
<p>L’acte d’Antonia est sans doute le cœur de cet opéra. Elle incarne l’art, tout ce à quoi aspire Hoffmann. Dans la vision de Micheletto, Olympia n’est pas chanteuse, elle est danseuse. Une danseuse éclopée, qui commence son premier air, « Elle a fui la tourterelle », un peu dolent au départ puis prenant son essor, dans un lit d’hôpital avant d’être poussée dans un fauteuil roulant par son père, le chancelier Crespel (l’excellent <strong>Vincent Le Texier</strong>, basse sombre et diction formidable, incarnation d’une grande tradition de chant français, où la ligne musicale et les mots sont intimement solidaires). <br />Un peu plus tard, dans l’air burlesque de Frantz, « Jour et nuit je me mets en quatre », <strong>Vincent Ordonneau</strong> s’inscrira avec brio dans une autre tradition, celle des Trials illustrée naguère par les Michel Sénéchal ou Rémy Corazza, un dosage subtil de dérision et d’émotion. Très jolie scène que celle où six jeunes danseuses espiègles grimacent dans le dos du vieux maître de danse sourd.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2025_contes_Hoffmann_GcPaul_Bourdrel_HD_030-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-205327"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Amina Edris, Vincent Ordonneau, Vincent Le Texier © Paul Bourdrel </sub></figcaption></figure>


<p>Le décor prend l’aspect à la Degas d’un studio de danse : grand miroir sur la gauche, avec barre d’appui. Évidemment, danse ou pas, le livret continue obstinément à parler de chant, de magie de la voix, de toute la mélancolie qu’il y a dans le souvenir d’une voix.<br />Tout ce deuxième acte est placé sous le signe de la nostalgie et porté par le beau soprano lyrique d’<strong>Amina Edris</strong>, ses longues lignes de chant galbées, un très beau medium qui donne tout son poids de rêverie à « Ma mère s’était en moi ranimée », moment où la direction d’<strong>Emmanuel Villaume</strong>, qui pouvait être très corsée et rutilante à la fin de l’acte précédent, et très coloriste dans les chorals de cuivres ouvrant celui-ci, se suspend aux moindres inflexions d’Amina Edris pour les accompagner (une belle clarinette répond à « Votre Antonia ne chantera plus »).</p>
<h4><strong>Lyrisme pur</strong></h4>
<p>C’est avec beaucoup de délicatesse aussi qu’il conduira l’accompagnement chambriste de flûtes et de bois qu’Offenbach dessine derrière la romance de Niklausse, « Vois sous l’archet frémissant », où Victoria Karkacheva peut dans un tempo très large déployer enfin son timbre le plus opulent et toute la sensualité de sa voix.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2025_contes_Hoffmann_GcPaul_Bourdrel_HD_031-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-205328"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>à gauche Amina Edris, à droite Marko Mimica © Paul Bourdrel</sub></figcaption></figure>


<p>C’est à nouveau dans le medium qu’Amina Edris trouve ses accents les plus sincères dans le duo « J’ai le bonheur dans l’âme », avant de lumineuses notes filées dans « C’est une chanson d’amour », et quelle grâce Iván Ayón Rivas met dans son « La musique m’inspire un peu de jalousie, tu l’aimes trop » à peine murmuré.</p>
<p>En revanche le trio « D’épouvante et d’horreur » entre les trois hommes, qui a tout d’un pastiche de grand opéra, sonnera quelque peu hirsute, et bruyant, et sera curieusement mis en scène, les personnages semblant jouer aux quatre coins.</p>
<h4><strong>Danser avec un souvenir</strong></h4>
<p>Mais une belle image, l’une des images les plus suggestives créées par Michieletto, remettra les choses en place : l’apparition de la mère suscitée par le diable, c’est à dire Miracle. Le miroir devenu transparent révélera, dans un décor bucolique, un bouquet de danseuses : les six petits rats, et au sommet de leur pyramide une danseuse en grand tutu romantique, la mère bien sûr. <br />Et tandis qu’on entendra à la cantonade la voix de la mère (<strong>Jenny Ann Flory</strong> flamboyante d’automnales couleurs), cette danseuse étoile d’autrefois viendra danser avec l’une des plus jeunes. Et Antonia les serrera toutes deux dans ses bras. Transposition sensible du duo des deux voix.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2025_contes_Hoffmann_PGcPaul_Bourdrel_HD_043-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-205335"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>L&rsquo;apparition de la mère © Paul Bourdrel</sub></figcaption></figure>


<p>Puis dans un grand crescendo d’orchestre apparaîtront pour quelques tours de scène trois couples de danseurs et descendront des cintres cinq ou six violoncelles blancs, comme en étaient descendus chiffres et lettres à l’acte précédent. Miracle s’emparera de l’un deux pour faire mine de jouer tandis qu’Antonia mourante chantera « C’est une chanson d’amour triste ou folle… » dans un ultime sursaut lyrique. Et spectaculairement, de rage ou d’impuissance, Miracle brisera son violoncelle !</p>
<h4><strong>De l’autre côté du miroir</strong></h4>
<p>Le seul souvenir de Venise dans l’acte de Giulietta sera la Barcarolle mariant (sur un accompagnement un peu plan-plan) les belles voix de Victoria Karkacheva, de <strong>Clémentine Margaine</strong> et du chœur à bouche fermée. <br />On est dans une maison de passe, ambiance <em>Eyes Wide Shut</em>, sol et plafond noir luisant, murs rouges. Là vont et viennent une foule de femmes en robes du soir, souvent lamées or, et d’hommes en <em>black tie</em>. Tout cela d’un clinquant assumé. Hoffmann y apparaît en smoking de velours bordeaux. Est-ce d’avoir renoncé à l’art, le voilà plongeant sans le strupre. « Amis, l’amour tendre et rêveur, erreur ! » Au moins c’est clair.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2025_contes_Hoffmann_GcPaul_Bourdrel_HD_033-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-205329"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>au centre Iván Ayon Rivas et Clémentine Margaine © Paul Bourdrel</sub></figcaption></figure>


<p>Sa chanson à boire offre à Iván Ayón Rivas de briller dans son registre le plus trompetant et extraverti, et les ponctuations de l’orchestre (grosse caisse en renfort) sont à l’avenant. Emmanuel Villaume et l’<strong>Orchestre de l’Opéra de Lyon</strong> n’hésitent pas quand il le faut à sonner avec éclat, mais les couleurs de l’accompagnement des récitatifs sont toujours subtiles.<br />Alors qu’à Londres semble-t-il le célèbre « Scintille Diamant » était coupé, il est ici rétabli, mais Marko Mimica n’y est guère à l’aise, les graves manquent toujours de velours et de profondeur et les montées vers le haut sont très escarpées.</p>
<p>C’est à Giulietta que Dapertutto demandera de lui obtenir le reflet d’Hoffmann, elle qui lui a déjà procuré l’ombre de Schlemil (les librettistes rament un peu dans leurs références à E.T.A. Hoffmann, le vrai).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2025_contes_Hoffmann_PGcPaul_Bourdrel_HD_056-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-205338"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Clémentine Margaine et Marko Mimica © Paul Bourdrel</sub></figcaption></figure>


<p>On sait que ce troisième acte a été l’objet d’une suite de reconstitutions plus ou moins hypothétiques, selon les éditeurs. Et même à l’intérieur de cette production : la chanson de Giulietta, « L’amour dit à la belle », qui figurait dans la version de Londres est ici coupée, de sorte que c’est avec le « Hélas ! mon cœur s’égare encore » de Hoffmann que commence un vaste ensemble où il est rejoint par Giulietta («  Mon bel Hoffmann je vous adore »), puis Dapertutto, enfin par le chœur des invités qui reviennent à pas lents précédés par une manière de géant au long bec d’oiseau, tout cela, d’une richesse sonore assez capiteuse, conduisant à l’air d’Hoffmann, « Ô Dieu ! De quelle ivresse », tout entier dans le registre élevé, mais où Iván Ayón Rivas se dispense de la note haute finale.</p>
<h4><strong>A la Méliès</strong></h4>
<p>Giulietta dans cette configuration est un peu sacrifiée et Clémentine Margaine n’aura guère que le duo « Écoute et ne ris pas de moi » pour faire entendre sa grande voix, avant une scène très spectaculaire digne de Méliès : Hoffmann, qui aura quitté smoking et chemise, s’approchera du miroir, derrière lequel apparaîtra son reflet, il poussera le miroir et passera de l’autre côté, son double viendra s’effondrer sur scène, avant d’être traîné au loin par des comparses. <br />Et c’est à son tour Dapertutto qui, ayant enlevé veste et chemise, devenu en somme un double d’Hoffmann, viendra lui aussi gésir (mort ?) à la place du reflet. Tandis que résonnera à nouveau la Barcarolle et le chœur <em>da lontano</em>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2025_contes_Hoffmann_PGcPaul_Bourdrel_HD_059-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-205339"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Hoffmann et Giulietta © Paul Bourdel</sub></figcaption></figure>


<p>Un superbe choral de cors ramènera les parois de la taverne, Hoffmann redevenant le semi-clochard du début. Luther (<strong>Hugo Santos</strong>) annoncera le triomphe de Stella au théâtre, laquelle fera son entrée triomphante, de dos dans son fourreau à paillettes violet. Elle se retournera et ce sera, bien sûr, dans son dernier avatar, le diable. Reviendront les elfes transgenres, les diablotins ambigus et les souris, et reviendra aussi la Muse pour son superbe monologue, « Oublie ton rêve de joie et d’amour ». Une très belle page à l’accompagnement orchestral particulièrement raffiné.</p>
<p>Et une conclusion ne manquant pas de grandeur, avec un orchestre de plus en plus ample et une Jenny Ann Flory au meilleur de sa voix, rejointe par solistes et chœur sur un dernier vers on ne peut plus romantique : « On est grand par l’amour et plus grand par les pleurs ».</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2025_contes_Hoffmann_GcPaul_Bourdrel_HD_001-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-205321"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Paul Bourdrel</sub></figcaption></figure>


<p>Chaleureuse ovation du public, pour un spectacle constamment étonnant et imaginatif, une belle réussite d’ensemble, une direction  d&rsquo;orchestre aussi incisive que dynamique, et en tête de distribution un jeune ténor magnifiquement habité par son rôle.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-les-contes-dhoffmann-lyon/">OFFENBACH, Les Contes d&rsquo;Hoffmann &#8211; Lyon</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>GOUNOD, Faust &#8211; Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gounod-faust-paris-bastille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Sep 2024 04:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Lien de cause à effet ? La mise en scène de Faust par Tobias Kratzer, créée en streaming durant la pandémie, nous a toujours semblé pensée pour l’écran autant que pour la scène. Sa reprise à l’Opéra Bastille jusqu’au 18 octobre confirme l’impression. L’acte du jardin, transposé dans une HLM de banlieue, la scène de &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Lien de cause à effet ? La mise en scène de <em>Faust </em>par <strong>Tobias Kratzer</strong>, créée en streaming durant la pandémie, nous a toujours semblé pensée pour l’écran autant que pour la scène. Sa reprise à l’Opéra Bastille jusqu’au 18 octobre confirme l’impression. L’acte du jardin, transposé dans une HLM de banlieue, la scène de l’église dans un wagon de métro, les changements de tableau servent de prétexte à des projections gigantesques, sensationnelles mais préjudiciables au théâtre. Avantage est encore donné au cinéma à travers les nombreuses références qui émaillent la lecture scénique : <em>Shinning</em>, <em>Rosemary’s Baby</em>, <em>Orange mécanique</em> et d’autres encore que nous n’avons pas forcément perçues tant fourmillent les allusions et les clins d’œil. Cette abondance d’idées n’entrave pas la lisibilité du propos. Seuls les puristes s’offusqueront des quelques incursions à la lettre. Damnation de Faust ou de Siebel ? Quelle importance lorsque l’opéra se fait machine à grand spectacle, assumant la démesure qui depuis sa création est une des raisons de son succès, et de sa survie à travers les siècles.</p>
<p>Dans le même esprit, la direction d’<strong>Emmanuel Villaume </strong>adopte un parti non exempt d’emphase, solennel voire pesant, qui prend son sens au fur et à mesure que le drame s’installe. Le chef-d’œuvre de Gounod se positionne ainsi dans le sillage de Meyerbeer, grand opéra que « Gloire immortelle de nos aïeux » magnifié par un chœur masculin sous stéroïdes achève d’ériger en pilier du répertoire.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/25118-Franck_Ferville___OnP-Faust-24-25-Franck-Ferville-OnP-1-1600px-1294x600.jpg" />© Franck Ferville / OnP</pre>
<p>D’une distribution renouvelée, on écartera <strong>Amin Ahangaran</strong>, Wagner trop exotique, et <strong>Alex Esposito</strong>, basse d’obédience rossinienne fourvoyée dans une interprétation grand-guignolesque et peu idiomatique de Méphistophélès. <strong>Florian Sempey</strong> impose un Valentin héroïque, tout d’une pièce. <strong>Sylvie Brunet-Grupposo</strong> reste une Dame Marthe d’excellente facture, dont la <em>vis comica</em> s’exerce sans outrance. Confier Siebel à <strong>Marina Viotti</strong> serait gâchis si la romance du quatrième acte, « Versez vos chagrins dans mon âme » n’avait été rétablie afin que le personnage gagne en épaisseur et que la chanteuse puisse jouer sur une palette plus étendue de sentiments d’une voix dont on apprécie une fois encore la chaleur et l’égalité d’une extrémité à l’autre de la tessiture.</p>
<p><strong>Amina Edris</strong> gagne en confiance et en souplesse au fil de la soirée. D’abord prudente mais toujours intelligible, Marguerite s’épanouit peu à peu jusqu’à trouver davantage d’assise dans le grave et, dans l’aigu, atteindre le niveau d’intensité exigé par la scène de la cathédrale puis de la prison. Pour son premier Faust, <strong>Pene Pati</strong> se place au-dessus de la mêlée, dès le premier acte où la beauté du phrasé et la qualité de la déclamation pourraient laisser penser – à tort – que sa langue maternelle est le français. Radieuse, la voix appelle ce qualificatif de « solaire » auquel peu de ténors peuvent prétendre, mais plus encore et plus essentiel dans le rôle de Faust, se distingue la maîtrise de la demi-teinte – la manière de mixer les registres pour déployer un large éventail de couleurs comme autant d’intentions, avec en guise d’estocade, quelques notes interminables lancées à la volée par-dessus l’orchestre, le <em>diminuendo</em> sur l’<em>ut</em> de la cavatine et sur le<em> si</em> de la déclaration d’amour au deuxième acte, une <em>messa di voce</em> à prendre son billet pour la prochaine représentation.</p>
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		<title>Pene Pati, Nessun dorma</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/pene-pati-nessun-dorma/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Sep 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après un magnifique album publié en 2022 enregistré alors qu&#8217;il était encore relativement peu connu, Pene Pati nous revient avec ce nouveau programme tout autant diversifié. Le ténor samoan nous offre ici un mélange de tubes du répertoire (dont certains un peu oubliés) et de véritables raretés. Le CD s&#8217;ouvre avec un superbe « Nessun dorma &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/pene-pati-pene-pati-ou-le-soleil-du-pacifique/">un magnifique album publié en 2022</a> enregistré alors qu&rsquo;il était encore relativement peu connu, <strong>Pene Pati</strong> nous revient avec ce nouveau programme tout autant diversifié. Le ténor samoan nous offre ici un mélange de tubes du répertoire (dont certains un peu oubliés) et de véritables raretés. Le CD s&rsquo;ouvre avec un superbe « Nessun dorma » mettant parfaitement en valeur le timbre chaud et rayonnant du chanteur. La projection actuelle de la voix de Pene Pati lui interdirait de chanter <em>Turandot</em> à la scène, mais, face à un micro, le résultat est convaincant. L&rsquo;interprétation est d&rsquo;une belle poésie. Le phrasé est presque impeccable : on regrettera toutefois quelques libertés rythmiques (une note trop longue, une autre trop courte : ce ne sera pas le seul air concerné par cette observation), comme s&rsquo;il manquait une ou deux prises supplémentaires pour arriver à un résultat optimal. Pene Pati interprètera <em>Faust</em> à l&rsquo;Opéra-Bastille à compter du 25 septembre et il sera intéressant de comparer l&rsquo;expérience de la scène et celle du disque. Le français est quasiment parfait. La musicalité du chanteur est impeccable, usant à bon escient de la voix mixte et du registre de poitrine. Le contre-ut final de la cavatine est terminé d&rsquo;un magnifique <em>morendo</em>. Cette musicalité est doublée de celle d&rsquo;<strong>Emmanuel Villaume</strong> à la tête de l&rsquo;Orchestre national Bordeaux-Aquitaine, qui offre un accompagnement original et raffiné. Le chef français dirigera ce même ouvrage à l&rsquo;Opéra-Bastille. Toujours tiré de <em>Faust</em>, nous entendons ici pour la première fois l&rsquo;allegro (presque une cabalette) qui devait à l&rsquo;origine suivre la cavatine. Il s&rsquo;agit a priori du premier enregistrement mondial de cet air, particulièrement excitant, mais qui fut coupée lors des répétitions : objectivement, il aurait brisé l&rsquo;harmonie générale de l&rsquo;acte. Toutefois, la page en question, qui démarre avec la même musique que <a href="https://youtu.be/kkxV9I7DXdY?t=8690">celle qui accompagne l&rsquo;arrivée dans la prison de Faust et Mephisto au dernier acte</a> est <em>diablement</em> excitante et Pati en offre une interprétation énergique, couronnée d&rsquo;un long contre-ut. L&rsquo;air de Des Grieux de la <em>Manon</em> de Massenet est d&rsquo;une belle poésie, avec là encore un magnifique jeu sur la voix mixte et le registre de poitrine. Toutefois, les aigus manquent un peu de soutien. L&rsquo;intelligence donnée au mot est remarquable. Pour l&rsquo;anecdote, l&rsquo;intervention parlée du sacristain, effet typique d&rsquo;opéra-comique, est intelligemment rétablie (mais pas son intervention finale). Le Duo des cerises de <em>L&rsquo;Amico Fritz</em> fut longtemps une page célèbre, mais est tombée dans l&rsquo;oubli depuis quelques décennies, de même que l&rsquo;ouvrage : Pene Pati et <strong>Amina Edris</strong>, son épouse à la ville, l&rsquo;interprètent avec justesse et simplicité. Le duo de <em>Macbeth</em>, « Dove siam? (&#8230;) La patria tradita <span style="font-size: 16px;">», est l&rsquo;occasion pour Pene Pati d&rsquo;être rejoint cette fois par son frère <strong>Amitai Pati</strong> : le court morceau est plein d&rsquo;énergie grâce à l&rsquo;impulsion martiale d&rsquo;Emmanuel Villaume mais il y aurait peu de chance que le rendu soit aussi réussi à la scène, celle-ci réclamant des voix davantage projetées, celles de<em> lirico-spinto</em>. Fort bien chanté et parfaitement articulé, «<span style="font-size: 16px; font-style: normal;"> Nature immense</span> » extrait de <em>La damnation de Faust </em>manque un peu de romantisme. « Pourquoi me réveiller » de </span><em>Werther</em> est lui aussi chanté avec goût mais ses aigus sont un brin trémulants, Pati ayant clairement plus de difficultés à émettre un la dièse stable qu&rsquo;un contre-ut spectaculaire : on a déjà pu le constater à la scène, mais cela surprend dans un enregistrement commercial. Là encore on saluera le talent du chef qui ne se contente pas ici d&rsquo;un simple rôle d&rsquo;accompagnateur. Le délicieux « Seul sur la terre » extrait de <em>Dom Sébastien, roi du Portugal</em> est une autre pépite de cet enregistrement, interprété avec une belle musicalité, et des suraigus (ut et ut dièse) superbes. « Che gelida manina » de <em>La Bohème </em>est un peu expédié, alors qu&rsquo;on aurait imaginé le chanteur ici plutôt dans son élément : même le contre-ut final déçoit par son manque de stabilité. Autre pépite avec le duo de ténors, « Non sai tu che non avrai più del ciel » extrait du rare <em>Il Bravo</em> de l&rsquo;injustement oublié Saverio Mercadante, composition entre Donizetti et le Verdi de jeunesse, interprétée avec toute l&rsquo;urgence nécessaire. On ne se souvient plus guère d&rsquo;Ernest Guiraud, sinon en tant que compositeur des excellents récitatifs de <em>Carmen</em>, de l&rsquo;orchestration des <em>Contes d&rsquo;Hoffmann</em>, voire des suites symphoniques de <em>L&rsquo;Arlésienne</em>. Ernest Guiraud était aussi compositeur mais, par une cruelle ironie de l&rsquo;histoire, il ne put achever son dernier ouvrage, <em>Frédégonde</em>. Camille Saint-Saëns se chargera des trois derniers actes, dans son style propre toutefois. Si la voix d&rsquo;Amina Edris manque un peu de largeur pour le rôle, cet exceptionnel duo tiré de l&rsquo;acte II donne clairement envie d&rsquo;entendre l&rsquo;ouvrage en entier ! Pati est décidément à son aise dans le Donizetti français, avec un extrait de <em>La Favorite</em> conjuguant les styles français et italien. Superbement chanté, « Tombe degli avi miei » de <em>Lucia di Lammermoor </em>souffre d&rsquo;un si naturel final peu stable. A ce stade de l&rsquo;écoute, on ressent aussi un certain sentiment de monotonie, comme si trop d&rsquo;intentions musicales finissaient par donner le sentiment d&rsquo;un chant un brin affecté, alors que les morceaux de bravoure se réécoutent avec de plus en plus de plaisir. Sans être véritablement verdienne, l&rsquo;interprétation de « Ah, la paterna mano » de <em>Macbeth</em> est d&rsquo;une belle émotion. Le trio de <em>La Juive</em>, « Tu possèdes, dit-on, un joyau magnifique » est une curieuse façon de terminer l&rsquo;album : Amina Edris est un peu dépassée et la voix de Pati est a priori plutôt celle du rival Léopold que celle d&rsquo;Éléazar, même si la typologie vocale du créateur, Adolphe Nourrit, reste difficile à imaginer. Les courtes interventions du chœur sont excellentes, l&rsquo;orchestre est impeccable et la direction d&rsquo;Emmanuel Villaume est un atout non négligeable à cet enregistrement, séduisant malgré quelques faiblesses. On apprécie de le réécouter plusieurs fois, en particulier pour les pages moins connues qu&rsquo;on aimerait entendre régulièrement sur les grandes scènes. La diversité, c&rsquo;est aussi la programmation.</p>
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		<title>Pene Pati, un nouvel album en famille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/pene-pati-un-nouvel-album-en-famille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jul 2024 03:55:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après un premier album en mars 2022 salué par la critique, le prochain enregistrement de Pene Pati se présente comme une savante combinaison d’airs connus – «&#160;Nessun dorma&#160;», «&#160;Ah&#160;! Fuyez douce image&#160;», «&#160;Pourquoi me réveiller&#160;», «&#160;Che gelida manina&#160;», etc. – pimenté par quelques raretés, dont l’allegro de Faust, « C&#8217;est l&#8217;enfer qui t&#8217;envoie », initialement &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/pene-pati-pene-pati-ou-le-soleil-du-pacifique/">un premier album</a> en mars 2022 salué par la critique, le prochain enregistrement de <strong>Pene Pati</strong> se présente comme une savante combinaison d’airs connus – «&nbsp;Nessun dorma&nbsp;», «&nbsp;Ah&nbsp;! Fuyez douce image&nbsp;», «&nbsp;Pourquoi me réveiller&nbsp;», «&nbsp;Che gelida manina&nbsp;», etc. – pimenté par quelques raretés, dont l’allegro de Faust, « C&rsquo;est l&rsquo;enfer qui t&rsquo;envoie », initialement prévu après «&nbsp;Salut demeure chaste et pure&nbsp;», au 3<sup>e</sup> acte de l’opéra de Gounod. L’air, coupé par le compositeur lors des répétitions, n’avait jamais été enregistré.</p>
<p>Mais le plus original réside dans l’intervention de l’épouse du ténor, <strong>Amina Edris</strong>, et de son frère <strong>Amitai Pati</strong>, également ténor. Avec la première, Pene Pati chante le duo des cerises de <em>L’Amico Fritz</em>, ainsi qu’un duo de <em>Frédégonde</em> d’Ernest Guiraud. Le second prend part à «&nbsp;Non sai tu che non avrai piu del ciel&nbsp;» extrait d’<em>Il bravo </em>de Mercadante. Les trois chanteurs se rejoignent en fin d’album dans le trio de <em>La Juive</em>, «&nbsp;Tu possèdes, dit-on&nbsp;». Comme pour le premier album, <strong>Emmanuel Villaume</strong> dirige l’Orchestre national Bordeaux Aquitaine</p>
<p>A signaler pour les amateurs de sensations fortes un <em>diminuendo</em> à tomber de sa chaise sur le contre-ut de la cavatine de Faust.</p>
<p>Sortie annoncée le 20 septembre.</p>
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		<title>POULENC, Dialogues des Carmélites &#8211; Bordeaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/poulenc-dialogues-des-carmelites-bordeaux-en-cours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Jun 2023 04:04:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Retour à la case départ pour Dialogues des Carmélites mis en scène par Mireille Delunsch, de nouveau à l’affiche de l’Opéra national de Bordeaux après avoir été pour la première fois représenté au Grand Théâtre il y a dix ans, puis navigué ensuite à Nantes et resurgi en streaming durant la pandémie. Le temps n’a &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Retour à la case départ pour <em>Dialogues des Carmélites</em> mis en scène par <strong>Mireille Delunsch</strong>, de nouveau à l’affiche de l’Opéra national de Bordeaux après avoir été pour la première fois <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/dialogues-des-carmelites-bordeaux-preparez-vos-mouchoirs/">représenté au Grand Théâtre il y a dix ans</a>, puis navigué ensuite à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/apprivoiser-la-mort/">Nantes</a> et resurgi <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/dialogues-des-carmelites-streaming-nantes-sainte-anne-catherine-priez-pour-nous-streaming/">en streaming durant la pandémie</a>. Le temps n’a pas de prise sur cette approche, avec ses défauts – l’absence de respiration, la raideur scénique à laquelle est contrainte la Première Prieure, le pschitt du tableau final peu à peu déserté pour laisser Blanche monter seule à l’échafaud –, et ses qualités – le respect du livret, le travail sur la lumière, l’usage symbolique des bougies qui trouve sa pleine signification lors du duo entre le frère et la sœur d’une juste expression théâtrale.</p>
<p>La distribution entièrement renouvelée a pour maillon fort <strong>Marie-Andrée Bouchard-Lesieur</strong>. De Mère Marie – une prise de rôle –, la mezzo-soprano possède le tempérament dramatique, l’évidence de la diction, l’ambitus d’un rôle qui s’étend sur deux octaves, la technique nécessaire pour surmonter les tensions de l’écriture sans que la moindre dureté ne trahisse une quelconque sécheresse de cœur et d’âme. Au contraire, la religieuse apparaît dans son entière complexité, avec une séduction naturelle, des inflexions parfois maternelles et dans le même temps, l’autorité, les notes foudroyantes, la lumière ardente d’un caractère héroïque prêt à vivre sa foi jusqu’au martyr.</p>
<p>Autres atouts de cette reprise, <strong>Thomas Bettinger</strong> dont le solide Chevalier, toujours audible, toujours intelligible, s’impose crânement, et des seconds rôles habilement brossés : l’Aumônier stendhalien de <strong>Sébastien Droy</strong>, le Premier Commissaire bouffon d’<strong>Etienne de Benazé</strong>…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Dialogue-des-Carmelites-Bdx-1.jpg" alt="" class="wp-image-132914" /><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Éric Bouloumié</sup></figcaption></figure>


<p><strong>Anne-Catherine Gillet</strong> reste une Soeur Blanche habitée par la grâce. La pureté d’émission pourrait tirer la proposition vers un angélisme de circonstance. Tiraillée entre orgueil et ferveur, la subtilité de la caractérisation sait éviter toute dérive sulpicienne. Reste la légèreté de la voix, derrière laquelle transparaît moins Blanche que Constance, la difficulté étant de trouver un soprano encore plus léger pour interpréter cette dernière. D’où sans doute le choix de <strong>Lila Dufy</strong> dont le charmant gazouillis peine à passer la rampe.</p>
<p>Madame de Croissy et Madame Lidoine n’ajoutent rien à la gloire de <strong>Mireille Delunsch</strong> et de <strong>Patrizia Ciofi</strong>. Leur immense talent ne compense pas leur inadéquation à des rôles conçus pour d’autres formats vocaux.</p>
<p>La direction nerveuse d’<strong>Emmanuel Villaume </strong>stimule un Orchestre national Bordeaux Aquitaine que l’on sent heureux de s’épanouir dans la partition, au détriment des voix. Parfois brusque, le geste coupe court à tout épanchement lyrique et à tout mystère pour mieux privilégier l’acuité du drame. Si engagée soit-elle, cette lecture inflexible laisse les yeux secs du début à la fin de la représentation. Un comble s’agissant de l’opéra le plus lacrymal du répertoire. </p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/poulenc-dialogues-des-carmelites-bordeaux-en-cours/">POULENC, Dialogues des Carmélites &#8211; Bordeaux</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Pene Pati</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/pene-pati-pene-pati-ou-le-soleil-du-pacifique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Rousseau]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Mar 2022 07:45:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Rendant compte d&#8217;une première mouvementée (pour cause de COVID) de Roméo et Juliette à l&#8217;Opéra Comique le 14 décembre dernier, Christian Peter écrivait à propos de celui qui était arrivé en catastrophe d&#8217;Amsterdam pour endosser le rôle de Roméo :  « Le ténor samoan a campé un Roméo absolument miraculeux de bout en bout, un Roméo &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Rendant compte d&rsquo;une première mouvementée (pour cause de COVID) de <em>Roméo et Juliette</em> à l&rsquo;Opéra Comique le 14 décembre dernier, Christian Peter écrivait à propos de celui qui était arrivé en catastrophe d&rsquo;Amsterdam pour endosser le rôle de Roméo : <br />
	« Le ténor samoan a campé un Roméo absolument miraculeux de bout en bout, un Roméo qui hantera longtemps notre mémoire. On ne sait qu’admirer le plus dans cette prestation de haut vol, son timbre ensoleillé, l’aisance de ses aigus, sa maîtrise des demi-teintes et de la voix mixte, l’élégance de sa ligne de chant sans parler de son exceptionnelle prononciation du français. C’est une salle en délire qui l’a accueilli lors du salut final. »</p>
<p>Christophe Rizoud avait raison d&rsquo;être impatient d&rsquo;entendre le premier disque de <strong>Pene Pati </strong>(<a href="https://www.forumopera.com/breve/programme-de-folie-pour-pene-pati">Programme de folie pour Pene Pati)</a></p>
<p><strong>Venu du Pacifique</strong></p>
<p>D&rsquo;abord parce que c&rsquo;est l&rsquo;occasion d&rsquo;une remise à niveau de nos connaissances géographiques : le ténor est né en 1988 dans la république indépendante des îles Samoa, au milieu de l&rsquo;océan Pacifique, à 2500 km de la Polynésie française. A deux ans, il s&rsquo;installe avec sa famille en Nouvelle-Zélande. C&rsquo;est à Auckland qu&rsquo;il va chanter dès l&rsquo;enfance dans la chorale de l&rsquo;école, puis dans le New Zealand Youth Choir. Il attire l&rsquo;attention du ténor gallois Dennis O&rsquo;Neill qui l&rsquo;invite à venir se former à Cardiff : c&rsquo;est là que Pene Pati reconnaît avoir acquis les fondements de sa technique vocale. C&rsquo;est à San Francisco qu&rsquo;il fait ses débuts en 2017 sur une scène lyrique dans le rôle du Duc de Mantoue de <em>Rigoletto</em> de Verdi. </p>
<p><strong>Un monde de folie</strong></p>
<p><strong>Pene Pati </strong>explique lui-même la composition du programme de ce disque au minutage particulièrement généreux (près de 80&prime;) :<br />
	« En vous aventurant dans le programme de cet album, vous allez trouver un florilège d&rsquo;airs qui ont joué un rôle essentiel dans mon parcours/&#8230;/ Le Duc de <em>Rigoletto</em> a été mon premier rôle sur une scène prestigieuse, <em>Manon</em>, mon premier opéra français, m&rsquo;a appris les subtiles nuances et la belle complexité de la langue française/&#8230;./ Après la chaleur de Jocelyn, c&rsquo;est la sincérité de Nemorino, l&rsquo;allégresse juvénile de Roméo, puis l&rsquo;héroïsme impétueux d&rsquo;Arnold ».</p>
<p>On ne va pas en faire reproche au jeune ténor, ni à son éditeur, mais à écouter le disque dans sa continuité, on risque l&rsquo;indigestion tant la matière est riche : on est bien loin du disque « carte de visite » où l&rsquo;on aligne quelques tubes en se poussant de la glotte. Peut-être Pene Pati aurait-il pu se « contenter » d&rsquo;airs français, qui forment l&rsquo;essentiel de son récital, mais il nous eût privé d&rsquo;un miraculeux « Come uno spirto angelico » de <em>Roberto Devereux</em> de Donizetti. On conseille donc une dégustation lente, répétée, pour savourer chaque air de ce « programme de folie » !</p>
<p><strong>Verdi et Donizetti</strong></p>
<p>Les extraits de<i> RIgoletto </i>nous font entendre une voix parfaitement placée, même au prix de certaines tensions dans l&rsquo;aigu, qui fait irrésistiblement penser à celle d&rsquo;un Alfredo Kraus dans ce même rôle. Le Duc est le premier rôle que Pene Pati a chanté sur scène, c&rsquo;était à l&rsquo;Opéra de San Francisco. Assez culotté de sa part d&rsquo;ouvrir son récital par deux des airs les plus célèbres du répertoire mais le défi est brillamment relevé. On le trouve plus à son aise dans l&rsquo;autre Verdi du disque,  la première scène de l&rsquo;acte I de La <em>Battaglia di Legnano</em>.</p>
<p>Et on fond littéralement à l&rsquo;écoute de ses Donizetti. Ici même Yannick Boussaert écrivait, au lendemain de l&rsquo;avoir entendu dans l&rsquo;<em>Elixir d&rsquo;amour</em> à l&rsquo;opéra Bastille : « Il suffira de l’entendre chanter « una furtiva lagrima », tout en nuances, demi-teintes et mezza voce distillées par ce timbre fantastique, repérer un discret trille au revers d’une phrase et enfin l’entendre conclure sur une note en soufflet ponctuée d’un diminuendo parfait pour comprendre qu’en un air le ténor a conquis Paris ». Mais on est peut-être plus convaincu encore par le <em>Roberto Devereux</em>. Juste sublime. Pour l&rsquo;île déserte.</p>
<p><strong>Rossini et les Français</strong></p>
<p>Aménophis dans le duo de <em>Moïse et Pharaon</em>, aux côtés de <strong>Mirco Palazzi</strong> en petite forme, donne un aperçu des réjouissances promises cet été à Aix-en-Provence – Pene Pati ajoutera le rôle du prince égyptien à son jeune palmarès. Le répertoire rossinien est-il le mieux adapté à cette voix au souffle inépuisable –  contre-ut tenu plus de vingt secondes dans la cabalette d’Arnold (<em>Guillaume Tell</em>) –, à l’aigu vainqueur mais à la vocalise peu éloquente ?</p>
<p>On admire davantage la diction française, même si, comme chez un Michael Spyres à ses débuts, on entend encore quelques tournures peu naturelles – Dieu que les diphtongues sont difficiles, comme si les librettistes des opéras français s&rsquo;étaient ingéniés à coller des « on », « en », « un », « an » à tout bout de phrase ! De ce point de vue, Pene Pati est évidemment plus à l&rsquo;aise dans les rôles qu&rsquo;il a déjà chantés sur scène, comme le <em>Roméo</em> de Gounod ou le Des Grieux du <em>Manon</em> de Massenet. </p>
<p>Quelles belles idées aussi que ces airs des <em>Huguenots</em> et de l&rsquo;<em>Etoile du nord</em> de Meyerbeer, et ces incontournables de tout disque de ténor qui se respecte, la « source délicieuse » du <em>Polyeucte</em> de Gounod mais plus encore le choix de la berceuse de <em>Jocelyn</em> de Benjamin Godard pour refermer sur la pointe du chant cet album.</p>
<p>Il faut associer à la réussite de ce disque les chœurs de l&rsquo;Opéra de Bordeaux et l&rsquo;orchestre national Bordeaux-Aquitaine dirigés par Emmanuel Villaume, saluer la réalisation éditoriale – un livret trilingue qui comprend, ce qui est devenu rare, l&rsquo;ensemble des textes des airs d&rsquo;opéras. </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
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		<title>Programme de folie pour Pene Pati</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/programme-de-folie-pour-pene-pati/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Dec 2021 04:53:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le triomphe de Pene Pati dans Roméo et Juliette à l’Opéra-Comique cette fin d’année attise l’impatience de découvrir son premier album annoncé dans nos colonnes l’été dernier. Le programme s&#8217;annonce à la mesure de sa voix : phénoménal (voir ci-dessous). « Bienvenue dans mon monde de folie », s’exclame le ténor samoan dans le livret d’accompagnement,  « Vous allez &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le triomphe de<strong> Pene Pati</strong> dans <em><a href="https://www.forumopera.com/romeo-et-juliette-paris-favart-pene-pati-embrase-lopera-comique">Roméo et Juliette </a></em><a href="https://www.forumopera.com/romeo-et-juliette-paris-favart-pene-pati-embrase-lopera-comique">à l’Opéra-Comique</a> cette fin d’année attise l’impatience de découvrir son premier album <a href="https://www.forumopera.com/breve/pene-pati-premier-album-chez-erato">annoncé dans nos colonnes l’été dernier</a>. Le programme s&rsquo;annonce à la mesure de sa voix : phénoménal (voir ci-dessous). « Bienvenue dans mon monde de folie », s’exclame le ténor samoan dans le livret d’accompagnement,  « Vous allez trouver un florilège d’airs qui ont joué un rôle essentiel dans mon parcours. Chaque  morceau que vous  entendrez, soit m’émeut au plan dramatique, soit a une forte résonance en moi, musicalement ou vocalement – chacun d’eux est trop sublime pour qu’on le laisse passer ! [&#8230;] Si j’ai intentionnellement choisi des airs assez difficiles pour la voix, je n’ai pas voulu me restreindre au prototype du ténor transi d’amour mais cherché à faire sentir à l’auditeur des moments diversement intenses de la vie et à construire un cheminement captivant. ». Sortie prévue le 25 mars. Retour de Pene Pati à Paris le 9 avril au Théâtre des Champs-Elysées dans le rôle de Nicias pour une version de concert de <em>Thaïs</em>, que l&rsquo;on espère de folie. </p>
<p><strong>Giuseppe VERDI (1813–1901), <em>Rigoletto</em></strong><br />
« Ella mi fu rapita!&#8230; Parmi veder le lagrime&#8230; Possente amor »<br />
« La donna è mobile »<br />
<strong>Charles GOUNOD (1818–1893), <em>Roméo et Juliette</em></strong><br />
« L’amour!&#8230; Ah! lève-toi, soleil ! »<br />
<strong>Gioachino ROSSINI (1792–1868 ), <em>Guillaume Tell</em></strong><br />
« Ne m’abandonne point, espoir de la vengeance!&#8230; Asile héréditaire&#8230; Amis, amis »<br />
<strong>Gaetano DONIZETTI (1797–1848), <em>L’elisir d’amore</em></strong><br />
« Una furtiva lagrima »<br />
<strong>Giacomo MEYERBEER (1791–1864), <em>Les Huguenots</em></strong><br />
« Non loin des vieilles tours&#8230; Ah! quel spectacle enchanteur&#8230; Plus blanche que la blanche hermine »<br />
<strong>Giuseppe VERDI (1813–1901), <em>La battaglia di Legnano </em></strong><br />
« O magnanima e prima delle città lombarde&#8230; La pia materna mano »<br />
<strong>Gioachino ROSSINI (1792–1868 ), <em>Moïse et Pharaon</em></strong><br />
«  Vous avez entendu&#8230; Moment fatal ! »<br />
<strong>Charles GOUNOD (1818–1893), <em>Polyeucte</em></strong><br />
« Source délicieuse »<br />
<strong>Gaetano DONIZETTI (1797–1848), <em>Roberto Devereux</em></strong><br />
« Ed ancor la tremenda porta&#8230; Come uno spirto angelico&#8230; Bagnato il sen di lagrime  »<br />
<strong>Jules MASSENET (1842–1912), <em>Manon</em></strong><br />
« Instant charmant, où la crainte fait trêve&#8230; En fermant les yeux »<br />
<strong>Giacomo MEYERBEER, <em>L’Etoile du Nord</em></strong><br />
« Quel trouble affreux »<br />
<strong>Benjamin GODARD (1849–1895), <em>Jocelyn</em></strong><br />
« Cachés dans cet asile&#8230;Oh! Ne t’éveille pas encore »<br />
 </p>
<p>Chœur de l&rsquo;Opéra national de Bordeaux<br />
		Orchestre National Bordeaux Aquitaine<br />
		Direction musicale, Emmanuel Villaume</p>
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		<title>A Munich le Covid sévit à nouveau</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/a-munich-le-covid-sevit-a-nouveau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Nov 2021 14:50:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le site du Staatsoper de Munich nous rappelle cette mauvaise période que l&#8217;on pensait derrière nous. Suite à la réapparition de plusieurs cas de Covid-19 au sein de son personnel, le staff a décidé d&#8217;annuler un certain nombre de ses représentations. Ainsi, l&#8217;Akademiekonzert de ce mardi sous la direction de Vladimir Jurowski, le Carmen  (dirigé &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le site du <a href="https://www.staatsoper.de/termininformation">Staatsoper de Munich </a>nous rappelle cette mauvaise période que l&rsquo;on pensait derrière nous. Suite à la réapparition de plusieurs cas de Covid-19 au sein de son personnel, le staff a décidé d&rsquo;annuler un certain nombre de ses représentations. Ainsi, l&rsquo;<em>Akademiekonzert</em> de ce mardi sous la direction de <strong>Vladimir Jurowski</strong>, le <em>Carmen  </em>(dirigé par <strong>Emmanuel Villaume</strong>) du 10 novembre,  <em>Der Mondbär</em>, le 10 également, ainsi que les trois représentations de <em>Die Vögel </em>des 12, 14 et 18 novembre sont purement et simplement annulées et les billets intégralement remboursés. Espérons que le Bayerische Staatsoper ne préfigure pas d&rsquo;autres fermetures. A suivre.</p>
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		<title>Pene Pati, premier album chez Erato</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/pene-pati-premier-album-chez-erato/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Aug 2021 04:29:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nemorino dans L&#8217;elisir d&#8217;amore à l&#8217;Opéra national de Paris en début de saison, le ténor samoan Pene Pati met à profit son séjour en France pour enregistrer un premier album sous le label Erato/Warner Classics. Au programme, des extraits d&#8217;opéras français et italiens, dont un duo rossinien avec Mirco Palazzi, si l&#8217;on en croit le &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Nemorino dans <em>L&rsquo;elisir d&rsquo;amore</em> à l&rsquo;Opéra national de Paris en début de saison, le ténor samoan <strong>Pene Pati</strong> met à profit son séjour en France pour enregistrer un premier album sous le label Erato/Warner Classics. Au programme, des extraits d&rsquo;opéras français et italiens, dont un duo rossinien avec <strong>Mirco Palazzi</strong>, si l&rsquo;on en croit le compte Instagram de ce dernier (voir ci-dessous). Au pupitre, <strong>Emmanuel Villaume</strong> dirige l&rsquo;Orchestre national Bordeaux Aquitaine. Sortie prévue l&rsquo;année prochaine.  </p>
<blockquote class="instagram-media" data-instgrm-captioned="" data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/p/CS7FLJuDf3C/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" data-instgrm-version="13" style="background:#FFF;border:0;border-radius:3px;margin: 1px;max-width:540px;min-width:326px;padding:0;width:99.375%;width:-webkit-calc(100% - 2px);width:calc(100% - 2px)">
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<a href="https://www.instagram.com/p/CS7FLJuDf3C/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" style="background:#FFFFFF;line-height:0;padding:0 0;text-align:center;text-decoration:none;width:100%" target="_blank" rel="noopener"><br /></a></p>
<p><a href="https://www.instagram.com/p/CS7FLJuDf3C/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" style="background:#FFFFFF;line-height:0;padding:0 0;text-align:center;text-decoration:none;width:100%" target="_blank" rel="noopener">Voir cette publication sur Instagram</a></p>
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<p style="color:#c9c8cd;font-family:Arial,sans-serif;font-size:14px;line-height:17px;margin-bottom:0;margin-top:8px;overflow:hidden;padding:8px 0 7px;text-align:center"><a href="https://www.instagram.com/p/CS7FLJuDf3C/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" style="color:#c9c8cd;font-family:Arial,sans-serif;font-size:14px;font-style:normal;font-weight:normal;line-height:17px;text-decoration:none" target="_blank" rel="noopener">Une publication partagée par Mirco Palazzi (@palazzimirco)</a></p>
</blockquote>
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		<title>En direct de Londres, une Bohème moderne qui tient la route</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/en-direct-de-londres-une-boheme-moderne-qui-tient-la-route/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jan 2020 05:25:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 2015 la production mythique de La Bohème signée John Copley quittait définitivement et en beauté la scène du Royal Opéra House après avoir été régulièrement représentée pendant quatre décennies. A l’automne 2017, elle fut remplacée par une nouvelle production due à Richard Jones qui avait à l&#8217;époque séduit Jean-Michel Pennetier. La voilà de retour &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En 2015 la production mythique de <em>La Bohème </em>signée John Copley quittait définitivement et <a href="https://www.forumopera.com/breve/somptueuse-boheme-au-roh">en beauté</a> la scène du Royal Opéra House après avoir été régulièrement représentée pendant quatre décennies. A l’automne 2017, elle fut remplacée par une nouvelle production due à <strong>Richard Jones</strong> qui avait à l&rsquo;époque séduit <a href="https://www.forumopera.com/breve/somptueuse-boheme-au-roh">Jean-Michel Pennetier</a>. La voilà de retour pour une série de représentations avec une retransmission dans les cinémas ce mercredi 29 janvier. Ce qui frappe d’emblée, c&rsquo;est l’habileté avec laquelle Jones réussit à créer un spectacle résolument moderne tout en respectant le cadre spatio-temporel de l’action comme en témoignent les costumes, ainsi que les didascalies. Il se plait à opposer l’extrême pauvreté des personnages qui vivotent comme ils peuvent et l’opulence dans laquelle vit la bourgeoisie louis-philipparde. Ainsi au premier acte, le décor de la mansarde on ne peut plus minimaliste, une soupente en bois clair avec pour seul mobilier un poêle, une chaise et une vieille caisse tranche avec le luxe tapageur du deux et son triple décor, des galeries marchandes qui regorgent d’articles en tout genre, un restaurant chic en guise de café Momus et une rangée de réverbères flamants neufs pour encadrer le défilé militaire final. Au trois le décor souligne l’aspect sordide de la Barrière d’Enfer avec son cabaret miteux sous la neige.</p>
<p>Par rapport à 2017 la distribution est entièrement renouvelée à l’exception de <strong>Simona Mihai</strong> qui remplaçait Aida Garifullina souffrante. Sa musette exubérante et décomplexée se livre à un numéro haut en couleur à la fin du deuxième acte avant de se montrer touchante dans sa compassion au quatre. Les autres seconds rôles tous parfaitement crédibles sont interprétés pour la plupart par de jeunes artistes qui feraient presque passer les deux personnages principaux pour des vétérans. <strong>Gyula Nagy</strong> est un Schaunard réservé et ombrageux. Âgé d’à peine 30 ans <strong>Peter Kellner</strong> possède une voix à la fois sombre et juvénile, sa « Vecchia zimarra » au dernier acte est particulièrement poignante. Né en 1994, <strong>Andrzej </strong> <strong>Filończy </strong>est le benjamin de la bande, il n’en possède pas moins une voix solide et un timbre non dénué de charme qui lui permettent de camper un Marcello pleinement convaincant. On le retrouvera dans le rôle de Schaunard à l’Opéra Bastille en fin de saison. Le rôle de Rodolfo sied à <strong>Charles Castronovo</strong> qui en fait un personnage à la fois fringant et dépassé par le drame qui se joue. Son timbre barytonnant ne manque pas d’attrait même si l’instrument semble émoussé dans le haut de la tessiture. <strong>Sonya Yoncheva</strong> enfin est une Mimi proche de l’idéal. La pureté de son timbre, la luminosité de ses aigus, les nuances dont elle parsème sa ligne de chant font mouche. Scéniquement elle est une cousette tout à fait idoine. Au pupitre <strong>Emmanuel Villaume</strong> adopte une direction dynamique avec un souci du détail et sens aigu du théâtre tant dans les scènes de comédie du deux que dans le dénouement dont il souligne l’aspect tragique sans pathos excessif.</p>
<p>Le 17 mars prochain, le Royal Opera House retransmettra dans les cinémas Fidelio avec Jonas Kaufmann.</p>
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