Méphistophélès a gagné : à la Scala, la première de Faust, prévue le 20 octobre, a été annulée. Face à la grève annoncée depuis plusieurs jours, le théâtre a reconnu que les conditions n’étaient pas réunies pour assurer la représentation de l’opéra de Gounod, dans la nouvelle production de Johannes Erath, dirigée par Daniele Rustioni. Vittorio Grigolo et Julien Dran doivent s’y partager le rôle-titre, Marina Rebeka et Ekaterina Bakanova celui de Marguerite, face au Méphistophélès d’Alex Esposito.
Mais si la musique s’est tue dans le théâtre, elle a résonné sur la place. Devant la Scala, musiciens et choristes grévistes ont entonné le « Va, pensiero » de Nabucco, avant d’enchaîner avec « Bella ciao », le « Libertango » de Piazzolla et « Fischia il vento », chant des partisans italiens. Les danseurs se sont joints au mouvement, esquissant quelques pas devant l’entrée.
Le conflit porte sur le renouvellement du contrat collectif. Les syndicats réclament une hausse de 15 % des rémunérations annuelles brutes pour compenser l’inflation. Selon la direction, la mesure coûterait 37 millions d’euros supplémentaires sur trois ans, une dépense qu’elle juge insoutenable.
Faust est reporté au samedi 24 octobre à 19 h 30, et les billets du 20 octobre seront remboursés. Mais le mouvement pourrait se prolonger : le Requiem de Verdi dirigé par Riccardo Chailly le 28 octobre, puis la première du programme chorégraphique Balanchine, Bausch, Stravinsky le 7 novembre, sont à leur tour menacés.
À Milan, les grévistes ont chanté Verdi pour réclamer leur dû. Reste à savoir quand ils le chanteront de nouveau sur scène.