La reconduction d’Alexander Neef à la direction générale de l’Opéra national de Paris avait été annoncée dès février 2024. La nouvelle ministre de la Culture, Catherine Pégard, vient de la saluer à nouveau officiellement : le mandat du directeur, arrivé en septembre 2020, se poursuivra jusqu’en 2032.
Le communiqué ministériel met à son crédit une programmation exigeante, la maîtrise des coûts, le développement du mécénat et des ressources propres, ainsi que plusieurs initiatives en matière de transmission, de diversité et de formation. Il lui reviendra désormais de piloter le vaste chantier de rénovation « Nouvelle Ère, Nouvel Air », qui concerne Garnier, Bastille, les Ateliers Berthier et l’École de danse de Nanterre, tout en maintenant une activité artistique hors les murs.
Alexander Neef n’est sans doute pas le directeur le plus disruptif qu’ait connu l’Opéra de Paris. Après six années de mandat, sa « patte » artistique demeure plus difficile à définir que celle de certains de ses prédécesseurs. Sa direction a néanmoins traversé la pandémie, plusieurs changements à la tête des forces artistiques et une profonde réorganisation du modèle économique de la maison.
Dans ce contexte, sa reconduction envoie un signal plutôt vertueux. Les grandes institutions culturelles ne se dirigent pas à coups d’effets d’annonce et leurs saisons se construisent plusieurs années à l’avance. À l’approche de chantiers considérables et de restrictions budgétaires qui ne manqueront pas d’affecter le pays — et, avec lui, la culture — l’expérience et la connaissance intime d’une maison constituent des atouts précieux.
Ce second mandat n’est pas un blanc-seing. Il donne au contraire à Alexander Neef le temps nécessaire pour mener ses projets à leur terme et, demain, en répondre pleinement. La continuité ne remplace pas une vision artistique ; elle peut toutefois lui offrir les conditions de se révéler.


