Dans un article publié sur Couacs, le polémiste Yves Riesel, fondateur de Qobuz, ne se contente pas de commenter la suppression de nombreuses fréquences de France Musique : il y voit le symptôme d’un affaiblissement plus général de la station et de sa mission culturelle.
Depuis le 22 juillet, Radio France a réduit de 12 % son réseau FM historique, notamment au profit d’une meilleure couverture de franceinfo et d’ICI. L’entreprise invoque le développement du DAB+, l’évolution des usages et 3,9 millions d’euros d’économies annuelles. Elle indique que France Musique demeure accessible à 87 % de la population en FM ou en DAB+, outre sa diffusion par Internet. Un rapport du Sénat chiffre cependant à 3 millions d’euros par an, à compter de 2027, les économies portant spécifiquement sur la diffusion de la chaîne.
Yves Riesel conteste vigoureusement le récit officiel d’une simple « modernisation ». S’appuyant notamment sur sa propre expérience de réception, il juge la couverture du DAB+ encore trop inégale et la transition insuffisamment préparée. Il interprète aussi le transfert de fréquences comme un choix stratégique destiné à renforcer franceinfo avant l’élection présidentielle : une hypothèse qui relève de son analyse. Mais c’est sans doute bien vu.
Le polémiste élargit ensuite son propos à la direction de Marc Voinchet. Il lui reproche une raréfaction des émissions exigeantes, une dilution de l’identité musicale de l’antenne et une recherche d’audience contraire, selon lui, à la vocation d’un service public spécialisé. La charge est volontairement abrasive et doit être replacée dans le contexte de « Couacs », une publication qui dit d’elle-même qu’elle n’a aucun ami sinon ses lecteurs.
Il n’est pas nécessaire d’en partager le ton pour reconnaître l’intérêt de son travail critique : Riesel relie choix techniques, contraintes budgétaires, stratégie d’audience et évolution éditoriale. Surtout, son texte rappelle qu’un programme disponible sur Internet ou en DAB+ n’est pas nécessairement aussi accessible qu’une station reçue sur un simple poste FM. Pour France Musique et ses auditeurs, cette réduction de la couverture hertzienne constitue bien un recul de l’offre culturelle du service public.


