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Il faut sauver la tombe d’Adolphe Sax (oui, l’inventeur du saxophone !)

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Brève
7 juillet 2026

L’Association Internationale Adolphe Sax lance une campagne de financement participatif pour restaurer la chapelle funéraire de l’inventif facteur d’instruments, située au cimetière de Montmartre à Paris. Gravement dégradé par le temps, le monument qui abrite les restes de la dépouille de l’inventeur du saxophone et plusieurs membres de sa famille nécessite une intervention urgente. L’objectif de l’association est de réunir 40 000 € afin de financer une restauration complète (toiture, maçonnerie, socle, ornements) ainsi qu’un contrat d’entretien à long terme. Basée à Dinant, ville natale de Sax (près de Namur, à ne pas confondre avec Dinan en Bretagne), l’association, propriétaire de la chapelle depuis 2004, entend ainsi préserver un patrimoine musical universel et perpétuer la mémoire de celui qui révolutionna l’histoire de la musique. Au-delà de la restauration, les éventuels fonds supplémentaires serviront à développer des actions de valorisation et de médiation autour de son héritage.

Né en 1815 et ainé de 11 enfants (ce qui explique sans doute une volonté de domestiquer le bruit), Adolphe Sax, de son vrai nom Antoine-Joseph Sax, fabrique des instruments dès son plus jeune âge (son père était également facteur d’instruments, ce qui semble néanmoins lui avoir laissé beaucoup de loisirs pour fonder une famille). À 20 ans, Il invente une clarinette à 24 clés et propose diverses innovations de cet instrument. Il s’installe à Paris en 1842 et travaille sur des bugles à touches rapidement connues sous le nom de cors de Sax ou saxhorn. Sa notoriété ne fait que croître. Il correspond avec Giacomo Meyerbeer, alors Kapellmeister à la cours de Prusse, le compositeur recherchant des instruments susceptibles de reproduire au mieux les sonorités originelles pour les exécution du Messiah de Haendel. En 1846, il dépose le brevet d’un instrument destiné à révolutionner la musique, le saxophone. L’instrument est au point dès le début des années 1840, mais Sax a attendu d’en disposer d’une large gamme avant d’en déposer les brevets : Berlioz l’utilise ainsi en 1842 dans son Chant Sacré pour sextuor à vent. À la demande de Richard Wagner, il élabore le « tuba wagnérien » (qui ressemble plutôt d’ailleurs à un cor) que le compositeur souhaite utiliser pour le thème du Walhalla dans son Ring. Il élabore ou améliore de nombreux instruments, essentiellement à vent : trompettes, trombones, contrebasses, bassons…

Il meurt à Paris en 1894.

Le saxophone reste rare à l’opéra, mais généralement remarqué. On citera par exemple Hamlet d’Ambroise Thomas, Werther de Jules Massenet (entre autres ouvrages du compositeur), Le Roi Arthus d’Ernest Chausson, Le Prophète de Giacomo Meyerbeer (une version de la mort de Berthe, d’ailleurs coupée à la création), Lulu d’Alban Berg, Lady Macbeth du district de Mtsensk de Dmitri Chostakovitch…

Mais c’est bien sûr le jazz qui donnera sa consécration à l’instrument (à une époque où l’on ne hurlait pas à l’appropriation culturelle) et on espère que les saxophonistes professionnels du monde entier contribueront à la restauration du monument funéraire.

En attendant, les simples lyricomanes comme nous peuvent faire un don sur le site de l’association.

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