Göttingen était en fête ce 14 mai pour le concert de gala célébrant le vingtième anniversaire de l’Orchestre de son Festival, formé par la réunion volontaire de musiciens virtuoses. Au programme, des extraits des Indes galantes de Rameau, les suites BWV 1068 et 1069 de Jean-Sébastien Bach et la Musique pour les feux d’artifice royaux de Georges Frédéric Haendel. Ces pièces musicales ou, pour reprendre le vocabulaire de Bach lui-même, ces Ouvertures sont inspirées du modèle « à la française » fondé par Lulli, avec un premier mouvement d’importance en trois parties, que Haendel réduit à deux. Il faudrait un long développement pour exalter à leur juste valeur les prouesses des musiciens et la direction à la fois si précise et si souple de George Petrou. Ce concert fut une véritable ivresse sonore, la virtuosité des pupitres délivrant sans trève le tissu diapré de ces compositions, dans toute leur vitalité rythmique et la variété de leur nuancier.
Cerise sur le gâteau, la création d’un pièce spécialement écrite pour la circonstance par Hanneke van Proosdij, claveciniste dans l’orchestre et compositeur, où nous avons cru entendre des échos de Saint-Saëns, de Stravinski et de Miles Davis, qui utilise brillamment les ressources de l’ensemble et dépasse les effets de miroir avec les cuivres haendeliens sans craindre les dissonances. La soirée se prolongeait par des animations diverses, chansons irlandaises et écossaises contemporaines de Haendel, un trio de jazz et des pièces diverses de Telemann réunies à des danses et chants tirés de manuscrits baroques slovènes, moraves, allemands et anglais.




