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	<title>Kurt WEILL - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Kurt WEILL - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>WEILL, Aufstieg und Fall der Stadt Mahagonny &#8211; Bâle</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/weill-aufstieg-und-fall-der-stadt-mahagonny-bale-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime de Brogniez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Sep 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Mahagonny, c’est d’abord un opéra sur l’opéra : une question adressée au genre lyrique et à son écosystème. Dans ses Notes sur l’opéra, qui accompagnent le livret, Brecht constate avec malice : « Comme l’opéra est cher à son public précisément du fait de son caractère arriéré, il faudrait que l’on soit attentif à l’afflux de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;"><em>Mahagonny</em>, c’est d’abord un opéra sur l’opéra : une question adressée au genre lyrique et à son écosystème. Dans ses <em>Notes sur l’opéra</em>, qui accompagnent le livret, Brecht constate avec malice : « Comme l’opéra est cher à son public précisément du fait de son caractère arriéré, il faudrait que l’on soit attentif à l’afflux de couches nouvelles aux appétits nouveaux, et aussi l’est-on : on veut <em>démocratiser</em>, naturellement sans que soit changé le caractère de la démocratie, lequel consiste à ce que soient donnés au “peuple” de nouveaux droits, mais non la possibilité de les exercer. […] Des innovations sont donc réclamées ou défendues – par les esprits les plus avancés – qui doivent mener à la rénovation de l’opéra –, une discussion de fond de l’opéra (de sa fonction !) n’est pas réclamée et ne serait sans doute pas défendue ». Pour, en quelque sorte, neutraliser cette perpétuelle reproduction du même fardée de bons sentiments, Brecht entend prendre le problème de l’intérieur : « Même si l’on voulait mettre en discussion l’opéra en tant que tel (sa fonction !), il faudrait faire un opéra ». Envoyons donc la musique.</p>
<p style="font-weight: 400;">Pour poser à l’opéra (à sa fonction, on suppose) les mêmes questions que celles que l’auteur adresse au théâtre de son temps, Brecht dresse un ensemble d’oppositions entre la « forme dramatique du théâtre » et la « forme épique du théâtre ». Pour rénover véritablement l’opéra, il devrait, à en croire l’auteur, être amené au niveau du théâtre épique. Là où le théâtre dramatique se caractérise essentiellement par la <em>passivité</em> qu’il implique, le théâtre épique serait le lieu de l’<em>activité</em>. La forme dramatique (celle que l’on trouve sous une épaisse couche de poussière donc) « implique le spectateur dans une action et ; épuise son activité ; lui procure des émotions ; le spectateur est plongé dans une action ; l’homme est supposé connu ; l’homme est immuable ; ce que l’homme devrait faire ; ses instincts ; la pensée détermine l’être ». En miroir (après dépoussiérage), la forme épique « fait [du spectateur] un observateur, mais ; éveille son activité ; l’oblige à des décisions et lui procure des connaissances ; [le spectateur] est confronté [à une action] ; l’homme est l’objet de la recherche ; l’homme qui se transforme et transforme ; ce que l’homme est obligé de faire ; ses motivations ; l’être social détermine la pensée ».</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/tb_mahagonny_khpringo_hoehn-37_0-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-220298"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Ingo Höhn</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;">Le moins que l’on puisse écrire, c’est que la mise en scène de <strong>Benedikt von Peter</strong> prend ces ambitions réformatrices, sinon au pied de la lettre, très au sérieux. Exit les fonctions du bâtiment théâtre. Il n’y a plus de séparation scène-salle et donc plus de séparation acteurs-public. L’action se déroule de manière mouvante. Le public est invité à se déguiser et à se fondre dans l’action qui, après avoir commencé dans le hall, se poursuit à l’extérieur, dans la salle, sur scène…, chacun étant libre de se déplacer et (paraît-il) d’intervenir. Il reste possible d’assister à l’ensemble du spectacle grâce à des projections de vidéo en direct (très réussies) et à une sonorisation (plus ou moins heureuse et, en l’occurrence, plutôt malheureuse).</p>
<p style="font-weight: 400;">On commence dans le hall donc : c’est la fondation de la ville de Mahagonny. L’orchestre est sur scène, très loin, on le devine plus qu’on ne l’entend. Il faudra attendre de migrer dans la salle et, pour les plus aventureux, sur des matelas disposés sur scène après le non-passage du typhon, pour apprécier à sa juste valeur la direction de <strong>Stefan Klingele</strong>. Face à une partition qui appelle des choix d’interprétation tranchés, le chef reste partisan d’un vrai son d’orchestre symphonique. L’approche est lisible (on n’écrirait pas analytique) et le son cohérent, avec une belle rondeur de cuivres et des cordes comme veloutées. Le chœur est présent et offre une prestation d’excellente tenue, malgré des conditions pour le moins atypiques (dans la salle, des écrans permettent de voir le chef plus ou moins partout. Ailleurs – outre quelques écrans fixes – on assiste aussi au ballet d’une télévision sur pied qui permet au chœur mais surtout aux solistes de limiter – mais donc pas d’éviter – les décalages).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/tb_mahagonny_ohpringo_hoehn-63_1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-220300"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Ingo Höhn</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;">D’emblée, on sait que la fondation de la ville magique portera son lot de frustrations. Pour le spectateur d’opéra (d’opéra poussiéreux du moins), la frustration est vocale. Le dispositif « scénique » (l’adjectif est évidemment inadéquat) implique une sonorisation, sonorisation doublée d’une amplification qu’on devine nécessaire, même si <em>a priori</em> les chanteurs n’en ont pas besoin. Le son reste amplifié dans la salle alors que, là, on n’imagine plus ce qui justifie ce choix. Il en résulte des aigus tendus et nasillards chez les ténors, des effets grossiers chez les voix masculines inférieures et le sentiment de n’avoir pas perçu tout ce que les voix féminines avaient réellement à offrir. Cela étant, le plateau (là encore, le terme est inadapté) recelait de belles voix : outre les qualités d’un jeu très à propos, la veuve Begbick de <strong>Jasmin Jorias</strong> offre une voix ample aux aigus cuivrés. Ses graves – poitrinés à l’occasion, jubilatoires parfois – sont servis par une projection impeccable. <strong>Solenn’ Lavanant Linke </strong>a le groove et la fragilité de la Jenny Hill qu’elle incarne. Le timbre est clair, voire ciselé, avec un vibrato présent mais maitrisé. On devine de très belles ouvertures de <em>pianissimi</em> que la sonorisation passe toutefois dans sa moulinette infernale.</p>
<p style="font-weight: 400;">Par chance, on était près du Fatty de <strong>Ronan Caillet</strong> à l’occasion de son premier air. Le timbre clair et la voix bien accrochée sont mis au service d’un phrasé engagé et d’une belle articulation. L’orchestre est par contre inaudible : on ne peut pas avoir le beurre, etc. <strong>Rolf Romei </strong>(Jim Mahoney) pâtit particulièrement du dispositif : son premier air est en décalage complet avec l’orchestre et l’amplification produit des sons médiums-haut et aigus nasillards et un médium qui paraît détimbré. Pourtant, dans la salle, plus proche du chanteur, on perçoit un timbre riche et coloré, un son parfaitement timbré sans nasalisation et un bel éventail de nuances, avec l’expression d’une vraie intimité. Le Joe de <strong>Marius Aron </strong>offre des graves intéressants, larges et sans noirceurs, tandis que le Bill d’<strong>Elliott Carlton Hines</strong> déploie un son plein, aux harmoniques riches et chatoyantes. Outre quelques problèmes de justesse chez le premier, <strong>Ervin Ahmeti </strong>(Jack), <strong>Andrew Murphy</strong> (Moses), <strong>Elisabetta Picello</strong>, <strong>Sarah Baxter</strong>, <strong>Eva Buffoni</strong>, <strong>Carmela Calvano Forte</strong> et <strong>Georgia Knower </strong>complètent une distribution de très bonne tenue, investie dans un dispositif vocalement et dramatiquement difficile et exigeant.</p>
<p style="font-weight: 400;"><em>At the end of the day</em> (c’est comme ça qu’on dit à Mahagonny), le spectacle s’achève sur un champ de ruines : celles que le livret appelle, bien sûr (les matelas maintenant désertés par les spectateurs/acteurs-figurants) : ruines d’un monde avide, là où la conscience de la finitude et l’amour réclamaient d’autres devenirs. Est-on aussi face aux ruines de l’opéra dans sa forme « théâtre dramatique » ? Pour son opéra, Brecht avait de grandes ambitions : il a « une fonction de changement de la société. [Mahagonny] est en quelque sorte encore superbement installé sur la vieille branche, mais du moins il la scie déjà (distrait ou par mauvaise conscience) un peu&#8230; ». Dans le théâtre, le public a évidemment conservé une attitude globalement passive : il ne suffit pas de recouvrir les sièges d’une toile pour rendre au spectateur l’autonomie dont il aurait été scandaleusement privé. Il ne suffit pas de bouleverser les habitudes pour bouleverser l’écosystème qui les façonne et qu’elles façonnent. La société n’a évidemment pas changé. Il n’empêche, on a réfléchi un peu plus. C’est déjà le triste constat d’une victoire. On s’est amusé aussi, beaucoup. C’est sans doute l’essentiel.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/weill-aufstieg-und-fall-der-stadt-mahagonny-bale-2/">WEILL, Aufstieg und Fall der Stadt Mahagonny &#8211; Bâle</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>WEILL, Aufstieg und Fall der Stadt Mahagonny – Bâle</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/weill-aufstieg-und-fall-der-stadt-mahagonny-bale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julian Lembke]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Aug 2026 04:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En ce début de saison, le Théâtre de Bâle reprend sa production de Aufstieg und Fall der Stadt Mahagonny (Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny). Cette œuvre phare de Kurt Weill et Bertold Brecht peut être lue comme une dystopie, une parabole sur sur le capitalisme et l’autoritarisme, un projet de société qui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En ce début de saison, le Théâtre de Bâle reprend sa production de <em>Aufstieg und Fall der Stadt Mahagonny</em> (<em>Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny</em>). Cette œuvre phare de Kurt Weill et Bertold Brecht peut être lue comme une dystopie, une parabole sur sur le capitalisme et l’autoritarisme, un projet de société qui tourne mal. Mahagonny, Netzestadt (ville-piège, ville-filet), est une cité factice fondée par trois criminels afin d’attirer tous les mécontents du monde et leur proposer des distractions. Un jour, sous l’impulsion de Jim Mahoney, une des personnes ayant échoué sur place, la devise de la ville devient « Tu as le droit ». Tout est permis – sauf ne pas avoir d’argent. Dans un lieu où tout est régi par les règles de la consommation, où l’amour est un produit comme un autre, sans âme ni profondeur, les lois seront fatales à ceux qui l’ont instaurées, le peuple sombrera dans le chaos.<br />
Weill et Brecht rompent avec les codes classiques de l’art lyrique en construisant une dramaturgie qui repose sur les principes du théâtre épique et qui met en œuvre toutes sortes d’effets de distanciation, d’où par exemple une partition dont les points névralgiques sont des chansons, dont la célébrissime Alabama-Song. Dans cette tradition de renégociation du lien entre le public et le spectacle, la mise en scène de <strong>Benedikt von Peter</strong>, directeur du Théâtre de Bâle, est pourtant plus radicale et décentralisée. Essayant de transformer la dystopie en utopie, l’idée principale est de responsabiliser le public et de l’intégrer à des espaces qui lui sont étrangers.<br />
Dès le début, les spectateurs sont accueillis par le personnel de la ville : « Bienvenu à Mahagonny ! Bienvenu chez vous ! » Produits dérivés à l’appui (tels que la cuvée de champagne Mahagonny Deluxe), on est invité à se déguiser pour ressembler aux personnages : faux costumes de revue, baroque kitsch, tenues de motards, tout cela autant onirique que délibérément superficiel, imaginé par Geraldine Arnold. La faune de la cité a pris possession du hall du théâtre où le spectacle commence <em>ex nihilo</em>. Grâce à un dispositif d’écrans, de retransmissions et de vidéos (<strong>Gert Zander</strong>), différents espaces sont investis, dont notamment l’extérieur du théâtre ainsi que plusieurs endroits dans le hall. Pendant les premières scènes, le public est libre de se déplacer. De fil en aiguille, l’on rejoint aussi la salle, l’orchestre est installé sur la scène, les sièges sont bâchés. Le temps que la plus grande partie des spectateurs arrive, le personnel demande aux autres de prendre place sur la scène où des matelas sont prévus à cet effet. Ainsi, le public sera toujours au centre des événements. Notamment les membres du chœur engageront des interactions, allant de simples regards et gestes à la proposition de boire ou de chanter. L’espace scénique est hybride et multidimensionnel.<br />
Lorsque l’action se recentre finalement sur la scène – plus que la moitié de la soirée s’est déjà écoulée –, l’aspect pédagogique du spectacle commence à porter ses fruits. Inutile de dire que l’œuvre en elle-même, la musique et l’interprétation passent au second plan. La prestation des interprètes n’est plus jugée uniquement en fonction de sa qualité mais par rapport aux réflexions qu’elle provoque. Car le public est obligé de redéfinir son image de soi. Dans une situation où tout semble permis, à l’instar de Mahagonny, quel comportement est-on censé adopter ? Que peut-il nous arriver ? A-t-on le droit de s’abandonner à la magie du spectacle, à l’histoire, ou doit-on assumer un rôle plus conscient ? Faut-il jouer le jeu ou consommer de manière passive ? Les quelques moments les plus lyriques, lorsque, malgré tout, la force de la musique prend le dessus, sont d’étranges instants de transe, une sorte d’effet de distanciation en négatif qui vous plonge dans la narration pour vous en sortir aussitôt. L’orchestre sous la baguette de <strong>Thomas Wise</strong> est à la hauteur du défi qui soulève d’autres questions en termes d’acoustique et de son. Le public faisant partie du tableau, il devient aussi son propre spectateur, la tentation d’observer les autres va croissant. Si ce type de technique théâtrale existe depuis les années 1960 (par exemple dans <em>Outrage au public</em> de Peter Handke), la démarche de von Peter est plus catégorique. L’envie d’inverser les perspectives, de concevoir des espaces alternatifs, s’observe souvent dans ses mises en scène. Elle est également représentative du Théâtre de Bâle en général, qui est conçu comme un lieu de rencontre, ouvert et accueillant, traduisant une porosité entre la ville et la scène.<br />
Malgré les inévitables applaudissements finals – étrange vestige bourgeois vu la nature de la soirée –, le public sort étonné de ce spectacle sans début ni fin, qui incite à la réflexion.</p>
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		<title>Oh La La La ! Opérettes en promenade – Nancy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/oh-la-la-la-operettes-en-promenade-nancy/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Jul 2026 03:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour terminer la saison sur une note légère et rafraîchissante, l’Opéra de Nancy nous a concocté un programme d’une petite heure et demie autour de chansons célèbres du xxe siècle et d’airs d’opéras légers. Cette opérette, une commande pour chœur, chœur d’enfants et piano de l’Opéra de Dijon en 2022, est ici reprise en version &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour terminer la saison sur une note légère et rafraîchissante, l’Opéra de Nancy nous a concocté un programme d’une petite heure et demie autour de chansons célèbres du xx<sup>e</sup> siècle et d’airs d’opéras légers. Cette opérette, une commande pour chœur, chœur d’enfants et piano de l’Opéra de Dijon en 2022, est ici reprise en version pour orchestre. Le spectacle s’adresse à tous les âges, entre facilité d’écoute et nostalgie d’airs connus depuis l’enfance, d’Offenbach à Cole Porter en passant par Poulenc, Kurt Weill ou Franz Lehár. <br />C’est avec le plus grand sérieux et professionnalisme que la metteure en scène <strong>Louise Brun</strong> a façonné cette fantaisie initialement destinée à des personnes âgées isolées qu’elle a également conçue pour des enfants qui composeraient un programme cohérent et faussement naïf (de l’<em>Enfant et les sortilèges</em> à la <em>Tragique histoire du petit René</em> à qui on finit par couper le nez parce qu’il se met les doigts dedans). Le pont transgénérationnel se fait par l’intermédiaire d’un adolescent qui joue au maître de cérémonie, sous le regard de la pianiste démiurge (excellente <strong>Nima Santonja</strong>), installée sur la scène. Dès lors, il suffit de quelques accessoires, cerf-volant, parapluies miniatures de couleurs vives que n’auraient pas reniés Jacques Demy, échelles à la Jacques Tati dans les <em>Vacances de Monsieur Hulot</em>, ciel étoilé et divers objets en modèles réduits pour créer une atmosphère empreinte d’une touchante mélancolie. La « Barcarole » des <em>Contes d’Hoffmann</em> évoque ainsi tout autant <em>La Vie est belle </em>de Benigni que les nuits d’amour à Venise ou tout simplement les plus belles des berceuses de l’enfance.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Oh-La-La-La-©-Amandine-De-Cosas-14-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-216310"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Amandine De Cosas</sup></figcaption></figure>


<p>L’émotion vient avant tout de la rencontre entre les membres du Chœur de l&rsquo;Opéra national de Nancy-Lorraine et de la Maîtrise citoyenne itinérante composée de jeunes chanteurs issus prioritairement de territoires ruraux ou de bourgs du Grand Nancy (formidable initiative !), sublimant en particulier des airs interprétés jadis par les Frères Jacques ou Bourvil ici chantés par des solistes accompagnés par le chœur ou les enfants. À l’exception de quelques mouvements hésitants, l’essentiel de la charmante chorégraphie est maîtrisé et a tout pour séduire un public attendri et attentif. Et l’on prend beaucoup de plaisir à mieux entendre des membres du Chœur devenus solistes, avec une mention spéciale pour les deux sopranos <strong>Clémence Millet</strong>, la Mère, et <strong>Noémie Bousquet</strong>, la Jeune Maman, mais également <strong>Séverine Maquaire</strong>, l’Anglaise, toutes trois impressionnantes de naturel et de justesse. Les deux voisines, <strong>Jiwon Kim</strong> et <strong>Jue Zhang</strong>, sont un peu moins convaincantes, avec des approximations dans la prononciation et une projection moins tonitruante. Les hommes tirent eux aussi leur épingle du jeu, en particulier <strong>Benjamin Colin</strong> dans le rôle du père. Mais c’est surtout l’unité de groupe et la réussite collégiale que l’on saluera ici. Le Chœur est impeccable et l’on peut rendre hommage à l’excellent travail de <strong>Virginie Déjos</strong>, cheffe de chœur et d’orchestre, qui réussit à obtenir de l’ensemble des artistes une qualité sonore tout en délicatesse où l’innocence de l’enfance se mêle à la préciosité du souvenir pour ceux que le poids des ans encombrerait la mémoire bien farcie.</p>
<p>En tout état de cause, cet inventaire musical à la Prévert est une porte d’entrée idéale pour le monde de l’opéra, quel que soit l’âge des néophytes. En ce qui nous concerne, restera l’image de cette petite fille déjà bien grande, juste devant nous, qui agitait l’éventail de sa maman comme une dame, profil enfantin et queue de cheval, « nubel » (pardon, sucette) en bouche, doudou à la main, bien en avant sur le bord de son siège, qui n’en perdait pas une miette. La larme à l’œil, on a pu sortir en se disant que le public de demain était déjà bien là, prêt à revenir souvent et sans doute en train de se rêver sur les planches, pour chanter l’« Heure exquise » ou les « Chemins de l’amour ». Et l’on ne peut que s’en réjouir : « Oh la la la, c’est magnifique » !</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Oh La La La ! Opérettes en promenades | Opéra national de Nancy-Lorraine" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/SHtqMG0Kb38?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>Barbara Hannigan et le Münchner Philharmoniker &#8211; Evian</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/barbara-hannigan-et-le-munchner-philharmoniker-evian/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jun 2026 03:58:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour les cinquante ans des Rencontres Musicales d&#8217;Évian, le tout récent écrin de la Source Vive accueille une superbe intégrale Brahms et ses traditionnelles associations – souvent inédites – d&#8217;artistes de générations différentes. Les soirées font la part belle au répertoire orchestral dans le vaisseau conçu à cet effet il y a trente ans&#8230; tout &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour les cinquante ans des Rencontres Musicales d&rsquo;Évian, le tout récent écrin de la Source Vive accueille une superbe intégrale Brahms et ses traditionnelles associations – souvent inédites – d&rsquo;artistes de générations différentes. Les soirées font la part belle au répertoire orchestral dans le vaisseau conçu à cet effet il y a trente ans&#8230; tout récemment – et fort opportunément – climatisé.</p>
<p>Aux commandes du festival, Renaud Capuçon, aime à diriger depuis son violon. Il ne peut donc qu&rsquo;être sensible au parcours exceptionnel de <strong>Barbara Hannigan</strong>.</p>
<p>Ce soir, sous les pampilles de la Grange au lac, le festival propose donc un pas de côté avec ce concert dirigé et chanté par la radieuse soprano, récompensée au printemps 2025 du prestigieux Polar Music Prize qui saluait ainsi la dimension pionnière de son travail.</p>
<p>Le programme, étonnement transversal, a été présenté cet hiver au Canada et la semaine dernière à l&rsquo;Isarphilharmonie de Munich. Il permet de goûter au son sculpté en orfèvre du <strong>Münchner Philharmoniker</strong>. Les thèmes qui le traversent sont ceux de la surprise et de la France comme terre d&rsquo;accueil pour les musiciens que sont Offenbach, Copland et Weill.</p>
<p>Ces deux sujets touchent de près Barbara Hannigan, artiste canadienne qui réside désormais en Bretagne et fait montre d&rsquo;un indéniable goût de la facétie comme le prouve le final célèbre de la Symphonie n° 90 en <em>ut</em> majeur Hob.I:90, dont le surnom de « la Surprise » n&rsquo;est pas usurpé : la cadence y est en effet jouée à trois reprises et la bête de scène qu&rsquo;elle est ne se prive pas d&rsquo;en jouer : lorsque les applaudissements éclatent elle se retourne, abaisse ses lunettes sur son nez pour mieux fusiller le public du regard, puis reprend alors que chacun est dans ses petits souliers. À la seconde salve, sans plus de cérémonie, elle serre la main du premier violon et quitte le plateau tandis que l&rsquo;orchestre seul, unanimement hilare, trisse le final.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/029-MJ3_6997-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-216061"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Rencontres musicales d&rsquo;Evian</sub></figcaption></figure>


<p>Les extraits de la <em>Suite Gaîté parisienne</em>, arrangés par Manuel Rosenthal d&rsquo;après Offenbach, bénéficient également d&rsquo;un indéniable sens de la narration avec une gradation émotionnelle très bien menée et la surprise, cette fois, de la Barcarolle des <em>Contes d&rsquo;Hoffmann</em> en duo avec <strong>Julieth Alejandra Lozano Rolong</strong>. Les timbres suaves, la douce nonchalance dans la manière de poser les vocalises font de cette parenthèse le bonbon espéré.<br /><em>Lost in the Stars</em>, un peu instable, clôture le concert de manière moins enthousiasmante que <em>Youkali</em> qui éblouit : nouveau clin d’œil du programme si ce n&rsquo;est au voyage, du moins à l&rsquo;exil, Barbara Hannigan s&rsquo;y révèle proprement envoûtante ; le tango s&rsquo;y épanouit avec une sensualité confondante et chaque entrée donnée à l&rsquo;orchestre, de dos, semble la caresse d&rsquo;une enchanteresse à quelque créature mythique – l&rsquo;orchestre – domptée et consentante.<br />Le goût de la surprise, c&rsquo;est également celui des contrastes. Le raffinement des nuances, si sensible dans les mélodies de Weill s&rsquo;affirme dès le début du concert avec une interprétation particulièrement réussie de la <em>Dance Symphony</em> d&rsquo;Aaron Copland. Là, malgré un effectif pléthorique, l&rsquo;excellent Münchner Philharmoniker débute tout en délicatesse et en demi-teintes, le son est soyeux, nourri, la sinuosité de la ligne assez jouissive – nettement plus que dans la symphonie de Haydn, investie de manière moins personnelle, nous semble-t-il, la <em>Suite Gaîté parisienne</em> sacrifiant quelque peu le raffinement à son tropisme de Caf&rsquo; conc&rsquo;. Ceci dit, l&rsquo;énergie joyeuse de l&rsquo;ensemble emporte l&rsquo;adhésion.</p>
<p>L&rsquo;humour musical est joliment exploité dans les glissandos des cordes de la troisième partie du Copland, justement intitulée « Dance of Mockery » tout comme dans la gestion du tempo de la <em>Valse lente</em> d&rsquo;Offenbach/Rosenthal.<br />Tout au long de la soirée, la direction est articulée, extrêmement rythmique, le geste ample ; le ballet des longues mains de la cheffe hypnotise de grâce et de puissance. Sa manière, si personnelle, de continuer à donner les entrées et les intentions à l&rsquo;orchestre, même de dos, s&rsquo;avère proprement fascinante. Surtout Barbara Hannigan raconte merveilleusement les histoires : elle chante en cheffe et dirige en cantatrice !</p>
<p>L&rsquo;incandescente artiste canadienne dirigera jusqu&rsquo;en Islande cet automne, elle reprendra la <em>Dance Symphony</em> de Copland à Copenhague le 1er avril prochain, et ce n&rsquo;est pas une farce. Vous pourrez l&rsquo;entendre dans la <em>Suite Gaîté parisienne</em> le 17 décembre prochain à la Halle aux Grains de Toulouse associée à la <em>Girl Crazy Suite</em> de Gershwin – écho au superbe album du même nom paru chez Alpha Classic en 2017. Cet enregistrement des mélodies de Satie a été salué l&rsquo;an passé dans nos colonnes par notre confrère <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/satie-socrate-et-autres-melodies/">Yvan Beuvard</a>. Barbara Hannigan se produira également dans l&rsquo;hexagone en récital à l&rsquo;opéra de Bordeaux le 17 janvier et le 19 avril 2027.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/barbara-hannigan-et-le-munchner-philharmoniker-evian/">Barbara Hannigan et le Münchner Philharmoniker &#8211; Evian</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Gala ODB Opéra – Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gala-odb-opera-paris-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Sep 2025 04:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour sa troisième édition, le Gala ODB Opéra, le site francophone d&#8217;échanges entre les passionnés d&#8217;opéra, offre à nouveau une combinaison de chanteurs confirmés, de jeunes voix en début de carrière professionnelle, de jeunes pousses plus ou moins vertes mais prometteuses, et la participation d&#8217;artistes hors de la sphère opératique. Comme en 2023 et 2024, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour sa troisième édition, le Gala ODB Opéra, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.odb-opera.com/joomfinal/index.php">le site francophone d&rsquo;échanges</a> entre les passionnés d&rsquo;opéra, offre à nouveau une combinaison de chanteurs confirmés, de jeunes voix en début de carrière professionnelle, de jeunes pousses plus ou moins vertes mais prometteuses, et la participation d&rsquo;artistes hors de la sphère opératique. Comme en <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-stars-de-demain/">2023</a> et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/gala-odb-opera-paris/">2024</a>, l&rsquo;après-midi est un véritable marathon lyrique avec un peu plus de quatre heures de concert. <strong>Erminie Blondel</strong> ouvre le bal musical. La jeune soprano fait partie de ces artistes dont la carrière commence à s&rsquo;épanouir, en <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/gounod-la-nonne-sanglante-saint-etienne/">province</a> comme à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/duvernoy-la-tempete-paris-temple-du-luxembourg/">Paris</a>. Elle déploie un timbre fruité et une voix ample et bien projetée, homogène sur toute la tessiture, dans un air des <em>Pêcheurs de perles</em> impeccable de musicalité et qui donne envie de l&rsquo;entendre dans le rôle complet. <strong>Blerta Zeghu</strong> s&rsquo;attaque avec un réel tempérament dramatique à la difficile scène finale de <em>Roberto Devereux </em>puis interprètera avec une belle sensibilité deux mélodies de Tosti, où son beau timbre un peu sombre fait merveille. Originaire de Moscou, <strong>Serafima</strong> <strong>Liberman</strong> offre un timbre capiteux, une belle largeur de voix et une bonne projection. Elle chante en interprète habitée l&rsquo;air de <em>Iolanta</em> et une rare mélodie de Mili Balakirev sur un poème de Pouchkine (texte également mis en musique par Rachmaninov). Artiste confirmée, <strong>Pauline Courtin</strong> chante avec une grande sensibilité l&rsquo;<em>Adieu de l&rsquo;hôtesse arabe</em> de Georges Bizet et triomphe sans faiblir de la virtuosité de l&rsquo;air des bijoux de <em>Faust </em>dans lequel elle déploie une voix ample et bien homogène. <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/choses-vues-et-chantees/">On rappellera son récent enregistrement consacré à Victor Hugo</a>. <strong>Adam Barro</strong> chante l&rsquo;air de Bartolo des <em>Nozze di Figaro</em> avec la rondeur d&rsquo;un vieux routier italien et une belle maîtrise du <em>canto</em> <em>silábico</em>. D&rsquo;origine arménienne, le baryton nous fait également découvrir un ample arioso extrait de <em>Davit Bek</em>, ouvrage populaire en Arménie mais inconnu en France. D&rsquo;origine portoricaine, <strong>Clara Luz Iranzo</strong> connait déjà un début de carrière internationale (Grèce, États-Unis). Sa <em>Thaïs</em> est chantée avec une voix exceptionnellement corsée dans ce rôle (pour préciser, on est plus proche de Caballé que de Sills ou Fleming). Pour ces mêmes raison, son premier air de Lucia, couronné par un puissant contre ré émis sans effort, est particulièrement impressionnant. La prononciation est impeccable et la caractérisation dramatique très sensible et variée. Appréciée lors de la précédente édition, <strong>Victoria Lingock</strong> est en progrès constant, avec un timbre rare à mi-chemin entre ceux de Jessye Norman et de Grace Bumbry et son air de Dalila ne manque pas de donner le frisson ainsi que son impérieux « Acerba voluttà » d&rsquo;<em>Adriana Lecouvreur</em>. Les deux artistes se lancent ensuite avec énergie dans le premier duo de <em>Norma</em>. Le timbre d&rsquo;Iranzo est assez grave mais celui de Lingock l&rsquo;est encore plus, de fait les deux voix sont bien appariées offrant une coloration inédite pour un résultat captivant. <strong>Momo Jang</strong> chante avec musicalité et émotion la scène de folie d&rsquo;<em>I Puritani</em>, mais c&rsquo;est surtout dans son épatant « Martern aller Arten » de <em>Die Entführung aus dem Serail</em> qu&rsquo;elle achève de nous convaincre, avec des coloratures impeccables et surtout un ambitus idéal (dans cet air impitoyable, combien de sopranos à l&rsquo;aise dans l&rsquo;aigu se trouvent à nu dans le grave, et inversement). <strong>Christophe Poncet de Solages</strong> chante le premier air du Duc de Rigoletto, « Questa o quella », avec une aisance pleine de charme, et offrira le tube de <em>Das Land des Lächelns </em>(<em>Le Pays du</em> <em>sourire</em> dans sa version française) dans une interprétation gorgée de soleil qui attire la sympathie. <strong>Marion Charlo</strong> triomphe avec aisance des vocalises de sa « Céleste providence », extraite du <em>Comte Ory</em>, se jouant des nombreux conte-ut piqués qui émaillent son air, avec une délicieuse voix de colorature à la française. <strong>Hugo Tranchant</strong> à le type de voix idéalement haut perchée pour incarner Beppe et se révèle plein d&rsquo;abattage dans le rondo de<em> La</em> <em>Grande Duchesse de Gérolstein</em>. <strong>Anne-Lise Polchlopek</strong>, qui avait chanté <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-anne-lise-polchlopek-paris-cortot/">en récital la veille Salle Cortot</a>, nous fait la grâce de deux morceaux de style et de tonalité très opposés, qui lui permettent de démontrer la versatilité de son talent, la triste <em>Première lettre</em> de Chaminade, d&rsquo;une émotion à fleur de peau, et la pétulante « Tarántula », extraite de la zarzuela L<em>a Tempranica</em> d&rsquo;un bel abattage. <strong>Jean Bélanger</strong> est un Banco puis un Sarastro encore un peu verts mais les moyens sont là. <strong>Runji Li</strong> est encore très jeune mais séduit, dans la mélodie <em>Nina</em> (longtemps attribuée à Pergolese) par un timbre de ténor chaud et coloré. <strong>Aurélien Vicentini</strong> fait ses débuts public de contre-ténor avec le célèbre « Lascia ch&rsquo;io pianga » de <em>Rinaldo</em> de Haendel. Dans « E lucevan le stelle », <strong>Ismaël Billy</strong> a des petits airs de Juan Diego Flórez, avec un timbre plus corsé. <strong>May Chedid</strong> avait été une découverte lors de la première édition, chantant de manière un peu improvisée une mélodie libanaise <em>a</em> <em>cappella</em>. Elle nous offre cette fois deux belles mélodies, de Fauré et Tosti, chantée avec musicalité et où l&rsquo;on sent le développement harmonieux de la voix. Également présente au premier gala, <strong>Claire</strong> <strong>de</strong> <strong>Monteil</strong> a depuis vu sa carrière se déployer (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/vrais-debut-de-claire-de-monteil-a-la-scala/">on se rappelle de ses débuts inattendus à la Scala</a>). La voix s&rsquo;est élargie, gagnant aussi en puissance sans rien perdre en aigu. Elle nous offre une splendide interprétation de l&rsquo;air d&rsquo;entrée de Leonora dans<em> Il trovatore</em> (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-il-trovatore-lucques/">un ouvrage qu&rsquo;elle a chanté à travers l&rsquo;Italie l&rsquo;année dernière</a>). Elle démontre une nouvelle fois ses affinités avec la musique de Kurt Weill avec la glaçante chanson « Je ne t&rsquo;aime pas ». Dans le redoutable « Si ritrovarla io giuro » de <em>La Cenerentola</em>, <strong>Mali Zivcovic</strong> offre une impressionnante cascade de suraigus (plusieurs contre-ut et un contre-ré) et une belle aisance dans la vocalisation. Par contraste, son <em>Werther</em>, trop central à ce stade mais dont il a assurément le physique, le met moins en valeur. En Anna Bolena et en Micaela, <strong>Fanny Utiger</strong> offre un timbre chaud et une remarquable aisance dans l&rsquo;aigu et de beaux graves sans efforts, alliés à une belle incarnation dramatique. <strong>Raluca Vallois</strong> sait nous faire sourire avec une <em>Belle Hélène</em> à la voix charnue et puissante, et à l&rsquo;aigu généreux. La jeune <strong>Anaëlle Gregorutti</strong> se lance avec intrépidité dans l&rsquo;air de Farnace du <em>Mitridate</em> de Mozart, avec une voix corsée, à l&rsquo;aigu puissant, et conclut le programme avec la délicieuse <em>Heure</em> <em>exquise</em>, non dans la version de Reynaldo Hahn mais dans celle, tout aussi élégante et plus rare de Régine Poldowski.</p>
<p>Le programme intégrait également la lecture de trois beaux poèmes d&rsquo;<strong>Hanna Rees</strong>, moment de grâce trop fugitif. Ceux-ci sont  <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.amazon.fr/Haïkus-à-française-Hanna-Rees/dp/2310014346/ref=sr_1_5?dib=eyJ2IjoiMSJ9.jKKCN5JZZmFXGMUcAtntS7sBUIYJFEiguSCbD9gp5V6lrFtfrJfQNNOkocCEqN4zsxy_Il5hmrNBo-l5jKMYGfF8l-PuZVyFfxej_1xvGUwktY-0jAqD-S7lqXVuRiuG.lY4fEg0VCmx0GOMsJWN0At8icONpKNijGwzAeT4Vnt4&amp;dib_tag=se&amp;qid=1759055463&amp;refinements=p_27%3AHanna+Rees&amp;s=books&amp;sr=1-5&amp;text=Hanna+Rees">extraits de ses <em>Haïkus à la française</em></a>, et dits par leur auteur. Le dernier d&rsquo;entre eux évoque avec force et sensibilité le choc éprouvé par Hanna Rees <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/regards-sur-beatrice-uria-monzon-elle-etait-solaire/">à l&rsquo;annonce de la mort de Béatrice Uria Monzon</a>.<strong> Isabelle Carrar</strong> a fait résonner l&rsquo;esprit du Quartier Latin avec trois belles chansons extraites des répertoire de Barbara et de Juliette Gréco (on pourra l&rsquo;entendre en récital à Senlis le 9 octobre prochain à la Maison Léo Delibes, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://villaduchatelet.com/concerts/">Villa du Châtelet</a>). Le soprano et professeur de chant <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.linkedin.com/in/anne-julia-audray-471b6bb1/">Anne-Julia Audray</a> a présenté son recueil de sélections d&rsquo;airs (opéra, oratorio, mélodie, chanson ou comédie musicale), <em>Opera</em> <em>Singing</em>, pour jeunes et moins jeunes chanteurs. L&rsquo;idée est de permettre à des artistes de ne pas être obligés de voyager avec plusieurs partitions et de se concentrer sur celles susceptibles de les mettre en valeur. À titre d&rsquo;exemple, même les chanteurs enfants y trouveront des airs leur permettant de mieux briller lors de leurs auditions. Les morceaux sélectionnés comportent plusieurs versions chantées traduites. L&rsquo;après-midi était animée par Jérôme Pesqué, « patron » d&rsquo;<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://odb-opera.com/">ODB-Opéra</a>, et par <strong>Stéphane Sénéchal</strong> qui a apporté quelques moments de décompression avec ses incarnations de Funny Truche (soprano influenceuse) et de la Stromboli (diva à la carrière plus brève que son bagout !). Et l&rsquo;on n&rsquo;oubliera pas de remercier et de féliciter les quatre pianistes qui se sont succédé pour accompagnés les artistes dans ce programme particulièrement éclectique (et comportant beaucoup de raretés), et sans lesquels ce concert n&rsquo;aurait pu avoir lieu : <strong>Maxime Neyret</strong>, <strong>Matteo Carminati</strong>, <strong>François Bettencourt</strong> et <strong>Arnaud</strong> <strong>Kérébel</strong>. Le spectacle était donné au profit de la <em>Ligue contre le cancer.</em></p>
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		<title>WEILL, Les Sept péchés capitaux &#8211; Lille (Les Nuits d&#8217;été)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/weill-les-sept-peches-capitaux-lille-les-nuits-dete/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Jul 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les Nuits d’été à Lille, les huit et neuf juillet, soirées habituellement finales de la saison, ont démontré avec force que la bouture a pris sur l’arbre lillois : l’adoption du nouveau directeur musical de l’Orchestre national de Lille, Joshua Weilerstein est une réussite. Le jeune chef américain, né en 1987 à Rochester dans l’État &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: revert;">Les Nuits d’été à Lille, les huit et neuf juillet, soirées habituellement finales de la saison, ont démontré avec force que la bouture a pris sur l’arbre lillois : l’adoption du nouveau directeur musical de l’Orchestre national de Lille, <strong>Joshua Weilerstein</strong> est une réussite. Le jeune chef américain, né en 1987 à Rochester dans l’État de New York succède en effet depuis septembre 2024 à Alexandre Bloch. Manifestement, la proposition de sa candidature effectuée par l’orchestre créé par Jean-Claude Casadesus et l’ancien directeur général François Bou </span><span style="font-size: revert;">(parti en 2025 vers de nouvelles aventures) a été assurément mûrement réfléchie ; suffisamment pour garantir un atterrissage en totale sympathie et tout en dynamisme de l’ex chef principal de l’Orchestre symphonique d’Aalborg (Danemark) avec les musiciens lillois (rajeunis car largement renouvelés depuis quelques années).&nbsp;</span></p>
<p>Qu’est-ce qu’un bon chef ? Un inspirateur, un guide d’excellence, un fédérateur, un enthousiaste capable de se faire le passeur des œuvres les plus complexes auprès du public et des musiciens ? Certes. Ajoutons aussi un érudit, capable comme ce trentenaire, violoniste issu d’une famille estimée de musiciens de créer un podcast suivi par six millions d’auditeurs (cherchez «&nbsp;Sticky Notes&nbsp;» sur YouTube) depuis 2017. Car le jeune chef américain, ancien directeur artistique de l’Orchestre de chambre de Lausanne, a un modèle parmi ses maîtres, le plus célèbre des passeurs de passion, Leonard Bernstein. Pour eux, il est d’ailleurs rapidement devenu «&nbsp;Josh, le jeune Bernstein&nbsp;» !<br />
Si Alexandre Bloch, en plus d’une décade, a su renouveler répertoire, formats de concerts et imposer de grands cycles de compositeurs, Joshua Weilerstein ne manque pas d’idées non plus pour son mandat. Il nous les détaillera ici même prochainement.</p>
<p>Pas de doute en tout cas, en 2026, avec le cinquantenaire de l’ONL, ses propositions devraient enflammer le public très fidèle de la phalange dans le contexte difficile de la rénovation de la salle de concert du Nouveau Siècle. Car oui, les concerts sont désormais externalisés pour quelques mois, à l’Opéra de Lille et dans d’autres salles de la région, sans oublier le théâtre du Casino Barrière dans le récent quartier de Lille Europe.<br />
Justement quel meilleur endroit pour Joshua Weilerstein que ce théâtre de casino pour donner l’ultime opéra de Kurt Weill et Bertolt Brecht,<em> Les Sept péchés capitaux</em>, assorti d’une première partie dédiée aux compositeurs «&nbsp;dégénérés&nbsp;» selon les Nazis (dont le jeune chef s’est fait la spécialité) ?<br />
<em>Welcome to the Cabaret !</em> Joshua Weilerstein compte bien inscrire d’autres soi-disant musiciens dégénérés au cœur d’un nouveau répertoire pour l’ONL.<br />
Pour cette avant-dernière soirée lilloise, présentée comme toujours par le fin humoriste et maître de cérémonie <strong>Alex Vizorek</strong>, la soprano <strong>Isabelle Georges</strong> (radieuse liane en costume masculin) a donné avec un talent rare et une fougue irrésistible des extraits de comédies musicales et d’œuvres des années 30 ou imprégnées par elles. De la reprise d’extraits du musical composé en 1966 par John Kander d’après la nouvelle de Christopher Isherwood (« Cabaret » immortalisé à l’écran en 1972 par Bob Fosse avec Lisa Minnelli) à la célèbre chanson au rythme de valse entonnée par Marlène Dietrich dans « L’Ange bleu » de Josef von Sternberg (« Ich bin von Kopf bis Fuß auf Liebe eingestellt“ de Friedrich Holländer) sans oublier les incontournables « Youkali » et « Mack the Knife » du duo Weill &#8211; Brecht, la chanteuse a irradié la scène, bien servie par un chef espiègle et parfaitement connaisseur de cette esthétique allemande ou américaine. C’est à peine si le souffle s’est révélé un peu court sur l’ultime phrase de « Youkali » prise trop haut.<br />
Après un «&nbsp;Bœuf sur le toit&nbsp;» aussi enlevé que parfois un peu déséquilibré entre les pupitres (plus de peur que de mal pour cet étrange arrangement raccordant airs de salsa, de tango et de fado composé par Darius Milhaud et joué au Théâtre des Champs-Elysées en 1920 après un séjour brésilien), dirigé avec gourmandise par un chef bien décidé à emmener tous et toutes dans son voyage burlesque, place à l’étrange opéra populaire et politique de Weill et Brecht composé pour Paris en 1933 avant l’embarquement définitif en Amérique des artistes.<br />
Œuvre illustrant l’esthétique brechtienne de la distanciation, censée éduquer les masses afin de les convertir à la critique du capitalisme occidental, son intrigue met en scène les tribulations aux USA d’une jeune girl de cabaret parfois obligée de verser dans la prostitution et son double (ou sa sœur, rien n’est assuré, interprétée par la danseuse Jess Gardolin) afin d’assurer la fortune familiale. C’est la mezzo <strong>Bella</strong> <strong>Adamova</strong> qui interprète (pour sa première en France) Anna 1, plus que convaincante dans ce rôle plutôt exigeant. La sonorité mordorée de son mezzo transcende une partition des plus allègrement dissonantes et rageuses, aux thèmes et accords parfois lancinants. <strong>Guillaume Andrieux</strong> (le Père), <strong>Florent Baffi</strong> (la Mère), <strong>Manuel Núñez Camelino</strong> (Frère 1),<strong> Fabien Hyon</strong> (Frère 2) soulignent avec un à propos parfait les différentes stations de la passion d’Anna, véritable martyrologe ironique. On ne sait trop quelle fortune est faite à l’issue de l’œuvre, mais elle ne fait décidément guère envie. La mise en espace de <strong>Sandra Preciado</strong> et son usage intéressant de la vidéo concourt intelligemment à l’exhumation de cette œuvre aussi rare que fascinante. L’ONL fouetté par l’énergique Joshua Weilerstein, semble plus berlinois que rêvé, ce n’est pas un mince exploit.</p>
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		<title>Récital Claire de Monteil et Aymeric Gracia – Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-claire-de-monteil-et-aymeric-gracia-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Dec 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Entre deux représentations de Medea à Würzburg (la Médée de Cherubini y est donnée en version italienne), Claire de Monteil est venu proposer un récital, à Paris cette fois, à nouveau accompagnée par son ami et complice le pianiste et compositeur Aymeric Gracia. La jeune chanteuse propose ici un programme composé de pièces déjà entendues &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Entre deux représentations de <em>Medea</em> à Würzburg (la <em>Médée</em> de Cherubini y est donnée en version italienne), <strong>Claire de Monteil</strong> est venu proposer un récital, à Paris cette fois, à nouveau accompagnée par son ami et complice le pianiste et compositeur Aymeric Gracia. La jeune chanteuse propose ici un programme composé de pièces déjà entendues à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/concert-claire-de-monteil-et-aymeric-gracia-bagneux/">Bagneux</a> et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-stars-de-demain/">Paris</a>, avec quelques nouveautés. Le timbre est toujours aussi lumineux, avec un médium superbement corsé. On aura toutefois noté quelques discrets accrocs dans la ligne de chant : il faut dire que le soprano avait chanté Médée la veille et qu&rsquo;elle revenait le jour même d&rsquo;Allemagne, ce qui a du induire une fatigue légitime. L&rsquo;artiste est toujours aussi attachante et sait transmettre son art à son public avec naturel et simplicité.</p>
<p>Son « Casta diva » est toujours chanté avec la même délicatesse et la technique est bien en place avec notamment le respect des trilles. Les mélodies françaises marquent un progrès dans l&rsquo;articulation et les textes sont généralement très intelligibles. « Le Soir », de Charles Gounod, nous a paru particulièrement inspiré, ainsi que la délicieuse « Solitude » d&rsquo;Aymeric Gracia, extraite du cycle complet donné à Bagneux. Au chapitre des découvertes, on notera <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.youtube.com/watch?v=Tq7Jd-xu6Uc">« Je ne t&rsquo;aime pas »</a>, chanson de Kurt Weill écrite pour Lis Gauty au début des années 30, qui donne l&rsquo;occasion au soprano d&rsquo;offrir tout un éventail d&rsquo;émotions, et de puiser sur divers registres musicaux, voire même d&rsquo;utiliser avec dramatisme la voix parlée. Autre découverte : une étonnante mélodie de Cécile Chaminade, sur un poème de Rosemonde Gérard, « Ma première lettre », où le désabusement se substitue de manière atypique à la traditionnelle nostalgie. « Over the rainbow », affecté d&rsquo;un embarrassant trou de mémoire, nous a semblé superflu dans le programme (il en serait différemment pour un bis), s&rsquo;agissant d&rsquo;un morceau à ce point identifié à sa créatrice, Judy Garland, dont ce fut la signature tout au long de sa carrière. L&rsquo;anglais reste de plus perfectible comme le démontre son « I Could Have Danced All Night », extrait de <em>My Fair Lady</em>, interprétation sympathique au demeurant. Entre ces deux airs, l&rsquo;extrait débridé de La Grande-Duchesse de Gérolstein, « Ah ! Que j&rsquo;aime les militaires ! », contraste par un médium opulent. Le récital se termine avec quelques morceaux particulièrement enthousiasmants qui mettent justement en valeur le médium profond et sombre du soprano. Le « Vissi d&rsquo;arte » de <em>Tosca</em> est toujours impeccable de musicalité et dramatiquement juste, sans histrionisme. Nouveauté au programme, « Pleurez mes yeux », extrait du <em>Cid</em>, nous donne envie d&rsquo;entendre la chanteuse dans le rôle entier. Le « Youkali » est à nouveau parfait vocalement et dramatiquement émouvant. Le succès de la soirée doit beaucoup aux talents d&rsquo;<strong>Aymeric Gracia</strong>, partenaire davantage que simple accompagnateur, en symbiose totale avec sa récitaliste. Un arrangement de <em>Rêve de valse</em> nous aura également permis d&rsquo;apprécier sa virtuosité et sa musicalité.</p>
<p>A ce stade, la <em>vocalità</em> de Claire de Monteil interroge. On a vu le soprano tout à fait à l&rsquo;aise dans des rôles de <em>lirico</em> demandant de la virtuosité (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-il-trovatore-lucques/">voir sa Leonora du <em>Trovatore</em> à Lucques</a> par exemple) mais c&rsquo;est peut-être dans des emplois plus dramatiques que le côté sombre de sa voix offre le plus de séduction, sachant toutefois qu&rsquo;il ne faut pas se frotter trop précocement à des rôles trop lourds. Pour confirmer son répertoire idéal, il faudra attendre que le soprano s&rsquo;essaie d&rsquo;abord dans différentes directions, au récital du moins : réussir la cabalette du « Casta diva », c&rsquo;est une fenêtre vers les reines de Donizetti ; défendre les airs d&rsquo;Éboli ou d&rsquo;Élisabeth de <em>Don Carlo</em>(s), c&rsquo;est plutôt le répertoire de Falcon qui s&rsquo;ouvre. Certes, les plus grandes y sont parvenu (de Callas à Caballé) mais nous n&rsquo;en sommes pas encore là : c<em>hi va piano, va sano e va lontano</em>. Enfin, à un moment où on peut s&rsquo;interroger sur l&rsquo;avenir des récitals, on notera que celui-ci aura eu lieu devant une salle quasiment pleine, malgré une publicité minimale et un lieu peu connu, recevant un accueil chaleureux du public.</p>
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		<title>WEILL, Les Sept Péchés capitaux &#8211; Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/weill-les-sept-peches-capitaux-rennes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Nov 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;actualité est dense en cette fin d&#8217;année pour la compagnie l&#8217;Aurore Boréale. A Paris, après Denis Lavant dans Cap au pire, on peut applaudir Sandrine Bonnaire dans l&#8217;Amante anglaise tandis que l&#8217;opéra de Rennes reprend les Sept Péchés capitaux crées en 2021 au théâtre de l&#8217;Athénée et avant le théâtre de Caen l&#8217;année suivante. Le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;actualité est dense en cette fin d&rsquo;année pour la compagnie <strong>l&rsquo;Aurore Boréale</strong>. A Paris, après Denis Lavant dans C<em>ap au pire</em>, on peut applaudir Sandrine Bonnaire dans <em>l&rsquo;Amante anglaise</em> tandis que l&rsquo;opéra de Rennes reprend l<em>es Sept Péchés capitaux</em> crées en 2021 au théâtre de l&rsquo;Athénée et avant le théâtre de Caen l&rsquo;année suivante.</p>
<p>Le chef <strong>Benjamin Levy</strong> accompagne chaque reprise du spectacle, il obtient le meilleur de l&rsquo;<strong>orchestre National de Bretagne</strong> tout en nuances et en délicatesse, dans une formation quasi chambriste qui met en valeur les individualités. Oscillant entre âpreté et sensualité, le travail des couleurs réjouit l&rsquo;oreille.</p>
<p>Le directeur de la compagnie,<strong> Jacques Osinski</strong>, en est également le metteur en scène. Il propose ici une lecture toute en sobriété de la charge de Brecht et Weill contre la société de leur époque. La proposition est actualisée par les costumes de <strong>Hélène Kritikos</strong> et les vidéos de <strong>Yann Chapotel</strong>. Ce dernier signe également la scénographie : un échafaudage soutient l&rsquo;écran servant au surtitrage. Y défilent les évocations des villes explorées par Anna au cours des sept années de son périple en quête d&rsquo;une fortune qu&rsquo;elle doit amasser pour sa famille restée au pays afin de construire un nouveau foyer. Ces sept stations sont autant d&rsquo;occasions d&rsquo;explorer un nouveau péché. Les images sont volontairement assez peu séduisantes, voire franchement laides – comme celles illustrant la gourmandise.<br />L&rsquo;histoire est celle d&rsquo;une déréliction, violence d&rsquo;une famille instrumentalisant l&rsquo;un de ses membres, violence de la société pervertissant l&rsquo;innocence. Thème connu, rebattu à plaisir sur les plateaux lyriques.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/6A7A0300-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-177816"/></figure>


<p>En fond de scène, <strong>Guillaume Andrieux, Florent Baffi, Manuel Nùñez Camelino</strong> et <strong>Camille Tresmontant </strong>composent cette lignée malsaine réfugiée derrière sa bien-pensance. Le quatuor masculin – remarquablement équilibré, très articulé – fait merveille, en particulier dans les passages parodiant le répertoire sacré, alors même que l&rsquo;argent est le vrai dieu auquel chacun sacrifie.</p>
<p>Fidèle au livret de Brecht, le personnage d&rsquo;Anna est un Janus aux deux visages. La danse et le chant donnent à voir ce dédoublement qui évoque puissamment celui du phénomène de dissociation expérimenté par les victimes d&rsquo;agressions ou de traumas. Le corps instrumentalisé est celui <strong>Noémie Ettlin</strong>, danseuse pleine de grâce et de sensibilité.<br />On ne sait trop si la chanteuse, pour sa part, incarne l’obéissance à la famille, le surmoi, la raison ou l&rsquo;âme du personnage. <strong>Natalie</strong> <strong>Pérez</strong> lui prête en tout cas une sincérité, une simplicité assez bouleversantes. Les medium et les graves, très sollicités, sont libres, jamais forcés; les aigus faciles; les registres sont bien unifiés, le phrasé d&rsquo;une grande expressivité. Les célèbres chansons ajoutées au texte original – comme « Je ne t’aime pas », refusant les effets faciles – sonnent magnifiquement d&rsquo;intensité retenue. Avec « Youkali » explose la sensualité du timbre dans un pas de deux prenant. Ce dernier ramène Anna jusqu&rsquo;à sa Louisiane natale, dans ce foyer fantasmé pour lequel tout a été sacrifié, qui n&rsquo;est pourtant qu&rsquo;une masure décatie et abandonnée, à l&rsquo;image de l&rsquo;âme de l&rsquo;héroïne ravagée par les compromissions. L&rsquo;amertume du propos est patente, la pondération des choix artistiques, leur pertinence lui donnent une force singulière.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/weill-les-sept-peches-capitaux-rennes/">WEILL, Les Sept Péchés capitaux &#8211; Rennes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Récital Marie-Laure Garnier et Célia Oneto Bensaid &#8211; Dinard</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-marie-laure-garnier-et-celia-oneto-bensaid-dinard/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Nov 2024 04:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Marie-Laure Garnier, Révélation lyrique des Victoires de la Musique 2021, travaille depuis plus de dix ans, avec la pianiste Célia Oneto Bensaid. Leur duo est à l&#8217;honneur pour la soirée d&#8217;ouverture de la 35e édition du Festival International de Musique de Dinard. C&#8217;est la première proposition du nouveau directeur artistique Yann Ollivier après le départ &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Marie-Laure Garnier</strong>, Révélation lyrique des Victoires de la Musique 2021, travaille depuis plus de dix ans, avec la pianiste <strong>Célia Oneto</strong> <strong>Bensaid</strong>. Leur duo est à l&rsquo;honneur pour la soirée d&rsquo;ouverture de la 35e édition du Festival International de Musique de Dinard. C&rsquo;est la première proposition du nouveau directeur artistique Yann Ollivier après le départ de la pianiste Claire-Marie le Guay.</p>
<p>Les deux artistes ont abordé les negro spirituals dès leurs études au CNSM sous l&rsquo;impulsion de Jeff Cohen. Ce répertoire a d&rsquo;ailleurs fait l&rsquo;objet de leur premier enregistrement : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/entretien-avec-marie-laure-garnier-et-celia-oneto-bensaid-notre-duo-sapparente-a-un-travail-de/"><em>Songs of Hope</em></a>. Ce soir, il structure superbement le récital avec une chaleur et une limpidité réjouissantes&nbsp;:</p>
<p>Adrénaline de l&rsquo;entrée en scène, peut-être, « Walk together Children » ouvre la soirée avec un tempo précipité qui oblige à expédier les finales de manière un peu cavalière. « Ride on, King Jesus ! » à l&rsquo;ambitus plus haut révèle bien mieux le timbre ambré, magnifiquement brillant dans les aigus de la soprano tandis que « My Good Lord’s done been here » se colore de nuances mates et de riches harmoniques graves dans les passages poitrinés. En trois morceaux, le duo expose une complicité musicale sans faille.</p>
<p>Un bref pas de côté nous emmène chez Kurt Weil – dans sa période parisienne, avant son expatriation aux Etats-Unis – avec « Je ne t’aime pas » beau mais un peu extérieur, suivi d&rsquo;un somptueux « Youkali », intense aux médiums très naturels. On retrouvera plus tard ce même contraste avec les deux extraits de <em>Porgy and Bess</em> de George Gershwin où le célèbre « Summertime » alterne de manière assez brutale voix de tête et de poitrine, alors que l&rsquo;air de Serena, « My man’s gone now » s&rsquo;élève en un poignant cri de révolte.</p>
<p>Une nouvelle incursion en terre gospel permet de se régaler de «&nbsp;Nobody knows the trouble I’ve seen&nbsp;» et surtout «&nbsp;He’s got the whole World in His Hands&nbsp;» où la voix ample de la soprano se moire de nuances satinées et d&rsquo;aigus glorieux.<br>Recueilli, douloureux, pour évoquer la crucifixion, « He never said a mumbalin’ word » nous est offert avec un art consommé de la narration qui renonce à toute séduction facile et touche d&rsquo;autant plus juste.</p>
<p>La pianiste propose ensuite l&rsquo;axe autour duquel s&rsquo;articule le concert avec un remarquable moment musical dévolu aux <em>Danses</em> <em>Symphoniques</em> <em>de West Side Story</em> de Leonard Bernstein. Son jeu sensible, très rythmique, son phrasé nuancé, la netteté de son toucher, évidents ici, sont patents tout au long de la soirée, par exemple dans les deux airs de George Gershwin « The man I love » et « I got rythm » où éclate à nouveau la connivence artistique entre les deux musiciennes.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/29_oct_20h30-La_Nuit_americaine-17©Jean_Enders-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-175700"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Jean Enders</sup></figcaption></figure>


<p>Les trois extraits de comédie musicale dues à William Bolcom confirme ce trait avec un épatant art du dire et des pianissimi prenants.</p>
<p>Le concert, doté d&rsquo;une structure en chiasme, s&rsquo;achève avec deux derniers negro spirituals, « De gospel train » et surtout « Wade in the water » avant une découverte en bis : celui de la « Toccata » extraite de <em>Cantata</em> de John Carter à partir d&rsquo;un gospel, superbement interprété par Célia Oneto Bensaid, qui confirme son talent le lendemain avec une formidable heure musicale en soliste.<br>L&rsquo;accordéoniste Théo Ould – en prémisse de son concert –&nbsp;rejoint le duo pour un vibrant <em>Hymne à l&rsquo;amour</em> de Piaf qui clôture cette soirée aussi brillante que généreuse.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-marie-laure-garnier-et-celia-oneto-bensaid-dinard/">Récital Marie-Laure Garnier et Célia Oneto Bensaid &#8211; Dinard</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>WEILL, Street Scene &#8211; Bobigny</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/weill-street-scene-bobigny/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Apr 2024 04:24:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=160696</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’Académie de l’Opéra de Paris présente des extraits de Street Scene à Bobigny, une décennie après avoir monté une version pour deux pianos du même ouvrage à l’Amphithéâtre Bastille. Cyrille Dubois interprétait alors Sam Kaplan. L’opéra américain de Kurt Weil formerait-il la jeunesse ? C’est selon. La partition, écrite à l’intention de chanteurs expérimentés, touche &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Académie de l’Opéra de Paris présente des extraits de <em>Street Scene</em> à Bobigny, une décennie après avoir monté une version pour deux pianos <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/street-scene-enfin-a-paris/">du même ouvrage à l’Amphithéâtre Bastille</a>. Cyrille Dubois interprétait alors Sam Kaplan. L’opéra américain de Kurt Weil formerait-il la jeunesse ?</p>
<p>C’est selon. La partition, écrite à l’intention de chanteurs expérimentés, touche aux limites de certains des artistes en résidence. La parodie de bel canto qu’est l’Ice-Cream Sextet voudrait plus d’agilité dans les vocalises, d’aisance dans l’aigu, et l’écriture des airs autoriserait souvent plus d’ampleur. La crédibilité scénique des personnages adultes souffre de leur jeunesse. En l’absence de maquillage et de costumes spécifiques, parents et enfants s&rsquo;avèrent difficiles à différencier parmi la vingtaine de rôles que compte la pièce.</p>
<p>Pourtant, l’approche de <strong>Ted Huffman</strong> finit par balayer les réserves. L’espace scénique est aménagé autour de la fosse d’orchestre, de part et d’autre des gradins. Cette disposition s’accompagne d’un travail sur la lumière et sur le mouvement qui fait le spectacle immersif. La volonté de caractérisation aide à repérer les éléments clés d’une intrigue d’abord confuse. Le jeu des entrées et des sorties oblige l’œil à un travelling permanent qui maintient l’attention en éveil et projette le spectateur au cœur du drame. La salle tressaille lorsque les coups de feu libèrent la tension accumulée au fil des scènes.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/24006-Vincent_Lappartient__Studio_j_adore_ce_que_vous_faites-Street-Scenes-23-24-Vincent-Lappartient-Studio-J-adore-ce-que-vous-faites-OnP-12-1600px-1294x600.jpg" />
Vincent Lappartient © Studio j'adore ce que vous faites</pre>
<p>Puis il y a au centre du dispositif le moteur dramatique qu’est l’orchestre. Connue pour ses affinités avec la comédie musicale et son engagement en faveur de la création, <strong>Yshani Perinpanayagam</strong> dirige à vive allure une partition dont elle souligne les multiples influences sans les dissocier. Le récit alterne dialogue et musique avec naturel. La sonorisation discrète des chanteurs évite les problèmes d’équilibre inhérents à leurs déplacements et leur position vis-à-vis du public. La construction complexe des numéros n’est jamais prise en défaut. Cette précision horlogère est le fruit d’un travail d’équipe. Les ensembles en forment la partie la plus audible. Comment ne pas frissonner lors de la lamentation chorale qui accompagne le transport du corps de Mrs Maurrant.</p>
<p>Trac de première aidant, les jeunes artistes de l’Académie devraient gagner en confiance au fil des représentations. Déjà, les voix s’affermissent après l’entracte. Le soprano d’abord fluet de <strong>Teona Todua</strong> (Rose) s’étoffe. Sans se départir du <em>vibratello</em> qui distend sa ligne de chant, <strong>Kevin Punnackal</strong> (Sam) est un amoureux transi d’une sincérité émouvante et <strong>Ihor Mostovoi</strong> (Franck Maurrant) trouve dans le trio du 2e acte puis dans son aveu final la dimension tragique qui échappait à « It’s time we got back », son premier air. Se détache <strong>Margarita Polonskaya</strong> (Anna Maurrant), soprano au medium charnu, aux notes liées et égales, destinée aux plus grands rôles du répertoire si elle sait conserver la probité et l’intensité avec lesquelles elle conduit chacune de ses interventions, dont un « Somehow I never could believe » empli de promesses pucciniennes.</p>
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