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	<title>Agrippina - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<title>Agrippina - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>HANDEL, Agrippina &#8211; Rouen</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Jun 2026 06:23:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le naufrage collectif des programmations des opéras de région, certaines maisons parviennent encore à garder la tête hors de l’eau et à arborer fièrement leurs couleurs : c’est le cas de l’Opéra de Rouen, qui joue ce soir Agrippina de Haendel, absente des scènes françaises depuis Lille en 2011, tandis que beaucoup conservent en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le naufrage collectif des programmations des opéras de région, certaines maisons parviennent encore à garder la tête hors de l’eau et à arborer fièrement leurs couleurs : c’est le cas de l’Opéra de Rouen, qui joue ce soir <em>Agrippina</em> de Haendel, absente des scènes françaises depuis Lille en 2011, tandis que beaucoup conservent en mémoire la mythique production de McVicar au Théâtre des Champs-Élysées. Pour limiter les risques, la maison a fait appel à une mise en scène éprouvée, celle de Robert Carsen, créée en 2016 à Vienne. Or, si le livret grinçant de Vincenzo Grimani brille par sa verve et que la musique se révèle d’une suggestivité constante, la lecture qu’en propose le metteur en scène canadien nous laisse sur notre faim. Certes, on retrouve une direction d’acteurs efficace et souvent drôle (les strip-teases de Pallante et Narciso), des clins d’œil appuyés mais lisibles (Claudio tour à tour Berlusconi et Mussolini), ainsi qu’un décor monumental (le Palais de la Civilisation italienne, emblème de l’architecture fasciste romaine) qui accueille les marottes de Carsen (Poppea apparaît en nuisette sur son lit, Nerone surgit de la piscine en maillot au deuxième acte, exhibant la plastique avantageuse de son interprète). Toutefois, l’ensemble manque de mordant et de véritable esprit parodique : le rire sardonique de Néron dans le <em>lieto fine</em>, alors même qu’il vient d’ordonner un massacre, paraît plaqué et étranger au reste du spectacle. De même, le recours au rideau amenant le chanteur au proscenium tourne rapidement au procédé répétitif au fil des quatre heures de représentation. Quelques airs ont été coupés (« Per punir », avec son clavecin concertant, ou « Ho un non so che nel core »), mais la partition conserve l’essentiel de ses récitatifs, au bénéfice de la vivacité théâtrale des interprètes.</p>
<p>Dans les seconds rôles, le luxe est au rendez-vous <strong>: Nicolas Brooymans</strong> impose un Lesbo mémorable malgré l’absence d’air ; <strong>Paul Figuier</strong> campe un Narciso presque trop séduisant vocalement pour un personnage aussi pitoyable ; et <strong>Michael Mofidian</strong> offre un Pallante plus solide que le Claudio de <strong>Matthew Brook</strong>, resté en retrait. Si l’engagement de ce dernier est indéniable, l’autorité vocale fait défaut : les graves se dérobent, et des tempi très étirés mettent en lumière une émission relâchée qui dissipe la tension dramatique.</p>
<p>En Ottone, <strong>Paul-Antoine Bénos-Djian</strong> séduit toujours par une projection moelleuse, un timbre sombre et une réelle générosité expressive, mais son approche reste inégale dans l’ornementation. Si le <em>da capo</em> de « Coronato il crin d’alloro » laisse espérer un sursaut, celui de « Voi che udite » trahit un manque d’invention, les vocalises ascendantes sur « dolor » étant esquivées et les variations quasi absentes.</p>
<p>À l’inverse, en Nerone, <strong>Jake Arditti</strong> (seul survivant de la production viennoise) impressionne par la sûreté grandissante de ses moyens : aigus projetés avec assurance (on croirait entendre Fagioli à son sommet), vocalises parfaitement enchaînées dans le redoutable « Come nube », et investissement scénique total, entre cascades et exhibitions athlétiques. Si les stridences récurrentes peuvent diviser, elles s’intègrent finalement à la caractérisation du rôle, tandis que l’absence de graves n’est pas gênante pour ce rôle.</p>
<p>La Poppea d’<strong>Eleonora Bellocci </strong>déçoit d’abord : les gazouillis de « Vaghe perle » s’accommodent mal d’un timbre acide et d’un aigu sec. Heureusement le reste du rôle lui permettent de faire valoir quelle grande technicienne elle est, livrant des vocalises impeccables qui ne sacrifient jamais le théâtre. On déguste ses effets dans « Se giunge un dispetto » et tous ses autres airs où la rouerie le dispute à la virtuosité.</p>
<p>On aurait souhaité que la représentation soit dominée par l’Agrippina d’<strong>Anna Bonitatibus</strong>. On n’entend hélas qu’un aperçu de ce qu’elle pourrait faire. Oui, les vocalises de l’« Alma mia fra le tempeste » sont émises en sourdine, oui, son jeu scénique est quelque fois gêné, mais la liquidité et l’exactitude de ses coloratures restent un délice, et l’actrice ne se contente pas d’incarner une caricature de virago assoiffée de pouvoir. Son « Pensieri, voi mi tormentate » frappe notamment par sa fragilité : ce n’est pas l’intrigante qui se bat contre un mal de crane bien mérité, c’est une mère angoissée, vacillante, au bord du renoncement. Il faut vraiment être une icône du chant baroque (bientôt 40 ans de carrière !) pour réussir à chanter ainsi un soir de méforme et encore à nous surprendre.</p>
<p>Enfin une très bonne surprise : l’<strong>Orchestre de l’Opéra Normandie Rouen</strong>. Habitué à entendre des ensembles spécialisés sur instruments anciens dans une telle œuvre, avouons avoir un peu craint ce dont l’orchestre local serait capable, surtout au regard de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-serse-rouen/">leur dernière incursion chez Haendel</a>. On avait bien tort : de l’ouverture jusqu’au dernier ensemble quel entrain, quelles dynamiques, quelle discipline pour des musiciens qui fréquentent rarement ce répertoire. Au prix d’un travail patient, <strong>David Bates</strong>, réussit à faire sonner « baroque » une formation plus habituée à jouer Verdi et Wagner. On peut certes reprocher aux cordes des attaques qui gagneraient à plus de netteté, aux vents et cuivres une virtuosité parfois incertaine et un son globalement trop volumineux, mais ils ne couvrent pas les chanteurs dont la voix est très bien renvoyée par le décor. On n’aura même jamais autant entendu l’ironie grinçante des sautillements des cordes dans « Ogni vento ».</p>
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		<title>HAENDEL, Agrippina — Beaune</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-agrippina-beaune/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 31 Jul 2025 04:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On connaît et admire avant tout Stéphane Fuget et son ensemble Les Épopées pour le travail unique qu&#8217;ils accomplissent dans le répertoire du seicento italien. Leur mémorable trilogie monteverdienne, donnée à Beaune sur trois années consécutives, en reste un jalon marquant, tout comme la bouleversante Morte d&#8217;Orfeo de Landi, récemment entendue à Versailles. Depuis quelque &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On connaît et admire avant tout <strong>Stéphane Fuget</strong> et son ensemble <strong>Les Épopées</strong> pour le travail unique qu&rsquo;ils accomplissent dans le répertoire du <em>seicento</em> italien. Leur mémorable trilogie monteverdienne, donnée à Beaune sur trois années consécutives, en reste un jalon marquant, tout comme la bouleversante <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/landi-la-morte-dorfeo-versailles/"><em data-start="500" data-end="515">Morte d&rsquo;Orfeo</em> de Landi</a>, récemment entendue à Versailles. Depuis quelque temps, leur répertoire s&rsquo;ouvre à la tragédie lyrique française et – après une <em>Alcina</em> inaugurale ici même à Beaune il y a un an – aux opéras de Haendel. <em>Agrippina</em> est justement une œuvre singulière dans le corpus haendelien, profondément marquée par l&rsquo;esthétique vénitienne et qui s’inscrit en cousine éloignée de l’<em>Incoronazione di Poppea</em>. En effet, le livret, signé de la main du prélat Vincenzo Grimani — qui a visiblement laissé sa dalmatique à la sacristie — met en scène un véritable nid de vipères, où les manigances se succèdent, s’accumulent jusqu’au vertige, dans des jeux d’enchevêtrement et de retournement typiquement baroques. L&rsquo;action, touffue, tresse intrigues amoureuses et intrigues politiques sans jamais perdre de vue un humour ravageur – on se cache tour à tour dans les placards et on ose dire : « mon châtiment est double : on me ravit le pouvoir et on me marie à une femme ».</p>
<p>De fait, l&rsquo;interprétation proposée par les instrumentistes des Épopées et leur chef peut déconcerter, car elle ne correspond pas vraiment à ce qu&rsquo;on a l&rsquo;habitude d&rsquo;entendre dans ce répertoire. Les timbres des instruments sont extrêmement caractérisés, résonnant dans leur crudité (comme ces hautbois francs, presque pétaradants) et les variations dynamiques et rythmiques sont parfois brutales. La rectitude de cette musique, même dans les récitatifs, moins proches de la langue parlée que le<em> recitar cantando</em> du XVIIe siècle, oblige tout de même à tenir une certaine rigueur dans l&rsquo;exécution. Portés par leur enthousiasme, les musiciens ne jouent parfois pas vraiment ensemble, les soucis d&rsquo;intonation sont récurrents et l&rsquo;ensemble manque d&rsquo;impact sonore. En somme, l&rsquo;orchestre peine à former une unité. Pourtant, que de choses palpitantes nous sont offertes dans cette interprétation ! Toujours attentif à la justesse des situations théâtrales, Stéphane Fuget révèle avec acuité tous les contrastes de la partition : des entailles nerveuses des cordes dans « Pensiero » aux traits rigolards du clavecin sous certaines interventions de Claude, on passe du tragique le plus poignant au comique le plus léger, créant là un tourbillon théâtral réjouissant.</p>
<p>Cette verve théâtrale habite également l&rsquo;ensemble des chanteurs de la distribution. À commencer par <strong>Arianna Vendittelli</strong>, qui incarne une Agrippine de grande classe, tantôt rouée, tantôt touchante, mais toujours souveraine. Sa voix au timbre fruité mord dans le texte avec une gourmandise évidente et l’interprète déploie une large variété d’inflexions vocales pour rendre compte au mieux des desseins de son personnage. Elle traverse tous ses climats affectifs avec l’aplomb d’une femme qui ne doute de rien, pliant le texte et la musique à sa volonté, en grande ordonnatrice de l’intrigue. À cette superbe maîtrise musicale et textuelle s’ajoute un charisme ravageur, presque cinématographique, qui donne à cette Agrippine les allures de star hollywoodienne – irrésistible, impitoyable, indéchiffrable. Sa grande rivale Poppée est incarnée par <strong>Ana Vieira Leite</strong>, qui semble se délecter d&rsquo;un rôle à sa mesure, et régale le public au passage. La voix manque peut-être un peu de sève ou de pulpe, avec un timbre parfois trop pâle pour pleinement séduire, mais la présence piquante, la vivacité du jeu, et surtout la musicalité souple et inventive de l’interprète compensent largement : elle donne au personnage une élégance vénéneuse et joueuse, parfaitement dessinée. Chaque pose, chaque mine semble étudiée pour portraiturer un personnage toujours sûr de ses charmes.</p>
<p><strong>Paul-Antoine Bénos-Djian</strong>, qui avait incarné un <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-lincoronazione-di-poppea-versailles/">Ottone monteverdien</a> inoubliable sous la direction de Fuget, retrouve ici le même personnage, mais dans sa version haendelienne, plus jeune, plus vulnérable, plus exaltée. Seul être véritablement intègre au cœur de cette jungle de duplicité, Ottone devient avec lui une figure d’une poésie grave et jamais ingénue. La voix, charnue et souple, portée par un souffle ample, épouse les élans comme les abîmes du personnage avec une pudeur lumineuse. Son « Voi che udite », exténué, au bord de la rupture, la voix suspendue au-dessus d’un orchestre susurrant, apparaît comme un des sommets d’émotion de la représentation. En jeune Néron, <strong>Juliette Mey</strong> impressionne tout autant. Elle choisit d’incarner ce personnage, précédé par sa réputation sulfureuse, non pas comme un tyran en devenir ou un chien fou, mais comme un adolescent encore épargné par la corruption, tranquille, presque pudique. Sa voix lumineuse, son phrasé élégant, sa diction ciselée donnent au personnage une noblesse farouche, celle d’un être qui cherche encore sa place dans le monde corrompu des adultes. Les vocalises de « Come nube », où l’on devine cette fois les fureurs latentes du Néron à venir, sont exécutées avec un panache qui laisse poindre une tension incendiaire.</p>
<p>Claude prend ce soir l&rsquo;apparence de <strong>Luigi De Donato</strong>, comme lors de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/anniversaire-imperial/">la précédente <em>Agrippina</em></a> donnée au festival de Beaune, en 2012. Avec un collier clinquant autour du cou, il campe un portrait savoureux de l&#8217;empereur, d&rsquo;une drôlerie constante. On sent qu&rsquo;il connaît le personnage sur le bout des doigts et il sait le rendre terriblement attachant. Il se joue également de la tessiture du rôle avec une malice à peine déguisée, plongeant vers des graves abyssaux, presque<em> too much</em>, et il assure avec crânerie les difficultés de la partition. Dans l’air « Io di Roma il Giove sono », sa voix impressionne par sa vélocité, et il réussit à incarner à la fois le potentat vaniteux et l’homme mûr gagné par une sourde amertume en voyant le monde lui échapper. Les deux prétendants d&rsquo;Agrippine sont incarnés par <strong>Paul Figuier</strong> et <strong>Riccardo Novaro</strong>, qui se complètent idéalement. Le premier propose un Narcisse enflammé, sûr de lui, servi par un timbre homogène d&rsquo;une grande beauté et un relief vocal saisissant ; le second est un Pallante mordant, à la voix de basse chaude et ample. Enfin, <strong>Vlad Crosman</strong> assume avec une réjouissante impudence le rôle du serviteur complice Lesbo. Le personnage n&rsquo;a pas d&rsquo;aria et n&rsquo;intervient que dans les récitatifs et les ensembles, mais le chanteur distille ses quelques répliques avec un sens du tempo comique très sûr, contribuant à l&rsquo;esprit d’ensemble de cette représentation, où le théâtre prime toujours sur la simple démonstration vocale. Cette véritable soirée de théâtre musical couronne d&rsquo;ailleurs une édition du festival de Beaune – la première sous la direction du nouveau directeur artistique, Maximilien Hondermarck – marqué par des propositions radicales, comme l&rsquo;a été cette <em>Agrippina</em>, savoureuse et détonnante.</p>
<pre>Crédit photographique : Ars.essentia</pre>
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		<title>HAENDEL, Agrippina &#8211; Zürich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-agrippina-zurich/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Mar 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le cours du Nasdaq s’effondre, à l’image du patriarche qui a fait un malaise au beau milieu d’un dîner chic (smoking pour les trois hommes et robe du soir pour Agrippina) et qu’on a vu (vidéo sur le rideau encore baissé) sous respirateur dans un service de soins intensifs. Veillé par une jeune infirmière dévouée &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le cours du Nasdaq s’effondre, à l’image du patriarche qui a fait un malaise au beau milieu d’un dîner chic (smoking pour les trois hommes et robe du soir pour Agrippina) et qu’on a vu (vidéo sur le rideau encore baissé) sous respirateur dans un service de soins intensifs. Veillé par une jeune infirmière dévouée (Poppea) qui va s’incruster dans la famille (dysfonctionnelle).</p>
<p>L’<em>Agrippina</em> de Zurich, mise en scène par la Néerlandaise <strong>Jetske Mijnssen</strong>, se réincarne en comédie grinçante, multipliant les clins d’œil vers Netflix avant de bifurquer vers le vaudeville avec amants dans les placards (de cuisine). On joue – comme le font Haendel et Grimani –&nbsp;avec les conventions, on subvertit par l’ironie ou la dérision les formes traditionnelles et l’inoxydable aria <em>da capo</em>. Comme eux on biaise, on détourne (90% des airs étaient de récupération) jusqu’au moment où, sans qu&rsquo;on s’y attende, ces fantoches, ces machiavels (<em>machiavelles</em> plutôt) de série télévisée seront traversé(e)s d’émotions vraies, et on changera alors complètement de registre.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/agrippina_ohp_140_c_monika_rittershaus-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-184066"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Anna Bonitatibus et Christophe Dumaux © Monika Rittershaus</sup></figcaption></figure>


<h4><strong>Le jeu avec les poncifs</strong></h4>
<p>Les références à la Rome antique (poncif XVIIe siècle) sont remplacées par des références au capitalisme familial, celui des Arnaud ou des Bolloré (poncif XXIe). Au naufrage en pleine mer de l’empereur Claude on substitue le naufrage financier qui menace la Firme. Dans le scénario originel, Claude est sauvé de la noyade par le gentil Othon, qu’il veut dès lors désigner comme son successeur. Ici, il est sauvé grâce aux bons soins hospitaliers du même, qui le ramènera dans son salon en chaise roulante, accompagné par Poppée et sa mallette de médicaments.</p>
<p>En guise de palais romain <em>ad libitum</em>, un vaste salon lambrissé (cliché décoratif), une antichambre à jardin, une autre à cour, meublées en faux Louis XVI, séparées de l’espace central par deux doubles portes que tous s’obstinent à laisser béantes et qu’Agrippina va à chaque fois refermer pour que ses intrigues, ses apartés, ses mensonges ne transpirent pas. Ça n’empêche pas d’écouter ce qui se passe dans la pièce à-côté, ce que font beaucoup Pallas et Narcisse, deux affranchis, ici deux attachés de direction fantoches qu’Agrippina n’a aucun mal à manipuler : l’un, Pallas, baryton bouffe (<strong>José Coca Loza</strong>), est persuadé de la tenir par son sex-appeal (déshabillage de comédie de boulevard avec bretelles et chaussettes), l’autre, Narcisse, contre-ténor (<strong>Alois Mühlbacher</strong>), est éperdu de désir pour les appas de la dame, qui le caresse dans les endroits sensibles et le réduit à quia.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="680" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/agrippina_ohp_149_c_monika_rittershaus-1024x680.jpeg" alt="" class="wp-image-184067"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Le retour de Claudio (Nahuel Di Pierro) © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Fond vert</strong></h4>
<p>Agrippine s’agite, complote, veut faire de Néron, son grand dadais de fils qu’elle a eu d’un premier mariage, vieillissant gamin barbu, à baskets et casquette à l’envers, s’isolant sous ses écouteurs (sans doute pour ne pas entendre sa mère) le successeur de Claude à la tête de la Firme. Elle est prête à toutes les vilenies pour évincer Othon, le seul gentil dans cette histoire (rôle somme toute ingrat où <strong>Jakub Józef Orliński</strong> est d’une sincérité touchante).</p>
<p>Dans une telle mise en scène, tout repose sur l’abattage des comédiens, d’autant que l’essentiel se passe en récitatifs, les airs sont nombreux (plus d’une trentaine), mais pour la plupart assez courts. <strong>Anna Bonitatibus</strong> joue avec esprit son rôle de matrone comploteuse hyper-active. Passant du tailleur-pantalon d’<em>executive woman</em> à la défroque de la veuve en grand deuil chantant son chagrin devant un fond vert de télévision et des caméras vidéo (idée astucieuse). Le même matériel aura servi à Néron quelques instants auparavant pour faire son discours aux pauvres, auxquels il jette des dollars (qu’il récupèrera).</p>
<h4><strong>Piques légères</strong></h4>
<p>Comme on le voit, le capitalisme ne subit que des piques légères qui ne lui feront pas grand mal. L’opéra de Haendel, son premier gros succès à Venise pendant le Carnaval 1709, n’avait pour dessein que d’amuser. Son librettiste, le cardinal Grimani, en se servant de l’Empire romain, plantait quelques banderilles sur le dos du Vatican, ce qui plut beaucoup aux Vénitiens, très anti-Rome, mais au demeurant le pouvoir des papes ne s’en porta pas plus mal.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/agrippina_ohp_155_c_monika_rittershaus-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-184069"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Lea Desandre et Jakub Józef Orliński © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Détournements caustiques</strong></h4>
<p>À propos de piques, la cavatine de Néron « Qual piacere a un cor pietoso » est un joli exemple de détournement ironique : cette cavatine recycle un air d’une cantate « Un sospir a cui si muore » qui ne parlait que de soupirs amoureux. Ici il s’agit des plaintes de ceux qui meurent de faim. Haendel s’offre un assez caustique <em>private joke</em>, mais le public n’y vit bien sûr que du feu.</p>
<p>Précédée d’un introduction pathétique, cette déploration qui dans un autre contexte tirerait des larmes fait ici sourire. On y admire la suavité du cantabile de <strong>Christophe Dumaux</strong> qui dessine un Nerone brillant, la voix éclatante de projection dès son air d’entrée, « Con saggio tuo consiglio », une sicilienne ondoyante, où Harry Bicket, qui le connaît bien, le suit en souplesse dans ses alanguissements et ses subtils <em>mezza voce</em>. La beauté du timbre, la sensualité des phrasés, des pianissimos quasi maniéristes, comme l’est son r<em>ubato</em>, sur un tempo très lent (et à nouveau Harry Bicket étirera les phrases en parfaite complicité), feront de son air rêveur du deuxième acte « Quando invita la donna l’amante » un moment suspendu de bel canto haendelien, avant que son air du troisième acte « Come nubbe » (d’ailleurs très raccourci) pétaradant de virtuosité ne vienne parachever sa démonstration.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/agrippina_ohp_169_c_monika_rittershaus-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-184072"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Lea Desandre et Anna Bonitatibus © Monika Rittershaus</sup></figcaption></figure>


<h4><strong>Anna Bonitatibus en majesté</strong></h4>
<p>En mai 2009, ici-même, cet air fut un des triomphes d’Anna Bonitatibus qui chantait Nerone dans la production zurichoise précédente d’<em>Agrippina</em> (sous la direction de Marc Minkowski, avec Vesselina Kasarova dans le rôle-titre).<br>On a dit l’humour de sa composition d’Agrippina, maîtresse-femme, mère abusive, froide manipulatrice. Elle est une parfaite méchante, version féminine du Frank Underwood de <em>House of cards</em>. À cette réjouissante incarnation, elle ajoute une éblouissante performance vocale.</p>
<p>Dès sa première aria, aria <em>di tempesta</em> s’il en est, «&nbsp;L’aria mia fra le tempeste&nbsp;», elle emporte le morceau, rivalisant avec le hautbois solo acrobate de Philipp Mahrenholz, puis avec des trompettes fringantes. Ornements virtuoses, fougue dévastatrice, elle enchaîne avec gourmandise les coloratures, traversant toute sa tessiture à grandes enjambées vocales. L’air, soit dit en passant, recycle le chœur final triomphant de la <em>Rezurrezione</em>… d’où proviendra aussi son air maléfique « Ho un non so che nel cor », sur un tempo jubilant (elle viendra d’ourdir son complot en affirmant à Poppea que Ottone l’a trahie et l’a cédée au vieux Claudio en échange du trône, –&nbsp;et toute la suite découlera de ce mensonge).</p>
<p>Mais dans d’autres airs, tel « Tu ben degno », en dialogue avec les violoncelles, un air caressant et totalement hypocrite adressé à Othon, c’est la chaleur du timbre, la souplesse des phrasés, la beauté du registre grave, qui sont mises en valeur, un dramatisme suggéré uniquement par les couleurs de la voix. De même dans « Non ho cor che per amarti », ponctué de trilles d’une légèreté insaisissable.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/agrippina_ohp_166_c_monika_rittershaus-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-184071"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Anna Bonitatibus © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>L’aria sublime</strong></h4>
<p>Mais l’air qu’on attend, le moment phare de cet opéra, c’est bien sûr l’aria «&nbsp;Pensieri, voi mi tormentate&nbsp;», dont le pathétique stupéfie, premier essai dans ce registre d’un Haendel de vingt-quatre ans. <br>Les puissantes scansions orchestrales, quasi beethoveniennes, qui l’introduisent puis la ponctuent, sont l’occasion de dire à quel point le son de<strong> La Scintilla</strong>, dirigée par Harry Bicket, est magnifique de plénitude tout au long de cette production. La richesse des assises graves (cinq violoncelles et deux contrebasses), le brio des vents (flûte à bec et hautbois notamment, très souvent sollicités par Haendel), le mordant des trompettes, mais surtout la subtile balance entre l’articulation nerveuse et un rubato très libre rivalisent avec la mise en scène pour rendre cette partition étonnamment dynamique et vivante.</p>
<p>Que dire de cette cantilène, de cette longue arabesque vocale, d’une tristesse térébrante, où Anna Bonitatibus est au-delà du beau chant, de la fureur des deux parties allegro, de l’interminable silence qu’elle ose au centre de l’aria, plongeant l’auditeur dans l’angoisse avant le retour de la plainte douloureuse, partant de l’extrême grave pour monter jusqu’au plus aigu (avec le hautbois), bifurquant vers un récitatif introverti avant de s’enflammer à nouveau et de mourir sur les accords implacables de l’orchestre à nouveau. Sublime moment.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/agrippina_ohp_209_c_monika_rittershaus-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-184082"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Nahuel Di Pierro et Lea Desandre © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Burlesque assumé</strong></h4>
<p>La direction d’acteurs de Jetske Mijnssen, très serrée, joue à plein la veine <em>buffa</em>, certains airs sont raccourcis et les récitatifs aussi. Les gags fonctionnent, notamment celui des bouteilles avec lesquels sortent chacun des protagonistes bernés, réduits à aller boire seuls dans leur chambre pour oublier leurs déboires amoureux.</p>
<p>C’est dans cette cuisine que Poppea, informée des intrigues d’Agrippina, piègera tous ses prétendants avec la complicité de son amoureux Ottone dont elle ne doute plus de la sincérité. Scènes burlesques dont Jakub Józef Orliński, tour à tour coincé dans l’armoire aux casseroles ou le placard à balais, sera le témoin caché. Jusqu’à leur duetto exquis «&nbsp;No, no, ch’io non apprezzo&nbsp;», où leur deux voix chantent ensemble pour la première fois, trop brièvement, mais Haendel l’a voulu ainsi.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/agrippina_ohp_200_c_monika_rittershaus-1024x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-184079"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Jakub Józef Orliński et Lea Desandre © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Le doux Orliński</strong></h4>
<p>Ce qui frappe d’abord dans l’incarnation vocale de Jakub Józef Orliński, c’est la douceur, un chant aux couleurs mélancoliques (« Il y a des larmes dans sa voix », nous disait notre voisine). Son air d’entrée, « Lunsinghiera mia speranza », sur un motif ostinato des violons enchaîne les vocalises ondoyantes, aussi vaillant soit-il avec son rythme qui avance sans cesse, et avec ses coloratures haut perchées, dessine un personnage de jeune homme sensible, que suggère aussi sa sage coiffure et son costume élégamment sportswear.</p>
<p>C’est devant une forêt de micros et entouré de silhouettes à son image qu’il répétera sa campagne électorale dans l’air brillant «&nbsp;Coronato il crin d’alloro&nbsp;», tout en ornementation et en coloratures, qu’il maîtrise sans difficulté. Mais son sommet d’émotion, il l’atteindra quand il aura été lâché de tous, évacué plutôt brutalement, avec son matériel électoral, et qu’il reviendra la narine saignante et la chemise débraillée pour l’autre sommet de la partition, sa plainte «&nbsp;Voi che udite il mio lamento&nbsp;» où il sera magnifique.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/agrippina_ohp_183_c_monika_rittershaus-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-184075"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Jakub Józef Orliński © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<p>Effondré contre une cloison, il donnera à nouveau à entendre ces teintes un peu blêmes, où il excelle, cette fragilité touchante, cette limpidité du timbre et ces longs phrasés, ces alanguissements qui sont sa marque. Et de tout cela la reprise <em>da capo</em>, en duo avec la flûte à bec semblera donner un écho estompé, d’une grande poésie. Non moins touchante, son aria «&nbsp;Tacerò… Soffrirò&nbsp;» accompagnée du violoncelle solo au troisième acte où son art du cantabile et sa manière de colorer le son feront merveilles.</p>
<h4><strong>Humour noir</strong></h4>
<p>Au chapitre de l’auto-dérision, mention spéciale à <strong>Nahuel Di Pierro</strong> dans le rôle passablement ridicule de Claudio, lamentable dans ses ébats poussifs avec Poppea, grotesque quand il se débat avec un tire-bouchon récalcitrant –l’efficace Lesbo –&nbsp;<strong>Yannick Debus</strong>, gigantesque factotum à la voix de bronze, lui viendra en aide, de même que plus tard quand il bataillera avec son nœud papillon, autre gag récurrent.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="679" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/agrippina_ohp_234_c_monika_rittershaus-1024x679.jpeg" alt="" class="wp-image-184091"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Scène finale (ou presque&#8230;) © Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<p>Il n’empêche, dans « Pur ritorno a rimirarvi » accompagné du violoncelle et de l’archiluth, puis dans « Vieni o cara », la chaleur du timbre, le legato, le charme enjôleur des larges phrasés, les demi-teintes, les longues tenues, les portamentos sont pur bel canto. Le baryton argentin excelle aussi dans les airs de fureur parodiques tel « Cade il mondo soggiogato », où sa voix peut se déployer dans sa puissance et maîtriser l’ornementation tout en bouffonnant (et en tricotant de grandiloquentes coloratures comiques). Idem dans « Io di Roma il Giove sono », où il se fait de plus en plus pressant, de plus en plus tactile avec Poppea, qui fait mine de se laisser faire, d’où de nouvelles coloratures sur l’ostinato d’accords de l’orchestre. <br>Là encore on a le sentiment que le jeune Haendel se moque des conventions en usage (en même temps qu’il se coule dans le moule italien avec souplesse).</p>
<p>On ne va pas divulgâcher la fin, d’un humour noir assez réussi. On dira simplement que Poppea passera du statut de peste à celui de <em>serial killeuse</em>… Qu’un instant on la croira seule survivante du massacre, jusqu’au moment où Agrippina…</p>
<p>Mais on n’en dira pas plus.</p>
<p>Quoiqu’il en soit, à la fin, ce sont les femmes qui triomphent.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-agrippina-zurich/">HAENDEL, Agrippina &#8211; Zürich</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Trophées 2020 : le palmarès</title>
		<link>https://www.forumopera.com/trophees-2020-le-palmares/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Jan 2021 05:54:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les Trophées de l’année 2020 auront été surprenants, à l’image de cette année si particulière. Alors que le contexte morose d’un mois décembre confiné avec ses théâtres fermés laissait supposer une participation mitigée, c’est tout le contraire qui s’est produit. Vous, chers lectrices et lecteurs, vous êtes mobilisés deux fois plus que l’an dernier (plus &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les Trophées de l’année 2020 auront été surprenants, à l’image de cette année si particulière. Alors que le contexte morose d’un mois décembre confiné avec ses théâtres fermés laissait supposer une participation mitigée, c’est tout le contraire qui s’est produit. Vous, chers lectrices et lecteurs, vous êtes mobilisés deux fois plus que l’an dernier (plus de 4000 votants). Surtout, et cela nous a fait chaud au cœur, nous avons vu les artistes et les institutions nommés se prendre au jeu, partager le formulaire de vote avec leurs publics et faire preuve d’une solidarité et d’une grande camaraderie. Quels que soient les résultats, bravo à toutes et tous, vous avez mérité le grand prix du cœur !</p>
<hr />
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/t1_0.jpg?itok=L8ovueRg" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" /><strong>Artiste lyrique féminine de l&rsquo;année </strong>: <a href="https://www.forumopera.com/artiste/deshayes-karine">Karine Deshayes</a> (36%)</p>
<p>Nomination au titre d’Officier des Arts et des Lettres, Victoire de la Musique, marraine de « Tous à l’opéra ! », en scène chaque fois que possible avec notamment des débuts triomphaux à Pesaro – qui aurait dû être son QG depuis des années –, plusieurs enregistrements dans des univers divers et variés, artiste aussi généreuse que sympathique… Autant de raisons qui ont motivé une médaille d’or pour notre « francesina ».</p>
<p>2. Anna Pirozzi (21,9%)<br />3. Lise Davidsen (15,4%)<br style="color: rgb(102, 102, 102); font-size: 11.2px;" /><br />
	3. Marina Rebeka (15,4%)<br />
	5. Catherine Hunold (11,3%)</p>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/t2_0.jpg?itok=_kFuB7h9" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="Stanislas de Barbeyrac © DavGemini" /><strong>Artiste lyrique masculin de l&rsquo;année</strong> : <a href="https://www.forumopera.com/artiste/de-barbeyrac-stanislas">Stanislas de Barbeyrac</a> (26,8%)</p>
<p>L&rsquo;année 2019 s’était achevée par une prise de rôle retentissante (Max du Freischutz). Et si les neuf premiers mois de cette année auront été fatalement calmes, il y a eu<em> Messiah </em>au Théâtre des Champs-Élysées – spectacle de réouverture (temporaire hélas) en septembre dernier – puis à Genève. Les retrouvailles avec Pelléas à Bordeaux s’annoncent quand la deuxième vague survient. Une captation studio, à juste titre remarquée, palliera la frustration. Puis, il y a eu l’engagement auprès des artistes durement touchés par la crise. Très tôt en mars, Stanislas de Barbeyrac s’en émeut dans nos colonnes, avant de se faire l’initiateur de l’association Unisson dont le concert de soutien à l’Opera Comique en novembre n’est que la partie émergée d’un iceberg de solidarité. En cette année difficile, c’est là peut-être le principal.</p>
<p>2. Cyrille Dubois (25,3%)<br />
	3. Peter Mattei (17,5%)<br />
	4. Alexandre Duhamel (17%)<br />
	5. Tim Mead (13,5%)</p>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/t3_0.jpg?itok=ZiB3qYVX" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="Lea Desandre © DR" /><strong>Etoile lyrique montante féminine de l&rsquo;année</strong> : <a href="https://www.forumopera.com/artiste/desandre-lea">Lea Desandre</a> (31,7%)</p>
<p>Genève, Paris, Salzbourg où elle est de nouveau invité l’été prochain… Le parcours de Lea Desandre ne connaît pas de frontières. Qu’elle ait été cette année mozartienne, ramiste,  meyerbeerienne ou berliozienne, cette voix « veloutée » au « grave dramatique », au « médium moelleux finement ornementé », aux « aigus éblouissants » contient trop de promesses pour ne pas scintiller dans le firmament de nos espoirs.</p>
<p>2. Chiara Skerath (22,5%)<br />
	3. Adèle Charvet (17,9%)<br />
	4. Rachel Willis-Sorensen (14,9%)<br />
	5. Eve-Maud Hubeaux (13%)</p>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/t4_0.jpg?itok=ot8wJjaD" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="Jérôme Boutillier © Bérengère Lucet" /><strong>Etoile lyrique montante masculine de l&rsquo;année</strong> : <a href="https://www.forumopera.com/artiste/boutillier-jerome">Jérôme Boutillier</a> (29,8%)</p>
<p>Révélation classique de l’ADAMI en 2016, Jérôme Boutillier semble au fil des saisons de mieux en mieux placé pour rejoindre la glorieuse cohorte de ces barytons dont la France est prodigue, de Jean-Baptiste Faure et Victor Maurel en passant par Ernest Blanc ou plus près de nous Ludovic Tézier, Stéphane Degout, Florian Sempey&#8230; C’est dire l’espoir que cette jeune voix soulève.</p>
<p>2. Bruno de Sá (26,1%)<br />
	3. Xabier Anduaga (17,4%)<br />
	4. Pene Pati (13,4%)<br />
	5. Marco Angioloni (13,3%)</p>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/t5_0.jpg?itok=fwFOSTnw" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="Raphaël Pichon © François Sechet / Harmonia Mundi" /><strong>Chef d&rsquo;orchestre de l&rsquo;année</strong> : <a href="https://www.forumopera.com/artiste/pichon-raphael">Raphaël Pichon</a> (30,8%)</p>
<p>En 2020, Raphael Pichon et son ensemble Pygmalion ont triomphé sur tous les fronts en dépit d’une situation dont on sait la difficulté : les théâtres fermés mais <em>Hippolyte et Aricie</em> diffusé sur Arte Concert ; au disque, des motets de Bach jubilatoires ; puis la création à Bordeaux de Pulsations, un festival « inattendu » pensé et monté en quelques semaines, comme un pied de nez au virus. Il n&rsquo;est pas étonnant qu&rsquo;un trophée couronne ces actes de résistance.</p>
<p>2. Barbara Hannigan (23,9%)<br />
	3. Debora Waldman (21,3%)<br />
	4. Pierre Dumoussaud (15,4%)<br />
	5. Maxime Pascal (8,6%)</p>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/t6_0.jpg?itok=KMufuXgq" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="Max Emanuel Cenčić (Lottario) © Falk von Traubenberg" /><strong>Nouvelle production de l&rsquo;année </strong>: <a href="https://www.forumopera.com/carlo-il-calvo-bayreuth-quand-lopera-reenchante-le-monde">Porpora, <em>Carlo il Calvo</em> (Max Emanuel Cenčić, Bayreuth</a> &#8211; 39,7%)</p>
<p>On attendait avec impatience la réouverture de ce joyau qu’est l&rsquo;Opéra des Margraves à Bayreuth. Qu’un festival de musique baroque y trouve sa résidence ne manquait déjà pas de sel dans la Jerusalem wagnérienne, mais qu&rsquo;une production résolument moderne réunissant une distribution flamboyante vienne éclipser la Colline sacrée, voilà qui méritait bien un trophée !</p>
<p>2. Verdi, <em>La traviata </em>(Leo Castaldi, Madrid &#8211; 24%)<br />
	3. Wagner, <em>Parsifal</em> (Aurélien Bory, Toulouse &#8211; 15,2%)<br />
	4. Zemlinsky, <em>Der Traumgörge</em> (Laurent Delvert, Nancy &#8211; 11,1%)<br />
	5. Verdi, <em>Giovanna d’Arco</em> (Paul-Emile Fourny, Metz &#8211; 10,1%)</p>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/t7.jpg?itok=cOgY8wEA" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="Théâtre des Arts, Rouen © DR" /><strong>Institution lyrique la plus remarquable en temps de crise </strong>: <a href="https://www.forumopera.com/actu/trophees-de-lannee-2020-a-vous-de-voter">Opéra de Rouen Normandie </a>(23,7%)</p>
<p>Cette nouvelle catégorie, motivée par une situation exceptionnelle, aurait demandé à être davantage explicitée. Indépendamment de toutes considérations financières et organisationnelles internes – dont nos lecteurs n’ont a priori pas connaissance – il s’agissait, de distinguer les institutions ayant fait preuve d’initiative et d’imagination pour maintenir le lien avec leur public en dépit de la fermeture imposée des théâtres. Le choix était évidemment difficile tant chaque maison d’opéra a remué ciel et terre pour sauver ce qui pouvait l&rsquo;être. Qu’il nous soit permis ici de toutes les saluer.</p>
<p>Au tout début de la saison 2020-21, l&rsquo;Opéra de Rouen a marqué les esprits par le cruel sort réservé à son <em>Tannhäuser</em>, annulé après tant d’efforts pour se plier aux consignes sanitaires. Le rebond n’a pas attendu longtemps : l’enregistrement et la diffusion des <em>Nuits d’été </em>par Léa Desandre ou l&rsquo;enregistrement par Alpha de <em>La Clémence de Titus</em>, dirigée par le nouveau directeur musical Ben Glassberg. Et car rien de durable ne se fait seul, le directeur Loïc Lachenal (et président du syndicat professionnel Les forces musicales) lançait en décembre le festival numérique « L’amour de loin », réunissant quarante-six opéras et orchestres de toute la France.</p>
<p>2. Paris (Opéra Comique &#8211; 23,5%)<br />
	3. Festival d’Aix-en-Provence (22,6%)<br />
	4. Opéra national de Bordeaux (19,2%)<br />
	5; Opéra de Rennes (11,2%)</p>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/t8.jpg?itok=APh7Cbqe" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" /><strong>Meilleur album de l&rsquo;année (intégrale)</strong> : <a href="https://www.forumopera.com/cd/les-boreades-un-rameau-bouleversant-dhumanite">Rameau,<em> Les Boréades</em></a> (Château de Versailles Spectacles &#8211; 31,7%)</p>
<p>Une nouvelle version du dernier chef d’œuvre de Rameau, enregistrée en janvier 2020, lors du concert donné à l’Opéra Royal de Versailles par le « Collegium 1704 » sous la direction de Václav Luks. Le chef d’orchestre tchèque semble porté par la puissance théâtrale de l’œuvre. A son instar, les chanteurs déploient un large spectre d’expressions. « Une merveille »…</p>
<p>2. Haendel, <em>Agrippina </em>(Erato &#8211; 29,6%)<br />
	3. Saint-Saens, <em>Le Timbre d’argent</em> (Palazzetto Bru Zane &#8211; 22,2%)<br />
	4. Offenbach, <em>Maître Peronilla</em> (Palazzetto Bru Zane -12,8%)<br />
	5; Alwyn, <em>Miss Julie</em> (Chandos &#8211; 3,8%)</p>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/t9.jpg?itok=vyP7fLQF" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" /><strong>Meilleur album de l&rsquo;année (Lieder et mélodies)</strong> : <em>Canticles</em>, Cyrille Dubois et Anne Le Bozec (NomadMusic &#8211; 31,8%)</p>
<p>Cyrille Dubois est le mètre-étalon du ténor léger français. Il a enregistré tout ce qui, dans cet horizon, permet à un tenor de briller. Son coeur, pourtant, ne soupire pas uniquement pour les compositeurs hexagonaux et Britten compte parmi ses grandes passions. Voici un disque sorti pendant le premier confinement qui n&rsquo;a pas bénéficié de la publicité qui lui revenait de droit. Il a le mérite de réunir une bande de formidables musiciens, penchés sur l&rsquo;oeuvre de Britten avec la stupéfaction admirative des Rois Mages devant le couffin de l&rsquo;enfant Jésus.</p>
<p>2. <em style="color: rgb(102, 102, 102); font-size: 11.2px;">Winterreise</em>, Peter Mattei et Lars David Nilsson (Bis &#8211; 25,4%)<br />
3. <em style="color: rgb(102, 102, 102); font-size: 11.2px;">Stille Liebe</em>, Samuel Hasselhorn et Joseph Middleton (Harmonia Mundi &#8211; 16%)<br style="color: rgb(102, 102, 102); font-size: 11.2px;" /><br />
	4. <em>Dichterliebe</em>, Julian Prégardien et Eric Le Sage (Alpha &#8211; 15,9%)<br />
	5. <em>Erinnerung</em>, Christiane Karg et Malcom Martineau (BR Klassik &#8211; 10,9%)</p>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/t10.jpg?itok=5jQN_Hga" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" /><strong>Meilleur Album (récital)</strong> : <a href="https://www.forumopera.com/cd/la-francesina-handels-nightingale-le-plus-beau-recital-haendelien">Sophie Junker : <em>La Francesina</em></a> (Aparté &#8211; 24,9%)</p>
<p>Dans cet enregistrement, la soprano belge Sophie Junker, accompagnée du Concert de l&rsquo;Hostel Dieu sous la direction incisive de Frank-Emmanuel Comte, rend hommage à Elizabeth Duparc, dite « la Francesina », une des dernières muses de Haendel. Ce récital met en lumière la transition entre l&rsquo;opéra italien et l&rsquo;oratorio anglais réalisée par Haendel durant cette décennie de collaboration avec la Francesina. Sophie Junker y excelle grâce à une technique vocale imparable et un timbre riche et homogène, qui confèrent force expressivité aux héroïnes à l&rsquo;honneur. </p>
<p>2. Lawrence Brownlee/Michael Spyres : <em>Amici e rivali</em> (Erato &#8211; 22,8%)<br />
	3. Christophe Dumaux : <em>Handel Arias </em>(Accent &#8211; 21,3%)<br />
	4. Marina Rebeka, <em>Elle</em> (Prima Classic &#8211; 17,5%)<br />
	5. Ermonela Jaho, <em>Anima rara</em> (Opera Rara &#8211; 13,5%)</p>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/t11.jpg?itok=f2YACzJf" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" /><strong>Meilleur DVD de l&rsquo;année</strong> : <a href="https://www.forumopera.com/dvd/benvenuto-cellini-benvenuto-nest-plus-malvenuto">Berlioz, <em>Benvenuto Cellini</em> </a>(Château de Versailles Spectacles &#8211; 22,5%)</p>
<p>En 2019, alors que l’année Berlioz battait son plein, John Eliot Gardiner dirigeait <em>Benvenuto Cellini</em> mis en espace par Noa Naamat. Dans le rôle-titre, Michael Spyres, « presqu’imbattable dans ce répertoire » escaladait les monts les plus sauvages. Sophia Burgos, Adèle Charvet, Lionel Lhote – entre autres – lui donnaient la réplique. Cette captation « restitue tout ce que ce spectacle avait de réjouissant », écrivions-nous. La preuve, vous l’avez placée sur la première marche du podium..</p>
<p>2. Stravinsky, <em>The Rake&rsquo;s Progress</em> (Accentus &#8211; 21%)<br />
	3. Puccini, <em>Turandot</em> (BelAir Classiques &#8211; 20,4%)<br />
	4. Rossini, <em>La Cenerentola</em> (C Major &#8211; 18,8%)<br />
	5. Messager, <em>Fortunio</em> (Naxos &#8211; 17,3%)</p>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/t12.jpg?itok=HK0YrCKa" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" /><strong>Meilleur livre de l&rsquo;année</strong> : <a href="https://www.forumopera.com/livre/la-bambina-sotto-il-pianoforte-leternelle-mimi">Micaela Magiera,<em> La bambina sotto il pianoforte</em></a> (Artestampa &#8211; 23,6%)</p>
<p>N’est-il pas surprenant que les lecteurs d’un webzine francophone aient élu un livre écrit dans une langue étrangère ? Oui mais pas n’importe quel livre, celui que Micaela Magiera, la fille de Mirella Freni – éternelle Mimi disparue en début d’année 2020 – et de son premier mari, le pianiste et chef d&rsquo;orchestre Leone Magiera, a consacré à ses parents. L&rsquo;ouvrage est également disponible en anglais (<em>The Girl under the Piano</em>). A quand une version française  ?</p>
<p>2. Jean-François Lattarico, Le Chant des bêtes. Essai sur l&rsquo;animalité à l&rsquo;opéra (Classiques Garnier &#8211; 23,3%)<br />
	3. Chantal Cazeaux, Rossini, mode d&#8217;emploi (Premières Loges &#8211; 21,5%)<br />
	4. Marie-Paule Hallard, Le français chanté (Symétrie &#8211; 16,7%)<br />
	5. Christine Grenier, Le Code et la Diva (Le Rouergue-Noir &#8211; 14,8%)</p>
<p> </p>
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		<title>Survivre au confinement : les conseils de la rédaction (1)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/survivre-au-confinement-les-conseils-de-la-redaction-1/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 14 Mar 2020 15:43:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En ces temps incertains où le meilleur rempart au virus ambiant est encore de rester chez soi, Forum Opéra vous propose quelques conseils de livres, enregistrements et DVD susceptibles d’occuper vos longues journées et soirées en musique. Nos conseils livres : Coup de cœur de la rédaction il y a quelques mois, l’intégrale de la &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En ces temps incertains où le meilleur rempart au virus ambiant est encore de rester chez soi, Forum Opéra vous propose quelques conseils de livres, enregistrements et DVD susceptibles d’occuper vos longues journées et soirées en musique.</strong></p>
<hr />
<ul>
<li><strong>Nos conseils livres :</strong></li>
</ul>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/ravel_2.jpg?itok=KX5m6-r1" style="font-size: 14px; width: 100px; height: 145px; margin-left: 5px; margin-right: 5px; float: left;" />Coup de cœur de la rédaction il y a quelques mois, <a href="https://www.forumopera.com/livre/maurice-ravel-lintegrale-correspondance-1895-1937-ecrits-et-entretiens-pour-ravel-le-plus-beau">l’intégrale de la correspondance, des écrits et des entretiens de Maurice Ravel</a> publiée sous la direction de <strong>Manuel Cornejo</strong> devrait combler de longues heures avec ses 1769 pages !</p>
<p>Paris, Le Passeur, 2018, 1769 p.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/chevreuse.jpg?itok=Ibz5yv_u" style="width: 100px; height: 156px; margin-left: 5px; margin-right: 5px; float: left;" />Les amateurs de romans pourront de leur côté se tourner vers<a href="https://www.forumopera.com/breve/laffaire-chevreuse-quand-la-musique-francaise-venait-ditalie"> </a><em><a href="https://www.forumopera.com/breve/laffaire-chevreuse-quand-la-musique-francaise-venait-ditalie">L’Affaire Chevreuse</a> </em>d’<strong>Hélène Clerc-Murgier</strong>, un roman policier historique où l’on croise notamment les compositeurs Antoine Boësset et Etienne Moulinié, à une époque où la musique italienne n’était pas encore tout à fait la bienvenue en France.</p>
<p>Chambon Noir, février 2020, 352 p.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>Enfin, on ne saurait trop conseiller aux amateurs de philosophie le très intéressant <img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/phi.jpg?itok=OhOYcESK" style="width: 100px; height: 159px; margin-left: 5px; margin-right: 5px; float: left;" /> publié chez Vrin. Si le titre pourrait effrayer à première vue, il s’agit pourtant d’un ouvrage remarquablement didactique autour de la question suivante : la musique « dit-elle » quelque chose ? En réunissant des textes allant de Platon à François-Bernard Mâche, <strong>Robert Muller</strong> et <strong>Florence Fabre</strong> mettent en lumière un débat essentiel de l’Histoire de la musique, où le chant a longtemps été l’idéal à atteindre.</p>
<p>Vrin, février 2013, 310 p.<br />
 </p>
<p> </p>
<ul>
<li><strong>Nos conseils CD :</strong></li>
</ul>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/selec6.jpg?itok=X03QtSkZ" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 5px; margin-right: 5px; float: left;" />Là encore, les moins pressés pourront se régaler du coffret de 10 CD enregistré par le <strong>Palazzetto Bru Zane</strong> consacré à des <a href="https://www.forumopera.com/cd/the-french-romantic-experience-bru-zane-discoveries-in-19th-century-music-on-dit-merci-a-la-dame">œuvres méconnues de la musique romantique française </a>et interprétées, entre autres, par <strong>Véronique Gens</strong>, <strong>Tassis Christoyannis</strong>, <strong>Catherine Hunold </strong>et<strong> Hervé Niquet. </strong>Avec une telle somme, il y en aura forcément pour tous les goûts.</p>
<p>Palazzetto Bru Zane, coffret 10 CD</p>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/selec7.jpg?itok=7f1JQAO2" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 5px; margin-right: 5px; float: left;" />Le confinement pourrait également être l’occasion de (re)découvrir la figure d’Antonio Salieri, et notamment ses œuvres composées pour l’Académie Royale de Musique. <a href="https://www.forumopera.com/cd/les-danaides-faux-gluck-mais-vrai-chef-doeuvre"><em>Les Danaïdes</em></a>, <a href="https://www.forumopera.com/cd/les-horaces-horaces-triomphants"><em>Les Horaces</em></a> ou <a href="https://www.forumopera.com/cd/tarare-mieux-vaut-tarare-que-jamais"><em>Tarare</em></a>, <strong>Christophe Rousset </strong>et Les Talens lyriques nous offrent le privilège de découvrir ces trois ouvrages tombés dans l’oubli mais fort heureusement ressuscités aujourd’hui.</p>
<p><em>Les Danaïdes</em> : 1 CD Palazetto Bru Zane ;<em> Les Horaces</em> : 2 CD Aparté ; <em>Tarare</em> : 3 CD Aparté<br />
 </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/agrippina_erato.jpg?itok=kj-LKY3X" style="height: 100px; width: 100px; float: left; margin-left: 5px; margin-right: 5px;" />Dernière proposition, <a href="https://www.forumopera.com/cd/agrippina-il-etait-temps">l’<em>Agrippina</em> de Haendel parue chez Erato</a> avec son casting éblouissant : <strong>Joyce DiDonato</strong>, <strong>Franco Fagioli</strong>, <strong>Elsa Benoit</strong>, <strong>Luca Pisaroni</strong> et <strong>Marie-Nicole Lemieux</strong> réunis en un même album pour une œuvre mêlant intrigue politique et virtuosité vocale.</p>
<p>3 CD Erato<br />
 </p>
<p> </p>
<ul>
<li><strong>Nos conseils DVD :</strong></li>
</ul>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/street_scene.jpg?itok=pwfGduvc" style="width: 100px; height: 142px; float: left; margin-left: 5px; margin-right: 5px;" /><a href="https://www.forumopera.com/dvd/street-scene-east-side-story">Enregistré au Teatro Real en 2018, <em>Street Scene</em></a> de Kurt Weill offrira une dose d’<em>entertainment</em> à l’américaine pour ceux qui voudraient s’aventurer au-delà des frontières conventionnelles de l’opéra ; le tout dans une mise en scène de <strong>John Fulljames</strong> et avec <strong>Paolo Szot </strong>et <strong>Patricia Racette</strong> dans les rôles de Frank et Anna Maurrant.</p>
<p>1 DVD BelAir Classics<br />
 </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/enlevement_au_serail.jpg?itok=S13U57dR" style="width: 100px; height: 141px; float: left; margin-left: 5px; margin-right: 5px;" />Les amateurs de répertoire classique et de mises en scène esthétiques se réjouiront quant à eux de cette captation de <a href="https://www.forumopera.com/dvd/die-entfuhrung-aus-dem-serail-on-refait-tout-comme-avant"><em>L’Enlèvement au Sérail</em> désormais mythique de <strong>Giorgio Strehler</strong></a>, et ce sous la baguette de Zubin Mehta, déjà au pupitre pour la création de cette mise en scène en 1965.</p>
<p>2 DVD C Major</p>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/meistersinger.jpg?itok=f0UJq5T-" style="width: 100px; height: 150px; float: left; margin-left: 5px; margin-right: 5px;" />Dernière proposition, la publication par Deutsche Grammophon d’un spectacle qui avait enthousiasmé le public de Bayreuth : <a href="https://www.forumopera.com/die-meistersinger-von-nurnberg-bayreuth-drole-et-profond"><em>Les Maîtres Chanteurs</em> mis en scène par <strong>Barrie Kosky</strong></a> et réunissant <strong>Michael Volle</strong>, <strong>Günther Groissböck</strong>, <strong>Klaus Florian Vogt</strong> et <strong>Anne Schwanewilms</strong>.</p>
<p>2 DVD Deutsche Grammophon</p>
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		<item>
		<title>En direct du Met: une Agrippina survoltée</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/en-direct-du-met-une-agrippina-survoltee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Mar 2020 05:04:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créée en 1709 à Venise, Agrippina fait son entrée au Metropolitan Opera en ce début d’année 2020 dans la célèbre production de Sir David McVicar que l’on a pu voir à Paris au Théâtre des Champs-Élysées ainsi qu’à Bruxelles en 2000 et 2003. Comme en témoigne la retransmission dans les cinémas de ce samedi 29 &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Créée en 1709 à Venise, <em>Agrippina</em> fait son entrée au Metropolitan Opera en ce début d’année 2020 dans la célèbre production de Sir David McVicar que l’on a pu voir à Paris au Théâtre des Champs-Élysées ainsi qu’à Bruxelles en 2000 et 2003. Comme en témoigne la retransmission dans les cinémas de ce samedi 29 février, ce spectacle éblouissant n’a pas pris une ride d’autant que le metteur en scène écossais a pris soin d’apporter à son travail quelques modifications comme par exemple l’utilisation des smartphones. L’action, on s’en souvient, a été transposée de nos jours. L’élément principal du décor est un gigantesque escalier jaune vif surmonté d’un trône qui symbolise le pouvoir. Les costumes ont été actualisés, celui de Néron notamment, correspond tout à fait au look d’un adolescent d’aujourd’hui. Le rideau se lève sur un alignement de tombeaux sur lesquels les protagonistes sont assis et où ils reviendront se coucher à la fin de l’opéra. Entre les deux nous assistons à une succession de scènes hautes-en couleurs, où se mêlent complots, intrigues politiques et amoureuses, trahisons et faux-semblants, le tout ponctué par une série de gags hilarants. L’un des clous de la soirée demeure la fameuse <a href="https://www.forumopera.com/breve/agrippina-ou-la-fin-du-piano-bar">scène du « clavecin-bar »</a>  au début de la seconde partie.</p>
<p>Comme à son habitude, le Met n’a pas lésiné sur les moyens en nous offrant une distribution magistrale dominée par l’éblouissante Agrippina de <strong>Joyce DiDonato</strong>. Si lors de ses récentes prestations scéniques, l’on avait pu déceler dans la voix de la cantatrice quelques traces d’usure prématurée, il n’en est rien ici. La mezzo-soprano américaine affiche une santé vocale à toute épreuve, se jouant de toutes les difficultés de sa partie, trilles, vocalises et autres ornementations s’enchainent avec aisance sans oublier cette superbe messa di voce au début de l’air « Pensieri voi mi tormentate » l’un des sommets de son interprétation. Théâtralement la chanteuse se plait à camper avec délectation ce personnage manipulateur et délicieusement machiavélique. A ses côtés <strong>Brenda Rae</strong> effectue des débuts éclatants sur la première scène new-yorkaise, sa Poppée pulpeuse et sensuelle ne manque pas de charisme, de plus la soprano vocalise avec une rapidité étourdissante et se plait à interpoler dans sa partie quelques contre-notes qui font mouche.  <strong>Kate Lindsey</strong> est impayable en adolescent déjanté, couvert de tatouages, qui à l’occasion sniffe quelques lignes de coke pour se détendre. Vocalement  ce Néron est impeccable de style. <strong>Matthew Rose</strong> possède un timbre de bronze et les graves profonds que demande sa partie sont bien présents. Dans l’espoir de séduire Poppée, il se livre au deuxième acte à un strip-tease hilarant, sorte de version masculine de celui d’Alice Sapritch dans <em>La Folie des grandeurs</em> de Gérard Oury. Le contre-ténor <strong>Iestyn Davies</strong> est un Ottone au timbre soyeux qui interprète ses airs avec élégance  et précision. En Pallante et Narciso, le baryton <strong>Duncan Rock</strong> et l&rsquo;autre contre-ténor <strong>Nicholas Tamagna</strong> forment un duo qu&rsquo;unit une réjouissante complicité. Enfin, les interventions de <strong>Christian Zaremba</strong> n’appellent que des éloges.</p>
<p><strong>Harry Bicket</strong> adopte des tempos contrastés et sait varier les coloris de l’orchestre afin d’éviter tout sentiment de monotonie et rendre pleinement justice à cette partition foisonnante d’un Haendel âgé d’à peine 24 ans. En dépit des instruments modernes sa battue s’inscrit dans une esthétique baroquisante. Si son clavecin sonne magnifiquement, au cinéma le continuo avec le violoncelle a paru quelque peu envahissant surtout dans la première partie, impression que n’auront sans doute pas ressentie les spectateurs au théâtre.</p>
<p>Au cours de l&rsquo;entracte un hommage émouvant a été rendu à Mirella Freni.</p>
<p>Le samedi 14 mars, le Metropolitan Opera diffusera dans les cinémas du réseau Pathé Live <em>Le Vaisseau fantôme</em> de Wagner dirigé par Valery Gergiev.</p>
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		<title>Agrippina ou la fin du piano-bar</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/agrippina-ou-la-fin-du-piano-bar/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Feb 2020 17:25:05 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/breve/agrippina-ou-la-fin-du-piano-bar/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Si vous pensiez que le clavecin n’était pas l’instrument idéal pour assurer l’ambiance dans vos soirées, cette vidéo risque de vous convaincre du contraire ! Présent sur la scène du Metropolitan Opera pour les représentations d’Agrippina mise en scène par David McVicar (encore toute une semaine à attendre pour la diffusion au cinéma, le samedi 29 &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Si vous pensiez que le clavecin n’était pas l’instrument idéal pour assurer l’ambiance dans vos soirées, cette vidéo risque de vous convaincre du contraire !</p>
<p>Présent sur la scène du Metropolitan Opera pour les représentations d’<em>Agrippina</em> mise en scène par <strong>David McVicar</strong> (encore toute une semaine à attendre pour la diffusion au cinéma, le samedi 29 février), <strong>Bradley Brookshire</strong> offre un solo de clavecin qui, tout compte fait, ne jure pas tant que ça avec le décor de bar qui l’entoure.</p>
<p>Une manière d’occuper nos soirées à laquelle on n’aurait pas nécessairement songé… et surtout une belle démonstration de virtuosité.</p>
<p><iframe allow="encrypted-media" allowtransparency="true" frameborder="0" height="885" scrolling="no" src="https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2F20807115532%2Fposts%2F10163209713580533%2F&amp;width=500&amp;show_text=false&amp;height=885&amp;appId" style="border:none;overflow:hidden" width="500"></iframe></p>
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		<item>
		<title>Agrippina, ton univers impitoyable</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/agrippina-ton-univers-impitoyable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Feb 2020 12:04:47 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/breve/agrippina-ton-univers-impitoyable/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les Agrippina se suivent mais ne se ressemblent pas ! Après la parution d’une intégrale chez Erato, et alors que Joyce DiDonato incarne l’impératrice sur la scène du Metropolitan Opera, le Teatro de la Maestranza à Séville nous propose une version rétro et décalée de l’opéra de Haendel. Créée en 2012, cette mise en scène de &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les <em>Agrippina</em> se suivent mais ne se ressemblent pas ! Après la parution d’une <a href="https://www.forumopera.com/cd/agrippina-il-etait-temps">intégrale chez Erato</a>, et alors que Joyce DiDonato incarne l’impératrice sur la scène du Metropolitan Opera, le Teatro de la Maestranza à Séville nous propose une version rétro et décalée de l’opéra de Haendel.</p>
<p><a href="https://www.forumopera.com/agrippina-gand-ann-hallenberg-sue-ellen-imperiale">Créée en 2012</a>, cette mise en scène de <strong>Mariame Clément</strong> ressuscite Dallas et autres <em>soap opera</em> des années 1980, dont les héros seront ici incarnés par <strong>Ann Hallenberg</strong>, <strong>Xavier Sabata</strong> ou encore <strong>Alicia Amo</strong>. Alors si vous voulez voir conjugués la musique de Haendel et les drames de JR et Sue Ellen, une seule chose à faire… acheter vos billets pour l’une des trois représentations (11, 13 et 15 février).</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/TPs7H5xLlOg" width="560"></iframe></p>
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		<item>
		<title>Haendel sur les rails</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/haendel-sur-les-rails/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Feb 2020 14:34:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/breve/haendel-sur-les-rails/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Il s’agit sans aucun doute d’une des productions les plus attendues de l’année : Agrippina de Haendel occupera la scène du Met dès ce 6 février avec une distribution éblouissante. Joyce DiDonato – qui remportait tous les suffrages dans l’enregistrement paru il y a quelques jours chez Erato – incarnera de nouveau le rôle-titre, avec à &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Il s’agit sans aucun doute d’une des productions les plus attendues de l’année : <em>Agrippina</em> de Haendel occupera la scène du Met dès ce 6 février avec une distribution éblouissante. <strong>Joyce DiDonato </strong>– qui remportait tous les suffrages dans <a href="https://www.forumopera.com/cd/agrippina-il-etait-temps">l’enregistrement paru il y a quelques jours chez Erato</a> – incarnera de nouveau le rôle-titre, avec à ses côtés la soprano <strong>Brenda Rae</strong> en Poppea, <strong>Matthew Rose</strong> en Claudio et <strong>Kate Lindsey</strong> en Nerone.</p>
<p>A la vue des premières images de la générale où Nerone, couvert de tatouages, sniffe de la cocaïne (en 2000, lors de la création de cette production à La Monnaie et au TCE, ce plaisir était réservé à Malena Ernman), on peut dire que cette mise en scène de <strong>David McVicar</strong> s’annonce rock’n’roll…</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/jufAkHxgEmw" width="560"></iframe></p>
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		<item>
		<title>Agrippina</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/agrippina-il-etait-temps/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clement Demeure]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jan 2020 23:07:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Agrippina s’est imposé au fil des ans comme l’un des opéras les plus populaires de Haendel, rivalisant avec Rinaldo, Serse ou Giulio Cesare. Ce n’est pas un hasard si ces opéras ont en commun l’héritage du dramma per musica du XVIIe siècle, où les héros ne sont pas encore figés en chromos arcadiens ou parangons de &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/agrippina-il-etait-temps/"> <span class="screen-reader-text">Agrippina</span> Lire la suite »</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal"><i>Agrippina</i> s’est imposé au fil des ans comme l’un des opéras les plus populaires de Haendel, rivalisant avec <i>Rinaldo</i>, <i style="normal">Serse</i> ou <i>Giulio Cesare</i>. Ce n’est pas un hasard si ces opéras ont en commun l’héritage du <i>dramma per musica</i> du XVIIe siècle, où les héros ne sont pas encore figés en chromos arcadiens ou parangons de vertu. La tragicomédie d’<i>Agrippina</i> et ses manipulations entre boudoir et trône parlent au cynisme de notre époque. Plus pragmatiquement, cet excellent opéra n’exige pas le même niveau de virtuosité que d’autres plus tardifs, permettant à des troupes plus modestes de s’en emparer. Et puis, quelle mezzo-soprano ou soprano grave résisterait au rôle-titre ?</p>
<p class="MsoNormal">Pourtant, la discographie de ce chef-d’œuvre surprend par sa minceur. Il a longtemps fallu se contenter des enregistrements de Nicholas McGegan (1992) et surtout du très estimable Gardiner (1997). Malgoire est passé sans marquer outre mesure en 2004, surtout après le rendez-vous manqué de René Jacobs et Antonacci, Ernman et Zazzo en 2000 et 2003 (la vidéo de la production est heureusement facile à retrouver en ligne). Jacobs a attendu 2010 pour graver l’opéra avec une équipe toute différente, sans imposer de référence évidente face à Gardiner. Ce nouveau coffret Erato a de bons arguments pour y parvenir.</p>
<p class="MsoNormal">Certes, on attendait plutôt Ann Hallenberg, qui a fait sien le rôle depuis plusieurs années et a même consacré un disque aux incarnations lyriques d’Agrippine. Pourtant, c’est <b>Joyce DiDonato</b> qui tient la partie dans une gravure qui se veut en tout point luxueuse. L’Américaine s’est immergée dans le rôle en mai 2019 au gré de concerts à Barcelone, Madrid et <a href="https://www.forumopera.com/agrippina-paris-tce-agrippine-sort-bien-trop-les-griffes">Paris</a>  (l’enregistrement a eu lieu sur la fin de la tournée) puis sur scène à <a href="https://www.forumopera.com/agrippina-londres-roh-quand-haendel-petille">Londres</a> et bientôt au Met où elle est parvenue à imposer le titre. On ne s&rsquo;en plaindra pas, tant cette interprétation est dramatiquement et vocalement aboutie. DiDonato aborde la Patricienne en diva, avec des moyens plus éclatants que toutes celles qui l’ont précédée au disque, et cet éclat peut gêner dans « Pensieri, voi mi tormentate », où son Agrippina feule et se débat quand d’autres grattent un lancinant prurit. Le portrait n’en est pas moins enthousiasmant, nuancé et singulier, comme ce « Nulla sperar da me » dont la hauteur camoufle mal la jubilation, ou un « Non ho cor » glaçant. Le célèbre « Ogni vento », ici plus moment d’apaisement que bravoure de fin d’acte, prouve encore que ce chant n&rsquo;est pas qu&rsquo;extraverti. La mezzo-soprano est superbement secondée par <b>Maxim Emelyanychev</b>, artisan majeur du succès de cet enregistrement. L’ouverture nous permet d’emblée de parcourir les méandres du palais, véritable prologue du drame, <b>Il Pomo d’oro</b> faisant valoir une sonorité et une articulation idéales, notamment des hautbois très sollicités tout au long de l’opéra. On savoure le sens de la mesure et les finesses d’une direction qui n’a rien de m’as-tu-vu et ne bouscule pas les airs brillants. Du grand art !</p>
<p class="MsoNormal">La Poppea d’<b>Elsa Benoit</b> se pose en sérieuse émule d’Agrippina, y compris sur le plan vocal avec un médium corsé qui fait heureusement échapper le rôle aux voix de soubrettes. Passé un « Vaghe perle » plus pétulant que charmeur, la Française convainc et tient son rang dans le drame. Malgré ce tempérament, d’aucuns regretteront une approche dont le brillant n’est pas le point fort : « Se giunge un dispetto » est ici donné dans sa version la moins virtuose, et au numéro de <i>prima donna</i> « Per punir chi m’ha ingannata » a été préféré le syllabique « Ingannata una sola volta », parfaitement animé par la soprano. Premier rôle complet dans une intégrale de prestige : <strong>Jakub Józef Orliński</strong> avait beaucoup à prouver. Il y parvient et fait mieux en composant un Ottone quasi idéal de timbre et de caractère, mariant la pureté de certains contre-ténors ancienne école aux progrès techniques de la dernière génération. Le grave est sonore, la vocalise en place, le portrait délicat sans être falot. Autre adéquation parfaite du côté de <b>Franco Fagioli</b>, à qui les personnages altiers vont comme un gant, surtout quand ils ont un grain de folie. La technique est évidemment superlative, l’aisance et les nuances incroyables dans une tessiture pourtant élevée (« Col saggio tuo consiglio »). L’impossible « Come nube che fugge dal vento » donne le frisson : ce Nerone outragé y laisse entrevoir la terrifiante démesure de son règne. Séduisant, <b>Luca Pisaroni</b> nous épargne la dupe pantalon aux chevilles à laquelle l’empereur est souvent réduit. Le ré<i> </i>grave de « Cade il mondo » échappe à l’Italien, pas plus basse profonde que la plupart de ses prédécesseurs, mais il négocie adroitement les écarts du rôle, déploie sans ironie « Vieni o cara » et reste crédible lorsqu&rsquo;il déclame « Io di Roma il Giove sono » : cet auguste Claudio donne plus d’enjeux aux intrigues des rivales.</p>
<p class="MsoNormal">Les comparses sont également bien servis et c’est tant mieux car Giuseppe Broschi et Giuliano Albertini, créateurs de Pallante et Narciso, n’étaient pas des artistes de second plan, comme en attestent surtout les airs du premier. La basse <b>Andrea Mastroni</b> est particulièrement somptueuse et ne fait qu&rsquo;une bouchée de son rôle, tandis que <b style="normal">Carlo Vistoli</b> est certainement le Narciso le mieux chantant de la discrographie, sans prétendre avoir toute la présence de Dominique Visse. Luxe un peu vain, <b style="normal">Marie-Nicole Lemieux</b> confère une stature indéniable au bref rôle de Junon, tandis que <b>Biagio Pizzuti</b> parvient à faire exister Lesbo au fil des récitatifs.</p>
<p class="MsoNormal">L’édition utilisée se donne l’ambition de reconstituer la partition telle que donnée à la première et diffère sensiblement des versions Gardiner et Jacobs. La riche notice fait le point sur les manuscrits existants et les choix opérés tout en détaillant les nombreuses autocitations de Haendel, dont <i>Agrippina</i> condense le meilleur de la période italienne – sans l’effet patchwork de <i style="normal">Rinaldo</i>. Atout non négligeable, cette gravure est ainsi un peu plus complète que les précédentes, puisque « Fa’ quanto vuoi » et le beau duo d’Ottone et Poppea sont proposés en appendices ; ne manque que l’air d’agilité de Poppea « Per punir ». Une référence, enfin !</p>
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