<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Maria Stuarda - Oeuvre - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/oeuvre/maria-stuarda/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/oeuvre/maria-stuarda/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 09 Feb 2026 20:30:28 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.0</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>Maria Stuarda - Oeuvre - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/oeuvre/maria-stuarda/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Joan Sutherland, The Complete Decca Recordings Operas 1971-1988</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/joan-sutherland-the-complete-decca-recordings-operas-1971-1988/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Jan 2026 06:13:16 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=cd-dvd-livre&#038;p=204430</guid>

					<description><![CDATA[<p>Après l&#8217;exceptionnel coffret consacré aux récitals de Joan Sutherland et au non moins grandiose coffret consacré aux intégrales lyriques de 1959 à 1970, Decca propose une troisième et sans doute dernière pierre à la discographie de la Stupenda avec ce troisième volume consacré aux opéras enregistrés entre 1971 et 1988. Le coffret s&#8217;ouvre avec un &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/joan-sutherland-the-complete-decca-recordings-operas-1971-1988/"> <span class="screen-reader-text">Joan Sutherland, The Complete Decca Recordings Operas 1971-1988</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/joan-sutherland-the-complete-decca-recordings-operas-1971-1988/">Joan Sutherland, The Complete Decca Recordings Operas 1971-1988</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après l&rsquo;exceptionnel coffret consacré aux récitals de <strong>Joan Sutherland</strong> et au non moins grandiose coffret consacré <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/joan-sutherland-the-complete-decca-recordings-operas-1959-1970/">aux intégrales lyriques de 1959 à 1970</a>, Decca propose une troisième et sans doute dernière pierre à la discographie de la <em>Stupenda</em> avec ce troisième volume consacré aux opéras enregistrés entre 1971 et 1988.</p>
<p>Le coffret s&rsquo;ouvre avec un enregistrement de <em>Rigoletto</em> figurant parmi les meilleurs de la riche discographie de l&rsquo;ouvrage. Évitant les dérives véristes stylistiquement hors de propos (mais parfois bien excitantes il faut le reconnaitre), <strong>Richard Bonynge</strong> restitue à l&rsquo;ouvrage sa filiation belcantiste grâce à une distribution idéale de musicalité. Le chef australien restaure également les parties habituellement coupées à l&rsquo;époque (et qui le sont encore souvent aujourd&rsquo;hui) : cabalette du Duc à l&rsquo;acte II, reprises, cadences, etc. Ce parti ne se fait pourtant pas au détriment du caractère dramatique de l&rsquo;ouvrage, et cette version reste très théâtrale. <strong>Sherrill Milnes</strong> offre un Rigoletto magnifiquement abouti, moins plébéien que beaucoup de ses collègues, son chant ne se départissant jamais d&rsquo;une certaine noblesse. Son bouffon est d&rsquo;abord un homme blessé dont l&rsquo;amoralité a pour origine ces blessures même. L&rsquo;interprétation est d&rsquo;une passionnante complexité : à titre d&rsquo;illustration, on peut ainsi l&rsquo;entendre passer en un instant de l&rsquo;autorité (<strong>« </strong>Padre ti sono, e basti » / « Je suis ton père, cela suffit ») au doute (« Me forse al mondo temono, etc. » / « Il y a peut-être sur terre des gens qui me craignent, et des gens dont j’ai éveillé la rancune. D’autres me maudissent »). Un vrai travail d&rsquo;orfèvre mais qui ne tombe jamais dans un maniérisme extérieur. Cerise sur le gâteau, le baryton dispose d&rsquo;un aigu impressionnant culminant au si naturel sur sa <strong>« </strong>Maledizione! » finale. Séducteur et jouisseur, <strong>Luciano</strong> <strong>Pavarotti</strong> est un Duc irrésistible de beauté de timbre et de <em>morbidezza</em>. Avec Alfredo Kraus, plus aristocratique, et Carlo Bergonzi plus varié de couleurs, le <em>tenorissimo</em> complète la trinité des meilleurs interprètes du rôle. Dans la tranquillité du studio, le chanteur peut donner ici le contre ré de sa cabalette, note qu&rsquo;il évitait généralement à la scène. Joan Sutherland offre une Gilda pleine de nostalgie, de tristesse, de compassion ( son « Oh quanto dolor! » est à fondre). Démonstration de beau chant, son « Caro nome » pourrait être plus habité. Au dernier acte le soprano australien démontre en revanche de remarquables capacités dramatiques et il faut reconnaitre que le contre-ut interpolé juste avant que Gilda ne soit poignardée fait froid dans le dos. Le reste de la distribution est remarquable en particulier le Sparafucile de <strong>Marti Talvela</strong>. On notera aussi la présence <strong>Kiri Te Kanawa </strong>dans le court rôle de la Contessa di Ceprano, ce qui donne une idée de la richesse du casting.</p>
<p>Le second enregistrement de <em>Lucia di Lammermoor</em> de Sutherland est un autre incontournable de toute discothèque qui se respecte. Richard Bonynge restaure à nouveau la quasi-totalité des coupures traditionnelles, notamment les reprises et les codas (mais généralement sans variation, à l&rsquo;exception de celles du rôle-titre), les tonalités originelles, et la scène de Wolfcrag (déjà restituée dans la première version). Au risque de se répéter, on réaffirmera que Joan Sutherland est une Lucia inégalée, capable de restituer toutes la finesse des émotions de l&rsquo;héroïne par l&rsquo;art du chant, tout en y apportant urgence et dramatisme. Avec le soprano australien, les pyrotechnies vocales ne sont jamais gratuites mais au service de l&rsquo;expression du personnage. Comme dans <em>Rigoletto</em>, Luciano Pavarotti n&rsquo;a guère de rivaux (si ce n&rsquo;est les deux chanteurs déjà cités) : le ténor italien est ici proche de la perfection, avec une probité stylistique qu&rsquo;il n&rsquo;aura pas toujours plus tard dans sa carrière. C’est dans les rôles où l’on ne les attend pas que se révèle le génie des grands artistes : Sherrill Milnes est ainsi un Enrico exceptionnel, dramatique sans effets véristes (il semble trembler vraiment quand il dit <strong>« </strong>Io fremo! »). Son aisance dans l&rsquo;aigu lui permet d&rsquo;être le partenaire idéale de Joan Sutherland pour leur duo du deuxième acte, restitué à sa tonalité aiguë originale, avec la naturel et mi naturel conclusifs. <strong>Nicolaï Ghiaurov</strong> est un Raimondo de luxe, stylistiquement irréprochable, au timbre magnifique et au chant expressif, toujours dans le respect des règles belcantistes. Les <em>comprimari</em> sont excellents.</p>
<p>En 1971, quand Richard Bonynge s&rsquo;attaque à l&rsquo;enregistrement des <em>Contes d&rsquo;Hoffmann</em>, ni l&rsquo;éphémère et contestée version de Fritz Oeser (1976), ni celle de Michael Kaye (1987-1992) et encore moins celle de Jean-Christophe Keck (2010) ne sont connues. Le chef d&rsquo;orchestre australien est toutefois conscient des approximations de la version Choudens traditionnelle et va proposer la sienne, dans une optique de retour à la forme de l&rsquo;opéra-comique, c&rsquo;est-à-dire en supprimant les récitatifs apocryphes (on trouvera ici un excellent comparatif des différentes versions <a href="https://www.forumopera.com/v1/opera-n18/hoffmann.htm">sous la plume de notre collègue Christian Peter</a>). Sa version n&rsquo;est toutefois pas musicologiquement scrupuleuse : par exemple, le septuor avec chœur composé par Raoul Gunsbourg et orchestré par André Bloch pour la reprise de Monte-Carlo en 1904 est ainsi conservé, mais transformé en quatuor et déplacé de l&rsquo;acte de Venise à l&rsquo;épilogue pour renforcer le rôle de Stella. Grâce aux moyens phénoménaux de son épouse, Bonynge bénéficie d&rsquo;un interprète unique pour les quatre rôles féminins, à vue de nez sans compromis sur les tonalités par rapport aux traditions de l’époque. Cette unicité d&rsquo;interprète est d&rsquo;ailleurs conforme au projet initial d&rsquo;Offenbach. <strong>Plácido Domingo</strong> est un poète bien chantant, un peu générique d&rsquo;interprétation mais attachant, avec de ci de là quelques raffinements musicaux inhabituels comme l&rsquo;utilisation du registre mixte pour les passages plus élégiaques. <strong>Gabriel Bacquier </strong>s&rsquo;en donne à cœur joie dans les quatre rôles maléfiques où son sens du théâtre fait merveille. Il campe des personnages tour à tour inquiétants ou sardoniques, voire drôle (le pseudo accent juif utilisé dans les dialogues de Coppélius aurait toutefois du mal à passer de nos jours). Le baryton chante ici les versions traditionnelles de <strong>« </strong>J&rsquo;ai des yeux » et, dans la tonalité aiguë, le <strong>« </strong>Scintille diamant » ajouté par Gunsbourg, conclu par un fa dièse. <strong>Huguette Tourangeau</strong> n&rsquo;a pas grand-chose à chanter dans cette version mais offre une honorable <strong>« </strong>Poupée aux yeux d&rsquo;émail ». Joan Sutherland offre une diction et une prononciation française acceptable, avec des <strong>« </strong>r » assez roulés, un peu passé de mode aujourd&rsquo;hui. On aura connu des poupées aux variations plus délirantes (Natalie Dessay pour ne pas la citer) mais l&rsquo;incarnation du soprano australien reste réjouissante. L&rsquo;acte de Giulietta ne lui cause aucun problème en dépit de sa tessiture plus grave, et le quatuor de l&rsquo;épilogue est spectaculaire, couronné par un mi bémol du soprano. L&rsquo;incarnation d&rsquo;Antonia est superlative, pleine d&rsquo;émotion et de sensibilité. À l&rsquo;instar de sa Marguerite de <em>Faust, </em>chaque phrase mériterait d&rsquo;être citée pour la finesse de sa coloration. Dans les quatre valets, <strong>Hugues Cuénod</strong> est impeccable de drôlerie sans outrance. Sans être un artiste lyrique, <strong>Jacques Charon</strong> chante correctement mais son style contraste exagérément avec celui des trois rôles principaux : on est ici davantage dans le registre de l&rsquo;opérette que de l&rsquo;opéra. Il en va de même de sa composition un peu outrée, façon Michel Serrault dans <em>La cage aux folles</em>. La baguette de Richard Bonynge est ici plus à l&rsquo;aise dans le romantisme que dans la jovialité, avec quelques lourdeurs occasionnelles. Si l&rsquo;Orchestre de la radio Suisse Romande n&rsquo;appelle pas de réserves particulières, les différents chœurs réunis manquent un peu de corps, surtout côté ténors.</p>
<p>Si elle n&rsquo;avait pas rencontré Richard Bonynge, il est probable que Joan Sutherland se serait orientée vers un répertoire totalement différent, ses moyens lui permettant de servir sans problème les compositeurs véristes ou Wagner, comme en témoignent <a href="https://www.youtube.com/watch?v=_N13nhxM_-Q">ses premiers témoignages sonores</a>. Elle a d&rsquo;ailleurs enregistré un récital Wagner en 1979. Une démonstration éclatante en est faite avec cette version de <em>Turandot</em>, qui constitue l&rsquo;une des références de la discographie du dernier chef d&rsquo;œuvre de Puccini. Dès son air d&rsquo;entrée, Sutherland offre un personnage plus complexe que celui habituellement interprété par les interprètes classiques. Les premiers mots, « In questa regia », sont chantés comme un triste souvenir qui revient à la mémoire, avant que le discours de Turandot ne prenne une tournure plus vindicative. Le soprano australien alterne ainsi les moments d&rsquo;abandon et ceux de froideur. Une incarnation absolument indispensable qui renouvelait l&rsquo;interprétation impressionnante mais un brin monolithique de ses devancières. Contrairement à ce que l&rsquo;on pourrait imaginer, Luciano Pavarotti a peu chanté le rôle de Calaf sur scène : une série de représentations à San Francisco en 1977 et une autre au Met en 1997 et c&rsquo;est tout. Entre les coupes du monde, concerts des trois ténors et inauguration de supérettes dans la zone industrielle de Modène, personne sur la planète n&rsquo;a en revanche pu échapper à son « Nessun dorma », souvent transposé du reste. Le tenorissimo chante ici Calaf en ténor lyrique et on pourra lui préférer des formats plus héroïques, à la Franco Corelli par exemple. C&rsquo;est essentiellement affaire de goût : le Calaf de Pavarotti est absolument parfait. On serait déjà aux anges avec les deux interprètes précités : avec la sublime Liu de <strong>Montserrat Caballé</strong>, on côtoie encore plus l&rsquo;Olympe. Beauté du timbre, finesse des intentions, colorations subtiles, le soprano catalan est absolument divin. Le reste de la distribution est du même métal.<strong> Nicolai Ghiaurov</strong> est un Timur souverain. <strong>Peter Pears</strong> est luxe en Altoum, le ténor tirant le maximum de sa courte intervention avec une subtile théâtralité. L&rsquo;ensemble des autres rôles sont impeccablement tenus. <strong>Zubin Mehta</strong> assume le grand spectacle, avec quelques trouvailles ponctuelles mais sans jamais perdre de vue l&rsquo;arc dramatique. C&rsquo;est une direction opulente mais toujours énergique, conservant un excellent équilibre entre les forces orchestrales et le plateau vocal.</p>
<p>Si vous ne connaissez pas encore la seconde version d’<em>I Puritani</em> de Joan Sutherland, avec cette fois Luciano Pavarotti, laissez tomber immédiatement votre lecture et précipitez-vous sur cet enregistrement (le plus simple étant de faire l’acquisition du présent coffret). Les deux tourtereaux sont à leur zénith et cette intégrale est jusqu’ici indépassée, tant dans le registre de l&rsquo;émotion que dans la pyrotechnie vocale (tout serait à citer). Bien sûr, les puristes (et moi-même) y trouveront toujours quelque chose à redire, histoire de faire leur intéressant : en pure voix de tête, le contre-fa de Pavarotti dans « Credeasi misera » n&rsquo;est guère impressionnant ; hormis Sutherland, les autres interprètes ne font pas ou peu de variations ; les roulades de <strong>Piero Cappuccilli</strong> sont un peu précautionneuses et on le sent restreindre sa projection pour les exécuter, etc. Toutefois, si le baryton italien n’est pas, sur le papier, le spécialiste du belcanto requis, il sait parfaitement exprimer les sentiments de son personnage, même les plus délicats, par le jeu sur la coloration, sa capacité à alléger ou au contraire par l’amplitude de son souffle. Nicolaï Ghiaurov est un Giorgio de luxe (une fois de plus) et son duo avec Cappuccilli, « Suoni la tromba », est sans doute le plus électrisant de toute la discographie. Enfin, Richard Bonynge, qui rouvre une fois de plus la plupart des coupures, introduit l&rsquo;excitante cabalette finale aux origines compliquées (1).</p>
<p>Les enregistrements de <em>Maria Stuarda</em> ne courent pas les rues et celui-ci se situe aisément dans les sommets de la discographie. Joan Sutherland incarne le rôle-titre avec poésie et abandon et il n&rsquo;y a guère que les enregistrements sur le vif de Montserrat Caballé qui puissent venir la concurrencer, ainsi que le studio de Beverly Sills (mais les partenaires qu&rsquo;on y entend sont rarement du même niveau). « O nube! che lieve per l&rsquo;aria ti aggiri » est ainsi monument de beau chant et la cabalette qui suit « Nella pace del mesto riposo » montre que le soprano peut aussi exceller dans un registre plus véhément, contrastant avec le précédent. On admirera également la finesse des variations des reprises, excitantes mais sans être excessivement démonstratives. Enfin, Sutherland sait faire preuve du dramatisme nécessaire, en particulier dans sa scène d&rsquo;affrontement avec Elisabetta, « Figlia impura di Bolena » avec un « Vil bastarda  » qui fait froid dans le dos. La prière « Deh! Tu di un&rsquo;umile preghiera il suono » et la cabalette finale sont des sommets de l&rsquo;enregistrement, traditionnels sujets de débats passionnés entre les amateurs qui leur préfèrent la version de Montserrat Caballé et ceux qui vénèrent celle de Beverly Sills ! Luciano Pavarotti offre à nouveau une leçon de bel canto romantique. Tout y est : coloration, phrasé, gestion du souffle, nuances, urgence, suraigu aisé, le tout servi par un timbre d&rsquo;une beauté confondante, d&rsquo;autant que le rôle favorise ses plus belles notes. Huguette Tourangeau est une Elisabetta moins bien dotée vocalement, pas toujours suffisamment incisive pour son personnage (notamment dans la scène. Il est notoire que certains auditeurs ont une aversion certaine pour ses graves parfois trop poitrinés mais nous les trouvons quant à nous très efficaces. Ces réserves faites, le mezzo-soprano québécois tire son épingle du jeu d&rsquo;autant qu&rsquo;elle est plus à l&rsquo;aise dans les passages moins vindicatifs (« Vana è la tua preghiera » par exemple). <strong>Roger Soyer</strong> interprète Talbot avec intelligence et un chant bien coloré. Dans les rôles secondaires, on citera en Cecil <strong>James Morris</strong> : futur Wotan d&rsquo;exception. La direction de Richard Bonynge pourrait sans doute être un peu plus incisive et théâtrale mais reste élégante et raffinée.</p>
<p>Heureuses années 70 où il se trouvait un éditeur majeur pour enregistrer une rareté telle que l&rsquo;<em>Esclarmonde</em> de Jules Massenet (et quelques autres comme on le verra par la suite), et surtout des amateurs pour faire l&rsquo;acquisition du coffret. L&rsquo;ouvrage restant peu connu, il n&rsquo;est pas inutile d&rsquo;en résumer le livret. Acte I : Esclarmonde (Joan Sutherland), impératrice de Byzance (et sorcière), aime Roland (Giacomo Aragall), comte de Blois, mais croit que leur union est impossible. Sur le conseil de sa sœur Parséis (Huguette Tourangeau), elle utilise la magie pour le transporter chaque nuit sur une île enchantée, tout en cachant sa véritable identité derrière un voile. Elle lui remet une épée magique pour combattre les Sarrasins. Acte II : Roland remporte la victoire à Blois. Le roi de France Cléomer (Robert Lloyd) lui offre la main de sa fille, mais il refuse. Les moines et l&rsquo;Évêque de Blois (Louis Quilico), mis finalement au courant des escapades nocturnes, pratiquent un exorcisme sur Esclarmonde et lui arrachent son voile. La jeune femme, se considérant trahie, reproche à Roland son infidélité et s&rsquo;enfuit. L&rsquo;épée magique se brise. Acte III : Son père Phorcas (Clifford Grant) exige d&rsquo;Esclarmonde qu&rsquo;elle renonce à Roland sous la menace de lui retirer ses pouvoirs magiques et de faire tuer le jeune homme. Elle se soumet et demande à Roland de l’oublier. Acte IV : un tournoi est organisé pour offrir sa main. Le vainqueur, vêtu de noir, se nomme « Désespoir » et refuse la main de la jeune femme. Celle-ci reconnaît la voix : il s&rsquo;agit de Roland. Lorsque son voile est levé, ils tombent dans les bras l&rsquo;un de l&rsquo;autre et sont acclamés comme impératrice et consort. Jules Massenet a un peu abordé tous les styles. <em>Esclarmonde </em>est à la limite du grand opéra, très éloignée des <em>Werther, Manon </em>ou du pauvre <em>Don Quichotte</em> qui sont l&rsquo;ordinaire invariable des programmations routinières. On serait ici davantage dans la veine du <em>Cid</em>, ouvrage tout aussi injustement dédaigné. Joan Sutherland est une sorcière souveraine, mais aucune magie ne suffirait à rendre intelligible sa diction sacrifiée sur l&rsquo;autel de la beauté vocale ! Son « Esprit de l&rsquo;air ! Esprit de l&rsquo;onde ! » vaut toutefois à lui seul l&rsquo;achat d&rsquo;une chaîne stéréo destinée à assourdir tout le voisinage. On appréciera à l&rsquo;inverse l&rsquo;intelligibilité du texte chez Huguette Tourangeau, Parséis finement nuancée. <strong>Giacomo Aragall </strong>est un Roland au timbre coloré, au phrasé impeccable et au français très correct. Pour l&rsquo;anecdote, rappelons qu&rsquo;à l&rsquo;époque, le ténor catalan italianisait son vrai prénom, Jaime, parce qu&rsquo;il sonnait en italien comme le cri de désespoir de Mario dans Tosca : « Ahimé! ». <strong>Louis Quilico </strong>est un Évêque de Blois plein d&rsquo;autorité, alliant la solidité des voix américaines à l&rsquo;idiomatisme d&rsquo;un québécois d&rsquo;origine. <strong>Robert Lloyd </strong>est un Clémoer un peu trop nasal. <strong>Ryland Davies </strong>est un Énéas (le fiancé de Parséis) irréprochable. Richard Bonynge se révèle une fois de plus parfaitement à l&rsquo;aise dans l&rsquo;opéra romantique français.</p>
<p>L&rsquo;<em>Oracolo</em> est un ouvrage encore plus tard (et, à notre connaissance, le seul qui commence par le chant d&rsquo;un coq). Créé en 1905, l&rsquo;action se déroule à San Francisco, dans une fumerie d&rsquo;opium de Chinatown : elle est particulièrement ramassée puisqu&rsquo;en moins d&rsquo;une heure nous aurons droit à un kidnapping et deux meurtres. L&rsquo;intrigue vaut son pesant de riz collant. L’action se déroule le matin du Nouvel An chinois. Cim-Fen (Tito Gobbi), patron d’une fumerie d’opium, feint d’aimer Hua-Quî (Huguette Tourangeau) gouvernante de Hu-Tsin (Clifford Grant) afin de pénétrer dans la maison du riche marchand et de kidnapper son fils Hu-Ci. Parallèlement, Uin-San-Lui (Ryland Davies), fils du vieux savant Uin-Scî (Richard Van Allan), aime Ah-Joe (Joan Sutherland), la nièce de Hu-Tsin. Un oracle annonce un destin tragique pour l’enfant qui est effectivement enlevé par Cim-Fen. Il s&rsquo;introduit auprès du père éploré et lui promet de retrouver l&rsquo;enfant en échange de la main d&rsquo;Ah-Joe. Pas du tout d&rsquo;accord avec le deal, l&rsquo;amoureux dit qu&rsquo;il peut lui aussi sauver l’enfant en échange de la main d&rsquo;Ah-Joe. Mal lui en prend : il est rapidement assassiné par Cim-Fen. Ah-Joe sombre dans la folie (nous y voilà !). Uin-Scî jure de venger son fils (entracte). Attiré par des cris sous une trappe, Uin-Scî j retrouve l&rsquo;enfant kidnappé qu&rsquo;il rend à son père. Rencontrant Cim-Fen ivre, Uin-Scî l&rsquo;étrangle. D&rsquo;origine italienne, Franco Leoni a fait l&rsquo;essentiel de sa carrière en Grande-Bretagne. <em>L&rsquo;Oracolo</em> a été créé à Covent Garden (1905) puis repris au Metropolitan (1915) couplé avec <em>I</em> <em>Pagliacci</em>. En 1937 à San Francisco, la représentation de l&rsquo;ouvrage par une troupe itinérante fut l&rsquo;objet de protestations de la communauté chinoise : l&rsquo;ouvrage dut être précédé d&rsquo;un discours explicatif précisant qu&rsquo;il n&rsquo;était que de pur fiction et sans rapport passé ou actuel avec le vrai Chinatown (plus ça change, plus c&rsquo;est la même chose). Il faut reconnaitre qu&rsquo;il y a aussi un peu de quoi, non pas en raison de l&rsquo;intrigue mais de part la façon dont la foule des asiatiques est dépeinte, glapissante plutôt que chantante, scandant des « Wu-fèt, tan-hae, fu-lu, sam-ciau» caricaturaux, charabia qui ne veut rien dire du tout (nous avons vérifié). La musique est agréable sans être mémorable, avec des influences de Puccini bien sûr, mais aussi de Debussy. En fin de carrière, <strong>Tito Gobbi</strong> apparait bien fatigué avec un haut médium tiré (il va sur ses 62 ans) et a recours à des effets caricaturaux. Joan Sutherland n&rsquo;a que peu de chose à chanter (la scène de folie n&rsquo;en est pas vraiment une). <strong>Clifford Grant</strong> est bon interprète mais l&rsquo;émission est un peu trop nasale. Ryland Davies a une voix un peu légère mais le chant est élégant. Dans un répertoire où on ne l&rsquo;attendait pas, Richard Bonynge surprend par une direction idéalement dramatique. Le CD est complété avec la musique de scène composée par Leoni pour la pièce de James Bernard Fagan, <em>The Prayer and the Sword</em>, composition plutôt agréable.</p>
<p>Retour aux enregistrements de référence avec <em>Il Trovatore, </em>version à classer parmi les meilleures de la discographie. Richard Bonynge revient ici aux origines belcantistes de l&rsquo;ouvrage que la tradition a par la suite confié à des voix plus dramatiques. L&rsquo;œuvre s&rsquo;y prête et on pourra préférer Franco Corelli ou Leontyne Price dans cette optique. Les coupures sont restaurées codas, reprises avec variations, virtuose cabalette de Leonora à l&rsquo;acte III, interventions de la basse dans le chœur d&rsquo;entrée de l&rsquo;acte III. Surtout, les chanteurs respectent les difficultés de la partition telle qu&rsquo;elle a été écrite par Verdi. Le rare ballet (écrit pour la version de Paris) est également restitué (précisons que les premiers reports en CD ne le contenaient pas). Les amateurs de contre-notes seront également ravis. Le Manrico de Luciano Pavarotti est superbe de beau chant. Joan Sutherland est une Leonora atypique mais passionnante. Il en va de même de la frémissante Azucena de <strong>Marilyn Horne</strong>. <strong>Ingvar Wixell</strong> n&rsquo;est pas tout à fait à la hauteur du trio de tête mais on ne va pas chipoter. Enfin, Nicolaï Ghiaurov complète magnifiquement la distribution. La direction est réjouissante. Ajoutons que ces splendeurs musicales sont complétées pas un engagement dramatique intense. Inutile de s&rsquo;attarder : à écouter ou réécouter impérativement.</p>
<p><em>Lucrezia Borgia</em> est l&rsquo;un des très grands rôles de Joan Sutherland et, accessoirement, un opéra que l&rsquo;on ne donne pas assez souvent. Le rôle sied bien à la chanteuse à ce stade de sa carrière et, hors « pirates »,  on peut guère lui trouver que deux rivales : Montserrat Caballé (chez RCA mais surtout dans certains enregistrements sur le vif) et&#8230; Joan Sutherland elle-même captée en vidéo trois années plus tard au Covent Garden, avec Alfredo Kraus à ses côtés (1980). Le soprano australien sait là encore rendre les différents sentiments de cette héroïne complexe, à la fois empoisonneuse, mère et séductrice involontaire de son propre fils. Sa scène finale « Era desso il figlio mio » la voit sans égale. Giacomo Aragall offre un Gennaro élégant et nuancé, malheureusement sans les libéralités d&rsquo;Alfredo Kraus dans le registre aigu (Sutherland doit se sentir bien seule avec son contre-ut dièse à la fin du prologue ou son contre-ut à la fin du duo de l&rsquo;acte I). Le ténor catalan chante toutefois avec vaillance la scène alternative « Partir degg&rsquo;io&#8230; T&rsquo;amo qual dama un angelo » judicieusement rétablie par Bonynge. Marilyn Horne est un Orsini magnifique dont chaque intervention se déguste avec une gourmandise coupable. Ingvar Wixell chevrote un peu en Alfonso mais fait preuve d&rsquo;une belle autorité. Peu rompu aux exercices belcantistes, il ne fait pas de variations dans les reprises mais rajoute un beau sol dièse en fin de cabalette. La direction de Richard Bonynge est idéale. Le chef australien fait un peu son marché dans les différentes versions de l&rsquo;ouvrage : pas de cabalette après l&rsquo;air d&rsquo;entrée (celle-ci fut écrite pour Giulia Grisi pour la création parisienne en 1840 et venait remplacer le second couplet de l&rsquo;air d&rsquo;entrée), l&rsquo;air de Gennaro mentionné plus haut (composé cette fois pour Nicola Ivanoff qui créa en 1838 une version acceptée par la censure sous le titre improbable d&rsquo;<em>Eustorgia da Romano</em> !), rondo final avec reprise (le <em>da capo</em> était initialement non prévu par Donizetti car anti-musical), et autres adaptations à la marge.</p>
<p>Les extraits en anglais de <em>Die lustige Witwe</em> (<em>The Merry Widow</em>) sont fort sympathiques à condition de savoir faire abstraction de la langue anglaise. Les arrangement de Richard Bonynge font d&rsquo;ailleurs davantage penser à de la comédie musicale qu&rsquo;à de l&rsquo;opérette. Joan Sutherland semble beaucoup s&rsquo;amuser et son enthousiasme est communicatif, démontrant qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de petite musique pour une grande chanteuse. <strong>Werner Krenn</strong> est un Danilo aux moyens plutôt limité mais sympathique. On peut en dire autant du Camille de<strong> John Brecknock</strong>. <strong>Graeme Ewer</strong> en Njegus restitue l&rsquo;esprit de l&rsquo;opérette. L&rsquo;immense <strong>Regina Resnik</strong> fait une apparition remarquable en troisième grisette, Zo-zo ( « Et moi ! »). La direction de Richard Bonynge est pleine d&rsquo;entrain.</p>
<p>Au chapitre de l&rsquo;opérette, on regrettera et on s&rsquo;étonnera que la version en anglais de<em> Die Fledermaus</em> avec les troupes de l&rsquo;Australian Opera (Anson Austin, Robert Gard, Monique Brynnel, Heather Begg, Anne-Maree McDonald, Graeme Ewer), captée sur le vif en 1982, ne soit pas incluse dans ce coffret censément intégral, alors qu&rsquo;elle fut disponible chez l&rsquo;éditeur en 33 tours, puis CD et même en VHS. Le fait est d&rsquo;autant plus étonnant que l&rsquo;enregistrement est mentionné à plusieurs reprises dans le livret qui accompagne le coffret.</p>
<p><em>Suor Angelica</em> est une surprenante réussite dans une approche modérément vériste (comme version de référence, on choisira Renata Scotto). Mais même avec une interprétation dénuée de débordements dramatiques, la chanteuse australienne sait nous émouvoir, n&rsquo;hésitant pas, une fois n&rsquo;est pas coutume, devant certains <em>parlando</em> ou des graves poitrinés. Globalement, sa Suor Angelica est pleine de retenue : c&rsquo;est un choix qui s&rsquo;accorde du reste avec les origines aristocratiques de l&rsquo;héroïne. Sa scène avec <strong>Christa Ludwig</strong>, celle-ci d&rsquo;une froideur hautaine, sans histrionisme, est une vraie réussite, les deux artistes se complétant parfaitement. Le « Senza mamma » est chanté sans excès mais avec d&rsquo;ultimes notes bouleversantes et le finale prend aux tripes. Le reste de la distribution réunit le gratin du chant britannique des années 70. La direction de Richard Bonynge est tour à tour délicate et dramatique. Une version atypique à connaitre si l&rsquo;on apprécie ce splendide ouvrage. L&rsquo;enregistrement est complété par un étonnant et splendide « Vissi d&rsquo;arte » extrait de <em>Tosca</em>, où la chanteuse témoigne d&rsquo;une incroyable aisance, avec une homogénéité unique sur l&rsquo;ensemble de la tessiture et une interprétation d&rsquo;une délicate sensibilité.</p>
<p><em>Le Roi de Lahore </em>de Jules Massenet est une autre curiosité bienvenue de cette compilation. L&rsquo;ouvrage est déjà le quinzième du compositeur mais force est de reconnaitre que les quatorze opéras précédents n&rsquo;ont pas laissé beaucoup de traces, à part éventuellement <em>Don César de Bazan</em> ou <em>L&rsquo;Adorable Bel-Boul</em> connus de quelques spécialistes du compositeur stéphanois. La plupart sont mêmes inachevés, inédits ou perdus. Massenet s&rsquo;attaque ici au grand opéra et l&rsquo;intrigue est encore plus étonnante que celle d&rsquo;<em>Esclarmonde</em>. Acte I : Scindia (Sherrill Milnes), ministre du roi Alim (Luis Lima), est amoureux de Sita (Joan Sutherland), prêtresse du temple, et qui est aussi sa nièce. Il demande au grand prêtre Timour (James Morris) de la relever de ses vœux, affirmant qu&rsquo;elle a déjà un amant secret. Sita avoue son amour à Scindia mais refuse de dévoiler l&rsquo;identité du jeune homme qu&rsquo;elle aime. Les prêtres exigent qu&rsquo;elle chante la prière du soir pour attirer celui-ci qui n&rsquo;est autre que le roi (et fils de Timour). Alim est condamné à expier sa faute en prenant la tête de l&rsquo;armée contre l&rsquo;envahisseur musulman. Scindia pense déjà à comploter contre lui. Acte II : Sita attend le retour d&rsquo;Alim du combat, mais l&rsquo;armée a été vaincue Scindia s&rsquo;est mis au service de l&rsquo;envahisseur pour prendre la place du roi. Alim meurt dans les bras de Sita (on coupe l&rsquo;alim). Scindia usurpe le trône et emmène Sita prisonnière. Acte III (au paradis !) : Alim pleurniche auprès du dieu Indra : Sita lui manque. Indra accepte de renvoyer Alim sur terre, mais sous les habits d&rsquo;un individu quelconque et méconnaissable. Il vivra aussi longtemps que Sita, et les deux amants mourront au même moment. Acte IV :  Sita se lamente. Alim arrive à Lahore mais personne ne le reconnait. Timour voit en lui un visionnaire inspiré. Acte V : Sita a fui le mariage forcé avec Scindia. Les deux amants se retrouvent enfin. Scindia survient et les menace. Sita se poignarde. Les deux amants sont réunis au paradis. Musicalement, on réitérera les observations faites au sujet d&rsquo;<em>Esclarmonde.</em> La partition manque sans doute de tubes immédiatement mémorables. On trouve en 78 tours un grand nombre de versions de l&rsquo;air de Scindia « Promesse de mon avenir », mais la pièce à disparu du répertoire des barytons. La musique est toutefois riche et opulente, d&rsquo;un exotisme séduisant, avec de nombreuses scènes impressionnantes, notamment au niveau du traitement des chœurs. <strong>Sherrill Milnes</strong> est un Scindia expressif, aux accents dramatiques variés, toujours bien chantant, au français bien articulé. L&rsquo;intelligence du texte et la justesse de l&rsquo;expression sont d&rsquo;autant plus remarquables qu&rsquo;il semble que le baryton américain n&rsquo;avait jamais chanté le rôle auparavant. <strong>Joan Sutherland </strong>fait des efforts d&rsquo;articulation, mais sa prononciation n&rsquo;est pas toujours très claire, du moins à la première écoute. On retrouve ses qualités habituelles dans l&rsquo;opéra français, mélange de finesse poétique et de dramatisme incisif. Le registre suraigu est peu sollicité mais Joan Sutherland ajoute quand même un spectaculaire contre ré à la fin de l&rsquo;acte II.  <strong>Luis Lima</strong> est un Alim au français impeccable (le meilleur de toute la distribution), bien chantant, auquel ne manque qu&rsquo;un timbre moins blanc et un soupçon d&rsquo;héroïsme. <strong>James Morris</strong> est un Timour impressionnant quoiqu&rsquo;un peu nasal. <strong>Huguette Tourangeau</strong> voit rétablie sa longue sérénade « Repose, ô belle amoureuse », coupée à l&rsquo;Opéra, qui lui. permet d&rsquo;exprimer une belle musicalité. Nicolaï Ghiaurov n&rsquo;apparait qu&rsquo;au Paradis, avec une impressionnante scène, « Qu&rsquo;il soit lui ! qu&rsquo;il ne soit plus lui ! ». L&rsquo;enregistrement arrive toutefois un peu tard dans sa carrière. La direction de Richard Bonynge est bien dans le style, mais il lui manque un orchestre plus incisif dans les scènes les plus animées.</p>
<p>En 1979, pour ce nouvel enregistrement de <em>La Traviata</em>, la voix de Joan Sutherland s&rsquo;est épaissie. Cette seconde Violetta n&rsquo;a pas la voix d&rsquo;une pure jeune fille (était-ce d&rsquo;ailleurs le cas ?) mais la maturité a apporté une nouvelle dimension à cette interprétation, notamment pour le duo avec Germont. La version reste néanmoins essentiellement un écrin pour les voix. Le « Sempre libera » est confondant de virtuosité, avec des variations inédites proprement stupéfiantes (une dizaine de contre-ut et un ut dièse piqués avant le mi bémol final). « Addio del passato » reste en revanche un peu trop extérieur. Luciano Pavarotti campe un Alfredo au timbre solaire, bien chantant mais sans raffinements excessifs. On a un peu l&rsquo;impression qu&rsquo;il s&rsquo;écoute chanter. <strong>Matteo Manuguerra</strong> est le seul à vraiment faire du théâtre. Certes le timbre est un peu ingrat, mais le baryton français d&rsquo;origine italienne nuance avec intelligence, variant par exemple les couleurs dans les deux couplets de son « Di Provenza » ce que même des belcantistes renommés comme Renato Bruson ne font pas, même sous la baguette de Riccardo Muti ! L&rsquo;orchestre de Bonynge est ample et somptueux. Au global, une version pour les oreilles plutôt que pour le cœur, mais qui s&rsquo;écoute de toute façon avec plaisir, davantage pour ses splendeurs vocales que pour l&rsquo;émotion qui s&rsquo;en dégage.</p>
<p>On fera la même analyse pour la seconde version de <em>La Sonnambula</em>. Avec une voix devenue plus lourde, Joan Sutherland y est moins idoine que dans la première version tout en restant une belcantiste incomparable, colorant chaque intervention avec une extrême intelligence. Les variations des reprises sont audacieuses et parfaitement exécutées et les suraigus jubilatoires, mais l&rsquo;innocente jeune fille n&rsquo;est pas vraiment là. Luciano Pavarotti est ici moins séduisant que dans <em>I Puritani</em>. Ses accents manquent un peu de subtilités. Certains sons, artificiellement enflés, donnent un peu l&rsquo;impression que le tenorissimo se caricature lui-même. Les suraigus sont moins spectaculaires. S&rsquo;il y a bien les nombreux contre-ut du « Prendi: l&rsquo;anel ti dono », ils manquent de <em>squillo</em>, et d&rsquo;autres contre-notes plus ou moins traditionnelles sont esquivées (pas de contre-ré dans « Ah! perché non poco odiarti » <a href="https://youtu.be/FQC9FbpKp_k?t=43">comme ici</a> ou <a href="https://youtu.be/mrz7kAusC88?t=186">encore ici</a>). Reste un timbre magnifique, un beau phrasé, une vraie coloration. Nicolaï Ghiaurov est un Rodolfo magnifique, d&rsquo;une grande finesse musicale. Les autres rôles sont très corrects. La version a l&rsquo;extrême avantage de restaurer beaucoup de pages habituellement coupées (reprises, points d&rsquo;orgue, codas&#8230;). La baguette de Bonynge est un peu moins vive que d&rsquo;habitude. Orchestre et chœurs sonnent un peu lourd : plus longue d&rsquo;environ 25 minutes que les versions traditionnelles, cette <em>Sonnambula</em> doit être goûtée en plusieurs fois pour éviter l&rsquo;indigestion.</p>
<p>Si la version du <em>Beggar’s Opera</em> de Richard Bonynge a le mérite d&rsquo;avoir contribué à la redécouverte de l&rsquo;ouvrage, elle n&rsquo;est pas sans défaut. Il s&rsquo;agit déjà d&rsquo;une version plus proche du XIXᵉ siècle que du XVIIIᵉ, avec une instrumentalisation concoctée par Richard Bonynge (incluant piano et saxophone !) dans un style plus proche de Broadway (ou plutôt West End) <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/the-beggars-opera-thire-encanaillez-vous/">que de celui des Arts Florissants</a>. L&rsquo;ouverture est vive et plaisante, presque trop opulente. Les différents numéros sont bien animés, tantôt chantés par des acteurs-chanteurs (<strong>Angela Lansbury</strong> par exemple), tantôt par des voix lyriques (<strong>Kiri Te Kanawa</strong>, somptueuse) et encadrés par des dialogues parlés avec une sorte d&rsquo;accent cockney. Toutefois, si, individuellement, les artistes sont irréprochables, on ne peut pas dire que la sauce prenne vraiment. Joan Sutherland a relativement peu à chanter. Une curiosité.</p>
<p><em>I Masnadieri</em> fait partie des opéras mal aimé de Verdi, pour des raisons assez peu compréhensibles : sans atteindre les chefs d&rsquo;œuvre de la maturité du compositeur, l&rsquo;ouvrage offre son comptant de mélodies, de moments dramatiques et de scènes excitantes. Avant cet enregistrement de 1983, la discographie officielle est relativement faible, à peu près uniquement constitué de la version de Lamberto Gardelli dont la battue lymphatique a du mal à susciter l&rsquo;intérêt malgré une belle distribution. <strong>Franco Bonisolli</strong> est ici un Carlo athlétique, aux suraigus généreux, toujours bien chantant avec un authentique phrasé verdien, <a href="https://www.forumopera.com/les-fous-chantants-9-le-plus-fou-de-tous/">qui fait mentir sa légende noire</a>. Joan Sutherland est ici dans une forme exceptionnelle dans un rôle qui correspond pleinement à l&rsquo;évolution de sa voix. Déprimé ? Rien de tel que d&rsquo;écouter son « Carlo vive ? » pour vous remonter le moral ! Rappelons que le rôle avait été créé à Londres par Jenny Lind, le <em>rossignol suédois</em> étant une interprète renommée de <em>La</em> <em>Sonnambula. </em>Matteo Manuguerra est peut-être enregistré un peu tard mais son métier et ses moyens lui permet de camper un Francesco ardent, avec un vrai impact dramatique et un suraigu impérial. <strong>Samuel Ramey</strong> vient compléter la distribution avec un Massimiliano incisif et noir d&rsquo;un impact exceptionnel. La direction très théâtrale de Richard Bonynge bénéficie d&rsquo;un orchestre du Welsh National Opera rompu à la scène et apporte l&rsquo;élan indispensable aux premiers ouvrages verdiens. Indispensable.</p>
<p><em>Hamlet</em> est une autre résurrection majeure, première version studio moderne de l&rsquo;ouvrage d&rsquo;Ambroise Thomas et référence d&rsquo;un ouvrage longtemps injustement négligé. Sherrill Milnes est un Hamlet exceptionnel, d&rsquo;une immense intelligence dramatique et d&rsquo;un art du chant absolument unique dont l&rsquo;incarnation est absolument incontournable. Joan Sutherland est une Ophélie pleine de poésie nostalgique, à la virtuosité impeccable mais surtout authentiquement émouvante. <strong>Gösta Winbergh</strong> est un Laërte de luxe, au style et au français parfait. <strong>James Morris</strong> est un Claudius noir et royal de prestance. <strong>Barbara Conrad</strong> est d&rsquo;un beau dramatisme, mais au prix d&rsquo;un style un peu débraillé. Si le mezzo américain ne s&rsquo;économise guère, le rôle est un peu à la limite de ses moyens. Le ballet qui précède la scène de folie d&rsquo;Ophélie est ici restitué. Richard Bonynge sait alterner la mélancolie des scènes les plus sombres et l&rsquo;énergie nécessaire pour éviter une ambiance excessivement neurasthénique.</p>
<p>Joan Sutherland  avait enregistré une première <em>Norma</em> légendaire en 1964 (publiée en 1965). L&rsquo;intérêt d&rsquo;une seconde version 20 ans plus tard soulevait l&rsquo;interrogation, et beaucoup considérait que le soprano risquait gros en se confrontant à son propre souvenir. La présence de Montserrat Caballé, exceptionnelle Norma elle aussi dans les années 60-70, mais en Adalgisa cette fois laissait tout aussi perplexe alors que la chanteuse avait depuis longtemps opté pour un répertoire plus dramatique. Et le miracle vint. Les deux chanteuses sont plutôt en état de grâce et offrent ici une version passionnante, très différente de la première. Les voix des deux chanteuses s&rsquo;accordent idéalement et le soprano catalan retrouve même ses notes filées légendaires. Par ailleurs, après avoir enregistré <em>Norma</em> dans sa tonalité aiguë, Sutherland chante ici la tonalité traditionnelle : c&rsquo;est ici une Norma plutôt mère que jeune fille. Les deux versions se complètent donc. Luciano Pavarotti est un Pollione plus lyrique que baryténor mais on s&rsquo;en moque car il est divin. Samuel Ramey est tout simplement le meilleur Oroveso de la discographie. Rappelons que ni Caballé, ni Pavarotti, ni Ramey n&rsquo;avaient (sauf erreur de notre part) jamais chanté ces rôles auparavant. La prise de son est superlative. Forte d&rsquo;une longue expérience de l&rsquo;ouvrage, la direction de Richard Bonynge est idéalement théâtrale.</p>
<p>L&rsquo;enregistrement de <em>Rodelinda</em> arrive un peu tard dans la carrière de Joan Sutherland : non pas tant que les années aient passé sur sa voix, que parce que le style de Richard Bonynge est désormais démodé face à la révolution du chant baroque qui s&rsquo;est, entre temps opérée. L&rsquo;esthétique est ici celle du belcanto romantique (on est quelque part entre Rossini et Bellini) et non celle du belcanto au sens historique du terme (Haendel et Cie). L&rsquo;ouvrage est chantée comme une tragédie en musique, un peu hiératique, avec beaucoup d&rsquo;ampleur. Joan Sutherland est incroyable de facilité technique, jamais en défaut devant les difficultés de la partition, toute emprunte d&rsquo;une douce nostalgie pleine de poésie. Dramatiquement marmoréenne, elle est avant tout reine, plutôt que femme passionnée. <strong>Alicia Nafé</strong> est un Bertarido dramatiquement à l&rsquo;unisson, au chant soigné, à la vocalise aisée, plus dans la réserve de la noblesse que dans l&rsquo;engagement dramatique. Le jeune <strong>Curtis Rayam</strong> offre également en Grimoaldo un chant aisé d&rsquo;une belle noblesse, avec un timbre agréable. <strong>Isobel Buchanan</strong> est une Eduige bien chantante, au timbre personnel, moiré. Huguette Tourangeau sait trouver quelques beaux accents tragiques mais le mezzo canadien n&rsquo;est pas dans son répertoire et ses moyens sont diminués, avec des vocalises appliquées et des reprises de souffle intempestives. Samuel Ramey est absolument exceptionnel tant vocalement que dramatiquement, méchant inquiétant mais jamais caricatural, miracle de beau chant et contrepoids théâtral de ses partenaires. La direction de Richard Bonynge est cohérente avec le parti choisi, et l&rsquo;enregistrement s&rsquo;écoute avec plaisir malgré une certaine uniformité stylistique (Ramey excepté). Toutefois, le style interprétatif est désormais très éloigné de l&rsquo;évolution moderne de l&rsquo;interprétation de ce répertoire.</p>
<p>Pour son <em>Anna Bolena</em>, Joan Sutherland, dont on notera ici une diction très claire, offre l&rsquo;habituel festival belcantiste allié à une interprétation dramatiquement convaincante. À l&rsquo;occasion, l&rsquo;émission semble toutefois un peu sur la réserve : on la connaitra plus investie et nettement plus excitante à l&rsquo;occasion de ses représentations d&rsquo;adieux à Londres l&rsquo;année suivante, en 1988. Samuel Ramey est musicalement sublime et dramatiquement odieux, d&rsquo;une noirceur idéale : on n&rsquo;a clairement jamais chanté le rôle aussi bien. Souffle, suraigu, trilles, vocalises : ténor essentiellement lyrique, <strong>Jerry Hadley</strong> est un peu gêné aux entournures dans un rôle où il aurait fallu un Rockwell Blake. <strong>Suzanne Mentzer</strong> est une Giovanna vibrante et sensible. <strong>Bernadette Manca Di Nissa</strong> est un Smeton au timbre profond et riche. L&rsquo;orchestre manque un peu d&rsquo;allant. La version proposée rétablit les pages habituellement coupées.</p>
<p>Enregistré en 1987, cet <em>Ernani</em> est longtemps resté dans les tiroirs. On n&rsquo;en sait pas vraiment la raison : quand on l&rsquo;interrogeait sur le sujet, Joan Sutherland prenait une mine circonspecte et répondait : « En tout cas, ce n&rsquo;est pas moi qui m&rsquo;y oppose ». Elle ajoutait parfois « Demandez à Luciano ». Selon d&rsquo;autres sources, le titre n&rsquo;aurait pas été assez vendeur (pourtant, avec une telle affiche&#8230;). On s&rsquo;attendait donc à une catastrophe quand l&rsquo;enregistrement fut enfin publié en 1998, soit plus de 10 ans après les séances d&rsquo;enregistrements. Ce fut une divine surprise. Luciano Pavarotti brille ici dans tout son éclat, campant un Ernani ardent et magnifiquement chantant. Il le chante en authentique belcantiste, avec lyrisme et poésie, probablement plus près du style du créateur du rôle, Carlo Guasco, dont la voix était qualifiée de plus douce que robuste : il avait entre autres créé les parties ténors d&rsquo;<em>I Lombardi alla prima crociata</em> (le rôle d&rsquo;Oronte, également chanté par Pavarotti) et Attila. En ce sens, le tenorissimo est très éloigné de l&rsquo;ardeur martiale décomplexée (mais vraisemblablement hors style) d&rsquo;un Mario Del Monaco ou d&rsquo;un Franco Corelli, titulaires néanmoins particulièrement excitants du rôle. Ses efforts sont d&rsquo;autant plus méritoires que le chanteur avait abandonné progressivement le belcanto romantique pour des ouvrages plus dramatiques. Joan Sutherland est sans doute la seule interprète enregistrée à rendre pleinement justice aux difficultés de la partition : celle-ci réclame une technique vocale parfaite, et bien des interprètes trop <em>spinto</em> sont obligées de la simplifier. Le rôle avait été créé par Sophie Löwe, qui chanta <em>Nabucco, Lucrezia Borgia, Linda di Chamounix, I Lombardi, Attila</em> et dont Verdi voulait pour la création de <em>Macbeth</em>.   <strong>Leo Nucci</strong> est également très fidèle au modèle du créateur de Carlo qui s&rsquo;illustra essentiellement dans le belcanto romantique :<em> Il Barbiere di Siviglia, Roberto Devereux, Beatrice di Tenda, Parisina, Lucia di Lammermoor</em>, etc. La voix du baryton italien mêle ici autorité et noblesse de la ligne. <strong>Paata Burchuladze</strong> est également très proche de l&rsquo;interprète original qui chantait les rôles de basse dans <em>Attila, Nabucco, Macbeth</em>, <em>La Favorite</em>, etc. et qui déploie un timbre d&rsquo;une splendide noirceur. Le quatuor offre ainsi un éventail de timbres caractérisés et se complétant idéalement, allié à une technique vocale assurée et à un bel engagement dramatique. En ce qui concerne les voix masculines, il ne manque que quelques variations dans les reprises, mais on sait qu&rsquo;elles sont souvent problématiques chez Verdi. Sous la baguette énergique de Richard Bonynge, cet <em>Ernani</em> est particulièrement roboratif et, cerise sur le gâteau, sans doute le plus proche des intentions du compositeur.</p>
<p>Ultime enregistrement d&rsquo;intégrale par Joan Sutherland, <em>Adriana</em> <em>Lecouvreur</em> connut quelques soucis. Luciano Pavarotti était sans doute plus intéressé par les méga-concerts que par un opéra où il n&rsquo;a pas le premier rôle : il arriva non préparé aux sessions d&rsquo;enregistrements et on dût finir par rompre son engagement après neuf prises insatisfaisantes d&rsquo;un même duo. Quelques années plus tôt, José Carreras aurait pu interpréter le rôle de Maurizio mais la leucémie l&rsquo;écarta à l&rsquo;époque des scènes et des studios. Finalement, c&rsquo;est un <strong>Carlo Bergonzi</strong> de 65 ans qui vint sauver l&rsquo;enregistrement. En dépit de ses ressources techniques, le ténor italien ne peut masquer l&rsquo;usure de ses moyens, en particulier un aigu exagérément tendu et une tendance à placer la voix dans le nez quand ça ne veut pas passer autrement. Il y a le métier, un phrasé unique, une belle musicalité et, de la part d&rsquo;un interprète assez monolithique en scène, un sympathique engagement dramatique, mais c&rsquo;est incontestablement trop tard. On n&rsquo;attendait pas vraiment Joan Sutherland dans ce rôle quoiqu&rsquo;elle l&rsquo;ait chanté à la scène. Son interprétation est musicalement impeccable (un « Io son l&rsquo;utile ancella » d&rsquo;entrée évanescent même sans pianissimo final) et dramatiquement irréprochable, notamment sa scène finale de l&rsquo;acte III où l&rsquo;on sent monter la fureur initialement contenue. Le « Poveri fori » du dernier acte est très émouvant. Globalement une interprétation de grande qualité, certes pas au niveau de celles de Renata Scotto ou Montserrat Caballé, mais digne d&rsquo;être prise en considération. <strong>Cleopatra Ciurca</strong> est une Princesse de Bouillon correcte, un peu tendue dans l&rsquo;aigu toutefois, et on a connu de interprètes plus inquiétantes. Leo Nucci est le meilleur Michonnet de la discographie, personnage noble et plein d&rsquo;humanité. <strong>Michel Sénéchal</strong> est époustouflant en Abbé (que ne l&rsquo;a-t-on fait davantage enregistrer ces rôles de caractère !). <strong>Francesco Ellero d&rsquo;Artegna</strong> se voit restituer un court arioso au début de l&rsquo;acte III, avant l&rsquo;arrivée d&rsquo;Adriana. La scène ne dure que 2 minutes mais elle permet de comprendre le déroulement ultérieur puisque, devant son épouse et l&rsquo;Abbé, le Prince y rappelle ses talents de chimiste amateur et la découverte d&rsquo;un poison, lequel sera utilisé par la Princesse pour tuer Adriana à l&rsquo;acte suivant. Pourquoi cette coupure traditionnelle ? Rappelons qu&rsquo;Eugène Scribe, auteur du drame qui inspira l&rsquo;opéra de Cilea, était le chantre de la <em>pièce bien faite</em> : quelle que soit la complexité de l&rsquo;ouvrage, aucunes péripéties ne devaient rester inexpliquées au final. Merci encore Richard Bonynge.</p>
<p>Comme après l&rsquo;écoute des précédents coffrets, on reste sonné devant tant de merveilles. Et même si on pourrait ergoter sur certains témoignages tardifs, une chose reste sure : même à leur crépuscule, les dieux restent des dieux. Rappelons enfin qu&rsquo;on célèbrera le centenaire de la <em>Stupenda</em> le 7 novembre 2026.</p>
<ol>
<li>
<pre>La musicologie de ce répertoire progresse à coup de redécouvertes de documents oubliés ou négligés. Jusqu’au milieu du XXe siècle, les représentations d’<em>I Puritani</em> se terminent assez abruptement : l’air d’Arturo « Credeasi misera » est suivi d’un chœur auquel se joignent les deux principaux protagonistes. Cependant, des éditions du livret comportent un duo final, ce dont on déduit qu’il a été coupé peu de temps avant la création de l’ouvrage. Alors que Bellini prépare la première au Théâtre italien de Paris, il travaille également sur son adaptation pour Naples : l’ouvrage doit être créé au San Carlo par Maria Malibran. Cette dernière étant mezzo, les tonalités sont descendues pour être adaptées à sa tessiture. Cette version comporte de nombreuses autres modifications. En particulier, le dernier air d’Arturo (« Credeasi misera ») est adapté pour... Elvira ! Il est suivi d’une cabalette virtuose « Ah sento o mio bell'angelo » dont le texte est quasi identique à celui du duo final coupé à Paris. On peut logiquement en conclure que la musique en devait être la même avant la coupure parisienne. Suite au décès prématuré du compositeur, et à celui non moins dramatique de la cantatrice un an plus tard, cette version ne sera jamais donnée au XIXe siècle. Elle subsiste toutefois dans les archives (dans une version forcément inachevée vue les circonstances). Richard Bonynge aurait redécouvert cette partition à Catane et aurait eu l'idée de compléter la version parisienne traditionnelle avec cette polonaise finale, moyennant une tonalité réhaussée pour rester cohérent avec la musique qui précède. À l'occasion des représentations de Palerme en 1961, sous la direction de Tulio Serafin, Joan Sutherland a pu créer cette polonaise, avec le succès que l'on imagine. En toute rigueur musicologique, la partition de la cabalette napolitaine aurait dû servir à recréer le duo coupé mais, soit que Bonynge n’ait pas eu connaissance du livret avant coupures, soit que le ténor ne fut pas à la hauteur, soit plus probablement qu’il eut voulu réserver un ultime moment de bravoure à son épouse, la cabalette réhaussée fut donc chantée par Elvira seule. Elle a été interprétée ainsi par les plus grandes Elvira, outre Joan Sutherland : Beverly Sills, Edita Gruberova (la première fois sous la direction de Bonynge), June Anderson ou encore Jessica Pratt. Mariella Devia ne semble l’avoir chanté qu’à Catane en 1989 (on vous laissez deviner qui dirigeait...). On a pu entendre le duo enfin restitué <a href="https://vk.com/video371470145_456239391?t=2h47m45s">à l’occasion des représentations bolognaises de 2009</a> (avec Juan Diego Flórez et Nino Machaidze sous la baguette de Michele Mariotti). Pour découvrir la version Malibran, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=JqOLiqE7s8A">il faudra se contenter des représentations de 1986 au Teatro Petruzzelli de Bari</a>, assez mal défendues par une Katia Ricciarelli en fin de carrière (et qui n’a jamais été mezzo), aux côtés de Chris Merritt.</pre>
</li>
</ol>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/joan-sutherland-the-complete-decca-recordings-operas-1971-1988/">Joan Sutherland, The Complete Decca Recordings Operas 1971-1988</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>DONIZETTI, Maria Stuarda &#8211; Salzbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-maria-stuarda-salzbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 Aug 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=196694</guid>

					<description><![CDATA[<p>Quelques roulement de timbale et le rideau s’ouvre sur un décor minimaliste et dépouillé, constitué de deux plateaux tournants, inclinés par rapport au sol, et qui pourraient représenter deux roues de la fortune, l’une anglaise et l’autre écossaise, dont les destins vont se nouer ici. Un troisième cercle, disposé au-dessus des deux autres comme le &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-maria-stuarda-salzbourg/"> <span class="screen-reader-text">DONIZETTI, Maria Stuarda &#8211; Salzbourg</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-maria-stuarda-salzbourg/">DONIZETTI, Maria Stuarda &#8211; Salzbourg</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Quelques roulement de timbale et le rideau s’ouvre sur un décor minimaliste et dépouillé, constitué de deux plateaux tournants, inclinés par rapport au sol, et qui pourraient représenter deux roues de la fortune, l’une anglaise et l’autre écossaise, dont les destins vont se nouer ici. Un troisième cercle, disposé au-dessus des deux autres comme le couvercle d’une huitre, servira en effet en fin de programme à enfermer la reine d’Ecosse dans son tragique destin. C’est grandiose, ça rempli l’énorme plateau du <em>Grosses Festspielhaus</em>, ce qui est déjà un gageure en soi, et ça permet des mouvements subtils, comme de marcher sans jamais avancer, ou de reculer sans faire un pas, mais la première émotion passée, que reste-t-il ?  Les choix esthétiques du metteur en scène <strong>Ulrich Rasche</strong> sont d’une radicalité intransigeante, tout en noir et blanc (enfin surtout en noir…) loin de toute représentation qui pourrait évoquer la richesse de la cour élisabéthaine ou la grandeur austère de la prison de Fotheringhay. Cette vision toute conceptuelle et dépouillée, peine à apporter de la profondeur à l’intrigue, les images proposées, au lieu de plonger dans l’intimité des personnages, les figent dans une suite de tableaux à la froideur clinique, laissant rapidement une impression d’ennui désincarné. Dieu sait pourtant que cette intrigue, où se mêlent rivalité politique et rivalité amoureuse entre deux femmes d’une égale détermination est propice à l’exacerbation des sentiments. Et c’est bien ce qu’a cherché Donizetti, en plein Romantisme, en allant puiser chez Schiller un tel sujet.</p>
<p>Le décor étant posé, qu’en est-il de la direction d’acteurs ? Elle semble parfois hésitante à incarner la passion et la rivalité qui animent les deux héroïnes. Marie et Élisabeth, dans cette production, apparaissent plutôt comme des archétypes que comme les figures complexes imaginées par Schiller. Les hésitations d’Elisabeth, jouet de ses différents conseillers, sont peu perceptibles, et les duels vocaux, qui devraient être des moments de tension dramatique, deviennent de redoutables joutes vocales, brillantes, certes, mais surtout techniques. L’émotion, pourtant au cœur de l’œuvre, semble mise de côté au profit d’une virtuosité froide. Les confrontations entre les deux reines manquent de feu, et toute la dernière partie qui conduira Marie vers une mort acceptée et préparée, manque d’intensité.</p>
<p>Sur le plan musical, l’orchestre, montre peu de relief ou d’audace. L’œuvre qui dans ses meilleures versions est un cheminement progressif vers une sorte de fin hallucinée, est vue ici de façon un peu sage, certes brillamment défendue par un orchestre attentif, mais guère enclin à prendre des risques. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/08_maria_stuarda_c_sf_monika_rittershaus_226-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-196697"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Monika Rittershaus</sup></figcaption></figure>


<p> </p>
<p>C’est donc du côté de la distribution qu’il faut aller chercher les principales qualité de cette production, et là, on n’est pas déçu ! <strong>Lisette Oropesa</strong> brille de mille feux dans le rôle-titre. La voix est somptueusement belle dans tous les registres, le timbre riche et clair, la virtuosité sans faille. Tout au plus pourrait-on souhaiter un engagement dramatique plus complet, ce que la mise en scène ne favorise pas. Toute la fin de l’œuvre, sorte de montée du calvaire, propre à faire frémir le spectateur et musicalement construite pour aboutir au climax de l’exécution, est ici accompagnée d’un ballet de 18 danseurs au trois quarts nus, tenue aussi inattendue qu’inadaptée dans un château anglais, une chorégraphie esthétisante, une touche sensuelle complètement décalée, comme sortie du temps et hélas bien loin de renforcer le drame qui se noue autour du destin de la malheureuse reine d’Ecosse.</p>
<p>Quant à <strong>Kate Lindsey</strong>, la soprano qui chante Élisabeth, elle possède elle aussi un splendide instrument vocal, et une magnifique technique, mais son interprétation manque un peu de variété dans les nuances émotionnelles. Engagée, dès qu’on a dépassé l’épisode du mariage français, dans le registre de la colère et de la vengeance – qui conviennent parfaitement à sa voix parfois une peu dure –, elle ne parvient pas à créer la tension palpable qui devrait exister entre les deux rivales, par manque de confrontation directe, c’est semble-t-il un parti pris de la mise en scène qui les situe toutes deux sur des plateaux différents. Elles s’observent mais ne se rencontrent pas.</p>
<p>Révélation de la soirée, le jeune ténor venu d’Ouzbékistan <strong>Bekhzod Davronov</strong>, second prix du concours Operalia en 2021, faisait ses débuts dans le rôle de Leicester. Voix magnifique, parfaitement homogène et d’une grande solidité, grande taille et physique de <em>latin lover</em> très engageant, ce jeune homme semble avoir tout ce qu’il faut pour mener une belle carrière. Déjà repéré par l’opéra de Dallas, puis plus près de chez nous par celui de Dresde, il participait à Salzbourg ce printemps à un concert de gala donné en l’honneur de Placido Domingo. C’est une prise de rôle parfaitement réussie, une performance vocale et scénique qui inspire le respect et l’admiration ; nul doute qu’il fera encore beaucoup parler de lui.</p>
<p>Les trois autres rôles, la basse russe <strong>Aleksei Kulagin</strong> (Talbot), le solide baryton américain <strong>Thomas Lehman</strong> (Cecil) et la délicieuse soprano géorgienne <strong>Nino Gotoshia</strong> (Anna Kennedy) sont tous trois d’excellents choix et complètent heureusement la distribution.</p>
<p>Les chœurs, quant à eux, sont  impeccables sur le plan vocal, mais peu intégrés dans l’action scénique de sorte que leur prestation semble déconnectée d’une intrigue qui pourrait les impliquer plus directement.</p>
<p>En somme, bien qu’elle présente des moments de beauté grandiose et des interprètes de talent, cette mise en scène peine un peu à rendre hommage à la richesse dramatique de l’œuvre. L’ambition de moderniser la pièce – ou de la rendre intemporelle par le biais d’une abstraction formelle et d’une distanciation esthétisante – laisse le spectateur sur sa faim. L’émotion, qui devait être au cœur de cette tragédie, se trouve souvent étouffée par des choix esthétiques et une direction d’acteurs trop rigide. Le public de Salzbourg, très attaché à la performance des chanteurs, a dès lors très généreusement salué leurs prestations par de longs applaudissements.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-maria-stuarda-salzbourg/">DONIZETTI, Maria Stuarda &#8211; Salzbourg</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>DONIZETTI, Trilogie Tudor &#8211; Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-trilogie-tudor-geneve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Jun 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=166874</guid>

					<description><![CDATA[<p>On devrait tout faire deux fois. Revoir un spectacle, en l’occurrence un opéra, c’est comme revoir un film ou relire un livre. Le temps a passé, on ne respire plus le même air, les interprètes ont évolué, tout est différent, on se souvient de certaines choses, pas d’autres, on ne va plus fiévreusement du début &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-trilogie-tudor-geneve/"> <span class="screen-reader-text">DONIZETTI, Trilogie Tudor &#8211; Genève</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-trilogie-tudor-geneve/">DONIZETTI, Trilogie Tudor &#8211; Genève</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On devrait tout faire deux fois. Revoir un spectacle, en l’occurrence un opéra, c’est comme revoir un film ou relire un livre. Le temps a passé, on ne respire plus le même air, les interprètes ont évolué, tout est différent, on se souvient de certaines choses, pas d’autres, on ne va plus fiévreusement du début à la fin, l’architecture en devient limpide.</p>
<p>À plus forte raison quand il s’agit d’une trilogie. En l’occurrence d’une trilogie Tudor. Qu’évidemment Donizetti n’a pas conçue en tant que telle, les trois opéras étant venus l’un après l’autre, au hasard des livrets et des commandes. Sinon, allez savoir, il aurait peut-être inventé le leitmotiv…<br />Non, un seul point commun entre eux, Elizabeth 1ère. Personnage formidablement théâtral (ou cinématographique, cf. Bette Davis ou Helen Mirren), virtuellement présent dans <em>Anna Bolena</em> (sa mère), puis au sommet de sa cruauté (et de son désarroi amoureux) dans <em>Maria Stuarda</em>, enfin au déclin de sa vie (et de ses amours) dans <em>Roberto Devereux</em>. Et si certaines chanteuses ont chanté et/ou enregistré les trois reines (on pense à Beverly Sills, Montserrat Caballe ou Edita Gruberova), l’idée d’en faire un ensemble est, croyons-nous, inédite, en tout cas rare.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="661" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20221215_GE_MARIA_STUARDA_GTG©Monika_Rittershaus_344-1024x661.jpeg" alt="" class="wp-image-166887"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Stéphanie d&rsquo;Oustrac et Elsa Dreisig dans Maria Stuarda © Magali Dougados</sub></figcaption></figure>


<p>C’est un répertoire où bien sûr tout tient par l’interprétation. Voici quelques semaines, justement, on avait vu <em>Roberto Devereux</em> et on avait été tellement été impressionné par la performance d’<strong>Elsa Dreisig</strong>, qu’on désirait revenir aussi pour elle.</p>
<p>Sans oublier <strong>Stéphanie d’Oustrac</strong> et <strong>Edgardo Rocha</strong>, embarqués dans l’aventure de ces trois opéras montés en trois saisons par le Grand Théâtre de Genève et d’emblée pensés comme un tout.</p>
<h4><strong>Des leitmotives visuels</strong></h4>
<p>Pas de leitmotives musicaux, on le disait. <strong>Marianne Clément</strong>, la metteuse en scène, et son inséparable <strong>Julia Hansen</strong>, à qui l’on doit décors et costumes, les ont remplacés en somme par des leitmotives visuels.</p>
<p>Qui, à revoir les trois opéras en une semaine (sacrée performance des interprètes), prennent tout leur sens. Certaines images qui pouvaient passer pour des coquetteries deviennent structurantes, contribuant à faire dialoguer chaque opéra avec les deux autres.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/21-22_GENERALE_PIANO_211014_GTG©MAGALI_DOUGADOS-0278-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-166880"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Elsa Dreisig et la jeune Elisabeth dans Anna Bolena © Magali Dougados</sub></figcaption></figure>


<p>Ces images obsessionnelles, ce sont d’abord, incarnées par deux figurantes, celles de la reine. On la voit petite jeune fille (longues tresses rousses) et on la voit surtout telle que l&rsquo;imagerie l’a inscrite dans les mémoires : visage plâtré, front rasé, vertugadin, grande robe de cour, arpentant la scène telle une apparition, image de la solitude, de la mélancolie, de l’amertume, du passage du temps, hantant les trois opéras, semblant parfois se dédoubler, le personnage de légende s’incarnant et se désincarnant tour à tour, dans un jeu de miroir obsédant –&nbsp;il y a d’ailleurs beaucoup de miroirs.</p>
<p>Récurrente aussi, l’image du billot : dès l&rsquo;ouverture de chacun des opéras, apparait le chœur, masse noire de mauvaise augure s’écartant pour révéler le sinistre bloc de bois prémonitoire.</p>
<h4><strong>L’innocence et la mort</strong></h4>
<p>Aussi présent que celui de la mort inéluctable, le thème de l’innocence, symbolisée par la longue chemise blanche d’Anna Bolena, identique à celle de Maria Stuarda au moment de mourir, la même – et c’est plus étonnant –&nbsp;que celle d’Elisabetta, apparaissant éperdue, errant dans une forêt enneigée, peu avant qu’elle ne comprenne qu’elle a été doublement trahie par son amant Roberto Devereux et son amie intime, Sara, duchesse de Nottingham, et qu’elle ne les condamne tous deux à la hache du bourreau.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20240529_GENERALE_ROBERTO_DEVEREUX_GTG-C-DOUGADOS_MAGALI_MG_0580-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-164607"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Elsa Dreisig © Magali Dougados</sub></figcaption></figure>


<p>Cette longue chemise blanche, on la voit aussi, portée par l’Elisabetta enfant et l’Elisabetta décrépite, qui, leurs longs cheveux défaits, traversent parfois, images du désespoir, de l’échec ou de la folie, les forêts de bouleaux (réelles ou projetées sur des écrans) suggèrant Hampton Court ou Windsor.</p>
<p>De grands lambris d’un bleu aquamarin, où viennent tourner (<em>Anna Bolena</em>) ou glisser (<em>Maria Stuarda</em> et <em>Roberto Devereux</em>) d’obsédantes clairières, printanières ou automnales, que traversent des chasseurs (la chasse, c’est la présence subliminale du père, Henry VIII, d’où la foison récurrente de trophées ou de bois de cerf, autres figures de la mort), un jeu élégant de bruns et de bleus que viennent assombrir les noirs (mais non moins élégants) costumes du chœur des courtisans, de style Tudor dans <em>Anna Bolena</em> puis de plus en plus contemporains à mesure qu’on avance dans la trilogie.</p>
<h4><strong>Paradis de l’enfance</strong></h4>
<p>Seule vision qui garde quelque chose d’idyllique : les grands panneaux peints d’<em>Anna Bolena</em>, féeriques comme une tapisserie aux « mille fleurs ». C’est la forêt d’une enfance rêvée pour la fille d’Anna Bolena. Une forêt où pointent soudain leur bec deux gros canaris d’un jaune éclatant, incongrus et furtifs, image qui, bien plus tard, dans <em>Roberto Devereux</em>, aura son symétrique : un oiseau mort que recueillera la petite fille, et qu’elle enveloppera dans le foulard brodé qui aura scellé le destin de l’amant d’Elisabetta.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20221215_GE_MARIA_STUARDA_GTG©DOUGADOS_MAGALI__E8A3124-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-166884"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Stéphanie d&rsquo;Oustrac dans Maria Stuarda avec le futur Jacques 1er © Magali Dougados</sub></figcaption></figure>


<p>Dans cette forêt de l’enfance, on aura aperçu aussi, vision furtive non moins belle, cette petite fille se coucher sur l’énorme hure d’un cerf décapité, comme une nouvelle prémonition de toutes les têtes qui tomberont, d’un opéra à l’autre.</p>
<h4><strong>Une femme de pouvoir</strong></h4>
<p>On n’en finirait plus d’énumérer les jalons que pose la mise en scène au fil des trois opéras, mais on notera encore qu’au début d’<em>Anna Bolena</em> on voit l’éphémère épouse d’Henry VIII poser pour un peintre, et qu’au début de <em>Roberto Devereux</em> c’est Elisabetta qu’on verra se faire portraiturer. Comme pour souligner une obsession très moderne (et politique) de l’image que la metteuse en scène veut mettre en avant. <br />Ainsi l’Elisabetta de <em>Maria Stuarda</em> apparaît-elle curieusement vêtue d’une étrange redingote dorée qui lui donne l’aspect de quelque cigale et les cheveux coupés court et plaqués, très « executive woman », comme pour gommer toute féminité et affirmer que « la femme est un homme de pouvoir comme les autres » (on cite là Mariame Clément).</p>
<p>Autre citation : « La mise en scène, ce n’est pas du remplissage ; il faut parfois faire preuve de simplicité et, paradoxalement, c’est quelque chose qui vient avec l’expérience ». Et <strong>Stefano Montanari</strong>, le chef d’orchestre, d’abonder dans le même sens : « La simplicité, c’est-à-dire être expressif et clair, c’est ce qui est le plus dur à trouver dans la musique. Parfois il faut quand même vingt ans de carrière pour arriver à comprendre qu’il n’y a rien à faire, à part ‘juste’ chanter le texte. »</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20221215_GE_MARIA_STUARDA_GTG©DOUGADOS_MAGALI__E8A2700-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-166882"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Stéphanie d&rsquo;Oustrac et Elsa Dreisig dans Maria Stuarda © Magali Dougados </sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Émotion pure, et purement musicale</strong></h4>
<p>Car, oui, au final, l’essentiel, c’est bien la pure émotion musicale qui s’impose, et la performance des interprètes. Elsa Dreisig en tête. À l’époque de la première <em>Anna Bolena</em>, en 2021, Forum Opera, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/anna-bolena-geneve-lenfance-dune-reine/">sous la plume de Clément Mariage</a>, avait suggéré qu’elle ne convainquait «&nbsp;que par intermittences&nbsp;», et c’est aussi le souvenir que nous en avions gardé.</p>
<p>Plus rien de tel ici. Au fil des trois opéras, on ne cessera d’être impressionné par une maîtrise constante de toutes les embuches techniques tendues par Donizetti aux créatrices des rôles, Giuditta Pasta ou Giuseppina Ronzi de Begnis. Coloratures, trilles, vocalises et autres cadences, tout cela pourrait n’être que virtuosité pure. Mais c’est bien l’intense émotion qu’elle dégage qui fait le prix de ces performances.</p>
<p>On ne reviendra pas sur <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-roberto-devereux-geneve/">son impressionnante composition dans <em>Roberto Devereux</em></a>, la vieillarde hallucinée qu’elle dessine dans la scène finale, habitant chaque note. On a le sentiment qu’Elsa Dreisig a trouvé là quelque chose, une manière de donner chair à la musique, qui lui permet de revisiter son Anna Bolena, qui sonne tout autrement qu’en 2021. On le perçoit dès son air du premier acte «&nbsp;Come, innocente giovane&nbsp;», par une certaine couleur pathétique et par les coloratures sur «&nbsp;lusingar&nbsp;» de la cabalette, impeccables parce que dans le sentiment. Art purement belcantiste, qui allie paradoxalement la virtuosité (ces notes hautes aériennes !) et une profonde mélancolie.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/21-22_GENERALE_PIANO_211014_GTG©MAGALI_DOUGADOS-0671-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-166881"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Edgardo Rocha et Elsa Dreisig dans Anna Bolena © Magali Dougados</sub></figcaption></figure>


<p>Ce qui est très passionnant, dans ce jeu sur les couleurs de la voix, cette maîtrise de la ligne, c’est que Dreisig les associe à une construction très fine de ses personnages : la fragilité et la sincérité d’Anna, la dureté conquise de l’Elisabetta de <em>Maria Stuarda</em>, le vieillissement de l’Elisabetta de <em>Roberto Devereux</em>, chancelante et hagarde.</p>
<h4><strong>d’Oustrac non moins impressionnante</strong></h4>
<p>Non moins inspirée, Stéphanie d’Oustrac prête à Giovanna Seymour des couleurs pathétiques (servies par l’autorité de la ligne musicale et une impressionnante projection), et une attitude constamment penchée, comme pour en faire une effigie du malheur, face à l’Enrico (Henry VIII) d’une solidité de bronze d’<strong>Alex Esposito</strong>, grand spécialiste du rôle auquel il confère une autorité, des accents furieux, parfois quelques failles subtiles, et sa native <em>italianitá</em> appuyée sur une diction mordante.</p>
<p>On ne reviendra pas sur le pari d’inverser, pour <em>Maria Stuarda</em>, la répartition vocale habituelle entre soprano I et soprano II. À Elsa Dreisig, soprano Iyrique, est confié le rôle d’Elisabetta, souvent dévolu à des voix dramatiques (Eileen Farrell, Shirley Verrett…) tandis que celui de Maria, habituellement dévolu à un soprano colorature, est confié à Stéphanie d’Oustrac qui est un vrai mezzo.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/21-22_ANNA_BOLENA_PRE_GENERALE_211014_GTG©MAGALI_DOUGADOS-0654-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-166875"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>D&rsquo;Oustrac, Dreisig et la jeune Elisabetta dans Anna Bolena © Magali Dougados</sub></figcaption></figure>


<p><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-maria-stuarda-geneve-une-gageure-pas-vraiment-tenue/">Si on avait été déconcerté de ce parti pris en 2022</a>, il n’en est plus rien. D’un point de vue dramaturgique, cette option a même cette conséquence intéressante que l’équilibre des deux personnages, Elisabetta et elle, en est renversé. Étrangement le personnage fort, ici c’est Maria, alors qu’elle est en principe la victime de l’acariâtre souveraine. Laquelle a beau revêtir une défroque masculine et à l’occasion une cuirasse dorée, elle n’en semble pas moins dominée par la reine d’Écosse à la féminité surjouée.<br>Il faut dire que d’Oustrac, déchaînée, lui prête, là encore, une fierté, une âpreté terrassantes. D’ailleurs à la fin de l’opéra, Elisabetta disparaît du paysage. Une fois la sentence de mort tombée, elle laisse le terrain à Maria pour la célèbre prière, climax d’émotion : d’Oustrac, par son engagement, en fait un sommet de dramatisme, allant chercher ses notes hautes les plus térébrantes pour survoler le chœur, porté par la baguette ardente de Stefano Montanari. Quant à son ultime air, «&nbsp;Ah ! se un giorno da questa ritorte&nbsp;», il perd en séraphisme tout ce qu’il gagne en tragique, en grandeur, en désespoir.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20221215_GE_MARIA_STUARDA_GTG©Monika_Rittershaus_342-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-166886"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Stéphanie d&rsquo;Oustrac dans Maria Stuarda © Magali Dougados</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Laisser respirer</strong></h4>
<p>L’autre moment essentiel de <em>Maria Stuarda</em>, c’est la terrible confrontation de la fin de la première partie entre les deux reines, le grand sextuor avec chœur, « E sempre la stessa », qui culmine sur l’insulte suprême « Figlia impura di Bolena » lancée avec fureur par d’Oustrac. S’il fait monter les deux chanteuses jusqu’aux confins de leurs voix, c’est, jusqu’à l’<em>accelerando</em> de la strette, un de ces moments où la direction, exaltante jusqu’au débridé, de Montanari soulève de vastes houles d’émotion. Il est juste de dire que le premier final de <em>Roberto Devereux</em> (comme d’ailleurs son impeccable ouverture) bénéficient de représentations toutes récentes, et sont d’une netteté d’exécution incomparable. À l’évidence, les musiciens de l’<strong>Orchestre de la Suisse Romande</strong> sont suspendus à la baguette et au doigt impérieux du chef italien, qui sait aussi laisser respirer cette musique, qui a besoin d’air pour planer à son aise. Le <strong>chœur du Grand Théâtre de Genève</strong> constamment sollicité, et impliqué dans le jeu, est comme toujours d’une cohésion, d’un velouté merveilleux sous la direction de <strong>Mark Biggins</strong>. On n’en prendra pour seul exemple que le très beau chœur d’entrée du deuxième acte « L’ore trascorrono, surse l’aurora », dans <em>Roberto Devereux</em>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20240529_GENERALE_ROBERTO_DEVEREUX_GTG-C-DOUGADOS_MAGALI_MG_0389-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-166894"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Nicola Alaimo et Elsa Dreisig dans Roberto Devereux © Magali Dougados</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Formidable Nicola Alaimo</strong></h4>
<p>Du côté des clés de <em>fa</em>, et non moins éclatant qu’Alex Esposito, on redira à quel point<strong> Nicola Alaimo</strong> est formidable dans le rôle du Duc de Nottingham : que ce soit dans la bonté ou dans la fureur, il déploie une ampleur et une humanité, une puissance grandioses. Massif, imposant, il fait sonner une voix immense, à la démesure de la générosité et de la violence du personnage. Le moment où il découvre qu’il a été trompé à la fois par son épouse et par son ami n’aura d’égal en désarroi que celui où la vieille reine comprendra qu’elle aussi aura été doublement bernée par la Duchesse et par son amant.</p>
<p>Comme Dreisig et d’Oustrac, <strong>Edgardo Rocha</strong> sera des trois opéras. Tour à tour, il sera Ricardo Percy, Roberto, comte de Leicester et Roberto Devereux, comte d’Essex, et fera des trois rôles, sans doute sur les indications de la metteuse en scène, des personnages assez légers, plutôt immatures, un peu veules, mettant à leur service un timbre clair de ténor lyrique, aux aigus parfois un peu tirés, comme à la fin de <em>Maria Stuarda</em>. Il faudra attendre <em>Roberto Devereux</em> pour que Donizetti, dans l’air de la prison «&nbsp;Come uno spirto angelico&nbsp;», lui offre l’occasion de déployer sa voix dans toute sa vigueur.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20240529_GENERALE_ROBERTO_DEVEREUX_GTG-C-DOUGADOS_MAGALI_MG_0008-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-166888"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Edgardo Rocha et Elsa Dreisig dans Roberto Devereux © Magali Dougados</sub></figcaption></figure>


<p>Comme s’il s’agissait de trois premières, on vit à la fin de chacun des trois opéras Mariame Clément venir saluer avec tous les interprètes, et recueillir sa juste part de l’enthousiasme du public.</p>
<p>Nous avons vu des caméras dans la salle et des forêts de micros dans la fosse. À l’évidence, on verra un jour ou l’autre cette belle Trilogie vivre d’une autre vie.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-trilogie-tudor-geneve/">DONIZETTI, Trilogie Tudor &#8211; Genève</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>DONIZETTI, Maria Stuarda — Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-maria-stuarda-geneve-une-gageure-pas-vraiment-tenue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Dec 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-maria-stuarda-geneve-une-gageure-pas-vraiment-tenue/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Anna Bolena la saison dernière, cette saison-ci Maria Stuarda, la saison prochaine Roberto Devereux, le Grand Théâtre de Genève a décidé d’offir la trilogie Tudor de Donizetti en trois ans, ambitieux projet servi par la même équipe artistique, Mariame Clément et Julia Hansen pour les mises en scène et scénographie, Elsa Dreisig et Stéphanie d’Oustrac &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-maria-stuarda-geneve-une-gageure-pas-vraiment-tenue/"> <span class="screen-reader-text">DONIZETTI, Maria Stuarda — Genève</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-maria-stuarda-geneve-une-gageure-pas-vraiment-tenue/">DONIZETTI, Maria Stuarda — Genève</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Anna Bolena</em> la saison dernière, cette saison-ci <em>Maria Stuarda</em>, la saison prochaine <em>Roberto Devereux</em>, le Grand Théâtre de Genève a décidé d’offir la trilogie Tudor de Donizetti en trois ans, ambitieux projet servi par la même équipe artistique, Mariame Clément et Julia Hansen pour les mises en scène et scénographie, Elsa Dreisig et Stéphanie d’Oustrac pour les rôles féminins principaux et Edgardo Rocha pour les rôles de ténor.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/20221215_ge_maria_stuarda_gtg_c_monika_rittershaus_315.jpg?itok=PgH_gjYd" title="Elsa Dreisig, Stéphanie D'Oustrac et Edgardo Rocha © Monica Rittershaus" width="468"><br />
Elsa Dreisig, Stéphanie d&rsquo;Oustrac et Edgardo Rocha © Monica Rittershaus</p>
<p>C’est <strong>Elsa Dreisig</strong>, soprano, qui chantait le rôle d’Anna Bolena dans la production 2021, tandis que&nbsp; Stéphanie d’Oustrac, mezzo-soprano, chantait celui de Giovanna Seymour. La répartition entre soprano 1 et soprano 2 était celle voulue par Donizetti. Avant de revenir à cette tradition pour <em>Roberto Devereux</em>, les deux chanteuses ont choisi cette fois-ci d’inverser la proposition : c’est Elsa Dreisig qui chante le rôle d’Elisabetta, prévu pour un soprano 2, tandis que celui de Maria Stuarda, où s’illustrèrent les Beverly Sills, Edita Gruberova, Joan Sutherland ou Montserrat Caballé, toutes sopranos aux voix aériennes, est chanté dans cette production par le vrai mezzo qu’est <strong>Stéphanie d’Oustrac</strong>. C’est un défi, évidemment.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/20221215_ge_maria_stuarda_gtg_c_dougados_magali_e8a2700.jpg?itok=cJmicvsz" title="Stéphanie D'Oustrac et Elsa Dreisig © Magali Dougados" width="468"><br />
Stéphanie d&rsquo;Oustrac et Elsa Dreisig © Magali Dougados</p>
<p>Commençons par le positif : visuellement c’est une très belle production. Il y a de la poésie dans cette scénographie, conçue comme une manière d’installation forestière. Par un système de plateaux glissants, on évolue des appartements d’Elisabetta, ouverts sur de vastes perspectives de frondaisons, qui selon les moments passeront d’ambiances froides à d’autres rougeoyantes et automnales, au parc du château de Fotheringay, séjour où Maria Stuarda demeure recluse, et alors un petit bois apparaît sur scène, bucolique et frais. C’est là qu’on verra surgir les chasseurs accompagnant la Reine d’Angleterre venue visiter celle de France et d’Ecosse. Un grand cadre de scène bleu (le même que pour <em>Anna Bolena</em>) enferme l’action et la met à distance en la théâtralisant.</p>
<p>C’est <strong>Julia Hansen</strong> qui a dessiné ces espaces, que magnifient les éclairages délicats d’<strong>Ulrik Gad</strong>. L’esprit est le même que celui d’<em>Anna Bolena</em>. L’alter ego de <strong>Mariame Clément </strong>est aussi l’autrice des costumes des chœurs, résolument Tudor, privilégiant un noir élégant, tous de grande allure.</p>
<p>Les deux Reines sont un peu moins gâtées : Elisabetta, vue comme résolument masculine, ou cherchant à s’affirmer (elle succède à Henry VIII), est dotée d’abord d’une sorte de redingote dorée dont les pans font penser aux élytres d’un insecte, puis d’une chasuble ajustée, sur des pantalons genre treillis, à quoi sera bientôt ajoutée une cuirasse. Sa coiffure, une manière de casque de cheveux blonds d’<em>executive woman</em>, achève de la durcir, selon le principe que «&nbsp;la femme est un homme de pouvoir comme les autres&nbsp;», comme le dit le programme de salle.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="302" src="/sites/default/files/styles/large/public/20221215_ge_maria_stuarda_gtg_c_monika_rittershaus_344.jpg?itok=EjsOwZDT" title="Stéphanie D'Oustrac, Elsa Dreisig et la petite Agathe Liechti © Monika Rittershaus" width="468"><br />
Stéphanie d&rsquo;Oustrac, Elsa Dreisig et la petite Agathe Liechti © Monika Rittershaus</p>
<p>L’Elisabeth 1ère de l‘imagerie traditionnelle apparaît sous l’aspect de deux figurantes, d’abord en petite jeune fille, puis telle que l’iconographie de la «&nbsp;reine vierge&nbsp;» l’a fixée à jamais, vaste front, visage plâtré, robe à vertugadin.<br />
Quant à Maria Stuarda, vue d’abord dans une robe quasi de pauvresse, puis enveloppée dans un plaid évidemment écossais, elle ira à la mort dans une liliale longue chemise de condamnée ou de sainte, d’ailleurs très belle.</p>
<p>Le chœur, comme toujours à Genève, est absolument merveilleux, précis, rond, équilibré, ample, magistralement mis en place par <strong>Alan Woodbridge</strong>. De surcroît, il est demandé aux membres du <strong>Chœur du Grand Théâtre</strong> de danser au cours des premières scènes une noble chorégraphie de danses de cour (parfois bizarrement entrecoupées de mouvements chaloupés pour bal du samedi soir…). Ils s&rsquo;en acquittent honorablement.</p>
<p>Quant à la mise en scène proprement dite, elle est d&rsquo;un sage classicisme, un peu statique même, soignant de belles images et attentive à une sobre direction d&rsquo;acteurs. Tout cela est élégant, modéré, vaguement languide.</p>
<p><strong>L&rsquo;inversion des voix</strong></p>
<p>Revenons-en à ce parti pris d’inverser la répartition vocale. Il est très compréhensible que la gageure en ait été tentée. Pour voir ce que ça donnerait&#8230; Ce qui est curieux, c’est d’avoir persévéré.<br />
On peut imaginer que Donizetti, voulant souligner quelle femme de pouvoir est Elisabetta, cruelle et cynique, avait choisi à dessein pour elle une voix plus lourde, plus ample, on allait écrire plus mâle… Et en somme c’est bien ainsi que la metteuse en scène la dessine.<br />
Tandis que la douloureuse Maria Stuarda, recluse puis condamnée, chante éperdument sa douleur, dans les hauteurs de la tessiture de soprano, comme toutes les malheureuses victimes d’à peu près tous les opéras de la création.<br />
Double caractérisation vocale qui est en somme l’esprit même du bel canto.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/20221215_ge_maria_stuarda_gtg_c_dougados_magali_e8a2893.jpg?itok=JrDXOMHn" title="Stéphanie D’Oustrac © Magali Dougados" width="468"><br />
Stéphanie d’Oustrac © Magali Dougados</p>
<p>Stéphanie d’Oustrac, dont le parcours s’est d’abord épanoui dans le baroque, aborde déjà depuis quelque temps d’autres répertoires, de Charlotte à Concepción, en passant par Rosina et Béatrice, sans oublier sa Carmen, maintes fois reprise. Giovanna Seymour avait été sa première approche du répertoire belcantiste, qui avait <a href="https://www.forumopera.com/anna-bolena-geneve-lenfance-dune-reine">presque convaincu l&rsquo;un de nos amis</a>.<br />
Elle prête à Maria Stuarda des accents émouvants, une sincérité dans l’expression et une noblesse en scène, une fierté douloureuse qui touchent au cœur. Mais ce qu’on entend n’a pas grand chose à voir avec le rôle tel qu’il est écrit musicalement. On s’étonne parfois de sons très étranges, notamment au début de seconde partie, comme si la chanteuse était obligée de prendre une octave plus bas des notes qu’elle ne peut atteindre dans le haut, et qui du coup deviennent trop basses. Des sons de gorge, une intonation souvent indécise, des vocalises pour le moins raides… L’auditeur est mal à l’aise lui aussi.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/20221215_ge_maria_stuarda_gtg_c_monika_rittershaus_325.jpg?itok=oWIjWp16" title="Elsa Dreisig © Monika Rittershaus" width="468"><br />
Elsa Dreisig © Monika Rittershaus</p>
<p>Dans le rôle d’Elisabetta, Elsa Dreisig qui est un vrai soprano est certes moins en difficulté. La tessiture de la reine d’Angleterre descend jusqu’au <em>do</em>, ce qui est parfaitement dans ses cordes, mais on a parfois le sentiment que la chanteuse s’épuise à rester constamment dans le bas de sa voix. On ne peut lui dénier une conduite vocale soignée, un legato attentif et une belle tenue. En revanche son personnage ne sort guère d’une froideur qui garde tout sous contrôle et l’<em>italianitá</em> n’est à l’évidence pas dans ses gènes.<br />
Remarquons qu’elle semble vocalement plus libre dès qu’elle est en duo avec Eduardo Rocha et que leur deux voix se marient très heureusement. Les galipettes que la mise en scène leur demande sur le petit bureau royal (équipé d’un téléphone blanc, allez savoir pourquoi) de même que les caresses très appuyées que le ténor prodigue à la reine d’une main plongeant profond dans ses knickerbockers sont un peu gênantes, mais pas pour le chant.</p>
<p>Le rôle de Leicester est un peu ingrat : il est le jouet des deux reines qui le manipulent et l’utilisent et il n’a jamais d’air en solo, il est toujours en duo avec l’une ou l’autre ou inséré dans les ensembles. Il n’empêche que cela suffit à <strong>Eduardo Rocha</strong> pour faire remarquer la clarté, la projection&nbsp; d’une voix de ténor très lumineuse et une belle musicalité, en plus d’un élan juvénile. Les&nbsp; voix graves ont peu de place pour briller, néanmoins <strong>Nicola Ulivieri</strong> (Talbot) et <strong>Simone Del Savio </strong>(Lord Cecil) s’acquittent honorablement de leur tâche. On remarque notamment la belle entrée de Simone Del Savio dans le trio du troisième acte.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/20221215_ge_maria_stuarda_gtg_c_dougados_magali_e8a3124.jpg?itok=y17dqveb" title="Maria Stuarda avec son fils, futur Jacques VI (le petit Isaac Liechti) ©Magali Dougados" width="468"><br />
Maria Stuarda avec son fils, futur Jacques VI (le petit Isaac Liechti) © Magali Dougados</p>
<p>Il y a deux grands moments dans la partition. Le premier, c’est le duel des deux reines à la fin du premier acte, –&nbsp;et c’est avec une puissance dramatique foudroyante que d’Oustrac, dont les talents de comédienne, et son goût pour cela, sont évidents, lancera son terrible «&nbsp;Figlia impura di Bolena&nbsp;» à Elisabetta, insulte qui la conduira au billot sans coup férir. Le second, c’est le final du II, avec notamment la prière de Maria Stuarda, grand pièce à variations, où la voix, en principe légère, de la reine condamnée doit voltiger au dessus du chœur (on en sera frustré) et l’ultime air «&nbsp;Ah ! se un giorno da questa ritorte&nbsp;» où, quel que soit l’engagement affectif de Stéphanie d’Oustrac, manquera une part de fragilité et de spiritualité.</p>
<p>La direction d’<strong>Andrea Sanguineti </strong>à la tête de l&rsquo;<strong>Orchestre de la Suisse Romande</strong> est particulièrement soucieuse d’aider les deux chanteuses. La discrétion est une qualité et on ne peut manquer de remarquer les mille précautions qu’il prend pour ne jamais les couvrir. La rançon de cette discrétion est un manque certain d’élan, de poigne, de dynamique et de dramatisme. Le début du premier acte est terriblement languissant, et d’ailleurs dès l’ouverture les choses avaient mal démarré : pourquoi montrer en une image figée la scène de la décapitation, puis refermer le rideau, puis étirer une interminable transition à l’orchestre le temps de réajuster la scène.</p>
<p>Si le chef est en principe le premier maître à bord, tout de suite s&rsquo;insinue le pressentiment que les deux metteuses en scène ont pris la barre et ne la rendront pas&#8230;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/20221215_ge_maria_stuarda_gtg_c_monika_rittershaus_317.jpg?itok=aLIB1HAV" title="Elsa Dreisig, Edgardo Rocha &amp; Stéphanie D'Oustrac © Monica Rittershaus" width="468"><br />
Elsa Dreisig, Edgardo Rocha &amp; Stéphanie D&rsquo;Oustrac © Monica Rittershaus</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-maria-stuarda-geneve-une-gageure-pas-vraiment-tenue/">DONIZETTI, Maria Stuarda — Genève</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Dix opéras à ne pas manquer en 2022-23</title>
		<link>https://www.forumopera.com/dix-operas-a-ne-pas-manquer-en-2022-23/</link>
					<comments>https://www.forumopera.com/dix-operas-a-ne-pas-manquer-en-2022-23/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Sep 2022 10:25:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/dix-operas-a-ne-pas-manquer-en-2022-23/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Par ordre chronologique, dix spectacles phares de la saison 2022-23 (et pour chacun d&#8217;eux, une proposition alternative au cas où&#8230;). 1. Christoph Willibald GLUCK, Orfeo ed Euridice &#8211; Paris, TCE (21/9 &#8211; 1/10) Ce n&#8217;est pas la mise en scène de Robert Carsen, datée de 2011, qui rend cet Orfeo de Gluck incontournable mais les premiers pas &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/dix-operas-a-ne-pas-manquer-en-2022-23/"> <span class="screen-reader-text">Dix opéras à ne pas manquer en 2022-23</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/dix-operas-a-ne-pas-manquer-en-2022-23/">Dix opéras à ne pas manquer en 2022-23</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong style="font-size: 14px">Par ordre chronologique, dix spectacles phares de la saison 2022-23 (et pour chacun d&rsquo;eux, une proposition alternative au cas où&#8230;).</strong></p>
<hr />
<p>
	<img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sp01_0.jpg?itok=oP2wEky-" style="width: 150px;height: 150px;float: left;margin-left: 10px;margin-right: 10px" title="MASQUER" /><strong>1. Christoph Willibald GLUCK, <em>Orfeo ed Euridice</em> &#8211; <a href="https://www.theatrechampselysees.fr/saison-2022-2023/opera-mis-en-scene/orphee-et-eurydice" rel="nofollow">Paris, TCE (21/9 &#8211; 1/10)</a></strong></p>
<p>Ce n&rsquo;est pas la mise en scène de Robert Carsen, datée de 2011, qui rend cet <em>Orfeo </em>de Gluck incontournable mais les premiers pas dans le rôle-titre du contre-ténor vedette du moment,  Jakub Józef Orliński, dirigé par Thomas Hengelbrock à la tête du Balthasar Neumann Ensemble. Les débuts en Euridice de la soprano suisse Regula Mühlemann sont un autre argument à porter au crédit d&rsquo;un spectacle qui devrait déborder le cadre de la simple reprise. [Christophe Rizoud]  </p>
<p><strong>Antonio VIVALDI, <em>Orlando furioso &#8211;</em> <a href="https://www.theatrechampselysees.fr/saison-2022-2023/opera-en-concert-et-oratorio/orlando-furioso" rel="nofollow">Paris, TCE (25/5)</a></strong><br />
	Vingt ans après sa mémorable intégrale parue chez Naïve et douze ans après le spectacle mis en scène par Pierre Audi pour le TCE, Jean-Christophe Spinosi dirigera à nouveau Marie-Nicole Lemieux dans <i>Orlando furioso</i>, toujours avenue Montaigne, mais pour une version de concert. En outre, le flamboyant contralto incarnera cette fois Alcina, le rôle-titre revenant à l’un des contre-ténors les plus recherchés à l’heure actuelle: Carlo Vistoli. Au sein d’une distribution qui doit encore être complétée, notons également la présence d’Ana Maria Labin (Angelica), Filippo Mineccia (Ruggiero) et Luigi De Donato (Astolfo). [Bernard Schreuders]<br />
 </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sp02_0.jpg?itok=EXtchVr1" style="width: 150px;height: 150px;margin-left: 10px;margin-right: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>2. Giuseppe VERDI, <em>Rigoletto</em> &#8211; <a href="https://www.operaderouen.fr/saison/saison-22-23/rigoletto-2223/" rel="nofollow">Rouen (22/9 &#8211; 1/10)</a></strong></p>
<p>Mieux que Rossini (<a href="https://www.forumopera.com/moise-et-pharaon-aix-en-provence-comme-a-la-tv"><em>Moïse et Pharaon</em> cet été au Festival d’Aix-en-Provence)</a>, Verdi met en valeur la voix d’or de Pene Pati, sa ligne, son éclat, son élan et – qui sait –, dans la cabalette de « Possente amor mi chiama », son contre-ré. D’autant que Le duc de Mantoue a marqué les débuts du ténor samoan en 2017, alors qu’il était un jeune artiste du Adler Program de l’Opéra de San Francisco. Dirigés à Rouen par Ben Glassberg dans <a href="https://www.forumopera.com/rigoletto-nancy-le-duc-mene-la-danse-et-les-masques-tombent">la mise en scène « magistrale » de Richard Brunel</a>, Sergio Vitale (Rigoletto) et Rosa Feola (Gilda) lui donneront la réplique. [CR]</p>
<p><strong>Gaetano DONIZETTI, La Favorite &#8211; <a href="https://www.opera-bordeaux.com/opera-la-favorite-donizetti-26512" rel="nofollow">Bordeaux (4/3-14/3)</a></strong><br />
	Pene Pati est aussi une des têtes d&rsquo;affiche, aux côtés de Florian Sempey et Varduhi Abrahamyan, de <em>La Favorite</em> de Donizetti que Bordeaux a le bon goût de proposer dans sa version originale, française donc – seul titre saillant d&rsquo;une saison que l&rsquo;on espère de transition. [CR]<br />
 </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sp03_0.jpg?itok=CSuwmlcp" style="width: 150px;height: 150px;margin-left: 10px;margin-right: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>3. Giuseppe VERDI, <em>La forza del destino</em> &#8211; <a href="https://www.teatroregioparma.it/en/spettacolo/la-forza-del-destino/" rel="nofollow">Parme, Festival Verdi (22/9 &#8211; 16/10)</a></strong></p>
<p>Formidable Gregory Kunde, dont le seul nom suffit à rendre excitante la perspective d’une nouvelle production : <em>La forza del destino</em> en l’occurrence proposée par le Festival Verdi à Parme dans une mise en scène de Yannis Kokkos. Dirigé par Roberto Abbado, le ténor américain sera entouré de Liudmyla Monastyrska (Leonora), Marko Mimica (Padre Guardiano) et Amartuvshin Enkhbat (Don Carlo), entre autres. [CR]</p>
<p><strong>Giuseppe VERDI, <em>Quattro pezzi sacri </em>– Parme, Festival Verdi (15/10)</strong><br />
	Pourquoi ne pas opter pour un des autres opéras à l’affiche de l’édition 2022 du Festival Verdi : <em>Il trovatore</em>, <em>Simon Boccanegra</em>, <em>Rigoletto</em>. Ou, plus original – et conflictuel –, les <em>Quattro pezzi sacri</em> que Daniele Gatti confronte à des extraits de <em>Parsifal</em>. [CR]<br />
 </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sp04_0.jpg?itok=3jxHKt-0" style="width: 150px;height: 150px;margin-left: 10px;margin-right: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>4. Léo DELIBES, <em>Lakmé</em> &#8211; <a href="https://www.opera-comique.com/fr/spectacles/lakme" rel="nofollow">Paris, Opéra Comique (28/9-8/10)</a> </strong></p>
<p>Plus de 1600 représentations Salle Favart depuis sa création en 1883 et on en redemande, surtout lorsque Lakmé est interprétée par Sabine Devieilhe dans une mise en scène de Laurent Pelly placée sous la direction musicale de Raphaël Pichon, avec Stéphane Degout en Nilankatha, Frédéric Antoun en Gérald (et Mireille Delunsch en Miss Bentson !). [CR]</p>
<p><strong>Léo DELIBES, <em>Lakmé</em> &#8211; <a href="https://www.opera.mc/fr/saison2021-2022/lakme-178" rel="nofollow">Monte-Carlo (9 et 11/12)</a> et </strong><a href="https://www.theatrechampselysees.fr/saison-2022-2023/opera-en-concert-et-oratorio/lakme" rel="nofollow"><strong>Paris, TCE (14/12)</strong></a><br />
	Sabine Devieilhe encore avec une distribution tout aussi engageante (Laurent Campellone, Cyrille Dubois, Lionel Lhote&#8230;) mais en version de concert. [CR]<br />
 </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sp05_0.jpg?itok=v5Xv494U" style="width: 150px;height: 150px;float: left;margin-left: 10px;margin-right: 10px" title="MASQUER" /><strong>5. Philippe BOESMANS, <em>On purge bébé</em> &#8211; <a href="https://www.lamonnaiedemunt.be/fr/program/2312-on-purge-bebe" rel="nofollow">Bruxelles, La Monnaie (13/12 &#8211; 29/12)</a> et Opéra National de Lyon (5 au 17/12)</strong></p>
<p><em>On purge bébé </em>est l’avant dernière pièce de Georges Feydeau et le dernier opéra de Philippe Boesmans, mort en avril dernier alors qu’il était en train de l’achever. Sa création à La Monnaie permettra de se pencher sur la crise existentielle que traverse la famille Follavoine quand le jeune Toto présente un cas récalcitrant de constipation et que sa mère Julie, pendant une heure et demi, fait des pieds et des mains pour lui faire prendre sa purge. Jodie Devos, Jean-Sébastien Bou et Julien Behr donneront vie à cette unique comédie digestive de l’histoire de l’opéra. [Camille De Rijck]</p>
<p><strong>Philip Glass, <em>Satyagraha </em>– <a href="https://www.operaballet.be/nl/programma/seizoen-2022-2023/satyagraha#productionTickets" rel="nofollow">Anvers (15/2 – 4/3)</a></strong><br />
	Toujours en Belgique, en Flandre cette fois, dans une mise en scène de Sidi Larbi Cherkaoui<em> Satyagraha </em>de Philip Glass, compositeur contemporain de Philippe Boesmans (ils sont nés à une année d’intervalle) mais représentant d’une autre école de musique – preuve de la formidable diversité musicale de notre époque. [CR]<br />
 </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sp06_0.jpg?itok=DqD2FaRR" style="width: 150px;height: 150px;margin-left: 10px;margin-right: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>6. Benjamin BRITTEN, <em>Peter Grimes</em> &#8211; <a href="https://www.operadeparis.fr/saison-22-23/opera/peter-grimes" rel="nofollow">Paris, ONP (23/1 &#8211; 24/2)</a></strong></p>
<p>Plus de 20 ans après la production de Graham Vick, <em>Peter Grimes</em> revient (enfin) à l’Opéra National de Paris dans une coproduction avec le Teatro Real de Madrid, le Teatro dell’Opera de Rome et le Royal Opera House de Londres. Premier événement dans l’événement, il s’agira des débuts de Deborah Warner dans la Grande boutique, mais aussi de ceux de la cheffe d’orchestre Joanna Mallwitz et du titulaire du rôle-titre, Allan Clayton, dont la prise de rôle coïncidait précisément avec la création madrilène en 2021 de cette mise en scène. Second événement : alors que la précédente production avait triomphé à Bastille, c’est au Palais Garnier que la nouvelle prendra ses quartiers. Un écrin qui s’annonce parfait pour ce drame intime, immense chef d’œuvre de Britten [Cédric Manuel]</p>
<p><strong>John Adams, <em>Nixon in China </em>– <a href="https://www.operadeparis.fr/saison-22-23/opera/nixon-in-china" rel="nofollow">Paris, ONP (22/3 – 16/4)</a></strong><br />Déjà joué au Châtelet, <em>Nixon in China </em>sera, au printemps prochain, la première oeuvre de John Adams à faire son entrée au répertoire de l&rsquo;Opéra de Paris. De Thomas Hampson, qui campera sans doute le Richard Nixon le plus torturé depuis Anthony Hopkins, de la <em>First Lady </em>de Renée Fleming, du livret intimiste d&rsquo;Alice Goodman, ou de la partition elle-même, qui emprunte autant au minimalisme qu&rsquo;au <em>Ring </em>et à la <em>Salome </em>de Strauss, nous ne saurions dire ce que nous attendons avec le plus d&rsquo;impatience ! [Clément Taillia]<br />
 </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sp07_0.jpg?itok=clPGq6fb" style="width: 150px;height: 150px;margin-left: 10px;margin-right: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>7. Richard STRAUSS, <em>Daphne</em> &#8211; <a href="https://www.staatsoper-berlin.de/en/veranstaltungen/daphne.11079/#event-59513" rel="nofollow">Berlin, Staatsoper (19/2 &#8211; 18/3)</a></strong></p>
<p>Dans sa première mise en scène d’opéra (<em>Parsifal</em>, à La Monnaie), Romeo Castellucci avait plongé le premier acte dans une forêt obscure. Les arbres sont un élément central de sa grammaire théâtrale. Il n’est dès lors pas étonnant de le mythe de Daphné, femme transformée en arbre, intéresse le dramaturge italien. Sa lecture de l’œuvre de Strauss, dont la réalisation scénique pose de nombreux problèmes et suscite souvent l’ennui, devrait être l’un des temps forts de la saison. Ironiquement, c’est sous les tilleuls, qu’elle aura lieu, à la Staatsoper unter den Linden. [Camille De Rijck]</p>
<p><strong>Richard Wagner, <em>Der Ring des Nibelungen </em>– <a href="https://www.operaballet.be/nl/programma/seizoen-2022-2023/satyagraha#productionTickets" rel="nofollow">Berlin, Staatsoper (2/10 – 10/4)</a></strong><br />
	Bien que privé de la direction de Daniel Barenboim, <em>Der Ring des Nibelungen </em>mis en scène par Dmitri Tcherniakov promet, comme tout <em>Ring</em>, d&rsquo;être un des événements lyriques de l&rsquo;année. [CR]<br />
 </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sp08_0.jpg?itok=oSMkNZBL" style="width: 150px;height: 150px;margin-left: 10px;margin-right: 10px;float: left" /><strong>8. Jules MASSENET, <em>Manon</em> &#8211; <a href="https://www.liceubarcelona.cat/en/2022-23-season/opera/manon" rel="nofollow">Barcelone (20/4 &#8211; 3/5)</a></strong></p>
<p>Après <a href="https://www.forumopera.com/manon-geneve-rousse-et-flamboyante">Genève</a>, <a href="https://www.forumopera.com/manon-bordeaux-benjamin-bernheim-le-chevalier-supreme">Bordeaux</a> et <a href="https://www.forumopera.com/manon-paris-opera-comique-je-consens-vu-que-je-suis-bonne">Paris</a>, reprise de <em>Manon </em>mise en scène par Olivier Py. Une fois n’est pas coutume, c’est la seconde des deux distributions proposées que l’on retient. Non que la première (Nadine Sierra, Javier Camarena) soit négligeable mais Amina Edris et son époux Pene Pati forment aujourd’hui un de ces couples lyriques – à la scène et parfois à la ville – qui sont le gage de l&rsquo;alchimie nécessaire aux représentations des grands soirs [CR]  </p>
<p><strong>Jules Massenet, Ariane – </strong><strong><a href="https://www.rundfunkorchester.de/massenet-ariane-muenchen-29-01-2023/k27760/" rel="nofollow">Munich, Prinzringtheater (29/1)</a></strong><br />
	Une héroïne de Massenet moins connue que Manon, également interprétée par Amina Edris mais en version de concert sous la direction de Laurent Campellone, en prévision d’un nouvel enregistrement pour la collection Opéra français de Bru Zane Label. [CR]<br />
 </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sp09_0.jpg?itok=YJ0qKFcy" style="width: 150px;height: 150px;margin-left: 10px;margin-right: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>9. Gaetano DONIZETTI, <em>Maria Stuarda</em> &#8211; <a href="https://www.operaballet.nl/en/dutch-national-opera/2022-2023/maria-stuarda?gclid=Cj0KCQjwjbyYBhCdARIsAArC6LK58I-SC05nR50bQEwMyUzqXlGzIZXAegmPPPXcHX6ahX2vTepGmo4aAh-nEALw_wcB" rel="nofollow">Amsterdam (6/5 &#8211; 28/5)</a></strong></p>
<p>Marina Rebeka était <a href="https://www.forumopera.com/anna-bolena-amsterdam-rebeka-jordi-lune-de-miel-a-amsterdam">Anna Bolena à Amsterdam</a> la saison dernière. Indispensable aujourd’hui dans ce répertoire, la soprano lettone coiffe sa deuxième couronne donizettienne sur cette même scène en compagnie des mêmes chevaliers servants : Enrique Mazzola (direction musicale), Jetske Mijnssen (mise en scène) et Ismael Jordi (Leicester). On ne change pas une équipe qui gagne !</p>
<p><strong>Gaetano DONIZETTI, <em>Maria Stuarda</em> – <a href="https://www.gtg.ch/saison-22-23/maria-stuarda/" rel="nofollow">Genève (17-29/12)</a></strong><br />
	Comme Amsterdam, Genève aligne les reines donizettiennes et, après <em>Anna Bolena</em> en 2021, propose également cette saison <em>Maria Stuarda</em>, avec Stéphanie d’Oustrac dans le rôle-titre. [CR]<br />
 </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sp10b.jpg?itok=s9hYFAr7" style="width: 150px;height: 150px;margin-left: 10px;margin-right: 10px;float: left" /><strong>10. Antonio SARTORIO, <em>Orfeo</em> &#8211; <a href="https://www.opera-orchestre-montpellier.fr/evenements/orfeo/" rel="nofollow">Montpellier (7/6 &#8211; 10/6)</a></strong><br />
	Philippe Jaroussky poursuit sa nouvelle carrière de chef lyrique avec une rareté passionnante : l&rsquo;<i>Orfeo </i>d’Antonio Sartorio (1671). On peut compter sur Benjamin Lazar pour mettre en lumière la poésie de cet ouvrage de transition de l’opéra vénitien qui se détache du <i>stilo rappresentativo</i> en privilégiant les airs sur le récit. Belcantistes aguerris, Arianna Venditelli, Ana Quintans, Kangmin Justin Kim et Zachary Wilder partageront la scène avec Paul Figuier, jeune alto français parmi les plus prometteurs de sa génération. [BS]</p>
<p><strong>Christoph Willibald Gluck, <em>Iphigénie en Tauride</em> &#8211; <a href="https://www.opera-orchestre-montpellier.fr/evenements/iphigenie-en-tauride/" rel="nofollow">Montpellier (19/4 &#8211; 23/4)</a></strong><br />
	Dans un autre répertoire, toujours à Montpellier, une nouvelle production d&rsquo;<em>Iphigénie en Tauride</em> dirigée par Pierre Dumoussaud et interprétée par quelques uns de nos meilleurs chanteurs français. Cocorico ! [CR] </p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/dix-operas-a-ne-pas-manquer-en-2022-23/">Dix opéras à ne pas manquer en 2022-23</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.forumopera.com/dix-operas-a-ne-pas-manquer-en-2022-23/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Amsterdam 2022-23 : après Bolena&#8230; Stuarda !</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/amsterdam-2022-23-apres-bolena-stuarda/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Mar 2022 08:24:40 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/breve/amsterdam-2022-23-apres-bolena-stuarda/</guid>

					<description><![CDATA[<p>En mai prochain à Amsterdam,&#160;Marina Rebeka reprend à la scène le rôle d’Anna Bolena. La saison prochaine, l’institution néerlandaise proposera une autre incarnation donizettienne du soprano letton : Maria Stuarda&#160;en mai 2023, aux cotés d’Ismael Jordi et d’Aigul Akhmetshina (Elisabetta). Lorenzo Viotti, le médiatique directeur musical du Nationale Opera &#38; Ballet dirigera deux opéras : &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/breve/amsterdam-2022-23-apres-bolena-stuarda/"> <span class="screen-reader-text">Amsterdam 2022-23 : après Bolena&#8230; Stuarda !</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/amsterdam-2022-23-apres-bolena-stuarda/">Amsterdam 2022-23 : après Bolena&#8230; Stuarda !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En mai prochain à Amsterdam,&nbsp;<strong>Marina Rebeka</strong> reprend à la scène le rôle d’Anna Bolena. La saison prochaine, l’institution néerlandaise proposera une autre incarnation donizettienne du soprano letton : <em>Maria Stuarda</em>&nbsp;en mai 2023, aux cotés d’<strong>Ismael Jordi</strong> et d’<strong>Aigul Akhmetshina</strong> (Elisabetta). <strong>Lorenzo Viotti</strong>, le médiatique directeur musical du Nationale Opera &amp; Ballet dirigera deux opéras : une nouvelle production «&nbsp;barriekoskienne<strong>&nbsp;</strong>» de <em>Turandot</em> (avec <strong>Tamara Wilson</strong> dans le rôle titre) et une reprise de <em>Der Rosenkavalie</em>r. Deux créations mondiales verront le jour : <em>The Girl, The Hunter and the Wolf</em> de <strong>Vasco Mendonça</strong> et <em>Het lijflied</em> de <strong>Lucas Wiegerink</strong>. La première européenne de <em>Blue </em>de <strong>Jeanine Tesori</strong> mettra la question des Afro-américains à l’affiche. De nouvelles moutures de <em>Königskinder</em>, <em>Giulio Cesar</em>e et <em>Rusalka</em> complètent une saison à retrouver <a href="https://www.operaballet.nl/en/de-nationale-opera/producties-seizoen-2022-2023">dans son intégralité sur le site du DNO</a>.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/amsterdam-2022-23-apres-bolena-stuarda/">Amsterdam 2022-23 : après Bolena&#8230; Stuarda !</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>DONIZETTI, Anna Bolena&#124;Roberto Devereux&#124;Maria Stuarda — Naples</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-tre-regine-naples-reines-dun-soir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Feb 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/reine-s-d-un-soir/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Naples et son Teatro di san Carlo accueillent à leur tour « Les trois reines ». Ce n’est que justice quand on songe qu’il s’agit là des protagonistes de trois opéras que Gaetano Donizetti a composés à Naples, alors qu’il était directeur artistique du San Carlo où, du reste, Roberto Devereux, l’une des trois pièces en question, &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-tre-regine-naples-reines-dun-soir/"> <span class="screen-reader-text">DONIZETTI, Anna Bolena&#124;Roberto Devereux&#124;Maria Stuarda — Naples</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-tre-regine-naples-reines-dun-soir/">DONIZETTI, Anna Bolena|Roberto Devereux|Maria Stuarda — Naples</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Naples et son Teatro di san Carlo accueillent à leur tour « Les trois reines ». Ce n’est que justice quand on songe qu’il s’agit là des protagonistes de trois opéras que Gaetano Donizetti a composés à Naples, alors qu’il était directeur artistique du San Carlo où, du reste, <em>Roberto Devereux</em>, l’une des trois pièces en question, a connu sa création en octobre 1837. Donizetti a composé quatre opéras mettant en scène les Tudor : <em>Elisabetta al castello di Kenilworth</em> (1829), <em>Anna Bolena</em> (1830) son premier succès durable, <em>Maria Stuarda</em> (1835) et donc <em>Roberto Devereux</em>. Concernant les trois derniers opéras, on parle volontiers de la trilogie Tudor, avec les reines Anna, Maria et l’Elisabetta I de <em>Roberto Devereux</em>.</p>
<p>C’est <strong>Riccardo Frizza</strong> qui amène à Naples ce concert-opéra déjà donné à l’Opéra de Chicago et au Liceu de Barcelone et qui fera l’objet d’une prochaine sortie discographique : « The Three Queens », double CD chez Pentatone.</p>
<p>L’exercice consiste à donner les ouvertures et les scènes finales de ces trois œuvres ; c’est à la fois passionnant et périlleux. Passionnant de réunir le temps d’une soirée trois des plus poignants personnages de l’œuvre de Donizetti, trois reines aux portes de la mort et qui vont crânement affronter leur sort.</p>
<p>Passionnant aussi, car Donizetti a concentré dans ces scènes finales l’essence à la fois tragique et dramatique de ces personnages de reines qui ne peuvent affronter leur destin qu’à travers le prisme d’une déformation de la réalité qu’elles ne peuvent affronter : c’est le déni, l’hallucination ou encore la folie. En transformant ainsi ces femmes en personnages hors du commun, Donizetti hisse également sa musique à son plus haut et trouve des accents qui ont contribué à faire de ces opéras des chefs-d’œuvre du bel canto.</p>
<p>Passionnant enfin de voir que les ressorts utilisés par Donizetti se laissent volontiers comparer. Les trois scènes sont introduites par un chœur mixte qui recontextualise les enjeux du drame se dénouant ; puis c’est l’arrivée de la reine qui, dans un état déjà second, laisse entrevoir la vanité de toute résistance à un destin déjà tracé ; un aria y suffit. Les principaux protagonistes refont alors une dernière et courte apparition, le temps de faire souffler l’héroïne, qui conclut dans un aria flamboyant accompagné dans les derniers accords du chœur éploré. Tout cela est parfaitement rôdé et, disons-le, parfaitement efficace.</p>
<p>Mais l’exercice n’est pas sans péril ; la mise bout à bout de ces trois scènes le temps d’une même soirée révèle leur profonde similitude et, par là-même, les secrets de fabrication en quelque sorte. Les trois reines en question sont totalement interchangeables, psychologiquement parlant et, oserions-nous, musicalement aussi. Leur caractérisation musicale ne va pas en effet jusqu’à leur confier une individualité remarquable. Nous sommes au début du XIXe siècle, Verdi n’a pas encore donné les chefs-d’œuvres qui vont transformer le paysage lyrique italien et Donizetti fait encore partie de ces compositeurs qui, sans dire qu’ils composent au kilomètre (encore que…), sont capables, une fois trouvé un filon, de l’exploiter jusqu’à la corde. Pour notre plus grand plaisir, ajouterons-nous pour sa défense.</p>
<p>Enfin l’immense difficulté tient, pour l’interprète des trois reines, dans l’éprouvant exercice de trois scènes finales interminables, dans lesquelles le compositeur a souvent réservé et concentré les plus folles difficultés techniques.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="256" src="/sites/default/files/styles/large/public/6515554_20085453_109260125_1.jpg?itok=IZ1_WbTc" title="© DR" width="468" /><br />
	© DR</p>
<p>Voilà en tout cas qui n’a pas effrayé <strong>Sondra Radvanovsky</strong> qui affrontait ce soir-là les trois rôles dans une salle conquise à l’avance. Entre deux représentations d’<em>Aida</em>, le plateau du San Carlo avait conservé un découpage horizontal sur deux niveaux : sur la passerelle supérieure, le chœur d’hommes, sur le plateau le chœur de femmes et les protagonistes. Une mise en espace sobre et de bon aloi. De beaux éclairages de fond de plateau, successivement rouge, vert puis bleu, Sondra Radvanovsky apparaissant pour les trois scènes, avec sa stature et sa classe coutumières, dans de magnifiques robes rouge, puis verte et enfin blanche.</p>
<p>Ce qui nous a immédiatement frappé, c’est sa capacité à être immédiatement et pleinement dans ses personnages. Pas de moment de flottement ou d’adaptation ; tout se passe comme si nous étions en réalité dans l’ultime scène d’un drame qui aurait connu deux ou trois heures de péripéties au préalable. La voix est pleine d’entrée, pleine de ce qui fait de toujours son incroyable force : une technique époustouflante, un souffle interminable, une capacité à se jouer des intervalles abyssaux et à les habiter dans les deux extrêmes. Grâce à des graves qui vous donnent la chair de poule ; quant aux aigus, qu’ils soient à pleine poitrine ou filés au rasoir, ils relèvent de la même maîtrise technique aujourd’hui sans grande concurrence dans ce répertoire. La gravité dans la voix, le poids dû à des rôles plus lourds que Radvanosky a pu porter, confère à ces rôles une épaisseur que nous aurions difficilement pu imaginer.<br />
	Excellents faire-valoir autour d’elle, <strong>Edoardo Milletti</strong> en Hervey puis Cecil, <strong>Antonio Di Matteo</strong> en Rochefort et Talbot, <strong>Giulio Pelligra</strong> en Percy et Roberto, <strong>Martina Belli</strong> en Smeton, <strong>Caterina Piva</strong> en Anna et Sara, <strong>Sergio Vitale</strong> en Guglielmo et Nottingham font le nécessaire pour constituer l’écrin dans lequel la reine va s’épanouir.</p>
<p>Riccardo Frizza, pour ce qui est de ce répertoire, est parfaitement dans son élément. Sa direction est intelligente, très attentive aux pupitres en fosse comme aux choristes sur les deux niveaux, ainsi qu&rsquo;à l’héroïne sur scène. Les tempi sont justes, rendant parfaitement l’extraordinaire richesse de la palette de l’orchestre donizettien.</p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-tre-regine-naples-reines-dun-soir/">DONIZETTI, Anna Bolena|Roberto Devereux|Maria Stuarda — Naples</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Diana Damrau trois fois couronnée</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/diana-damrau-trois-fois-couronnee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2020 14:30:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/breve/diana-damrau-trois-fois-couronnee/</guid>

					<description><![CDATA[<p>La trilogie Tudor  – Anna Bolena (1830), Maria Stuarda (1835), Roberto Devereux (1837) –est aux sopranos donizettiennes ce que les trois journées du Ring sont aux titulaires du rôle de Brünnhilde : un graal d’autant plus redoutable qu’il exige des vocalités jumelles et pourtant dissemblables. Réputée pour ses incursions dans le belcanto romantique, Diana Damrau n’a &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/breve/diana-damrau-trois-fois-couronnee/"> <span class="screen-reader-text">Diana Damrau trois fois couronnée</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/diana-damrau-trois-fois-couronnee/">Diana Damrau trois fois couronnée</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La trilogie Tudor  – <em>Anna Bolena</em> (1830), <em>Maria Stuarda</em> (1835), <em>Roberto Devereux</em> (1837) –est aux sopranos donizettiennes ce que les trois journées du <em>Ring</em> sont aux titulaires du rôle de Brünnhilde : un graal d’autant plus redoutable qu’il exige des vocalités jumelles et pourtant dissemblables. Réputée pour ses incursions dans le belcanto romantique, <strong>Diana Damrau</strong> n’a pour le moment chanté sur scène que le rôle de Maria Stuarda, qu’elle retrouvera dans quelques jours à Zurich (si le Covid-19 le permet). Pour le disque, la soprano vient cependant d’enregistrer les scènes finales des trois opéras. Défi réservé au seul studio ou prises de rôle en perspective ? Sortie imminente, le vendredi 2 octobre avant un concert « Roi et Reines », aux côtés de son époux, Nicolas Testé, à la Philharmonie de Paris le 15 décembre 2020.</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/iQg3_Nug-xU" width="560"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/diana-damrau-trois-fois-couronnee/">Diana Damrau trois fois couronnée</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Histoires d&#8217;opéra</title>
		<link>https://www.forumopera.com/dossier/histoires-dopera/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Dec 2019 05:20:59 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/dossier/histoires-dopera/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Faits et personnages historiques ont inspiré de nombreux livrets d&#8217;opéra. Le succès aidant, la fiction a pris parfois le pas sur la réalité. Ce dossier veut rétablir la vérité, rien que la vérité, nous le jurons. Pourquoi « Vittoria ! » dans Tosca ? par Jean Michel Pennetier (Puccini, Tosca) Maometto II, un sultan peu &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/dossier/histoires-dopera/"> <span class="screen-reader-text">Histoires d&#8217;opéra</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/dossier/histoires-dopera/">Histoires d&rsquo;opéra</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Faits et personnages historiques ont inspiré de nombreux livrets d&rsquo;opéra. Le succès aidant, la fiction a pris parfois le pas sur la réalité. Ce dossier veut rétablir la vérité, rien que la vérité, nous le jurons.</strong></p>
<ul>
<li>
<p><a href="https://www.forumopera.com/actu/pourquoi-vittoria-dans-tosca"><strong>Pourquoi « Vittoria ! » dans <em>Tosca</em> ?</strong></a> par Jean Michel Pennetier (Puccini, <em>Tosca</em>)</p>
</li>
<li>
<p><a href="/actu/maometto-ii-un-sultan-peu-rossinien"><strong>Maometto II, un sultan peu rossinien</strong></a> par Cédric Manuel (Rossini, <em>Maometto II</em>)</p>
</li>
<li>
<p><strong><a href="/actu/andrea-chenier-il-na-pas-ete-soldat">Andrea Chénier, il n&rsquo;a pas été soldat</a></strong> par Cédric Manuel (Giordano, <em>Andrea Chénier</em>)</p>
</li>
<li>
<p><a href="/actu/aida-servante-de-ramses-iii"><strong>Aïda, servante de Ramsès III ?</strong></a> par Jean-Marcel Humbert (Verdi, <em>Aida</em>)</p>
</li>
<li>
<p><a href="/actu/gustave-iii-lautre-fantome-de-lopera"><strong>Gustave III, l&rsquo;autre fantôme de l&rsquo;opéra</strong></a> par Cédric Manuel (Verdi, <em>Un ballo in maschera</em> ; Auber, <em>Gustave III ou Le bal masqué</em>)</p>
</li>
<li>
<p><a href="/actu/don-carlos-le-vrai"><strong>Don Carlos, le vrai</strong></a> par Roselyne Bachelot (Verdi, <em>Don Carlos</em>)</p>
</li>
<li>
<p><strong><a href="/actu/cleopatre-la-premiere-femme-libre">Cléopâtre, la première femme libre ?</a></strong> par Jean-Marcel Humbert (Haendel, <em>Giulio Cesare</em>, entre autres)</p>
</li>
<li>
<p><a href="/actu/attila-une-mauvaise-reputation-justifiee"><strong>Attila, une mauvaise réputation justifiée</strong></a> par Cédric Manuel (Verdi, Attila)</p>
</li>
<li>
<p><a href="/actu/xerxes-ses-amours-ses-batailles-et-son-gros-platane"><strong>Xerxès, ses amours, ses batailles et son gros platane</strong></a> par Guillaume Saintagne (Haendel,<em> Serse</em>)</p>
</li>
<li>
<p><a href="/actu/salome-la-decapiteuse-decapitee"><strong>Salomé, la décapiteuse décapitée </strong></a>par Jean-Jacques Groleau (Strauss, <em>Salome </em>; Massenet, <em>Herodidade</em>, entre autres)</p>
</li>
<li>
<p><a href="/actu/cinq-mars-lhomme-qui-en-voulait-trop"><strong>Cinq-Mars, l&rsquo;homme qui en voulait trop</strong></a> par Cédric Manuel (Gounod, <em>Cinq-Mars</em>)</p>
</li>
<li>
<p><a href="/actu/le-roman-vrai-de-la-traviata"><strong>Le roman vrai de la traviata</strong></a> par Jean Michel Pennetier (Verdi, <em>La traviata</em>)</p>
</li>
<li>
<p><a href="https://www.forumopera.com/actu/semiramis-de-lhistoire-a-la-legende"><strong>Sémiramis, de l&rsquo;histoire à la légende</strong></a> par Maurice Salles (Rossini, <em>Semiramide</em>)</p>
</li>
<li>
<p><a href="https://www.forumopera.com/actu/electre-familles-je-vous-hais"><strong>Electre : « Familles, je vous hais ! »</strong></a> par Clément Taillia (Strauss,<em> Elektra</em>)</p>
</li>
<li>
<p><a href="https://www.forumopera.com/actu/benvenuto-cellini-la-gloire-etait-sa-seule-idole"><strong>Benvenuto Cellini : la gloire était sa seule idole</strong></a> par Cédric Manuel (Berlioz, <em>Benvenuto Cellini</em>)</p>
</li>
<li>
<p><a href="/actu/marie-stuart-en-ma-fin-est-mon-commencement"><strong>Marie Stuart : « En ma fin est mon commencement »</strong></a> par Cédric Manuel (Donizetti, <em>Maria Stuarda</em>)</p>
</li>
<li>
<p><a href="https://www.forumopera.com/actu/pour-rehabiliter-lucrece-borgia"><strong>Pour réhabiliter Lucrèce Borgia</strong></a> par Roselyne Bachelot (Donizetti, <em>Lucrezia Borgia</em>)</p>
</li>
<li>
<p><a href="/actu/nabucco-donne-vie-a-nabuchodonosor-ii"><strong>Nabucco donne vie à Nabuchodonosor II</strong></a> par Thierry Verger (Verd<em>i, Nabucco</em>)</p>
</li>
<li>
<p><a href="/actu/boris-godounov-et-dimitri-un-fake-qui-a-change-lhistoire-russe"><strong>Boris Godounov, Un fake qui a changé l&rsquo;histoire</strong></a> par Yvan Beuvard (Moussorgski,<em> Boris Godounov</em>)</p>
</li>
<li>
<p><a href="/actu/anne-boleyn-la-reine-aux-yeux-bleu-nuit"><strong>Anne Boleyn, la reine aux yeux bleu-nuit</strong></a> par Cédric Manuel (Donizetti, <em>Anna Bolena</em>)</p>
</li>
<li>
<p><a href="/actu/simon-boccanegra-le-doge-sans-gene"><strong>Simon Boccanegra, le doge sans gêne</strong></a> par Cédric Manuel (Verdi, <em>Simon Boccanegra</em>)</p>
</li>
<li>
<p><strong><a href="/actu/nelisez-pas-francesco-foscari">« N’élisez pas Francesco Foscari »</a></strong> par Cédric Manuel (Verdi, <em>I due Foscari</em>)</p>
</li>
<li>
<p><a href="https://www.forumopera.com/actu/la-main-au-collier"><strong>La main au collier</strong></a> par Cédric Manuel (Corigliano, <em>Ghosts of Versailles</em>)</p>
</li>
</ul>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/dossier/histoires-dopera/">Histoires d&rsquo;opéra</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>DONIZETTI, Maria Stuarda — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/maria-stuarda-paris-tce-une-reine-en-pleurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Dec 2018 08:09:22 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/une-reine-en-pleurs/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Elle n’aurait pas dû être là. Jusqu’à la veille,  Joyce di Donato était la tête d’affiche de cette Maria Stuarda au Théâtre des Champs Élysées. C’est pourtant elle qui, à la suite de problèmes de santé de la mezzo américaine, se trouve ce jeudi soir, en larmes, sous les bravos enthousiastes du public. Pleurs d’épuisement &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/maria-stuarda-paris-tce-une-reine-en-pleurs/"> <span class="screen-reader-text">DONIZETTI, Maria Stuarda — Paris (TCE)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/maria-stuarda-paris-tce-une-reine-en-pleurs/">DONIZETTI, Maria Stuarda — Paris (TCE)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Elle n’aurait pas dû être là. Jusqu’à la veille,  Joyce di Donato était la tête d’affiche de cette <em>Maria Stuarda </em>au Théâtre des Champs Élysées. C’est pourtant elle qui, à la suite de problèmes de santé de la mezzo américaine, se trouve ce jeudi soir, en larmes, sous les bravos enthousiastes du public. Pleurs d’épuisement ? Pleurs de joie ? Peut-être un peu tout cela.</p>
<p>Car <strong>Patrizia Ciofi</strong> ne triche pas, ne s’économise pas et c’est pour cela que son chant parfois douloureux nous touche autant. Elle qui connaît sa voix sur le bout des doigts, joue de ses limites en termes de chair, de couleurs ou de dynamique. Les graves sont habilement escamotés, les allègements se multiplient, et la technique répond présent (avec de très belles <em>messa di voce</em>). Nulle lumière dans ce soprano feutré, le « O nume » du premier acte n’a rien d’un moment d’abandon. Jusqu’au finale déchirant « Ah! Se un giorno da queste ritorte », on suit les tourments de Maria Stuarda, l’accompagnant dans ses gouffres et ses élans brisés. La Ciofi est une grande reine tragique.</p>
<p>Sa rivale du soir, l’Elisabetta de <strong>Carmen Giannattasio</strong>, pourrait être sa parfaite antithèse. La voix, plus corsée, saine et sonore, ne manque pas d’autorité, tout en conservant une certaine souplesse. Le duel, un des sommets de l’œuvre, autant par les noms d’oiseaux échangés que pour son acmé dramatique, en fonctionne d’autant mieux. L’incarnation de la souveraine anglaise manque toutefois d’ombres et certaines vulgarités nous ont semblé déplacées chez une personne de son rang.</p>
<p>Le timbre et les nasalités en particulier dans l’aigu forte d’<strong>Enea Scala</strong> (surtout au début du concert) peuvent rebuter. Le ténor n’en délivre pas moins une performance remarquable : il parvient à cumuler ardeur et un certain style, permettant de faire exister ce personnage pourtant bien peu gâté par le librettiste.</p>
<p>Les clefs de fa sont moins à la fête. <strong>Marc Barrard</strong> est un Lord Cecil bien grisonnant, ce qui ne va finalement pas si mal à cette odieuse personne. La basse de <strong>Nicola Ulivieri</strong> a d’autres séductions en Talbot, mais le chanteur peine lorsque l’écriture se fait tendue et manque d’autorité dans la scène de confession.</p>
<p>La direction de <strong>Speranza Scapucci</strong> séduit par son équilibre et sa grande attention aux chanteurs, au risque parfois de perdre la ligne par excès de rubato. Certains choix de tempo nous ont toutefois paru étranges : la prière de Maria Stuarda prise à vive allure perd de son élévation et de son pouvoir d’émotion. Le tempo n’est cependant pas le seul responsable du ratage de la prière : l’Ensemble Lyrique Champagne-Ardenne, peu homogène et à la justesse parfois incertaine, a également sa part de responsabilité.</p>
<p>L’Orchestre de chambre de Paris ne mériterait que des compliments, notamment avec de belles interventions des vents, ne serait un manque patent de brillant, imputable sans doute, au moins en partie, à l&rsquo;acoustique de la salle.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/maria-stuarda-paris-tce-une-reine-en-pleurs/">DONIZETTI, Maria Stuarda — Paris (TCE)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
