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BELLINI, Norma – Paris (TCE)

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Spectacle
9 janvier 2026
La consécration

Note ForumOpera.com

4

Infos sur l’œuvre

Opéra en deux actes, sur un livret de Felice Romani, d’après la tragédie d’Alexandre Soumet Norma ou l’Infanticide.
Création le 26 décembre 1831 à Milan (Teatro alla Scala)

Coproduction Théâtre des Champs-Élysées | Les Grandes Voix

Détails

Norma
Karine Deshayes
Adalgisa
Eve-Maud Hubeaux
Pollione
Francesco Demuro
Oroveso
George Andguladze
Clotilda
Déborah Salazar
Flavius
Ian Spinetti

Le jeune chœur de Paris
Chef de chœur
Christophe Grapperon |

Orchestre de chambre de Paris
Direction musicale
Lorenzo Passerini

Paris, Théâtre des Champs-Elysées, jeudi 8 janvier 2025,19h30

Les soirs se suivent et ne se ressemblent pas. Aux applaudissements tièdes d’un Théâtre des Champs-Elysées clairsemé lors du récital de Sonya Yoncheva ce mercredi répond le lendemain la même salle comble, acclamant debout l’héroïne de la soirée : Karine Deshayes.

De sa Norma intronisée à Aix-en-Provence en version de concert puis approfondie sur scène à Strasbourg, Marseille, Bordeaux ou encore Toulouse, on pensait tout savoir. La conduite du souffle, le tracé de la ligne, l’agilité, l’éventail des couleurs, la longueur : que demander de plus lorsqu’on a déjà beaucoup ? Pourtant, à Paris, Karine Deshayes pousse son interprétation du « rôle des rôles » un cran plus loin. La connaissance conjointe de son instrument et de la partition lui offre le loisir d’étoffer son interprétation. Derrière chaque note demeure une intention, sans que cette exigence du détail ne vire au maniérisme – ou pire, au narcissisme. Mais le prisme s’est élargi. Longtemps, cette Norma fut maternelle, s’épanouissant en premier lieu dans la caresse élégiaque d’une voix ronde, pleine et homogène, sans acidité ni dureté. Voilà à présent que le portrait s’enrichit, que l’amante outragée s’affirme derrière la puissance du trait – ce qui par contraste rend encore plus sensibles les nombreux allégements dont se pare le chant. Cette bravoure ne s’exerce jamais au détriment du style. L’expression reste sculptée à même le marbre belcantiste. On aimerait en écrire autant de ces partenaires.

Karine Deshayes © Théâtre des Champs-Elysées

A cette Norma moins soprano que le veut la tradition il aurait fallu une Adalgisa plus légère. Désormais rompue aux rôles de mezzo dramatique – sans que l’on soit totalement convaincu de la pertinence de cette orientation –, Eve-Maud Hubeaux peine à se glisser dans la tunique soyeuse de la jeune prêtresse. Emission large, nuances limitées, aigus forte : ce sont deux écoles de chant qui se rencontrent lors des duos entre les voix féminines, quand il n’en faudrait qu’une pour que la musique puisse remplir son office. Francesco Demuro appelle autant de réserves, à sa manière : téméraire, suicidaire même tant on redoute souvent que la voix ne se brise à force d’effort, de voyelles ouvertes et de sons ingrats. Que le ténor renonce aux tensions auxquelles il soumet son instrument et Pollione cesse d’être un roitelet au bord de la crise de nerf pour retrouver cette séduction dont doit faire preuve le tombeur de druidesses. Oroveso enfin voudrait basse plus aguerrie que George Andguladze, non que la partition excède les possibilités impressionnantes du chanteur géorgien, mais l’interprétation gagnerait à moins d’uniformité et plus de liberté.

Karine Deshayes donnerait finalement l’impression de chanter seule contre tous sans la direction de Lorenzo Passerini. Le jeune chef italien, dont le geste constitue à lui seul un spectacle, tire d’un orchestre et d’un chœur de deuxième division une intensité dramatique que des formations de premier plan n’atteignent pas toujours, quitte à précipiter le tempo ou à exagérer les effets, dès l’ouverture fracassante mais efficace jusqu’à la montée finale au bûcher, véritable élévation vers des sommets d’émotion.

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❤️❤️❤️❤️❤️ : Exceptionnel
❤️❤️❤️❤️🤍 : Supérieur aux attentes
❤️❤️❤️🤍🤍 : Conforme aux attentes
❤️❤️🤍🤍🤍 : Inférieur aux attentes
❤️🤍🤍🤍🤍 : À oublier

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Opéra en deux actes, sur un livret de Felice Romani, d’après la tragédie d’Alexandre Soumet Norma ou l’Infanticide.
Création le 26 décembre 1831 à Milan (Teatro alla Scala)

Coproduction Théâtre des Champs-Élysées | Les Grandes Voix

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Karine Deshayes
Adalgisa
Eve-Maud Hubeaux
Pollione
Francesco Demuro
Oroveso
George Andguladze
Clotilda
Déborah Salazar
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Le jeune chœur de Paris
Chef de chœur
Christophe Grapperon |

Orchestre de chambre de Paris
Direction musicale
Lorenzo Passerini

Paris, Théâtre des Champs-Elysées, jeudi 8 janvier 2025,19h30

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