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ROSSINI, Petite Messe solennelle — Saint-Denis

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Spectacle
24 juin 2014
Saint-Denis ne valait pas une (petite) messe

Note ForumOpera.com

1

Infos sur l’œuvre

Version de 1867 pour orchestre, chœur et solistes

Edition révisée par Davide Daolmi

Détails

Soprano

Julia Lezhneva

Mezzo-soprano

Delphione Galou

Ténor

Michael Spyres

Baryton

Alexander Vinogradov

Accentus

Orchestre de chamber de Paris

Direction musicale

Ottavio Dantone

Festival de Saint-Denis, Basilique, mardi 24 juin 20h30

Des deux versions de La Petite Messe Solennelle, le Festival de Saint-Denis a choisi la moins intéressante, celle orchestrée par Rossini lui-même en 1867. C’est que la partition originale, datée de 1864, pour deux pianos, un harmonium et « douze chanteurs de trois sexes » – huit choristes et quatre solistes – n’aurait pas autorisé la réunion des forces de l’Orchestre de Chambre de Paris et d’Accentus. Et alors ? L’acoustique brouillonne de la Basilique est une chausse-trappe. Dès le premier numéro, un Kyrie diffus dont l’oreille cherche en vain à saisir la géniale claudication, on sait la partie perdue. D’un geste moins majestueux qu’emphatique, Ottavio Dantone agite l’eau trouble et presse le mouvement comme s’il lui tardait de mettre un terme à a l’incertitude sonore. Cette lecture impatiente n’est pas exempte de virtuosité, en raison de sa rapidité précisément. Est-ce l’esprit qui doit animer le « dernier péché mortel de vieillesse » de Rossini ? Le Cum Sancto Spirito flamboie, le « Credo » conclusif du Resurrexit jaillit tel un geyser. Sacrée musique, oui, évidemment. L’inverse est rarement vrai. Seules et brèves exceptions, les quelques passages a cappella qui voient le chœur enfin rayonner : le deuxième mouvement du Kyrie et, plus encore, le Sanctus forcément rédempteur.

Pour ne rien arranger, deux des quatre solistes prévus ont dû être remplacés in extremis : Marco Vinco, souffrant, et Franco Fagioli, contraint d’annuler sa participation en raison d’un décès familial. L’indulgence sera donc de mise avec Delphine Galou, accrochée à ses notes le temps d’un Agnus Dei dépourvu d’émotion. De toute façon, ici comme ailleurs, on ne l’entend pas. Alexander Vinogradov semble boyard égaré en terre catholique. Son Quoniam mâchonné évoque Don Profondo imitant Libenskof dans Il Viaggio a Reims, le style en moins. Restent le soprano magnifique mais inanimé de Julia Lezhneva et le ténor de Michael Spyres, dont le chant, toujours sensationnel, ne saurait se satisfaire du seul Domine Deus, une des pages les plus faibles de la partition. Enregistrée sur le vif par les micros de Naïve Classique, cette Petite Messe doit faire l’objet d’un disque. Est-ce bien nécessaire ?

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