Quasi opéra en un acte, le Requiem de Giuseppe Verdi demande des moyens musicaux importants. Pour l’occasion, le Grand Chœur de Paris 1 Panthéon-Sorbonne s’est associé au Chœur de chambre Calligrammes pour offrir à cette exécution des forces musicales plus musclées, et les deux formations témoignent fort heureusement d’une parfaite osmose. Il faut dire que le chœur Calligrammes, qui comprend une quarantaine d’amateurs, est dirigé par Estelle Béréau et Guilhem Terrail (la première défendant ce soir la partie soprano du Requiem, et le second en assurant la direction d’orchestre) tandis que le Grand Chœur de Paris 1 Panthéon-Sorbonne (qui regroupe lui aussi des chanteurs amateurs) a pour chef… Guilhem Terrail. La collaboration s’en trouve facilitée. Si les voix des exécutants sont globalement un peu vertes, la formation ainsi constituée offre une prestation dont elle peut être fière s’agissant d’une œuvre techniquement difficile : aucune fausseté (exception faite d’une altération de tonalité dans le Lux Æterna), aucun décalage, un volume correct et un réel engagement de chacun des participants.
Le quatuor vocal se caractérise par trois prises de rôles (si nos informations sont bonnes). Éva Zaïcik offre une voix ample et chaude, charnue, d’une projection idéalement constante sur toute la tessiture. Son articulation est soignée, dépourvue de maniérisme, et l’interprétation est sensible, d’une retenue très française. Après une aussi belle prestation, on aurait tort de cataloguer le mezzo dans les seuls rôles baroques qu’elle défend le plus souvent. Sa prestation semble même tellement évidente qu’on se demande pourquoi elle n’a pas chanté le rôle plus tôt.
On pourra avoir une interrogation du même type à propos de Matthieu Lécroart que nous connaissions jusqu’ici dans les tessitures de baryton essentiellement. Dans ce rôle de basse, le chanteur n’éprouve aucune difficulté, offrant une voix bien percutante, un timbre bien personnel, une musicalité toujours aussi impeccable, alliés à des qualités de diction irréprochables qui savent rendre justice au texte liturgique.
Estelle Béréau a pour elle un timbre chaud, une belle vaillance et une impressionnante longueur de souffle. Un peu tendue dans l’aigu dans la terrible partie finale, elle n’en réussit pas moins un beau la piano sur le « Requiem » du Lux Æterna.
Seul familier du rôle, le ténor Artavazd Sarsyan offre un timbre solaire et un phrasé soigné. Son émission lumineuse lui permet de transcender une projection peut-être un peu modeste, et son « Ingemisco » est tout en délicatesse et d’une belle sensibilité.
On pourra avoir une interrogation du même type à propos de Matthieu Lécroart que nous connaissions jusqu’ici dans les tessitures de baryton essentiellement. Dans ce rôle de basse, le chanteur n’éprouve aucune difficulté, offrant une voix bien percutante, un timbre bien personnel, une musicalité toujours aussi impeccable, alliés à des qualités de diction irréprochables qui savent rendre justice au texte liturgique.
Estelle Béréau a pour elle un timbre chaud, une belle vaillance et une impressionnante longueur de souffle. Un peu tendue dans l’aigu dans la terrible partie finale, elle n’en réussit pas moins un beau la piano sur le « Requiem » du Lux Æterna.
Seul familier du rôle, le ténor Artavazd Sarsyan offre un timbre solaire et un phrasé soigné. Son émission lumineuse lui permet de transcender une projection peut-être un peu modeste, et son « Ingemisco » est tout en délicatesse et d’une belle sensibilité.
L’orchestre Les Singularités est très satisfaisant. Au-delà de la prouesse technique en soi remarquable consistant à former un tout cohérent avec un mélange d’amateurs et de professionnels aguerris, Guilhem Terrail, son chef titulaire, sait imprimer un authentique élan dramatique au chef d’œuvre verdien, avec une certaine originalité dans plusieurs passages (par exemple, un Sanctus plutôt lent par rapport aux usages récents).
Un bémol toutefois : l’organisation du concert ne facilite guère l’introspection. Pour la première représentation, le 25, la canicule avait conduit les organisateurs à renoncer au Grand Amphithéâtre de la Sorbonne pour un repli sur la plus miséricordieuse église de la Trinité. Le 27 à Saint-Roch, il fait tout de même bien chaud, et les artistes du chœur ne disposent pas de sièges pour se reposer entre deux interventions. Un court entracte est donc introduit après le Lacrymosa pour permettre aux choristes de se rafraichir. Le public en profite pour se lever, parler des prochaines vacances ou de l’acquisition fantasmée d’un climatiseur, tout en se dégourdissant les jambes. Il n’est pas pressé de se rassoir. Les solistes reprennent ensuite, seuls, avec l’Offertorio, puis les chœurs reviennent s’installer pour le Sanctus, suscitant une nouvelle interruption. C’est beaucoup !
