Lyon 2017/18 : Ombres errantes, contes, bruit et fureur

Par Fabrice Malkani | lun 20 Mars 2017 | Imprimer

La saison 2017-2018 de l’Opéra National de Lyon, dévoilée samedi par son directeur Serge Dorny, renonce cette année à un thème fédérateur unique ou à un fil clairement conducteur. De manière un peu provocatrice, le dossier de presse porte en épigraphe la fameuse citation du Macbeth de Shakespeare selon laquelle « la vie n’est qu’une ombre errante, un pauvre comédien qui s’agite et se pavane à son heure sur la scène », « un conte raconté par un idiot, plein de bruit et de fureur, qui ne signifie rien »… Nous voilà prévenus ! En fait, il sera question de guerres et de rois, de victimes et d’oppresseurs, mais aussi d’hommages et de création.

Éclectisme de bon aloi et volonté d’équilibre ont présidé à l’élaboration d’un programme qui démarrera avec le War Requiem de Benjamin Britten, sous la direction du nouveau chef permanent de l’Orchestre de l’Opéra de Lyon, Daniele Rustioni, dans une mise en scène de Yoshi Oida. De Rimski-Korsakov, on pourra entendre Mozart et Salieri (d’après Pouchkine) dans une recréation de la production locale de 2010, avant La Cenerentola de Rossini que dirigera Stefano Montanari (mise en scène de Stefan Herheim) avec Cyrille Dubois en Don Ramiro, puis une rareté de Zemlinsky, datant de 1933, Le Cercle de craie (d’après Klabund), dirigée par Lothar Koenigs et mise en scène par Richard Brunel.

Le désormais traditionnel Festival sera consacré à Verdi – avec Macbeth, dans une reprise de la production lyonnaise de 2012 (mise en scène de Ivo van Hoeve, avec Susanna Branchini en Lady Macbeth), un Don Carlos annoncé dans la version parisienne en cinq actes, rarement donnée, mise en scène par Christophe Honoré (avec Sergey Romanovsky dans le rôle titre et Sally Matthews en Élisabeth, Ève-Maud Hubeaux en Éboli, Michele Pertusi en Philippe, Stéphane Degout en Posa et Roberto Scandiuzzi en Grand Inquisiteur), et enfin Attila en version de concert.

À Alexander Raskatov (Cœur de chien, 2014), l’Opéra de Lyon a commandé un opéra qui s’intitule GerMANIA, inspiré par deux pièces de Heiner Müller, création que dirigera Alejo Pérez. On retrouvera un habitué de la scène lyonnaise avec David Marton qui proposera cette fois sa vision du Don Giovanni de Mozart (direction : Stefano Montanari). Hors les murs, on pourra voir et entendre au TNP de Villeurbanne le cycle de chants Journal d’un disparu de Janáček (mise en scène de Ivo van Hove) avec Silvia de La Muela et Ed Lyon, La Belle au bois dormant de Respighi au Théâtre de la Croix-Rousse et l’Histoire du Soldat de Stravinsky (mise en scène d’Alex Ollé/La Fura dels Baus) au Radiant-Bellevue de Caluire.

Plus d’informations prochainement sur le site de l'Opéra de Lyon.

Partager