De passage à Paris pour un concert affichant les lauréats de la première édition du concours qu’elle a créé, Sumi Jo est venue présenter la deuxième édition de la Sumi Jo International Singing Competition, concours qu’elle a fondé afin d’accompagner la nouvelle génération de chanteurs lyriques.
Installé au Château de La Ferté-Imbault, en Sologne, le concours affiche une philosophie différente de celle des grandes compétitions traditionnelles. Pour Olivier Medinger, président du jury et cofondateur de l’événement (et propriétaire du château), il ne s’agit pas seulement de distinguer des talents, mais de leur offrir un véritable accompagnement artistique et humain et surtout de créer un climat d’entraide entre les compétiteurs. La première édition, organisée en 2024, avait déjà attiré plus de 500 candidats issus de 47 pays. Vingt-quatre chanteurs avaient été sélectionnés pour les demi-finales et cinq récompensés à l’issue de la compétition.
L’originalité du concours réside également dans l’importance de sa dotation financière : 50 000 euros pour le premier prix, 20 000 pour le deuxième et 10 000 pour le troisième. Un soutien destiné à permettre aux jeunes artistes de financer voyages, auditions et perfectionnement. Comme le souligne Sumi Jo, une aide financière est souvent capitale en début de carrière. Fidèle à sa volonté de mentorat, Sumi Jo emmène ensuite les lauréats en tournée internationale afin de leur offrir une visibilité concrète auprès du public et des professionnels.
Les résultats semblent déjà probants. Les lauréats de 2024 ont participé à une tournée en Chine et en Corée qui leur a valu une exposition médiatique importante et un accueil enthousiaste du public. Depuis lors, plusieurs d’entre eux ont vu leur carrière s’accélérer. Juliette Tacchino triomphe actuellement dans Les Demoiselles de Rochefort, Marie Lombard a chanté Lauretta dans Gianni Schicchi à Zurich, tandis que George Virban enchaîne les grands rôles du répertoire lyrique européen.
La prochaine édition se déroulera du 5 au 11 juillet 2026. Les vingt-quatre candidats retenus seront départagés lors des demi-finales avant une finale réunissant neuf chanteurs, dont un repêché par le vote du public, qui disposera d’une application sur smartphone pour repêcher le candidat de son choix (lors de la première édition, deux candidats ex aequo avaient été ainsi sélectionnés). Le jury réunira plusieurs personnalités majeures du monde lyrique, parmi lesquelles le ténor argentin Marcelo Álvarez, Paolo Gavazzeni (directeur du casting de la Scala de Milan), Melanie Allmendinger du Royal Opera House et Jonathan Friend, conseiller au casting de plusieurs grandes institutions et qui a collaboré avec le Metropolitan Opera pendant 44 ans. Les chanteurs proposent divers pages de différents styles et dans différentes langues, les titres sont ensuite choisis par le jury.
Financé principalement par le constructeur automobile coréen hyundai ainsi que par plusieurs mécènes publics et privés, le concours s’inscrit également dans les célébrations du 140e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et la Corée. Cette dimension symbolique n’est pas anodine pour une artiste qui demeure, pour beaucoup en Asie, la première chanteuse lyrique du continent à avoir acquis une telle renommée internationale et dont la renommée n’est certainement pas pour rien dans l’incroyable éclosion de nouveaux talents issus, notamment, de la péninsule.
Parallèlement à cette activité de transmission, Sumi Jo poursuit sa propre carrière. Elle vient de publier Continuum, un album retraçant son parcours artistique à travers un programme éclectique mêlant opéra, musique populaire et collaborations inédites. Un long morceau y résume son parcours artistique, un « medley » intitulé « L’histoire de Sumi Jo » qui débute ainsi par un extrait de Rigoletto (Sumi Jo avait fait sas débuts à Trieste en Gilda en 2026). Le soprano y interprète également un duo contemporain, « Romance », aux côtés de Suho, une star de la K-Pop. Au total, 11 morceaux très divers composent cet album. Une nouvelle tournée internationale est déjà prévue, ainsi qu’une série de concerts avec les futurs lauréats de l’édition 2026.
Au-delà de la compétition elle-même, c’est sans doute cette idée de transmission qui résume le mieux l’esprit du projet. « Pour nous, l’essentiel est de transmettre », résume Olivier Medinger. Une ambition qui semble aujourd’hui constituer le véritable fil conducteur de cette nouvelle étape de la carrière de Sumi Jo.


