En avril 2011, à Besançon, Ludovic Tézier abordait pour la première fois le rôle de Rigoletto. Sa Gilda était alors son épouse, Cassandre Berthon. Quinze ans plus tard, le baryton fait ses débuts au Teatro Massimo de Palerme ce vendredi 23 octobre, dans ce même rôle, et Cassandre Berthon sera de nouveau à ses côtés. Mais elle ne chantera plus la fille : elle sera Giovanna, sa gouvernante. Nos lecteurs pourront mesurer le chemin parcouru en relisant notre compte rendu de 2011, intitulé Le triomphe de Tézier.
Le bouffon de Verdi occupe une place à part dans la vie du chanteur. Dans un entretien accordé à Opéra Magazine en 2016, il racontait comment, enfant, assis sur les genoux de son père, il l’écoutait lui expliquer la colère de Rigoletto contre les courtisans. Une « case Rigoletto » s’était allumée dans son esprit, et elle ne s’est jamais éteinte. Le rôle l’a depuis conduit à Paris, Vienne, Munich, Naples et Madrid.
À Palerme, il reprend une production créée en 2018 par John Turturro. L’acteur américain y signait sa première mise en scène d’opéra, sur la terre de sa famille maternelle, et voyait avant tout dans Rigoletto une tragédie de la paternité. Après avoir tourné de Turin jusqu’en Chine, le spectacle revient chez lui, remonté par Lisa Capaccioli et dirigé par Gianna Fratta.
Le Teatro Massimo annonce quatre représentations avec Tézier, les 23, 25, 28 et 30 octobre, aux côtés de Francesco Demuro en Duc de Mantoue. Souffrante, Irina Lungu cède Gilda à Giuliana Gianfaldoni pour les deux premières soirées et reprendra le rôle les 28 et 30. Roman Burdenko chantera le rôle-titre lors des quatre autres représentations.
Pour Cassandre Berthon, c’est l’occasion de veiller de nouveau sur Gilda, d’un peu plus loin cette fois.