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	<title>Carmen - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Carmen - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>BIZET, Carmen (Cast B) &#8211; Toulouse</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Jul 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Jean-Louis Grinda a signé en 2018 avec cette Carmen une mise en scène d’opéra riche de dits et de non-dits. Cette co-production avec les maisons de Monte-Carlo, Marseille et Toulouse non seulement n’a pas pris une ride, mais gagne à être revue – pour qu’on y découvre de nouveaux ressorts. C’est cette production qui a &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Jean-Louis Grinda a signé en 2018 avec cette <em>Carmen</em> une mise en scène d’opéra riche de dits et de non-dits. Cette co-production avec les maisons de Monte-Carlo, Marseille et Toulouse non seulement n’a pas pris une ride, mais gagne à être revue – pour qu’on y découvre de nouveaux ressorts. C’est cette production qui a permis en son temps à Nicole Lemieux de prendre le rôle-titre, elle l’avait fait <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/carmen-toulouse-dans-la-cour-des-grandes/">de belle manière</a> en pleine sortie de Covid. La contralto canadienne revient à Toulouse défendre un rôle qu’elle tient en alternance avec <strong>Adèle Charvet</strong>. Et c’est cette distribution autour de la mezzo française que nous voyons ce soir.</p>
<p>La pièce est présentée comme un long flash-back puisque, pendant l’ouverture, on assiste à la scène finale, le baiser de Carmen à Escamillo avant qu’il descende dans l’arène, puis la confrontation des deux anciens amants et la mort de Carmen qui vient littéralement se jeter sur le couteau de Don José. L&rsquo;idée est que pour Carmen, la mort est l’aboutissement logique de cette vie qui veut être vécue avant tout sous le signe de la liberté, quelles qu’en soient les conséquences ; le tirage des cartes au III ne fera que confirmer le caractère inéluctable de l’issue tragique.<br />On reverra donc en détail la tragédie en fin de quatrième acte avec un parallèle certes convenu, mais efficace, entre le drame qui se joue devant l’arène de Séville (à l’intérieur d’un spot lumineux en forme de lice) et la lutte entre le taureau et le toréador, au sein de l’arène. Par une habile vidéo-projection, on voit Escamillo combattre le taureau et, lorsque José porte le coup fatal, Carmen tombe : c’est Carmen qui, dans l’arène, a pris la place du taureau ; comme pour l’animal, le combat était inégal et perdu d’avance.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSC_9130-1-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-216360"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Adèle Charvet ©</sub> <sub>Mirco Magliocca</sub></figcaption></figure>


<p>Dans cette reprise de la production, l’accent est mis tout particulièrement sur la brutalité de José. À plusieurs reprises, sa jalousie et sa colère non maîtrisées le poussent à tenter d’étrangler Carmen ou de la frapper, et pour se donner la force ou le courage qu’il n’aurait pas sans cela, il utilise l’alcool comme carburant à une violence non maîtrisée. </p>
<p>C’est bien Adèle Charvet que nous voulions entendre dans ce rôle emblématique entre tous et qu’elle avait <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/carmen-bordeaux-lelegante-et-le-fougueux/">inauguré à Bordeaux en 2021</a> (elle avait aussi chanté Mercedes à Londres en 2018).  Plus de doute : ce rôle est fait pour elle : si l’on admet une fois pour toutes quelques fff un peu moins maîtrisés (dans le final du II), on aura énoncé la seule réserve à cette prestation. Tout le reste est une réussite patente. Aussi bien le jeu d’une Carmen sensuelle, voire lascive mais toujours maîtresse d’elle-même, la danse avec castagnettes, et bien sûr la voix. Le mezzo est tellement riche, tellement suave, avec des graves qui sonnent juste. Et puis il y a cette aisance sur scène qui dénote que ce rôle est déjà pleinement son répertoire. On retiendra particulièrement la Habanera, toute de justesse et sans excès.</p>
<p>Le reste de la distribution ne nous a pas autant enthousiasmé. Le Don José de <strong>Fabien Hyon</strong> doit souvent lutter dans les aigus forte, ce qui l’oblige à détimbrer. Sa peinture d’un José incapable de maîtriser ses pulsions est particulièrement réussie. Des réserves aussi pour l’Escamillo d’<strong>Armando Noguera</strong>, qui est entré tardivement dans cette production. Là aussi les difficultés de l’air du Toréador ne sont pas toutes résolues, les graves étant trop peu audibles. <strong>Marianne Croux</strong> (Micaëla) récemment entendue en Donna Anna se sort mieux de son air du III que de celui du I, où la tension sans doute l’empêche d’assouplir le chant.<br />Les seconds rôles sont bien pourvus : <strong>Fanny Soyer</strong> (Frasquita) et <strong>Leontine Maridat</strong> <strong>Zimmerlin</strong> (Mercedes) sont de merveilleuses complices, <strong>Adrien Mathonat</strong> donne de la gravité à son personnage de Zuniga, <strong>Pierre-Yves Cras</strong> est un Morales pimpant.  Distribution très convenablement complétée par <strong>Damien Gast</strong> (le Dancaïre), <strong>Kresimir Spicer</strong> (Le Remendado) et <strong>Frank T’Hézan</strong> (Lilias Pastia).</p>
<p><strong>Léo Hussain</strong> qui avait déjà dirigé <em>Pelléas</em> en 2024 délivre une belle copie ; les pupitres individuels sont irréprochables. D’où nous vient alors ce sentiment d’inachevé ? Un quatrième acte pas assez enlevé et puis plusieurs décalages des chœurs, particulièrement ce soir du chœur  d’enfants, assez inhabituels.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-cast-b-toulouse/">BIZET, Carmen (Cast B) &#8211; Toulouse</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Lulu, Lucrèce, Carmen, Médée… mémoire de femmes &#8211; Paris (Amphi Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lulu-lucrece-carmen-medee-memoire-de-femmes-paris-amphi-bastille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On sait en général que l&#8217;Opéra national de Paris abrite une Académie, mais les chanteurs et les chanteuses ne sont que la part émergée de l&#8217;iceberg. L&#8217;institution forme également des instrumentistes, des pianistes chefs de chant, des costumières, des maquilleuses, et accueille chaque saison un ou une jeune metteur·euse en scène. C&#8217;est de cette part &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On sait en général que l&rsquo;Opéra national de Paris abrite une Académie, mais les chanteurs et les chanteuses ne sont que la part émergée de l&rsquo;iceberg. L&rsquo;institution forme également des instrumentistes, des pianistes chefs de chant, des costumières, des maquilleuses, et accueille chaque saison un ou une jeune metteur·euse en scène. C&rsquo;est de cette part moins connue de l&rsquo;Académie que procède le workshop de mise en scène, forme scénique présentée chaque mois de juin, qui réunit l&rsquo;ensemble des artistes en formation autour d&rsquo;un projet commun.</p>
<p><em>Lulu, Lucrèce, Carmen, Médée… Mémoire de femmes</em> est le workshop imaginé cette saison par <strong>Yvonne Sembene</strong>, metteuse en scène en résidence à l&rsquo;Académie. L&rsquo;exercice ne consiste pas à enchaîner quelques grands airs selon un principe thématique – ici les scènes de fureur féminine – mais à construire un véritable spectacle capable de faire dialoguer les disciplines, de mettre en lumière les jeunes artistes et d&rsquo;affirmer une vision dramaturgique personnelle : autant de contraintes qui rendent l&rsquo;exercice particulièrement exigeant.</p>
<p>Or Sembene déplace d&#8217;emblée la question. Le geste artistique et critique tient en quelques idées fortes, développées dans sa note d&rsquo;intention : « Je n&rsquo;ai jamais été convaincue par les conventions de représentation de la colère féminine à l&rsquo;opéra ». Elle dénonce un genre qui regarde les femmes furieuses « avec fascination, comme une anomalie, séduisante, plutôt qu&rsquo;avec empathie », des figures « dévorées par leurs propres désirs ou transformées en fantasmes ». Le véritable objet de son travail n&rsquo;est donc pas la fureur, mais la manière dont l&rsquo;opéra la donne à voir, et la question qu&rsquo;elle soulève est moins morale que généalogique : « Qui nous a appris à porter un tel regard sur la colère ? » Sans verser pour autant dans l&rsquo;inversion héroïque (« je ne cherche pas à réhabiliter naïvement la vengeance »), elle vise cet entre-deux où « la frontière entre justice, fantasme et spectacle » se brouille, et accomplit le geste qui fait tout le prix de la soirée : « Sortir la colère féminine de l&rsquo;isolement narratif » pour en faire un affect « collectif, vivant, contagieux », qui circule de corps en corps. Ce parti pris épouse idéalement le principe même du workshop, fondé sur le travail d&rsquo;ensemble plutôt que sur la mise en avant d&rsquo;un seul interprète.</p>
<p>Tout commence sur un plateau planté de quelques roses rouges. Tandis que l&rsquo;orchestre joue l&rsquo;ouverture de <em>La traviata</em>, une jeune femme entre et effeuille lentement les pétales d&rsquo;une fleur, comme on interroge un présage : elle croit encore à l&rsquo;amour, mais est déçue par ce que le geste lui révèle. Près d&rsquo;elle, deux marchandes de fleurs disposent d&rsquo;autres roses et échangent regards et caresses tendres en chantant la Barcarolle des <em>Contes d&rsquo;Hoffmann</em>, tandis que des couples tirés à quatre épingles surgissent sur le plateau. Tout est déjà clairement énoncé dès ces deux premiers numéros : le symbole réversible de la fleur (présent romantique et poison fatal), le cérémonial galant, la hiérarchie muette entre classes sociales et genres. Soudain, la violence éclate : un homme brutalise une femme et l&rsquo;entraîne derrière le rideau de fond de scène. Elle reparaît seule, à pas suspendus, en s&rsquo;avançant vers le public sur « Va ! laisse couler mes larmes » de <em>Werther</em>, fait le geste de lever un couteau pour se venger, puis renonce. Le couteau levé puis abaissé convoque une mémoire du répertoire : Sembene inscrit d&#8217;emblée chaque héroïne dans une généalogie de figures – ici Armide suspendant son poignard au-dessus de Renaud endormi – plutôt que dans une psychologie individuelle.</p>
<p>Les hommes occupent ensuite l&rsquo;espace avec l&rsquo;aisance de prédateurs tranquilles. L&rsquo;un séduit une marchande de fleurs (« Io son ricco », <em>L&rsquo;Elisir d&rsquo;amore</em>), un autre entraîne la première femme dans une partie de colin-maillard où, les yeux bandés, elle se retrouve livrée à trois mains, caressée par trois hommes à la fois. Son cri déchire le silence (le « Nein! Mörder! Polizei » de <em>Lulu</em>) ; en s&rsquo;échappant vers le fond, elle est consolée par trois mains féminines qui fendent le velours du rideau – le même geste tactile, retourné comme un gant, l&rsquo;effraction devenue étreinte, tandis qu&rsquo;elle chante le « Ah crudel » de <em>Rinaldo</em>. Le rideau se lève alors sur le chœur de <em>The Rape of Lucretia</em>, « Time treads upon the hands of women », et ce moment marque un premier basculement : le spectacle cesse d&rsquo;aligner des situations de violence pour révéler qu&rsquo;elles procèdent d&rsquo;un même système de représentation. Une figure s&rsquo;en détache, magnétique, chargée de bracelets, la seule à porter un costume qui ne soit pas mondain, incarnant à la fois la sororité et la vengeance. Les héroïnes ne sont effectivement plus des personnages isolés, mais les manifestations diverses d&rsquo;une même histoire pluri-séculaire.</p>
<p>Surgit ensuite la Comtesse des <em>Noces de Figaro</em>, allongée au sol côté jardin, qui écrit dans un carnet pendant « Porgi Amor », tandis que, depuis la salle, l&rsquo;Armide de « Furie terribili » embrasse sa rage : deux postures d&rsquo;une même blessure, la plainte et l&rsquo;incandescence. Le plateau se vide alors pour laisser un homme affligé seul sur le plateau. La scène du <em>Doppelgänger</em> de Schubert constitue sans doute le centre de gravité du spectacle : le pianiste-accompagnateur se lève pour laisser la place à sa collègue féminine dans la suite du spectacle et il se dresse sur la scène en double mélancolique, face à l&rsquo;homme, interrogeant sa conscience et la continuité de la violence masculine. Le double silencieux ne désigne pas un coupable particulier ; il matérialise une violence héritée, un imaginaire masculin qui précède les personnages – le spectacle quittant ainsi le terrain de la dénonciation pour celui de la méditation sur les représentations. Vient ensuite la Chanson Bohème de <em>Carmen</em>, « Les tringles des sistres tintaient » : un banquet préparé par des femmes, une boisson servie aux hommes, et les voilà qui s&rsquo;effondrent, empoisonnés, à la dernière mesure, vengeance accomplie par les femmes autrefois menacées. Les rescapés se lamentent : deux hommes confessent leur culpabilité, comme traqués par des dieux vengeurs (« Dieux qui me poursuivez », <em>Iphigénie en Tauride</em>).</p>
<p>Sur « Summertime », la femme aux bracelets grimpe sur la table et règne un instant au-dessus de ces cadavres masculins, pendant que les deux marchandes de fleurs dévorent le corps d&rsquo;un homme, vampires repues : l&rsquo;air le plus suave du programme recouvre la scène la plus crue, invitant à un apaisement empreint d&rsquo;ambiguïté. L&rsquo;« Addio Roma » de Monteverdi fait se dresser ensuite l&rsquo;une des marchandes, qui dit un désespoir débordant sa situation, tandis que l&rsquo;autre lit un extrait de l&rsquo;<em>Hamletmaschine</em> d&rsquo;Heiner Müller dans le carnet abandonné par la Comtesse : c&rsquo;est le monologue final d&rsquo;Ophélie se prenant pour la vengeresse Électre, « j&rsquo;étouffe entre mes cuisses le monde auquel j&rsquo;ai donné naissance ». La parole vengeresse se transmet d&rsquo;une figure à l&rsquo;autre, d&rsquo;un corps à l&rsquo;autre. La réconciliation s&rsquo;esquisse alors (épilogue de <em>Lucretia</em>) puis advient avec le « Contessa perdono » des <em>Noces</em> : un homme s&rsquo;en retourne au bras de la Comtesse avec qui il était entré. Le rideau de fond, levé à la française, dévoile enfin une phrase : « Another world is possible » (un autre monde est possible). L&rsquo;apaisement gagne le plateau, l&rsquo;homme du <em>Doppelgänger</em> retrouve son double ensanglanté ; mais l&rsquo;Armide vengeresse brandit un pistolet rose et le pose sur sa tempe : l&rsquo;utopie se saborde dans le moment même où elle s&rsquo;affiche. Reste la rose, que la femme du commencement retrouve et effeuille de nouveau, radieuse cette fois. Trois signes coexistent sans s&rsquo;accorder, sans qu&rsquo;aucun ne l&#8217;emporte : la confiance retrouvée en l&rsquo;amour, la promesse d&rsquo;un avenir meilleur, la vengeance des femmes.</p>
<p>Toute cette reconstitution linéaire du spectacle, établie a posteriori à partir du souvenir de la représentation, donne une idée de la densité du travail dramaturgique de la metteuse en scène. Les références se répondent avec une grande finesse, parfois jusqu&rsquo;à la virtuosité (le chœur de <em>Lucretia </em>surgissant juste après le motif des mains, dont le titre même lie les femmes et les mains). Cette richesse a toutefois son revers : le plateau accumule signes, personnages et citations au point que le fil devient parfois difficile à suivre, et la mise en scène convainc alors davantage par la force de certains tableaux que par la parfaite lisibilité de sa progression.</p>
<p>Reste à évoquer les voix, car ce workshop d&rsquo;académie est aussi l&rsquo;occasion d&rsquo;entendre la plupart des artistes lyriques qui la composent. Quelques timbres se détachent : <strong>Daria Akulova</strong> déploie un soprano riche et onctueux dans un « Porgi amor » idéal de tendresse et de tristesse mêlées ; <strong>Sofia Anisimova</strong>, mezzo soyeux, séduit aussi bien en Giulietta des <em>Contes</em> qu&rsquo;en Ottavia. <strong>Ana Oniani</strong>, surtout, impose une présence charismatique d&rsquo;une rare intensité, et un mordant qu&rsquo;on aurait aimé entendre plus longuement : son unique solo, le « Furie terribili » de <em>Rinaldo</em>, n&rsquo;appartient sans doute pas au répertoire qui convoque le meilleur de ses qualités. <strong>Sima Ouahman</strong> offre elle aussi une très belle voix, puissante et saine, quand le timbre de <strong>Lorena Pires</strong>, par ailleurs une artiste d&rsquo;un charisme fou, se fait un rien métallique et que celui, proprement fascinant, d&rsquo;<strong>Amandine Portelli</strong> s&rsquo;accompagne d&rsquo;un vibrato large que l&rsquo;on souhaiterait parfois plus contenu. <strong>Neima Fischer</strong>, dont l&rsquo;aigu garde une pointe d&rsquo;acidité, tient également solidement sa partie. Du côté des hommes, tout de même un peu sacrifiés dramatiquement, on notera la voix de ténor franche aux reflets d&rsquo;acier de <strong>Bergsvein Toverud</strong>, qui fait montre d&rsquo;un moelleux plein de saveur ; l&rsquo;autorité vocale de <strong>Luis-Felipe Sousa</strong>, alliée à une délicatesse et une musicalité qui offre au Schubert toute ses ambiguïtés ; enfin, le timbre séduisant de <strong>Ihor Mostovoi</strong>, qui rappelle parfois celui de Keenlyside dans <em>Iphigénie</em>, avec un mordant idéal. La seule réserve générale que l&rsquo;on peut formuler est la relative retenue dans laquelle se trouvent pris tous les interprètes. Il y a quelque chose de toujours très « propre » chez eux et elles, un manque de singularité et de tranchant que seul le métier viendra dégourdir. Mais on a hâte de pouvoir les réentendre !</p>
<p>Du côté des instrumentistes, l&rsquo;enchantement est sans réserve. On peut dire d&#8217;emblée combien il est agréable d&rsquo;entendre dans un même spectacle autant de styles musicaux et de langues différentes. Cela conduit forcément à une certaine égalité stylistique, mais éclaire aussi les influences baroques de Britten ou la filiation mozartienne d&rsquo;Offenbach. Les arrangements, d&rsquo;une grande finesse, tirent un parti constant de l&rsquo;effectif réduit : le piano tantôt mis à nu, tantôt appelé à suppléer l&rsquo;absence des vents, sans qu&rsquo;on éprouve jamais le manque d&rsquo;un orchestre complet – ce que tant de réductions ne parviennent pas à faire oublier. Le solo de cor anglais du prélude de <em>Tristan</em> passe de l&rsquo;alto au violoncelle, donnant ainsi lieu à un dialogue d&rsquo;une rare beauté entre les deux instruments. Les deux pianistes accompagnateurs (<strong>Louis Dechambre</strong> et <strong>Anastatia Martin</strong>) se montrent également remarquables d&rsquo;adresse, et l&rsquo;on saluera particulièrement le premier, qui, sa partie achevée et la place cédée à sa camarade, prête ensuite son corps au double mélancolique du <em>Doppelgänger</em>. La direction de <strong>Moeka Ueno</strong>, attentive, ne se laisse prendre en défaut qu&rsquo;une fois, sur le rythme changeant des sistres de <em>Carmen</em>, bien vite rétabli.</p>
<p>On saura gré finalement à Sembene de ne jamais céder au schématisme ou au militantisme univoque. Les hommes ne sont pas réduits à des figures de bourreaux : la scène du <em>Doppelgänger</em> en fait aussi les victimes d&rsquo;une violence héritée, d&rsquo;un régime de représentations masculines qui les précède et les façonne. Le geste a sa part de risque – opposer ainsi deux expériences genrées de la violence suppose un partage un peu essentialisant – mais le spectacle complique constamment ce partage en donnant à voir, des deux côtés, toute une gamme d&rsquo;affects : la peur, la culpabilité, le remords, la plainte, la solidarité, la colère. Surtout, il se refuse à faire de la vengeance seule son horizon. La phrase projetée au fond du plateau (« Another world is possible ») pourrait presque être taxée de naïve, mais elle trouve son véritable accomplissement dans le pardon final des <em>Noces de Figaro</em> : il n&rsquo;y a que la musique de Mozart qui puisse ouvrir ainsi l&rsquo;espoir d&rsquo;une réconciliation avec autant de pureté et de sincérité. Loin de toute candeur, ce « Contessa perdono » d&rsquo;une douceur bouleversante parvient à nous faire croire, le temps d&rsquo;un suspens, que la résilience et l&rsquo;union pourraient advenir entre les genres. Que le pistolet rose vienne aussitôt fragiliser cette utopie n&rsquo;en annule pas la portée : il rappelle seulement que cet autre monde possible demeure à construire activement plutôt qu&rsquo;à célébrer théoriquement.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>BIZET, Carmen – Milan</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-milan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a un peu plus de 10 ans que Carmen n’avait pas été donnée à la Scala. Rappelons-le : l’ouvrage a une longue et belle histoire avec le temple milanais. Il y fut créé (en italien) le 26 décembre 1885, soit un peu plus de dix ans après la première mondiale à l&#8217;Opéra-Comique, le &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">Il y a un peu plus de 10 ans que <em>Carmen</em> n’avait pas été donnée à la Scala. Rappelons-le : l’ouvrage a une longue et belle histoire avec le temple milanais. Il y fut créé (en italien) le 26 décembre 1885, soit un peu plus de dix ans après la première mondiale à l&rsquo;Opéra-Comique, le 3 mars 1875. Les plus grandes voix et les plus grands chefs s’y sont illustrés et la liste donne un peu le vertige. Pour l’immédiat après-guerre, on pourra citer (en vrac et sans exhaustivité), pour le rôle-titre : Giulietta Simionato, Fedora Barbieri, Fiorenza Cossotto, Viorica Cortez, Shirley Verrett, Agnès Baltsa, Elīna Garanča, Anita Rachvelichvili ; en Don José : Giuseppe Di Stefano, Ramon Vinay, Mario Del Monaco, Franco Corelli, Guy Chauvet, Nicolaï Gedda, Placido Domingo, Jonas Kaufmann, José Cura ; en Escamillo : Gabriel Bacquier, Erwin Schrott, Ruggero Raimondi, José van Dam, Ernest Blanc ou Michel Roux (Blanc ou Roux : les goûts et les couleurs) ; et enfin, quelques Micaela : Helen Donath, Adriana Maliponte, Maria Chiara ou encore Mirella Freni. Côté chefs, on ne se débrouille pas trop mal non plus : Herbert von Karajan, Georges Prêtre (qui dirigera la première exécution scaligère en langue française avec Cossotto, Chauvet, van Dam, et Donath en 1972), Michel Plasson, Claudio Abbado, Daniel Barenboim et même un jeune Gustavo Dudamel.</p>
<p style="font-weight: 400;">Coproduite avec le Royal Opera, la mise en scène de <strong>Damiano Michieletto</strong> connait une nouvelle création  à la Scala cette saison, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-londres/">dans une version assez proche dans la forme de celle de Covent Garden</a>. L’action y est transposée dans les années 70, dans l’Espagne franquiste. Les décors sont sobres et assez dépouillés, réhaussés par des éclairages plutôt sophistiqués. Visuellement, la scénographie évoque celle de Calixto Bieito vue un peu partout dans le monde <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/ole-ole/">depuis une quinzaine d&rsquo;années</a> (et en particulier à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/carmen-paris-bastille-somptueuse-anita-rachvelishvili/">Paris</a>), mais demeure plus intéressante au niveau du travail dramatique. Quelques rares éléments sont légèrement modifiés, signe que le metteur en scène a retravaillé sa production pour Milan. Par exemple, le manège actionné par les enfants au premier acte disparait (1), au lieu de jouer avec ces gamins Carmen sème la pagaille en éparpillant dans la foule les formulaires des policiers, les cigarières ne dansent plus avec les hommes venus les admirer, la gigantesque rampe d’éclairage est un peu de biais au lieu d’être parallèle à la scène, etc. Voilà pour le seul premier acte : rien de fondamental comme on le voit. L’interaction entre les deux protagonistes est en revanche adaptée aux chanteurs et, en quelque sorte, inversée. À Londres, Aigul Akhmetshina venait débaucher Piotr Beczała, un officier propre sur lui (ce qu’il n’est pas dans la nouvelle de Mérimée du reste). Ici, Clémentine Margaine est davantage une femme fatale (et fataliste) plus stoïque et qui fait face à un chien fou à qui il ne faut pas grand-chose pour retomber dans ses pulsions, et ce nouvel équilibre fonctionne bien (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lucia-di-lammermoor-new-york-le-feu-et-la-glace/">on a d’ailleurs pu en voir un autre exemple ici)</a>.</p>
<p style="font-weight: 400;">Les textes parlés, déjà modernisés et simplifiés à Londres, sont encore plus écourtés ici. Certaines répliques sont même carrément coupées (par exemple « Place au seigneur alcade »). Si l’on peut comprendre que les dialogues d’opéra-comique ne conviennent pas à un public étranger, pourquoi ne pas utiliser plutôt les excellents récitatifs d’Ernest Guiraud, composés justement à cet effet ? Avec ces pages musicales qui s’enchainent sans solution de continuité, l’ouvrage parait paradoxalement moins digeste, quoique plus court, faute de respirations permettant au spectateur de se ressaisir entre deux émotions fortes (un peu comme les numéros musicaux dans les films des Marx Brothers). Par ailleurs, le sens réel du texte semble parfois secondaire pour Michieletto : « Votre toast, je peux vous le rendre » (alors que ledit toast a été coupé), « Voici la quadrille » (pour l’arrivée d’un unique toréro), « Dans la foule il se cache » (Don José se cache d’autant moins qu’il est seul sur le plateau, et bien visible), etc. À ces détails près, le spectacle fonctionne parfaitement, surtout pour un public non francophone.</p>
<p style="font-weight: 400;">La Carmen de <strong>Clémentine Margaine</strong> est bien connue : le mezzo-soprano a incarné la fatale gitane sur presque toutes les scènes du monde, de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/carmen-new-york-la-french-touch/">New-York</a> à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/une-invitation-au-voyage/">Saint-Céré</a>, et même <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/carmen-paris-bastille-paris-bastille-un-gout-dinacheve-et-de-grandiose/">Paris</a>. La voix est puissante, le timbre chaleureux, l’émission est inaltérée et le français est très largement compréhensible. Dramatiquement, sa Carmen, un peu sous-jouée, est davantage hautaine, blasée, résignée et dominatrice que séductrice<strong>. </strong>Avec<strong> Vittorio Grigòlo</strong> en revanche, on comprend en quoi l’ouvrage annonce le vériste. Dans une forme vocale éclatante, le ténor romain campe un Don José survolté, mais sans excès histrionique toutefois : il est remarquable que ce chanteur, parfois passionné au-delà du raisonnable, trouve quelques-uns de ses meilleurs emplois <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/werther-londres-roh-la-metamorphose-de-vittorio-grigolo/">dans l’opéra français</a>, comme si ce répertoire lui permettait de combiner idéalement la chaleur dramatique du ténor italien et ce je-ne-sais-quoi de retenue que demande l’opéra français. La voix est puissante, tout en sachant s’alléger et nuancer. L&rsquo;air de la Fleur est une réussite d&rsquo;équilibre (notons toutefois que le chanteur choisi un parti intermédiaire en attaquant le si bémol final piano (avant de l&rsquo;enfler) plutôt que pianissimo d&rsquo;un bout à l&rsquo;autre). Le phrasé est impeccable, le timbre s’est légèrement assombri mais l’aigu est clair, et le suraigu semble même plus facile qu’autrefois, avec un contre-ut non écrit crânement assuré à la fin de l’acte II. Signalons que Vittorio Grigòlo retrouvera le répertoire français à la Scala en octobre prochain avec une série de <em>Faust</em>.</p>
<p style="font-weight: 400;"><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-semiramide-paris-tce/">Après un formidable Assur</a>, nous attendions beaucoup de l’Escamillo de <strong>Giorgi</strong> <strong>Manoshvili</strong>. Le rôle est certes excellement chanté, mais il lui manque ce surcroit de charisme décomplexé qui fait les toreros mémorables. Finaliste du <a href="https://www.forumopera.com/breve/le-baryton-russe-sergey-kaydalov-remporte-le-concours-reine-sonja/">Concours Reine Sonja en 2019</a>, <strong>Natalia Tanasii</strong> défend bien sa Micaela mais son vibrato serré ne sera pas au goût de tout le monde, et l’émission des notes les plus aiguës nous a semblé un brin exotique.</p>
<p style="font-weight: 400;">Au chapitre des seconds rôles, on appréciera le soprano sonore de <strong>Sarah Dufresne</strong> en Frasquita et le mezzo fruité de <strong>Marine</strong> <strong>Chagnon</strong>. Le Zuniga de <strong>Xhieldo Hyseni</strong> chante un peu dans sa barbe. En revanche, le Remendado est excellement défendu par un <strong>Loïc Félix</strong> à la voix limpide, tandis que le Dancaïre de <strong>Pierre Doyen</strong> est impeccable, de même que le Morales de <strong>Simone Del Savio</strong>.</p>
<p style="font-weight: 400;">Les <strong>Chœurs du Teatro alla Scala</strong> sont plein de vigueur et très motivés dramatiquement. Les voix blanches sont superbes (y compris dans un français étonnamment bien articulé). Question de goût, nous préférons toutefois un chant plus lyrique (même s’il est plus conventionnel) à une émission ici plus réaliste, avec des aigus un peu criés plutôt qu&rsquo;émis en voix de tête (un choix identique a d’ailleurs été fait depuis plusieurs saisons à Londres).</p>
<p>Le public parisien (entre autres) avait pu entendre <strong>Myung-whun Chung</strong> diriger <em>Carmen</em> 16  fois à Bastille en 1993, époque où il était directeur musical de l&rsquo;Opéra de Paris. Le chef coréen défendit également le chef-d&rsquo;œuvre de Bizet <a href="https://www.forumopera.com/v1/concerts/carmen_choregies_04.htm">à Orange en 2004</a>. Chung offre ici une version radicalement différente, très tendue, où les percussions notamment ont une présence inhabituelle. La souplesse des tempi est remarquable, toujours au service du drame (quitte à prendre parfois légèrement en défaut les interprètes, chœurs compris, par des ralentis ou des accélérations inopinées). Le chef sait aussi faire ressortir des détails d&rsquo;orchestration originaux (notablement dans l&rsquo;air de la Fleur), sans pour autant perdre de vue l&rsquo;arc dramatique : du grand art.  Cette lecture originale démontre la capacité de renouvellement d&rsquo;un jeune chef de 73 ans, chaleureusement accueilli par le public. Enfin, sous la baguette de son nouveau directeur musical, l&rsquo;<strong>Orchestre de la Scala</strong> se révèle une fois de plus exceptionnel dans la beauté de ses sonorités.</p>
<ol>
<li>
<pre>Peut-être l’application d’une énième directive européenne sur la sécurité des aires de jeux pour enfants ? Plaignons les réalisateurs de films bientôt obligés d’électrifier <em>Le Meurtre de l’Orient-Express</em> et d’équiper le char de Ben-Hur d’un airbag.</pre>
</li>
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		<title>BIZET, Carmen &#8211; Bruges</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-bruges/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est la fermeture temporaire de l&#8217;Opéra de Gand qui permet au Concertgebouw de Bruges d&#8217;accueillir six des seize représentations de cette nouvelle production de Carmen ; De l&#8217;aveu même du directeur artistique de Opera Ballet Vlaanderen, Jan Vandenhouwe, l&#8217;une des plus ambitieuses jamais proposées par sa structure. Il s&#8217;agit certes de l&#8217;un des opéras les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;est la fermeture temporaire de l&rsquo;Opéra de Gand qui permet au Concertgebouw de Bruges d&rsquo;accueillir six des seize représentations de cette nouvelle production de <em>Carmen</em> ; De l&rsquo;aveu même du directeur artistique de <strong>Opera Ballet Vlaanderen</strong>, <strong>Jan Vandenhouwe</strong>, l&rsquo;une des plus ambitieuses jamais proposées par sa structure.</p>
<p>Il s&rsquo;agit certes de l&rsquo;un des opéras les plus fréquemment monté dans le monde, mais ici, c&rsquo;est une version totalement hybride qui en est proposée, tant la danse y prend d&rsquo;importance. L&rsquo;Opéra Ballet Vlaanderen a toujours manifesté un tropisme vers les chorégraphes de la sphère flamande, comme Anne Teresa de Keersmaeker ou Alain Platel. <strong>Wim Vandekeybus</strong> appartient à cette mouvance. Le corps de ballet des danseurs maison est d&rsquo;ailleurs complété par les artistes de sa propre compagnie, <strong>Ultima Vez</strong>, ainsi que par un groupe d&rsquo;enfants danseurs tout aussi impressionnants. Tous composent un écho au cast vocal, lui aussi pléthorique. Et sur la large scène du Concertgebouw, salle à l&rsquo;excellente acoustique, le plaisir est total.</p>
<p>Car la dimension archaïque de cet art du mouvement – où le groupe est comme le reflet des émotions des personnages dans leurs occurrences les plus débridées – fonctionne magnifiquement.<br />
Dans la scène finale, tous les protagonistes sont présents, mais aucun ne regarde Carmen. Comme pour dénoncer une société, la nôtre, qui détourne encore et toujours les yeux face au féminicide. Seul le groupe de danseurs « Totem » mené par un griot magnifique, protège Carmen jusqu&rsquo;à prendre les coups à sa place, la laissant finalement indemne, dressée face à la salle, paumes offertes puisque le mythe transcende le destin individuel. Ce chaman toujours présent auprès de l&rsquo;héroïne est également figure du destin, comme dans la <a href="https://www.youtube.com/watch?v=iBk9h469e2Q"><em>Traviata</em></a> salzbourgeoise de 2005 où c&rsquo;était la mort qui escortait Anna Netrebko.</p>
<p>Cette danse organique tellement puissante est soutenue par la direction intense et habitée de <strong>Keren Kagarlitsky</strong> mais pourrait éteindre le chant. De même, le travail de direction d&rsquo;acteur a été formidablement réalisé pour l&rsquo;ensemble du plateau, avec un chœur perpétuellement individualisé : il se passe mille choses sur scène. Cela pourrait également nuire aux solistes. Heureusement le cast réuni jouit d&rsquo;un remarquable charisme, au premier rang duquel il faut saluer la sublime performance de <strong>Josie Santos</strong>.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Jody-Santos-%C2%A9OBV_DannyWillems_HXT40891-1294x600.webp" /></p>
<pre style="text-align: center;">© OBV - Danny Willems</pre>
<p>L&rsquo;artiste allie un grand naturel dans l&rsquo;interprétation et une maîtrise savante du son, de la texture vocale, en particulier un jeu sur les crescendo qui lui permet de s&rsquo;approprier pleinement ce rôle que nous connaissons tous par cœur. Elle incarne Carmen jusqu&rsquo;à la pointe des orteils, pure et sans compromission. Elle est dotée d&rsquo;un mezzo glorieux aux graves puissamment sensuels, aux aigus rayonnants qu&rsquo;elle partage – bien que le timbre soit naturellement très différent – avec la superbe Micaela de <strong>Sarah Yang</strong>, à la voix pleine et généreuse, à la présence déterminée, dépourvue d&rsquo;une quelconque mièvrerie.</p>
<p>En Escamillo, <strong>Leon Košavić</strong> porte beau un instrument extrêmement large mais au focus impeccable, dont le gras réjouit l&rsquo;oreille tandis que <strong>Kyungho Kim</strong> en Don José fait montre d&rsquo;une vaillance sans faille avec une belle conduite de la ligne. Là encore les couleurs s&rsquo;avèrent somptueuses.</p>
<p>La Mercedes de <strong>Zofia Hanna</strong> ; la Frasquita de <strong>Sawako Kayaki </strong>; <strong>Samson</strong> <strong>Setu</strong> en Zuniga, <strong>Leander Carlier</strong> en Moralès &#8230; pour la plupart issus de du jeune ensemble de l&rsquo;OBV, tous allient une présence scénique assurée à l&rsquo;excellence vocale. Seul bémol, peut être, la diction parfois peu compréhensible d&rsquo;un certain nombre de chanteurs ainsi que du <strong>chœur</strong> par ailleurs excellent. A noter également le magnifique chœur d&rsquo;enfants que l&rsquo;on a rarement entendu aussi juste aussi impliqué physiquement.</p>
<p>La représentation se déploie au milieu d&rsquo;un chaos rocheux imaginé par <strong>Sylvie Olivé</strong>, constamment modifié, souvent restructuré par les femmes, comme pour dire qu&rsquo;il appartient à ces dernières de soulever des montagnes, en dépit, peut-être, de la fin tragique de Carmen.</p>
<p>La dimension tellurique, archaïsante, choisie par le dramaturge <strong>Koen Bollen</strong> se prête fort bien à l&rsquo;âpreté de ce décor minéral en constante évolution, tandis que l&rsquo;exotisme espagnol, lui, n&rsquo;intervient que par très petites touches dans une coiffe, un fichu, un geste dansé&#8230; <strong>Isabelle Lhoas</strong> s&rsquo;est plutôt concentrée sur les couleurs, les matières, sublimées par les belles lumières de <strong>Nicolas Olivier</strong>. Tout ces éléments font de cette représentation un hymne charnel à la liberté. D&rsquo;ailleurs, dès la scène d&rsquo;ouverture, alors que les mineurs s&rsquo;acharnent en vain, les danseurs abattent la montagne pour s&rsquo;introduire sur le plateau – tels les hommes sauvages du Moyen-Age que l&rsquo;on peut admirer sur la tapisserie du XVe siècle dans la passionnante exposition du <a href="https://bruskbrugge.be/fr/calendar/exhibitions/vision-large">Brusk</a>, « Visions larges » : force ancestrale, animale, qu&rsquo;il faut ou non dompter, qui effraie en tout cas, la société prétendument policée.</p>
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		<title>Discothèque idéale : Bizet – Carmen (Cloëz, BnF collection – 1930) </title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/discotheque-ideale-bizet-carmen-cloez-bnf-collection-1930/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Mar 2026 07:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Carmen fait probablement partie des opéras les plus enregistrées, et il est finalement assez difficile d’en trouver une version vraiment incongrue ou affligeante. Il est cependant tout aussi difficile d’en trouver une absolument exempte de défauts. Peut-être parce qu&#8217;il y manquera toujours un quelque-chose, même dans les enregistrements live : l&#8217;éclat de la scène. La &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Carmen fait probablement partie des opéras les plus enregistrées, et il est finalement assez difficile d’en trouver une version vraiment incongrue ou affligeante. Il est cependant tout aussi difficile d’en trouver une absolument exempte de défauts. Peut-être parce qu&rsquo;il y manquera toujours un quelque-chose, même dans les enregistrements live : l&rsquo;éclat de la scène. La forme de l’opéra-comique se prête en effet assez mal au disque. Autrefois, les chefs remplaçaient volontiers les dialogues par les récitatifs de Guiraud (et cela se fait encore parfois) ; plus tard, on fit enregistrer les passages parlés par des comédiens parlant un français idiomatique. Ces dialogues sont en tout cas rarement — sinon jamais — restitués dans leur intégralité.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Au-delà de cette question formelle, le choix d’une version sera toujours affaire de sensibilité ou d’humeur du moment. Si vous voulez de l’élégance (un peu sage), vous avez Beecham. Si vous voulez de l’opulence (un peu clinquante), vous avez Solti. Si vous voulez du drame romantique (un peu germanique), vous avec Karajan II. Si vous voulez de l’équilibre (un peu standard), vous avez Abbado. Si vous voulez de la fraîcheur (un peu fabriquée), vous avez Plasson. C’est aussi l’apanage des grandes œuvres que de résister malgré tout à des lectures aussi différentes. Toutes ces versions ont leur qualité et nous ne citons là même pas toutes les gravures remarquables que comptent la discographie (Callas/Gedda avec Prêtre, Bumbry/Vickers avec Frühbeck de Burgos, Horne/McCracken avec Bernstein, Crespin/Py avec Lombard, Kozena/Kaufmann avec Rattle, sans parler du live viennois dirigé par Kleiber&#8230;).</p>
<p>Tout passionné de <em>Carmen</em> (et de l&rsquo;opéra français en général) devrait cependant avoir, au moins une fois dans sa vie, jeté une oreille à un enregistrement un peu oublié, qui est encore moins intégral qu&rsquo;une version coupée de ses dialogues puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit seulement d&rsquo;une sélection d&rsquo;airs et d&rsquo;ensemble. Commandée pour immortaliser au disque la Carmen de <strong>Conchita Supervia</strong>, cette version ne retient que les tubes de l&rsquo;opéra et encore, uniquement ceux où Carmen intervient. Éditée à l&rsquo;origine par Parlophone &#8211; Odéon, elle circule aujourd&rsquo;hui sous diverses formes, y compris en streaming sous le label de la BnF. Si on organisa une session d&rsquo;enregistrement pour immortaliser cette Carmen-là, c&rsquo;est que la chanteuse espagnole – formée à la zarzuela, mais abordant en espagnol ou en italien tout le répertoire de mezzo aigu, de Cenerentola à Octavian – fit fureur dès qu&rsquo;elle jaillit sur la scène de l&rsquo;Opéra-Comique à la fin des années 1920, comme un pavé dans la marre tranquille des traditions interprétatives d&rsquo;alors. Aujourd&rsquo;hui, ce chant pourra sembler daté par certains aspects (ce vibrato serré si caractéristique) ; mais son insolence et son mordant conservent toujours leur modernité stupéfiante. Cette manière subtile qu&rsquo;a la chanteuse de colorer chaque mot sans jamais rien alourdir, de dérouler la ligne musicale avec une évidence souveraine&#8230; il faut l&rsquo;entendre pour le croire. On s&rsquo;étonne qu&rsquo;une hispanophone puisse avoir un français aussi incisif, quand plus tard (et encore aujourd&rsquo;hui) le chant en français fut (est) rendu avec un plus grand flou, y compris chez les francophones. Cette interprétation est certes pleine d&rsquo;artifices, mais irriguée d&rsquo;un sens du naturel confondant : <span class="Apple-converted-space">Carmen y apparaît aussi bien comme une <em>nature</em> que comme une ensorceleuse toujours sûre de ses coups. À ses côtés, quelques habitués de l&rsquo;Opéra-Comique qui ne déméritent pas : <strong>Gaston Micheletti</strong> en Don José vif et sombre (on regrette de ne pouvoir entendre sa Fleur), <strong>Andrée Vavon</strong> et <strong>Andrée Bernadet</strong> en Frasquita et Mercédès impeccables, sous la baguette experte de <strong>Gustave Cloëz</strong>, qui pratique parfois des ralentis douteux (qui semblaient monnaie courante à l&rsquo;époque), tandis que certains morceaux – la chanson Bohème ou la danse du deuxième acte – sont pris à un tempo très vif, et cela fait du bien !</span></p>
<p><div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Conchita Supervia sings Carmen with Gaston Micheletti/A.Vavon &amp; A.Bernadette" width="1200" height="900" src="https://www.youtube.com/embed/9tnHPUh6g84?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div></p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><a href="https://www.forumopera.com/dossier/la-discotheque-ideale-de-lart-lyrique/"><img decoding="async" width="1024" height="355" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/vers-la-discotheque-ideale-2-1024x355.png" alt="" class="wp-image-207785"/></a></figure>
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		<title>Asmik Grigorian : le défi Carmen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/asmik-grigorian-le-defi-carmen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Dec 2025 06:13:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En attendant Isolde*, Asmik Grigorian s’apprête à ajouter à son palmarès – déjà glorieux – un des rôles les plus emblématiques du répertoire : Carmen de Bizet au Festival de Salzbourg 2026 – dans une production dirigée par Gabriela Carrizo et sous la baguette de Teodor Currentzis, à partir du 26 juillet, pour huit représentations, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En attendant Isolde*, <strong>Asmik Grigorian</strong> s’apprête à ajouter à son palmarès – déjà glorieux – un des rôles les plus emblématiques du répertoire : <em>Carmen</em> de Bizet au Festival de Salzbourg 2026 – dans une production dirigée par <strong>Gabriela Carrizo</strong> et sous la baguette de <strong>Teodor Currentzis</strong>, à partir du <strong>26 juillet</strong>, pour huit représentations, aux côtés de <strong>Jonathan Tetelman</strong> (Don José) et <strong>Kristina Mkhitaryan </strong>(Micaëla).</p>
<p>Ce choix artistique apparaît audacieux car le rôle est traditionnellement dévolu aux mezzo-sopranos. La soprano lituanienne, 44 ans, explique ne pas vouloir attendre un âge où la tessiture pourrait être encore plus problématique ; elle souhaite le chanter tant qu’elle en a la possibilité et l’énergie. Sa présence scénique et son tempérament incandescent suffiront-ils à renouveler l’un des mythes les plus rebattus de l’opéra ? Les attentes sont à la hauteur du pari.</p>
<pre>* cf. <a href="https://www.forumopera.com/asmik-grigorian-je-suis-quelquun-qui-ne-reve-pas-de-choses-quil-ne-peut-pas-avoir/">l’interview d’Asmik Grigorian par Thierry Verger</a> en septembre dernier</pre>
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		<title>Gala ODB Opéra – Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gala-odb-opera-paris-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Sep 2025 04:02:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=200305</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pour sa troisième édition, le Gala ODB Opéra, le site francophone d&#8217;échanges entre les passionnés d&#8217;opéra, offre à nouveau une combinaison de chanteurs confirmés, de jeunes voix en début de carrière professionnelle, de jeunes pousses plus ou moins vertes mais prometteuses, et la participation d&#8217;artistes hors de la sphère opératique. Comme en 2023 et 2024, &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/gala-odb-opera-paris-2/"> <span class="screen-reader-text">Gala ODB Opéra – Paris</span> Lire la suite »</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour sa troisième édition, le Gala ODB Opéra, <a href="https://www.odb-opera.com/joomfinal/index.php">le site francophone d&rsquo;échanges</a> entre les passionnés d&rsquo;opéra, offre à nouveau une combinaison de chanteurs confirmés, de jeunes voix en début de carrière professionnelle, de jeunes pousses plus ou moins vertes mais prometteuses, et la participation d&rsquo;artistes hors de la sphère opératique. Comme en <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-stars-de-demain/">2023</a> et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gala-odb-opera-paris/">2024</a>, l&rsquo;après-midi est un véritable marathon lyrique avec un peu plus de quatre heures de concert. <strong>Erminie Blondel</strong> ouvre le bal musical. La jeune soprano fait partie de ces artistes dont la carrière commence à s&rsquo;épanouir, en <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gounod-la-nonne-sanglante-saint-etienne/">province</a> comme à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/duvernoy-la-tempete-paris-temple-du-luxembourg/">Paris</a>. Elle déploie un timbre fruité et une voix ample et bien projetée, homogène sur toute la tessiture, dans un air des <em>Pêcheurs de perles</em> impeccable de musicalité et qui donne envie de l&rsquo;entendre dans le rôle complet. <strong>Blerta Zeghu</strong> s&rsquo;attaque avec un réel tempérament dramatique à la difficile scène finale de <em>Roberto Devereux </em>puis interprètera avec une belle sensibilité deux mélodies de Tosti, où son beau timbre un peu sombre fait merveille. Originaire de Moscou, <strong>Serafima</strong> <strong>Liberman</strong> offre un timbre capiteux, une belle largeur de voix et une bonne projection. Elle chante en interprète habitée l&rsquo;air de <em>Iolanta</em> et une rare mélodie de Mili Balakirev sur un poème de Pouchkine (texte également mis en musique par Rachmaninov). Artiste confirmée, <strong>Pauline Courtin</strong> chante avec une grande sensibilité l&rsquo;<em>Adieu de l&rsquo;hôtesse arabe</em> de Georges Bizet et triomphe sans faiblir de la virtuosité de l&rsquo;air des bijoux de <em>Faust </em>dans lequel elle déploie une voix ample et bien homogène. <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/choses-vues-et-chantees/">On rappellera son récent enregistrement consacré à Victor Hugo</a>. <strong>Adam Barro</strong> chante l&rsquo;air de Bartolo des <em>Nozze di Figaro</em> avec la rondeur d&rsquo;un vieux routier italien et une belle maîtrise du <em>canto</em> <em>silábico</em>. D&rsquo;origine arménienne, le baryton nous fait également découvrir un ample arioso extrait de <em>Davit Bek</em>, ouvrage populaire en Arménie mais inconnu en France. D&rsquo;origine portoricaine, <strong>Clara Luz Iranzo</strong> connait déjà un début de carrière internationale (Grèce, États-Unis). Sa <em>Thaïs</em> est chantée avec une voix exceptionnellement corsée dans ce rôle (pour préciser, on est plus proche de Caballé que de Sills ou Fleming). Pour ces mêmes raison, son premier air de Lucia, couronné par un puissant contre ré émis sans effort, est particulièrement impressionnant. La prononciation est impeccable et la caractérisation dramatique très sensible et variée. Appréciée lors de la précédente édition, <strong>Victoria Lingock</strong> est en progrès constant, avec un timbre rare à mi-chemin entre ceux de Jessye Norman et de Grace Bumbry et son air de Dalila ne manque pas de donner le frisson ainsi que son impérieux « Acerba voluttà » d&rsquo;<em>Adriana Lecouvreur</em>. Les deux artistes se lancent ensuite avec énergie dans le premier duo de <em>Norma</em>. Le timbre d&rsquo;Iranzo est assez grave mais celui de Lingock l&rsquo;est encore plus, de fait les deux voix sont bien appariées offrant une coloration inédite pour un résultat captivant. <strong>Momo Jang</strong> chante avec musicalité et émotion la scène de folie d&rsquo;<em>I Puritani</em>, mais c&rsquo;est surtout dans son épatant « Martern aller Arten » de <em>Die Entführung aus dem Serail</em> qu&rsquo;elle achève de nous convaincre, avec des coloratures impeccables et surtout un ambitus idéal (dans cet air impitoyable, combien de sopranos à l&rsquo;aise dans l&rsquo;aigu se trouvent à nu dans le grave, et inversement). <strong>Christophe Poncet de Solages</strong> chante le premier air du Duc de Rigoletto, « Questa o quella », avec une aisance pleine de charme, et offrira le tube de <em>Das Land des Lächelns </em>(<em>Le Pays du</em> <em>sourire</em> dans sa version française) dans une interprétation gorgée de soleil qui attire la sympathie. <strong>Marion Charlo</strong> triomphe avec aisance des vocalises de sa « Céleste providence », extraite du <em>Comte Ory</em>, se jouant des nombreux conte-ut piqués qui émaillent son air, avec une délicieuse voix de colorature à la française. <strong>Hugo Tranchant</strong> à le type de voix idéalement haut perchée pour incarner Beppe et se révèle plein d&rsquo;abattage dans le rondo de<em> La</em> <em>Grande Duchesse de Gérolstein</em>. <strong>Anne-Lise Polchlopek</strong>, qui avait chanté <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-anne-lise-polchlopek-paris-cortot/">en récital la veille Salle Cortot</a>, nous fait la grâce de deux morceaux de style et de tonalité très opposés, qui lui permettent de démontrer la versatilité de son talent, la triste <em>Première lettre</em> de Chaminade, d&rsquo;une émotion à fleur de peau, et la pétulante « Tarántula », extraite de la zarzuela L<em>a Tempranica</em> d&rsquo;un bel abattage. <strong>Jean Bélanger</strong> est un Banco puis un Sarastro encore un peu verts mais les moyens sont là. <strong>Runji Li</strong> est encore très jeune mais séduit, dans la mélodie <em>Nina</em> (longtemps attribuée à Pergolese) par un timbre de ténor chaud et coloré. <strong>Aurélien Vicentini</strong> fait ses débuts public de contre-ténor avec le célèbre « Lascia ch&rsquo;io pianga » de <em>Rinaldo</em> de Haendel. Dans « E lucevan le stelle », <strong>Ismaël Billy</strong> a des petits airs de Juan Diego Flórez, avec un timbre plus corsé. <strong>May Chedid</strong> avait été une découverte lors de la première édition, chantant de manière un peu improvisée une mélodie libanaise <em>a</em> <em>cappella</em>. Elle nous offre cette fois deux belles mélodies, de Fauré et Tosti, chantée avec musicalité et où l&rsquo;on sent le développement harmonieux de la voix. Également présente au premier gala, <strong>Claire</strong> <strong>de</strong> <strong>Monteil</strong> a depuis vu sa carrière se déployer (<a href="https://www.forumopera.com/breve/vrais-debut-de-claire-de-monteil-a-la-scala/">on se rappelle de ses débuts inattendus à la Scala</a>). La voix s&rsquo;est élargie, gagnant aussi en puissance sans rien perdre en aigu. Elle nous offre une splendide interprétation de l&rsquo;air d&rsquo;entrée de Leonora dans<em> Il trovatore</em> (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-il-trovatore-lucques/">un ouvrage qu&rsquo;elle a chanté à travers l&rsquo;Italie l&rsquo;année dernière</a>). Elle démontre une nouvelle fois ses affinités avec la musique de Kurt Weill avec la glaçante chanson « Je ne t&rsquo;aime pas ». Dans le redoutable « Si ritrovarla io giuro » de <em>La Cenerentola</em>, <strong>Mali Zivcovic</strong> offre une impressionnante cascade de suraigus (plusieurs contre-ut et un contre-ré) et une belle aisance dans la vocalisation. Par contraste, son <em>Werther</em>, trop central à ce stade mais dont il a assurément le physique, le met moins en valeur. En Anna Bolena et en Micaela, <strong>Fanny Utiger</strong> offre un timbre chaud et une remarquable aisance dans l&rsquo;aigu et de beaux graves sans efforts, alliés à une belle incarnation dramatique. <strong>Raluca Vallois</strong> sait nous faire sourire avec une <em>Belle Hélène</em> à la voix charnue et puissante, et à l&rsquo;aigu généreux. La jeune <strong>Anaëlle Gregorutti</strong> se lance avec intrépidité dans l&rsquo;air de Farnace du <em>Mitridate</em> de Mozart, avec une voix corsée, à l&rsquo;aigu puissant, et conclut le programme avec la délicieuse <em>Heure</em> <em>exquise</em>, non dans la version de Reynaldo Hahn mais dans celle, tout aussi élégante et plus rare de Régine Poldowski.</p>
<p>Le programme intégrait également la lecture de trois beaux poèmes d&rsquo;<strong>Hanna Rees</strong>, moment de grâce trop fugitif. Ceux-ci sont  <a href="https://www.amazon.fr/Haïkus-à-française-Hanna-Rees/dp/2310014346/ref=sr_1_5?dib=eyJ2IjoiMSJ9.jKKCN5JZZmFXGMUcAtntS7sBUIYJFEiguSCbD9gp5V6lrFtfrJfQNNOkocCEqN4zsxy_Il5hmrNBo-l5jKMYGfF8l-PuZVyFfxej_1xvGUwktY-0jAqD-S7lqXVuRiuG.lY4fEg0VCmx0GOMsJWN0At8icONpKNijGwzAeT4Vnt4&amp;dib_tag=se&amp;qid=1759055463&amp;refinements=p_27%3AHanna+Rees&amp;s=books&amp;sr=1-5&amp;text=Hanna+Rees">extraits de ses <em>Haïkus à la française</em></a>, et dits par leur auteur. Le dernier d&rsquo;entre eux évoque avec force et sensibilité le choc éprouvé par Hanna Rees <a href="https://www.forumopera.com/regards-sur-beatrice-uria-monzon-elle-etait-solaire/">à l&rsquo;annonce de la mort de Béatrice Uria Monzon</a>.<strong> Isabelle Carrar</strong> a fait résonner l&rsquo;esprit du Quartier Latin avec trois belles chansons extraites des répertoire de Barbara et de Juliette Gréco (on pourra l&rsquo;entendre en récital à Senlis le 9 octobre prochain à la Maison Léo Delibes, <a href="https://villaduchatelet.com/concerts/">Villa du Châtelet</a>). Le soprano et professeur de chant <a href="https://www.linkedin.com/in/anne-julia-audray-471b6bb1/">Anne-Julia Audray</a> a présenté son recueil de sélections d&rsquo;airs (opéra, oratorio, mélodie, chanson ou comédie musicale), <em>Opera</em> <em>Singing</em>, pour jeunes et moins jeunes chanteurs. L&rsquo;idée est de permettre à des artistes de ne pas être obligés de voyager avec plusieurs partitions et de se concentrer sur celles susceptibles de les mettre en valeur. À titre d&rsquo;exemple, même les chanteurs enfants y trouveront des airs leur permettant de mieux briller lors de leurs auditions. Les morceaux sélectionnés comportent plusieurs versions chantées traduites. L&rsquo;après-midi était animée par Jérôme Pesqué, « patron » d&rsquo;<a href="https://odb-opera.com/">ODB-Opéra</a>, et par <strong>Stéphane Sénéchal</strong> qui a apporté quelques moments de décompression avec ses incarnations de Funny Truche (soprano influenceuse) et de la Stromboli (diva à la carrière plus brève que son bagout !). Et l&rsquo;on n&rsquo;oubliera pas de remercier et de féliciter les quatre pianistes qui se sont succédé pour accompagnés les artistes dans ce programme particulièrement éclectique (et comportant beaucoup de raretés), et sans lesquels ce concert n&rsquo;aurait pu avoir lieu : <strong>Maxime Neyret</strong>, <strong>Matteo Carminati</strong>, <strong>François Bettencourt</strong> et <strong>Arnaud</strong> <strong>Kérébel</strong>. Le spectacle était donné au profit de la <em>Ligue contre le cancer.</em></p>
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		<title>Premier Escamillo pour Giorgi Manoshvili</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/premier-escamillo-pour-giorgi-manoshvili/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 Aug 2025 03:21:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est un baptême du feu. Le rideau à peine tombé sur son formidable Mustafa queer dans L’Italiana in Algeri à Pesaro, Giorgi Manoshvili enchaîne avec un autre rôle haut en couleurs : Escamillo, le matador bravache de Carmen dans l’espace gigantesque des Arènes de Vérone. Puissance vocale et forte présence scénique, deux des conditions requises pour &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est un baptême du feu. Le rideau à peine tombé sur son formidable Mustafa queer <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-litaliana-in-algeri-pesaro/">dans <em>L’Italiana in Algeri</em> à Pesaro</a>, <strong>Giorgi Manoshvili</strong> enchaîne avec un autre rôle haut en couleurs : Escamillo, le matador bravache de <em>Carmen</em> dans l’espace gigantesque des Arènes de Vérone. Puissance vocale et forte présence scénique, deux des conditions requises pour donner caractère au personnage, sont indispensables sur cette scène d’une taille supérieure à la moyenne. Conditions nécessaires mais non suffisantes : Escamillo veut aussi une voix chaude et solide dans le registre médian, un aigu brillant, une maîtrise de la diction et du style français, un sens du rythme marqué (car l’air du Toréador repose sur une pulsation régulière, presque martiale), et avant tout du panache. Un nouveau défi pour la jeune basse géorgienne qui en une poignée d’années* a réussi à se classer parmi les meilleurs de sa catégorie.</p>
<p>Giorgi Manoshvili devrait retrouver Escamillo à Milan à la fin d’une saison qui le mènera de Hambourg (Farlaf dans <em>Rouslan et Ludmila</em>) jusqu’à Londres et New York (Colline dans <em>La Bohème</em>) avec un seul passage en France : Massimiliano dans <em><a href="https://opera-odeon.marseille.fr/programmation/i-masnadieri">I Masnadieri </a></em><a href="https://opera-odeon.marseille.fr/programmation/i-masnadieri">en version de concert à Marseille le 8 février 2026</a> (annoncé dans <em><a href="https://25-26.theatrechampselysees.fr/saison-2025-2026/opera-en-concert/norma">Norma </a></em><a href="https://25-26.theatrechampselysees.fr/saison-2025-2026/opera-en-concert/norma">au Théâtre des Champs-Elysées</a> le 8 janvier prochain, il sera finalement remplacé par George Andguladze).</p>
<pre>* Sa formation à l’Accademia Rossiniana de Pesaro date seulement de 2021</pre>
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		<title>BIZET, Carmen &#8211; Vérone</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-verone/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Aug 2025 04:05:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>S’il est un endroit où l’opéra peut encore se targuer d’être populaire, c’est Vérone. Dès les premières mesures de Carmen, le public frappe dans ses mains pour marquer le rythme ; les applaudissements fusent après chaque numéro. Le chef-d’œuvre de Bizet a fait son entrée au répertoire des Arènes en 1914, pour reproduire le succès &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>S’il est un endroit où l’opéra peut encore se targuer d’être populaire, c’est Vérone. Dès les premières mesures de <em>Carmen,</em> le public frappe dans ses mains pour marquer le rythme ; les applaudissements fusent après chaque numéro. Le chef-d’œuvre de Bizet a fait son entrée au répertoire des Arènes en 1914, pour reproduire le succès de l’<em>Aida</em> lors de l’inauguration du festival l’année précédente. Il reste aujourd’hui le deuxième opéra le plus joué de son histoire.</p>
<p>Dans cette production, datée de 1995, Séville est une fête. <strong>Franco Zeffirelli</strong> n’a ménagé ni les décors – reproduction des lieux de l’action à la rondelle de chorizo près –, ni les costumes – plusieurs tenues pour chacun des protagonistes, à l’exception de Micaëla, condamnée à sa sempiternelle natte blonde et robe bleue –, ni les danseurs, ni les figurants. C’est qu’il faut occuper un plateau équivalent à environ un tiers d’un terrain de football. Tout ce petit monde s’égaye en un mouvement incessant qui ne doit rien au hasard. Derrière la manière dont chacun des protagonistes se détache de la foule sans qu’on ait à le chercher du regard, se devine la main experte du metteur en scène. Éventail, castagnettes, sombreros cordobés, traje de flamenca, habits de lumière : tout participe à la représentation d’une Espagne d’Epinal – et plus largement à une version stéréotypée de <em>Carmen</em> : l’opéra de Bizet en mondiovision, tel que figé dans la mémoire collective, avec le choix des récitatifs mis en musique par Guiraud, des profils vocaux conformes à la norme établie – grande voix de mezzo-soprano pour Carmen –, une approche standardisée que des interprétations récentes ont montré possible de renouveler – comment ne pas penser à Béatrice Uria-Monzon, trop tôt disparue cet été.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Carmen_230825_EnneviFoto_0972-1294x600.jpg" />© Fondazione Arena di Verona</pre>
<p><strong>Aigul Akhmetshina</strong> ne cherche d’ailleurs pas à emprunter des chemins alternatifs ; au contraire, elle s’inscrit dans la tradition qui veut la gitane altière, bras en l’air, poing sur la hanche et jupe relevée sur le genou. La proposition est recevable car elle s’appuie sur d’authentique moyens vocaux : un timbre titrant à plus de 15 degrés : capiteux, rond, fruité ; une ligne longue tracée d’un geste souple, une projection confortable emplissant sans mal l’espace – pourtant vaste – des Arènes. La tragédienne virevoltant sur scène avec une aisance dépourvue de vulgarité n’a rien à envier à la chanteuse. Comment alors ne pas s’étonner qu’en dépit de son jeune âge – moins de 30 ans –, la mezzo-soprano russe figure parmi les titulaires incontournables du rôle sur les plus grandes scènes, New York en tête. Que fait Paris ? La question se pose avec encore plus de pertinence si on examine l’intégralité de la distribution (ainsi que celle des autres ouvrages à l’affiche des Arènes cet été). Vérone accueille les meilleurs chanteurs de la planète, la plupart peu – pour ne pas dire pas – invité en France. C’est vrai d’<strong>Erwin Schrott</strong>, une des plus belles voix de baryton du circuit international, irrésistible de sex-appeal dans Escamillo, même si toujours enclin au cabotinage avec des notes saillantes tenues au-delà du raisonnable, et quelques ricanements glissés çà et là au gré de sa désinvolte fantaisie. C’est vrai de <strong>Marieangela Sicilia</strong>, révélée dans <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/halevy-la-juive-turin/"><em>La Juive</em> à Turin</a> en 2023. La soprano italienne éperonne la trop sage Micaëla d’aigus acérés dont la précision, n’entame ni l’aplomb, ni la pureté d’émission. C’est vrai dans une moindre mesure de <strong>Francesco Meli</strong>. Les éclats de Don José s’avèrent obstacles difficiles à franchir pour un ténor d’essence lyrique – l’affrontement avec Escamillo et les exhortations adressées à Carmen au troisième acte manquent de flamme. Mais le chanteur s’épanouit dans la demi-teinte, lors du duo avec Micaela puis dans une « fleur que tu m’avais jetée » tout en nuances. Son expérience du rôle, la conscience de ses moyens et la gestion de ses ressources lui permettent aussi de surmonter les tensions de la scène finale. Autre avantage à porter à son crédit – comme à celui des trois autres protagonistes –, une prononciation française plus que correcte pour des interprètes d’origine étrangère.</p>
<p>Ce n’est malheureusement pas le cas des seconds rôles dont aucun ne se détache véritablement. Le chœur s’exprime aussi dans un espéranto peu compatible avec la langue de Meilhac et Halèvy. Quelques décalages nuisent à la scène de liesse du quatrième acte. La direction de <strong>Francesco Ivan Ciampa</strong> se conforme à cette vision traditionnelle de l’opéra de Bizet – de bon niveau mais sans surprise.</p>
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		<title>Le cheveu en quatre : la Habanera de Carmen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/podcast/le-cheveu-en-quatre-la-habanera-de-carmen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Selim Mazari]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 Aug 2025 04:30:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=podcast&#038;p=197506</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Cheveu en Quatre est l’émission d’écoute comparative de Forumopera.com, présentée par le pianiste Sélim Mazari. À chaque épisode, Mazari réunit plusieurs interprétations d’un même air et les met en regard. Pour ce numéro, l’un des airs les plus célèbres du répertoire: la Habanera de Carmen, de Bizet. Cet épisode est aussi un hommage à &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/podcast/le-cheveu-en-quatre-la-habanera-de-carmen/"> <span class="screen-reader-text">Le cheveu en quatre : la Habanera de Carmen</span> Lire la suite »</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Cheveu en Quatre est l’émission d’écoute comparative de Forumopera.com, présentée par le pianiste Sélim Mazari. À chaque épisode, Mazari réunit plusieurs interprétations d’un même air et les met en regard. Pour ce numéro, l’un des airs les plus célèbres du répertoire: la Habanera de Carmen, de Bizet.</p>


<iframe src="https://embed.acast.com/66733c97dc8bd7c6873a00b6/68a8b1d6a04c35d2c976185d" frameBorder="0" width="100%" height="190px"></iframe>


<p>Cet épisode est aussi un hommage à Béatrice-Uria Monzon, qui nous a quittés. Sa Carmen demeure un repère pour beaucoup, et ce podcast tient à lui apporter respect et reconnaissance.</p>
<p>Les arbitres qui départagent la meilleure version sont Piotr Kaminski, figure historique de la critique d’opéra, et Clément Taillia, rédacteur de Forumopera.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Le cheveu en quatre : « Habanera » de Carmen (Bizet)" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/5ZPJ1EaKiHo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><br>Balladodiffusion<br></h2>



<figure class="wp-block-image alignleft size-large is-resized is-style-rounded"><a href="https://podcasts.apple.com/us/podcast/le-cheveu-en-quatre-par-sélim-mazari/id1769898284?i=1000723124608"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/POSTER-Podcasts-Wordmark-with-gradient-1080-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-197507" style="width:164px;height:auto"/></a></figure>



<figure class="wp-block-image alignleft size-large is-resized is-style-rounded"><a href="https://open.spotify.com/show/6wsSLZ1dfOkVAZwrYdEGrj"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="677" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/6642202-spotify-icon-spotify-logo-spotify-symbole-logo-set-gratuit-vectoriel-1024x677.jpg" alt="" class="wp-image-197508" style="width:140px;height:auto"/></a></figure>



<figure class="wp-block-image alignleft size-large is-resized is-style-rounded"><a href="https://www.deezer.com/show/1001026392"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/deezer-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-197510" style="width:141px;height:auto"/></a></figure>
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