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Récital Julie Roset et jeunes chanteurs – Paris (Opéra-Comique)

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Spectacle
7 mai 2026

Note ForumOpera.com

3

Détails

Première partie

Déborah Salazar, soprano

Paul-Louis Barlet, baryton

Ayano Kamei, pianiste-cheffe de chant

Fantine Douilly, soprano

Nathan Romportl, ténor

Giancarlo Llerena, pianiste-chef de chant

Les interprètes sont désignés par leurs initiales.

Samuel Barber, Mélodies passagères, « Puisque tout passe », « Un Cygne », « Tombeau dans un parc », « Le clocher chante », « Départ »

Jules Massenet, « Élégie » (DS)

Charles Ives, « Élégie » (PLB)

Ned Rorem, « Early in the Morning » (PLB), « For Poulenc » (FD)

Margaret Bonds, Songs of the Season, « Poème d’automne » (NR)

Maurice Ravel, Histoires naturelles, « Le Paon » (NR), « Le Grillon » (FD), « Le Cygne » (DS), « Le Martin-pêcheur » (PLB), « La Pintade » (FD)

Ned Rorem, Poèmes pour la paix, « Ode » (DS), « Sonnet II » (FD), « L’Hyme de la paix » (PLB)

Leonard Bernstein, La Bonne Cuisine

Deuxième partie

Julie Roset, soprano

Susan Manoff, piano

Charles Koechlin, « M’a dit amour »

Manuel Rosenthal, « Pêcheur de lune »

Isabelle Aboulker, « L’Inconstante »

Lili Boulanger, « Elle était descendue au bas de la prairie »

Claude Debussy, « En sourdine », « Zéphyr », « La Fille aux cheveux de lin », prélude, « La Fille aux cheveux de lin », mélodie

Louis Beydts, « La Colombe poignardée », « Le Petit serin en cage », « L’Oiseau bleu »

Isabelle Aboulker, « Je t’aime (vocalise amoureuse pour soprano éperdue) »

Manuel Rosenthal, « Rêverie »

Isabelle Aboulker, « La Princesse au petit pois »

Claude Debussy, « Silence ineffable de l’heure », romance

Georges Enescu, « Languir me fais »

Claude Debussy, « La Romance d’Ariel »

Francis Poulenc, « La Reine de cœur »

Mel Bonis, « Songe vers le pur amour »

Après lui avoir offert son premier grand rôle (dans Zémire et Azor en 2023), l’Opéra-Comique accueille Julie Roset pour un récital tiré de son premier album solo, en duo avec la pianiste Susan Manoff. Le programme de ce disque, intitulé M’a dit Amour, avait enchanté Charles Sigel et il a su ravir aussi la salle Favart.

Le récital de Julie Roset et de Susan Manoff était précédé d’un programme réunissant des jeunes artistes de l’Académie de l’Opéra-Comique et de la Juilliard School de New York, qui ont récemment conclu un partenariat. Côté français, la soprano Déborah Salazar, au timbre vif-argent teinté d’une touche de métal, au vibrato léger, qui montre déjà de belles ressources d’interprétation, comme dans une belle « Élégie » de Massenet. Le baryton Paul-Louis Barlet fait entendre un très beau timbre lumineux et riche, presque ténorisant, avec la particularité de ne produire que des sons droits, sans vibrato. On apprécie sa diction dans « Le Martin-pêcheur » de Ravel et sa sensibilité dans « L’Hymne à la paix » de Ned Rorem, sur un texte de Baïf. Côté américain : le ténor léger et souple de Nathan Romportl fait merveille dans les mélodies de Barber et on apprécie de le voir se dérider pour « Le Paon » de Ravel et dans les recettes loufoques de Bernstein. La soprano Fantine Douilly est, elle, une Française qui étudie à New York : la voix est charnue, dispose d’assises solides dans les graves et d’un volume assuré, mais c’est surtout sa présence sur scène que l’on retient.

Le programme avait été intelligemment conçu pour distiller les clins d’œil à l’amitié franco-américaine, notamment grâce aux mélodies de Ned Rorem sur des textes de poètes de la Pléiade et aux excentricités géniales que Leonard Bernstein tire du Manuel guide de la cuisinière et de la maîtresse de maison d’Emile Dumont (1873).

Après un entracte, la scène revient à Julie Roset et à la pianiste américaine et professeure au conservatoire de Paris Susan Manoff, qui avait déjà, il y a plus de trente ans, accompagné le récital au disque d’Elizabeth Vidal, Romances et chants d’oiseaux, qui contenait quelques titres similaires et faisait, lui aussi, entendre une jeune soprano légère prometteuse. Le duo interprète la quasi-intégralité du programme du disque, avec quelques substitutions.

Julie Roset est un stupéfiant miracle de fraîcheur, de légèreté mais aussi de couleurs et de ligne, perpétuant une belle tradition française du soprano léger. Elle ne semble pas vouloir trop donner dans la colorature pour le moment, mais il est évident que Lakmé lui tend les bras (peut-être à l’Opéra-Comique ?) : n’oublions pas qu’elle avait remporté le concours du MET en chantant l’air des clochettes.

Le programme a l’avantage de faire entendre des raretés, comme les Chansons pour les oiseaux de Louis Beydt ou « M’a dit Amour » de Koechlin, qui ouvre le bal, une mélodie à peine accompagnée par le piano, qui expose seulement la pureté de cette voix cristalline. Le sommet de beauté est atteint dans une « Fille aux cheveux de lin » de Debussy particulièrement enchanteresse, entamée dans une grande vocalise d’une pureté merveilleuse. Le programme multipliait un peu trop, à notre goût, les mélodies rêveuses et éthérées, qui vont bien à cette voix mais ne permettent pas d’en montrer toutes les possibilités et risquent la monotonie. Peut-être aussi parce que l’ajout d’une première partie déjà bien fournie avait allongé ce récital au-delà du souhaitable, on se surprend parfois à rêvasser soi-même. Par bonheur, le récital était relevé de quelques pépites pleines d’humour, majoritairement dues à la compositrice Isabelle Aboulker, venue saluer sur scène en fin de soirée. « L’Inconstante » est délicieusement chaloupée, donnant l’occasion d’entendre une Julie Roset presque jazzy, incarnant jusqu’au bout son délicieux personnage. Outre une belle « Princesse au petit pois », on retiendra surtout « Je t’aime », vocalise pleine d’ironie qui parodie les canevas opératiques : la soprano aime follement, se sent délaissée, est malheureuse, et alterne entre des écritures vocales outrées (roulades et coloratures, lamento plaintivement étiré), le tout magnifiquement surjoué avec grand plaisir par Julie Roset.

Susan Manoff est une idéale partenaire dans ce programme, elle déploie sensibilité et émotion dans le prélude « La Fille aux cheveux de lin » de Debussy – ce prélude a été écrit et publié bien après la mélodie du même nom, une composition de jeunesse qui n’a jamais été éditée du vivant du compositeur.  Elle soutient la soprano dans un dialogue langoureux pour « En sourdine » et fait preuve, elle aussi, d’un vrai sens de l’humour.

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Note ForumOpera.com

3

Légende

❤️❤️❤️❤️❤️ : Exceptionnel
❤️❤️❤️❤️🤍 : Supérieur aux attentes
❤️❤️❤️🤍🤍 : Conforme aux attentes
❤️❤️🤍🤍🤍 : Inférieur aux attentes
❤️🤍🤍🤍🤍 : À oublier

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Première partie

Déborah Salazar, soprano

Paul-Louis Barlet, baryton

Ayano Kamei, pianiste-cheffe de chant

Fantine Douilly, soprano

Nathan Romportl, ténor

Giancarlo Llerena, pianiste-chef de chant

Les interprètes sont désignés par leurs initiales.

Samuel Barber, Mélodies passagères, « Puisque tout passe », « Un Cygne », « Tombeau dans un parc », « Le clocher chante », « Départ »

Jules Massenet, « Élégie » (DS)

Charles Ives, « Élégie » (PLB)

Ned Rorem, « Early in the Morning » (PLB), « For Poulenc » (FD)

Margaret Bonds, Songs of the Season, « Poème d’automne » (NR)

Maurice Ravel, Histoires naturelles, « Le Paon » (NR), « Le Grillon » (FD), « Le Cygne » (DS), « Le Martin-pêcheur » (PLB), « La Pintade » (FD)

Ned Rorem, Poèmes pour la paix, « Ode » (DS), « Sonnet II » (FD), « L’Hyme de la paix » (PLB)

Leonard Bernstein, La Bonne Cuisine

Deuxième partie

Julie Roset, soprano

Susan Manoff, piano

Charles Koechlin, « M’a dit amour »

Manuel Rosenthal, « Pêcheur de lune »

Isabelle Aboulker, « L’Inconstante »

Lili Boulanger, « Elle était descendue au bas de la prairie »

Claude Debussy, « En sourdine », « Zéphyr », « La Fille aux cheveux de lin », prélude, « La Fille aux cheveux de lin », mélodie

Louis Beydts, « La Colombe poignardée », « Le Petit serin en cage », « L’Oiseau bleu »

Isabelle Aboulker, « Je t’aime (vocalise amoureuse pour soprano éperdue) »

Manuel Rosenthal, « Rêverie »

Isabelle Aboulker, « La Princesse au petit pois »

Claude Debussy, « Silence ineffable de l’heure », romance

Georges Enescu, « Languir me fais »

Claude Debussy, « La Romance d’Ariel »

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