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Un été à Pesaro (I) : Samuel Ramey

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5 août 2020
Un été à Pesaro (I) : Samuel Ramey

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Mis à part le reproche d’une immense placidité – qu’on fît aussi à Ludovic Tézier, autre gigantesque roc – personne ne parvint jamais à bouder trop franchement Samuel Ramey. Il fut le premier dans l’histoire du chant moderne à résoudre la quadrature du cercle de la voix de basse belcantiste ; celle de faire cohabiter des qualités apparemment antinomiques. Car la voix de Ramey, ce sont les hippopotames de Fantasia : souplesse et rotondités. Peut-être lui manqua-t-il le tutu rose – ou précisément sa translation vocale – pour l’humaniser un petit peu. On reste néanmoins sidéré par sa minéralité sinueuse, par l’incroyable souplesse d’une voix pourtant de métaux en fusion, comme ces rochers de Magritte qui sont en fait des nuages. Le chant de Ramey – et, plus que son chant, la constitution même de son instrument – rapelle ce que l’oreille attend d’une grande voix : qu’elle transcende les lois de la nature, qu’elle triomphe des limites banales de l’anatomie et que par là, elle incarne l’extraordinaire

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