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WAGNER, Götterdämmerung – Dresde

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Spectacle
17 mai 2026
Final en apothéose d’un Ring historiquement informé

Note ForumOpera.com

5

Infos sur l’œuvre

Der Ring des Nibelungen

Dritter Tag : Götterdämmerung
Drame musical en trois actes et un prologue
Musique et livret de Richard Wagner

Création le 17 août 1876 à Bayreuth

Détails

Siegfried
Young Woo Kim
Gunther
Johannes Kammler
Alberich
Daniel Schmutzhard
Hagen
Patrick Zielke
Brünnhilde
Åsa Jäger
Gutrune
Sophia Brommer
Waltraute
Olivia Vermeulen
Erste Norn
Jasmin Etminan
Zweite Norn
Marie-Luise Dressen
Dritte Norn
Valentina Farcas
Woglinde
Ania Vegry
Wellgunde
Ida Aldrian
Flosshilde
Eva Vogel

Dresdner Festspielchor der Richard-Wagner-Akademie
Chor der KlangVerwaltung

Dresdner Festspielorchester
Concerto Köln
Direction musicale
Kent Nagano

Dresde, Kulturpalast, jeudi 14 mai 2026, 16h

Après Das Rheingold, Die Walküre et Siegfried, voici le dernier épisode du premier Ring « historiquement informé », un vaste projet initié en 2016. Loin d’être une vaine tentative de reconstitution de ce que Wagner aurait voulu entendre, lui qui exigeait de toute façon que l’œuvre ne soit jouée qu’à Bayreuth avec orchestre invisible sous fosse, l’entreprise entend surtout recourir aux instruments de l’époque et essayer de renouveler certaines caractéristiques de l’exécution musicale. Pour l’orchestre, outre un instrumentarium renouvelé, un soin particulier a ainsi été porté à l’articulation (coups d’archet des cordes, tenues des notes par les vents), ou au recours à certains effets (portamento), bannis de la pratique orchestrale actuelle. Pour le chant, le vibrato, notamment pour les rôles les plus dramatiques comme Brünnhilde, n’est utilisé qu’à titre ponctuel, comme ornement expressif. Enfin, une attention toute particulière est portée à la diction, avec un chant parfois proche du semi-parlando.

Dès les premières mesures de l’œuvre – irrésistibles accords portés par les flûtes en bois – jusqu’à son terme, avec le legato des cordes en boyaux conférant une saveur singulière à l’apogée finale, c’est bien l’orchestre qui s’impose comme la véritable star de la soirée. Les musiciens réunis du Dresdner Festspielorchester et du Concerto Köln jouent avec un engagement total : on voit ces violoncelles sans pique, emmenés avec une discipline exemplaire par Moritz Kolb, ou ces violons à la cohésion remarquable derrière l’archet de Alexander Janiczek. On entend ces cuivres, tantôt tonitruants dans le spectaculaire deuxième acte, tantôt plus sombres et contenus, ou encore ce cor anglais de Lorenz Eglhuber, à la sonorité si chaleureuse et boisée. Qui aurait imaginé il y a quelques années une exécution sur instruments d’époque d’une telle solidité technique et si inspirée ? Geste précis, intervention mesurée, Kent Nagano maintient la tension, en privilégiant une lecture structurée et en modulant avec finesse les climats. Le chef sera chaleureusement applaudi, par le public et par ses musiciens.

La version de concert présentée ce soir permet à chaque spectateur d’observer ces détails orchestraux, tout en bénéficiant d’une écoute clarifiée, quelques gestes simples suffisant parfaitement à suivre l’action. La représentation prend par ailleurs une dimension presque spatialisée : certains protagonistes émergent du parterre pour déclamer leur texte, tandis que les chœurs se déploient en arrière-scène, avec également quelques solistes dispersés dans la salle. Les cors naturels résonnent en coulisse, tandis que trois joueurs de Stierhorn sont disposés dans différents balcons du Kulturpalast de Dresde, contribuant à un dispositif sonore particulièrement immersif.


© Oliver Killig

Åsa Jäger incarne une Brünnhilde d’une pureté inhabituelle, portée par une voix d’une insolente santé, au grave naturel et homogène, sans excès de poitrinage, et avec un aigu qui affronte sans peine les éclats du rôle. La soprano suédoise restitue en outre les exigences de la partition, des trilles aux gruppetti caractéristiques de son personnage et si chers à Wagner. Face à elle, Young Woo Kim campe un Siegfried fougueux, à la projection éclatante, qui confère au personnage une allure presque belcantiste. Le ténor coréen s’impose également comme un narrateur hors pair dans la grande scène de récit du troisième acte, dans laquelle Siegfried retrace ses aventures. En Hagen, Patrick Zielke fait preuve d’une grande finesse d’interprétation, privilégiant l’introspection et une présence presque intérieure du personnage, loin de toute brutalité démonstrative. La basse allemande, aux graves superbes et parfaitement projetés, aborde le rôle avec une retenue presque murmurée et presque inquiétante.

Johannes Kammler prête à Gunther un baryton au legato souple, en interaction toujours juste et sensible avec les autres personnages. Daniel Schmutzhard s’affirme en Alberich comme un excellent diseur, à la présence toujours mordante. Sophia Brommer donne à Gutrune une énergie franche et immédiate, portée par une voix à la fois claire et charnue. Moins ouvertement dramatique qu’à l’accoutumée, la Waltraute d’Olivia Vermeulen est d’une belle musicalité, avec un récit tout dans l’introspection. Les trois Nornes de Jasmin Etminan, Marie-Luise Dreßen et Valentina Farcas sont solidement incarnées, même si une projection un peu retenue en atténue un peu la dimension incantatoire. On retrouve enfin le vaillant trio des Filles du Rhin du premier épisode de ce Ring (Ania Vegry, Ida Aldrian et Eva Vogel), toujours d’un équilibre idéal et d’une présence scénique particulièrement vivante.

L’aventure de ce Ring historiquement informé n’est heureusement pas encore terminée. Viendront prochainement un enregistrement, réalisé au fil des dernières années, et puis une reprise complète du cycle en 2027, toujours en version de concert, au Konzerthaus de Vienne. Les spectateurs parisiens auront pour leur part la chance de découvrir ce magique Crépuscule des dieux pour l’ouverture de la saison 2026/2027 du Théâtre des Champs-Élysées.

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❤️❤️🤍🤍🤍 : Inférieur aux attentes
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