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Récital Maridat-Zimmerlin / Dechambre – Colmar

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Spectacle
11 juillet 2026
Fauré, et de belles surprises

Note ForumOpera.com

5

Détails

Gabriel Fauré
Paradis (La Chanson d’Eve, op 95 n°1)
Clara Schumann
Sechs Lieder, op 13, n° 1 à 4
Ihr Bildnis
– Sie liebten sich beide
– Liebeszauber
– Der Mond kommt still gegangen

Gabriel Fauré
Trois mélodies, op. 18
Neil
– Le voyageur
– Automne

Piotr Ilitch Tchaikovski
De nouveau seul (des Six romances, op 73, n°6), pour piano
Six romances, op 38 n° 2, 3 et 6
C’était au début du printemps
– Au milieu d’un bal
– Pimpinella

Alberto Ginastera
Dos Canciones, op.3
Cancion al arbol del olvido
– Cancion a la luna lunanca

Felix Mendelssohn
Frühlingslied, Romance sans paroles, op.62 n°6
Georges Enesco
Trois mélodies, op.4
Le désert
– Le galop
– Soupir

Gabriel Fauré
Après un rêve (Trois mélodies, op 7 n°1)

en bis : Pauline Viardot
Madrid (Musset), 1884

Léontine Maridat-Zimmerlin, mezzo-soprano
Louis Dechambre, piano

En partenariat avec le C.N.M.S.D.P.

Colmar, Festival, Koïfhus, 7 juillet, 12h30

Durant le Festival, le Koïfhus (*) abrite traditionnellement le concert de la mi-journée, dédié à de jeunes artistes prometteurs, en partenariat avec le C.N.S.M.D. de Paris, et la Fondation Renaud Capuçon.  Léontine Maridat-Zimmerlin s’est déjà fait un nom dans le monde lyrique. Après un parcours exemplaire, elle rafle nombre de prix et fait son entrée dans la cour des grands. La Révélation lyrique des Victoires de la Musique 2026 en est la dernière manifestation. Avec son partenaire, Louis Dechambre, le duo a remporté le premier prix du Concours de Clermont-Auvergne. Notre pianiste, son condisciple au CNSMD, n’est pas en reste, talent multiple et curieux, amoureux de la voix (chef de chant et accompagnateur).

Le récital qu’ils ont construit est riche et permet au public de retrouver telle ou telle page bien connue, mais aussi et surtout de découvrir des œuvres d’un réel intérêt. On n’énumérera pas chacune des 18 mélodies et lieder retenus pour n’en retenir que quelques coups de cœur.

Notre mezzo excelle dans Fauré, et Paradis (qui ouvre La chanson d’Eve), ample mélodie dont les huit strophes enchaînées renouvellent l’accompagnement, en est une démonstration magistrale. La voix est chaude, aux aigus dorés et au médium et au grave opulents, la conduite, le soutien et l’articulation sont admirables, avec une rare intelligence du texte. Ajoutez à cela l’ardeur, la conviction et vous comprendrez notre enthousiasme. Plus tard, nous retrouverons un tout autre Fauré, plus jeune, romantique, à travers ses trois mélodies, bien connues, de 1897. « Ta rose de pourpre à ton clair soleil », avec sa ligne de chant séduisante et simple, ses phrasés ciselés, son accompagnement intense, parlent avec émotion à chacun. Les deux suivantes, sur des poèmes d’Armand Silvestre, (Le voyageur, puis Automne) enfiévrées, sont servies par une voix rayonnante et un piano puissant, généreux. C’est sur « Après un rêve », du tout premier Fauré, que s’achèvera le récital. Le souffle est long à souhait pour exprimer la tendresse élégiaque, ardente et inquiète. Indéniablement une interprétation inspirée, aussi mûrie qu’animée, qui s’inscrit dans la meilleure tradition du chant français, la jeunesse en plus, servie par deux musiciens talentueux.

La variété des autres œuvres appellera une caractérisation fine de chacune. Nos musiciens ont du tempérament. Les quatre lieder de Clara Schumann (deux sur des textes de Geibel, les deux autres, de Heine), sont de belle facture. Rien ne permet d’imaginer qu’ils sont de Clara tant l’écriture est semblable à celle de Robert. C’est l’occasion pour notre mezzo de confirmer ses qualités de germaniste (un Liebeszauber, ardent). Nous sommes mauvais juge pour apprécier le russe de ses trois romances de Tchaïkovsky, mais tout semble réuni, non seulement la langue, mais aussi la tendresse mélancolique de C’était au début du printemps, la langueur de la valse lente (Au milieu d’un bal), et la joie débridée, ensoleillée de l’Italie (Pimpinella). Qu’à cela ne tienne, l’espagnol des Dos Canciones de Ginastera est vrai. L’Espagne encore pour le bis, particulièrement bienvenu, mais en français (Musset) : un boléro chargé d’humour, Madrid, d’une autre polyglotte, Pauline Viardot, qui retrouve enfin sa place parmi les grandes compositrices. Auparavant, une belle découverte : les trois mélodies d’Enesco, s’achevant sur Soupir (de Sully-Prudhomme), dont on ne connaissait que la version de Duparc.

Evidemment, malgré tout son art d’un accompagnement qui a retenu les leçons des meilleurs, le piano méritait bien de s’exprimer seul. La romance connue de Tchaïkovsky (De nouveau seul, qui ferme le recueil des 6 de 1893), porte bien la marque de la résignation et de la solitude, bref le pathos d’un piano profond, se voit suivie peu après d’une insertion inattendue au programme, surprise souriante : le Frühlingslied de Schumann, dont la grâce, la délicatesse sont remarquablement illustrées, clin d’oeil à tous les pianistes amateurs qui ont travaillé les Romances sans paroles, ou certaines d’entre elles.

On sort ému et ébloui. Une authentique révélation que ces interprètes inspirés, totalement investis, dotés de moyens rares comme d’une constante intelligence. Nul doute qu’une belle carrière s’ouvre à eux.

 

(*) Littéralement « grand magasin », de fait l’ancienne douane, construite à la fin du XVe S, modifiée jusqu’au XVIIIe, en plein cœur de la vieille ville, c’en est le plus ancien bâtiment public, classé.

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❤️❤️❤️❤️❤️ : Exceptionnel
❤️❤️❤️❤️🤍 : Supérieur aux attentes
❤️❤️❤️🤍🤍 : Conforme aux attentes
❤️❤️🤍🤍🤍 : Inférieur aux attentes
❤️🤍🤍🤍🤍 : À oublier

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Paradis (La Chanson d’Eve, op 95 n°1)
Clara Schumann
Sechs Lieder, op 13, n° 1 à 4
Ihr Bildnis
– Sie liebten sich beide
– Liebeszauber
– Der Mond kommt still gegangen

Gabriel Fauré
Trois mélodies, op. 18
Neil
– Le voyageur
– Automne

Piotr Ilitch Tchaikovski
De nouveau seul (des Six romances, op 73, n°6), pour piano
Six romances, op 38 n° 2, 3 et 6
C’était au début du printemps
– Au milieu d’un bal
– Pimpinella

Alberto Ginastera
Dos Canciones, op.3
Cancion al arbol del olvido
– Cancion a la luna lunanca

Felix Mendelssohn
Frühlingslied, Romance sans paroles, op.62 n°6
Georges Enesco
Trois mélodies, op.4
Le désert
– Le galop
– Soupir

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Après un rêve (Trois mélodies, op 7 n°1)

en bis : Pauline Viardot
Madrid (Musset), 1884

Léontine Maridat-Zimmerlin, mezzo-soprano
Louis Dechambre, piano

En partenariat avec le C.N.M.S.D.P.

Colmar, Festival, Koïfhus, 7 juillet, 12h30

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