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Dix opéras sur l’Iliade et l’Odyssée

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Actualité
1 octobre 2026
Avec des recettes mondiales qui atteignent déjà 1,68 milliard de dollars, L’Odyssée de Christopher Nolan est un triomphe au box office.

Nos lecteurs fin lettrés, voire certains de nos collègues, considéreront sans doute que l’adaptation américaine reste au mythe original ce que le hamburger est au tournedos Rossini.  Force est de reconnaitre que cette version ultra simplifiée a su toutefois conquérir un vaste public (environ 150 millions de spectateurs dans le monde dont plus de 8 millions en France). Il n’en fallait pas plus pour que Forum Opéra, toujours à la recherche d’un succès facile, tente de surfer sur la vibe. Problème : il existe une pléthore d’ouvrages lyriques sur ce sujet, certains utilisant même des versions alternatives inconciliables avec le récit d’origine. Tant pis : nous vous proposons de retrouver ici un déroulé à peu près chronologique des événements (avec quelques variantes), prioritairement à partir d’ouvrages lyriques déjà critiqués dans nos colonnes (puisqu’il fallait bien choisir).

Si vous avez manqué le début …

Prologue. ROSSINI, Le nozze di Teti e di Peleo (1816)

Même s’il est moins courant que certains autres thèmes de l’antiquité, celui des noces de Pélée et Thétis a été mis en musique par plusieurs compositeurs, que ce soit sous forme de cantate (Rossini) ou d’opéra (Cavalli en 1639). Du fait de sa fâcheuse réputation, Éris, déesse de la Discorde n’a pas été invitée à la cérémonie. Pour se venger, elle jette au milieu des convives une pomme d’or portant l’inscription « À la plus belle » (la fameuse pomme de discorde, eh oui). Contrairement à l’opéra de Cavalli, la cantate de Rossini ne traite que de l’aspect bucolique des noces (1) et élimine l’intervention d’Éris (mais nous n’avions que cela sous la main).

1. CESTI, Il pomo d’oro (1668)

« Mangez des pommes ! » proclamait Jacques Chirac qui connaissait par cœur les fiches de lecture concoctées par Bernadette pour la préparation du grand oral de l’ENA. C’est tout le cœur du problème. Héra, Athéna et Aphrodite se disputent celle-ci (qui est donc destinée à la plus belle) et demandent à Zeus de trancher. Lâche, comme beaucoup d’hommes dans ce type de situation, le dieu se défausse sur le berger Pâris. Geneviève de Fontenay n’ayant pas encore instituer de règles anti-corruption, les déesses rivalisent de promesses auprès du jeune homme. Aphrodite emporte le morceau (et même tout la pomme) en lui promettant l’amour de la plus belle femme du monde, Hélène, épouse de Ménélas. On n’a donc pas attendu Jacques Chirac pour pratiquer l’art des arrangements douteux. Créé à Vienne en 1668 pour le mariage de l’empereur Léopold Ier et Marguerite-Thérèse d’Autriche, Il pomo d’oro était si long qu’il fallut le donner en deux soirées (on en trouve sur YouTube une version de 5h42).  .

2. OFFENBACH, La belle Hélène (1864)

Le chef d’œuvre des géniaux Offenbach, Meilhac et Halévy est bien trop connu pour que nous en infligions au lecteur un long résumé : Pâris enlève Hélène. On précisera toutefois que le « bouillant Achille » n’est autre que le fils de Pélée et Thétis !

Avant d’attaquer le gros morceau…

3. GLUCK, Iphigénie en Aulide (1774) et Iphigénie en Tauride (1779)

Les choses se compliquent car les ouvrages lyriques les plus connus ne respectent pas à la lettre le mythe initial (nous nous limiterons à quelques versions). Suivant la légende, Agamemnon, qui dirige les troupes contre Troie, voit la flotte grecque bloquée à Aulis. Le devin Calchas lui révèle qu’Artémis est la cause de ces vents défavorables en raison d’une offense passée commise par le roi (un engagement inconsidéré ou une vantardise de chasseur : les explications sont multiples). Pour apaiser la déesse, il doit lui sacrifier sa fille Iphigénie. Il s’y refuse initialement mais accepte sous la pression d’Ulysse et Ménélas. Le roi fait venir sa fille et son épouse Clytemnestre sous le faux motif d’épouser Achille (fils de Pélée et Thétis). Une fois sur place, Iphigénie comprend pourquoi son père ne lui a acheté qu’un aller simple (à son procès, c’est ce qui perdra Monsieur Tartempion, de son vrai nom Henri Désiré Landru). Iphigénie accepte son sort. C’est la fin également choisie par Eschyle. Toutefois, chez Euripide, Artémis remplace au dernier moment Iphigénie par une biche et en fait la prêtresse de son temple en Tauride. La première version du mythe justifie l’Elektra (1903) de Richard Strauss (Clytemnestre et son amant Égisthe ont tué Agamemnon ; son fils Oreste, frère d’Électre, les tue à son tour). La deuxième permet le sequel de Gluck, Iphigénie en Tauride, d’ailleurs musicalement supérieur au premier épisode. On citera sur ce canevas l’Ifigenia in Aulide (1735) de Porpora, parmi bien d’autres.

Ifigenia in Aulide (1788) de Cherubini choisit le dénouement de Racine (avec quelques différences notables dans l’intrigue et la généalogie des personnages) : Iphigénie est remplacée par Ériphile au moment du sacrifice.

Toujours dans les événements qui précèdent la guerre de Troie, on citera Achille in Sciro (1737) de Saro, sur un livret de Métastase qui a été mis en musique par plusieurs compositeurs (Antonio Caldara entre autres en 1744). L’épisode ne figure pas dans l’Iliade et se situe avant le départ pour Troie. Thétis sait que son fils Achille mourra à s’il part pour la guerre. Elle le cache à la cour du roi Lycomède, sur l’île de Skyros, déguisé en jeune fille, sous le nom de Pirra. Mais les grecs savent qu’ils ne peuvent gagner contre Troie sans lui. Par la ruse, Ulysse démasque Achille : il lui présente des poupées et des jeux vidéos (ou quelque chose comme ça) et Achille choisit les seconds, démontrant le caractère masculin du sexe qui lui a été assigné à la naissance. Achille rejoint l’expédition.

Virgile ou Homère ?

4. BERLIOZ, Les Troyens (1856-1858)

On l’attendait et le voilà. On ne présentera pas davantage le chef d’œuvre de Berlioz, inspiré de l’Énéide de Virgile plutôt que de L‘Iliade (laquelle ne traite que de la dixième et dernière année de la guerre de Troie).

Berlioz n’y évoque pas le personnage de Penthesilea, reine des Amazones venue combattre dans les rangs troyens, et vaincue par Achille (qui en tombe amoureux quand il lui retire son casque : il était bien temps !) : cette héroïne a inspiré des ouvrages éponymes à Othmar Schoeck (1927) et, plus près de nous, à Pascal Dusapin (2015).

Berlioz évoque également à peine Polyxène (elle se perce le cœur avec le poignard tendu par Cassandre). Ses amours, comptés dans Achille et Polyxène, ont inspiré à Jean-Baptiste Lully son dernier ouvrage (1687) terminé par Pascal Collasse.

On doit également à Michael Tippett un King Priam (1962) qui traite de la guerre de Troie aux actes II et III, mais aussi, à l’acte I, d’événements antérieurs : la naissance de son fils Pâris et les prophéties funestes associées. Sur cette épisode troyen, on citera Dido and Ænas de Purcell (1689), l’un des premiers opéras en anglais, qui se concentre sur les amours du couple et la trahison d’Énée (en moins d’une heure, ce qui constitue une démonstration de synthèse dont Berlioz pourrait rougir) . Autre partition célèbre, La Didone de Cavalli (1641) : au lieu de se suicider, Didon s’y console dans les bras d’Iarbas.

Après L’Iliade mais avant L’Odyssée…

5. MANFROCE, Ecuba (1812) et quelques autres.

Il se passe beaucoup de choses après la guerre de Troie, indépendamment des aventures d’Ulysse.

Nicola Antonio Manfroce est mort à 22 ans mais il aura eu le temps d’éblouir ses contemporains lors de sa courte vie avec un ouvrage sur les malheurs d’Ecuba, l’épouse de Priam (et non de Fidel Castro comme pourrait le laisser penser le titre). Ecuba (Hécube) est tombée en esclavage avec ses filles Cassandre et Polyxène après la prise de Troie (histoire compliquée ici). Dans le texte d’Euripide, Cassandre ne se suicide donc pas à la chute de Troie.

Parmi les nombreux autres ouvrages traitant de personnages connexes, on citera Andromaque de Grétry (1780) ou la fabuleuse Ermione de Rossini (1819), tous deux inspirés de Racine. Le canevas est simple : Oreste aime Hermione qui aime Pyrrhus qui aime Andromaque qui aime Hector (mort, tué par Achille, et qui n’aime plus personne).

Toujours dans les péripéties parallèles, on citera l’Idomeneo de Mozart (1781). Idoménée, roi de Crète, revient de la guerre de Troie. Son fils Idamante est amoureux de la captive Ilia, fille de Priam (donc sœur d’Hector, de Pâris et de Cassandre !). Elettra (Électre) est amoureuse d’Idamante et jalouse d’Ilia. Mal en point dans une tempête, Idoménée fait le vœu à Poséidon de lui sacrifrier le premier abruti qu’il croisera : manque de bol, il s’agit de son fils Idamante. L’Oracle de Neptune trouvera une solution moins sanglante.

Enfin, dans la catégorie hors-concours (à tous les sens du terme…), on ne peut pas ne pas citer Die ägyptische Helena (1928). Cet opéra mal aimé de Richard Strauss s’inspire d’une variante du mythe : Pâris n’a pas enlevé la vraie Hélène mais un double de celle-ci. La reine authentique a été transportée en Égypte où elle est restée fidèle à son mari. Chez Strauss et Hofmannsthal, Ménélas n’a pas tout compris et il est toujours jaloux d’Hélène : il projette d’ailleurs de la tuer. Après des péripéties compliquées, ils se réconcilieront grâce à la magicienne Aithra. La présence d’une Moule omnisciente (!) suffit hélas à disqualifier le livret.

Place maintenant à l’Odyssée proprement dite.

Après avoir quitté Troie, Ulysse et  ses hommes prennent la ville d’Ismara qu’ils pillent, tuant la plupart des habitants (les Cicones). Les survivants reviennent pour se battre (comme on dit en Alsace : « Les Cicones sont de retour »). Ulysse et ses hommes s’enfuient. Ils arrivent ensuite sur l’île des Lotophages, donc des « mangeurs de lotos » : cette plante non identifiée a la propriété de faire perdre la mémoire à ceux qui la consomment. Ulysse sera obligé de ramener de force ceux qui y ont goûté. Ces deux épisodes ne semblent pas avoir fait l’objet d’ouvrages spécifiques.

6. PORPORA, Polifemo (1735)

On connaît cette histoire par cœur : Ulysse et ses compagnons entrent dans la caverne de Polyphème. Ils s’y font enfermer avec les moutons du cyclope. Celui-ci dévore chaque jour plusieurs soldats sans qu’ils n’arrivent à s’échapper de la grotte. Polyphème emande son nom à Ulysse et celui-ci répond : « Mon nom est personne ». Les grecs réussissent finalement à sortir de la grotte en se cramponnant au ventre des béliers, passant ainsi sous l’œil (!) soupçonneux du cyclope. Ulysse crève l’œil de Polyphème et s’échappe. Quand les autres cyclopes demandent à leur cousin le nom de son agresseur, Polyphème répond donc : « Personne » (LOL). Cette bonne blague n’est même pas reprise dans le film de Nolan aux dialogues il est vrai parfois lacunaires. Signalons qu’auparavant ce même Polyphème avait troublé les amours de la nymphe Galatée, amoureuse d’Acis. Jaloux, le Cyclope avait alors écrasé Acis sous un rocher. Galatée transforma ensuite Acis en fleuve. Le thème a été traité par Haendel (entre 1718 et 1720), Lully (1686) ou encore von Suppé (1865)…

7. DESMARETS, Circé (1694)

Après avoir donc quitté Polyphème en mauvais termes, Ulysse et ses compagnons affrontent des géants anthropophages, les Lestrygons. Cet épisode ne semble pas lui non plus avoir inspiré grand chose (à part peut-être la recette du Poulet à Lestrygon), mais nous y reviendront. Les grecs échouent ensuite sur l’île d’Ayayé. Ulysse reste seul tandis que les soldats explorent les environs. Ils sont invités à déjeuner par Circé. La magicienne a un fâcheux hobby : elle transforme ses nouveaux visiteurs en porcs, comme à la Comédie Française (d’où sans doute l’expression « jouer un tour de cochon »). Toutefois, Euryloque a flairé le piège et est parti prévenir Ulysse. Aidé par Hermès, celui-ci vient dîner chez Circé mais reste imperméable à sa magie. Circé finit par annuler l’enchantement qui avait transformé les grecs. Circé et Ulysse deviendront amants durant un an. Sur les conseils de Circé, Ulysse consulte les morts, dont le devin Tirésias qui lui annonce les événements à venir. Il l’avertit qu’ils ne doivent surtout pas toucher aux bœufs d’Hélios. Ulysse quitte l’île.

L’œuvre de Desmaret n’a toutefois qu’un lointain rapport avec L’Odyssée : le librettiste y ferait plutôt du boulevard en inventant Éolie, fille d’Éole et amante d’Ulysse. La plus récente variation sur le mythe est due à Benoît Menut (2026). Pour découvrir une version fidèle de l’épisode, il faudra attendre que le Palazzetto Bru Zane s’intéresse davantage à la Circé des frères Paul et Lucien Hillemacher, créée à l’Opéra-Comique en 1907.

Suivent les épisodes des Sirènes, de Charybde et Scylla, qui ne semblent avoir suscité aucun ouvrage lyrique notable. Pour l’anecdote, on signalera quand même Sirens (2007) du compositeur chypriote George Christofi conçu pour un petit ensemble instrumental et quatre voix. On songera aux bouchons de cire que se mettent les rameurs dans les oreilles et à Ulysse ligoté au mat du navire en se posant la question : vaut-il mieux entendre ça que d’être sourd ?

Les fameux bœufs d’Hélios n’ont pas davantage de postérité lyrique. Un brin stupides, les hommes d’Ulysse en font leur déjeuner, et ils vont le payer très cher. Le bateau d’Ulysse est frappé par la foudre vengeresse de Zeus, en châtiment du barbecue improvisé mais impie. Ulysse reste le seul survivant. Notre héros dérive sur l’épave et s’échoue sur l’île de Calypso. Celle-ci recueille Ulysse, le nourrit, l’habille, devient son amante, le garde auprès d’elle pendant sept ans.. et n’inspire pourtant aucun ouvrage majeur. Si au contraire vous êtes familier avec L’Isola di Calipso de Bernardo Ottani (1777) ou de Pietro Carlo Guglielmi (1813), avec L’isola di Calipso abbandonata de Luigi Bologna (1784) (rebaptisé Calipso abbandonata pour la création à Brünn (1793) et, comme chacun sait, erronément attribué à un fictif Romano dans le Clément-Larousse), il faut d’urgence consulter.

8. DESTOUCHES, Télémaque et Calypso (1714)

Encore un hors sujet, basé sur un roman de François de Salignac de La Mothe-Fénelon (alias Fénelon) qui a, paradoxalement, inspiré beaucoup plus d’ouvrages lyriques que la légende originale. Dans la version du « le Cygne de Cambrai » (sic), Calypso déprime depuis le départ d’Ulysse. Le fils d’Ulysse, Télémaque, parti à mal recherche de son père, échoue à son tour sur l’île. Calypso en tombe amoureuse (il y a comme une ressemblance, mais en plus jeune). De son côté, Télémaque lui préfère cependant Eucharis, une jeune nymphe de la suite de Calypso. Ceci suscite sa jalousie au point qu’elle préfère encore que Télémaque quitte l’île. Elle charge Mentor, le précepteur de Télémaque ((le fameuse mentor, eh oui)) de construire le bateau qui les emportera. Cupidon intervient et fait incendier le navire (ce qui ferait bien les affaires de Télémaque en son for intérieur). Plus expéditif que Pelléas face aux minauderies de Mélisande (« Ne me touchez pas gnagnagna »), Mentor jette Télémaque à l’eau et plonge derrière lui. Imaginons un instant cette scène chez Debussy.

Destouches modifie toutefois en grande partie l’intrigue et son dénouement : à la fin, des démons incendient les vaisseaux, mais Minerve (qui avait pris une apparence humaine en tant que Mentor) intervient : les Zéphyrs enlèvent Télémaque et Eucharis.

9. HAHN, Nausicaa (1919)

L’ouvrage de Reynaldo Hahn est assez fidèle à Homère. Une fois de plus naufragé (on pourrait presque dire qu’il a inventé la carte Navigo), Ulysse échoue sur l’île des Phéaciens. La scène est connue : il apparait nu et sale devant Nausicaa et ses servantes, venues laver le linge sale en famille. Les servantes s’enfuient mais pas Nausicaa. Ulysse est conduit au palais. Après diverses péripéties, il y entend un aède  raconter la guerre de Troie, ce qui l’émeut profondément. Il raconte à son tour un certain nombre des épisodes précédents (le récit de base n’est pas chronologique mais comporte des flashbacks). Le père de Nausicaa en aurait bien fait son gendre, et Nausicaa son quatre heures, mais peine perdue : le roi va donc l’aider à regagner Ithaque. Les marins du roi l’y transportent et le laissent endormi sur la plage. Nausicaa demeure désespérée.

10. MONTEVERDI, Il ritorno d’Ulisse in Patria (1640) et FAURÉ, Pénélope (1913)

Il était difficile de choisir entre ces deux ouvrages majeurs. L’histoire est là encore connue. Pénélope est restée fidèle à son mari. Celui-ci s’introduit dans le palais déguisé en mendiant. Un concours de tir à l’arc doit désigner son nouvel époux.  L’épreuve dégénère en tuerie de masse, comme dans un vulgaire collège américain. Happy end, comme dans un vulgaire film américain.

Bonus. DALLAPICCOLA, Ulisse (1968)

Opéra en un prologue et deux actes sur un livret du compositeur, Ulisse a été créé en version allemande au Deutsche Oper de Berlin sous la direction de Lorin Maazel. Par rapport à notre article, l’ouvrage présente l’intérêt d’évoquer, ne fut-ce parfois que fugitivement, des épisodes comme ceux des Cicones, des Lotophages (une scène complète au premier acte) ou encore des Lestrygons, éléments ignorés par la plupart des compositeurs.

En guise de conclusion…

Pour tout amateur lyrique, le répertoire opératique offre donc suffisamment de matière pour une promenade exhaustive dans L’Iliade et L’Odyssée, et même un peu à côté, sans être perturbé par les bruits divers d’un voisin qui mange du pop-corn.  Il sera assurément plus difficile de répéter l’opération avec les tribulations du Général de Gaulle, en dépit du succès du diptyque d’Antonin Baudry.

 

  1. La cantate avait été composée pour le mariage du duc de Berry avec Marie-Caroline de Bourbon-Siciles : l'intervention d'Éris aurait donc fait désordre dans le protocole. La suite ne fut guère heureuse pour autant. C'est ce même duc de Berry qui, quelques années plus tard, le 13 février 1820, fut frappé par un poinçon de cordonnier en sortant de l'Opéra vers 11h du soir. Transporté à l'intérieur de la salle, il y mourut vers 6h du matin après une longue agonie. Suivant l'usage de l'époque, la Salle Montansier fut fermée puis détruite.

     

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