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Venise, de Razzi à Vivaldi – Ambronay

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Spectacle
25 septembre 2026
Fervent et jubilatoire

Note ForumOpera.com

4

Légende

❤️❤️❤️❤️❤️ : Exceptionnel
❤️❤️❤️❤️🤍 : Supérieur aux attentes
❤️❤️❤️🤍🤍 : Conforme aux attentes
❤️❤️🤍🤍🤍 : Inférieur aux attentes
❤️🤍🤍🤍🤍 : À oublier

Détails

Anonyme
Nisi Dominus

Francesco Soto de Langa
Giesù diletto sposo

Serafino Razzi
O Vergin Santa (du premier livre de laudes), 1563

Pietro Antonio Locatelli
Sinfonia funebre en fa mineur, D.2.2.

Antonio Vivaldi
Invicti Bellate, motet, RV 628

Serafino Razzi
O Dolcezza (du premier livre de laudes), 1563

Antonio Vivaldi
Sinfonia al Santo Sepolcro, RV 169
Nisi Dominus, RV 608

Eva Zaïcik, mezzo-soprano

Virginie Thomas, soprano

Serge Goubioud, Martial Pauliat, ténors

Igor Bouin, baryton-basse

Le Poème Harmonique

Direction musicale
Vincent Dumestre

Ambronay, Festival, Abbatiale, 19 septembre 2026, 20h30

C’est au terme du concert, enregistré par France Musique, que Vincent Dumestre explicite sa démarche : illustrer la Venise baroque, depuis ses prémices populaires (les laudes, prières récitées le matin) jusqu’à son apogée vivaldienne, dont le justement célèbre Nisi Dominus est l’aboutissement. Ambronay découvre ce singulier programme, qui avait fait l’objet d’un CD Alpha Classics en 2022 (*). Seule modification, la présence de Virginie Thomas, dont on retiendra les échos célestes qu’elle offre aux trois voix d’hommes. La mise en espace, les déambulations, les éclairages renouvelés participent à la réussite de la formule, y compris l’accord des instruments réalisé sur une improvisation du posifif, en valeurs longues. A côté de pièces bien connues (la Sinfonia funebre, que Locatelli écrivit à la disparition de son épouse, celle alla Santo Sepolcro qui précède ce soir le Nisi Dominus du prêtre roux), le public découvre une Venise, marquée par le culte marial, au travers d’œuvres moins connues, de Soto de Langa et Razzi. Les laudes, dont la mélodie, délibérément simple, obsessionnelle, soutient un texte renouvelé au fil des reprises. Serafino Razzi en publia en 1563 un livre important, qui participa rapidement au répertoire de la dévotion populaire. Ainsi « O Vergin Santa », de Razzi, est-elle présentée par deux violons qui se répondent puis se conjuguent, avant d’être rejoints par nos deux voix de femme.

Les déambulations, conduites par Vincent Dumestre à la guitare baroque, participent à l’animation constante de cette soirée, dont les lumières créent les atmosphères propices à l’écoute : une authentique mise en espace assortie d’éclairages recherchés et bienvenus.  Les qualités du Poème Harmonique sont connues. La dynamique, la précision, les équilibres, le chant n’ont pas pris une ride. Mieux, pour avoir écouté ce programme à plusieurs reprises, on se prend à penser que ce ne pouvait être plus achevé, plus proche de l’idéal.

Eva Zaïcic, dont la complicité avec Vincent Dumestre est connue, s’y confirme sous son meilleur jour. La plénitude du chant, la conduite, le soutien de la ligne, la virtuosité n’appellent que des éloges : l’émotion est bien au rendez-vous, malgré la familiarité de l’auditeur au motet Invicte bella comme au psaume final. De ce dernier, Nisi Dominus, où la piété se conjugue au lyrisme, on retiendra particulièrement le Cum dederit, d’une intériorité troublante. Auparavant, son duo avec Virginie Thomas (O Vergin Santa) était un régal. Les trois voix d’hommes (Serge Goubioud, Martial Pauliat, et Igor Bouin) ont en commun une projection, une articulation qui leur permet d’emplir la nef de l’abbatiale à l’égal d’un chœur. Chacune de leurs interventions est un bonheur. Qu’il s’agisse des pièces populaires ou des plus élaborées, c’est toujours le même soin, le même fini qui sont mis à leur épanouissement. Un concert réjouissant, qui aura ravi l’auditoire (**)

(*) Découvert à Sablé-sur-Sarthe, puis à Beaune (https://www.forumopera.com/spectacle/vivaldi-nisi-dominus-beaune/), quasi identique, y compris dans ses éclairages comme dans sa mise en espace, déambulations comprises.

(**) Le concert, enregistré par France Musique, interdit tout bis, et on ne s’en plaindra pas : sortir en ayant en mémoire les vocalises de l’Amen est un bonheur, la voix chaude, veloutée nous poursuivra.

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Serafino Razzi
O Vergin Santa (du premier livre de laudes), 1563

Pietro Antonio Locatelli
Sinfonia funebre en fa mineur, D.2.2.

Antonio Vivaldi
Invicti Bellate, motet, RV 628

Serafino Razzi
O Dolcezza (du premier livre de laudes), 1563

Antonio Vivaldi
Sinfonia al Santo Sepolcro, RV 169
Nisi Dominus, RV 608

Eva Zaïcik, mezzo-soprano

Virginie Thomas, soprano

Serge Goubioud, Martial Pauliat, ténors

Igor Bouin, baryton-basse

Le Poème Harmonique

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Ambronay, Festival, Abbatiale, 19 septembre 2026, 20h30

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