Forum Opéra

La troupe de l'opéra de Paris : Alain Vanzo, airs italiens

Partager sur :
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur pinterest
Partager sur whatsapp
Partager sur email
Partager sur print
CD
8 octobre 2014
« Un jour, bel ange, un jour béni »

Note ForumOpera.com

4

Infos sur l’œuvre

Détails

Wolfgang Amadeus Mozart

« Dalla sua pace », « Il mio tesoro » (Don Giovanni)

Gioachino Rossini

« Languir pour une belle » (L’Italienne à Alger)

« Des rayons de l’aurore » (Le Barbier de Séville)

Vincenzo Bellini

« A te o cara » (I puritani)

Gaetano Donizetti

« Tombe degli avi miei » (Lucia di Lammermoor)

« Una furtiva lagrima » (L’elisir d’amore)

Giuseppe Verdi

« Qu’une belle », « Ils me l’ont ravie », « Comme la plume au vent », quatuor du dernier acte (Rigoletto)

« Forse la soglie attinse » (Un ballo in maschera)

Giacomo Puccini

« Que cette main est froide » (La Bohème)

« Adieu, séjour fleuri » (Madame Butterfly)

Ruggero Leoncavallo

« Io non ho che una povera stanzetta » (La Bohème)

Amilcare Ponchielli

« Ciel et mer » (La Gioconda)

Richard Strauss

« Di rigori armato » (Der Rosenkavalier)

Stanislao Gastaldon

« Musica proibita »

Renée Doria, soprano

Denise Scharley, mezzo

Robert Massard, René Bianco, barytons

Adrien Legros, Michael Langdon, basses

Direction musicale

Jules Gressier, Jésus Etcheverry

Enregistrements réalisés entre 1958 et 1964

Avec ce disque consacré à Alain Vanzo dans le répertoire italien, le label Malibran remplit pleinement sa mission et vient nous remettre en mémoire des gloires injustement négligées. Car si la suprématie du ténor est connue et reconnue dans la musique française, on oublie trop aisément qu’il brilla aussi dans l’opéra italien, comme l’y invitaient ses origines familiales : monégasque, Alain Vanzo était d’ascendance transalpine et la langue n’était donc pas pour lui un obstacle. Et comme on le dit dans la version française du quatuor de Rigoletto, « Un jour, bel ange, un jour béni », il est apparu pour chanter l’italien.

Les choses s’engagent pourtant de manière un peu curieuse, avec les deux extraits de Don Giovanni. On s’étonne de la blancheur de la voix sur certains aigus, et cet Ottavio paraît un peu trop désincarné, un peu trop chanteur de charme. Heureusement, il s’enhardit un peu pour annoncer qu’il reviendra seulement pour annoncer morts et massacres… Pour échapper à toute mièvrerie, le personnage a sans doute besoin de plus vigueur dans l’accent, mais ce qu’on ose à peine appeler un défaut devient une qualité aussitôt qu’on aborde le répertoire authentiquement italien. Ecoutez ces Rossini tels que plus personne n’existe aujourd’hui pour les chanter avec une telle morbidezza ; on se résigne aujourd’hui souvent à entendre dans cette musique des timbres sans séduction, uniquement parce qu’ils ont la virtuosité requise. Vanzo ne craignait pas d’émettre les suraigus en voix de tête, mais cela nous vaut une séduction rare dans tout le reste de la tessiture.

On le sait, Joan Sutherland n’eut pas toujours la main heureuse en matière de ténors : Vanzo avait été son partenaire à Paris et à Londres dans Lucia di Lammermoor, que ne fit-elle appel à lui pour d’autres enregistrements que sa Lakmé de 1968, puisque, surtout dans le répertoire romantique français, il aurait été infiniment préférable au calamiteux Anastasios Vrenios dans Les Huguenots ? Son Edgardo est parfait, sa « Furtiva lagrima » est comparable aux témoignages que les plus grands ténors nous ont laissés.

Quant aux versions françaises, qui alternent ici avec les originaux en italien, elles ne doivent en aucun cas disqualifier ces enregistrements. Du temps où Puccini appartenait au répertoire de l’Opéra-Comique (qui en gardait jalousement l’exclusivité), il semblait tout naturel de chanter en français La Bohème – d’autant plus que l’action se situe à Paris – où Madame Butterfly. Ce Rodolphe-là est bien un poète, et même l’odieux Pinkerton devient artiste quand Alain Vanzo lui prête sa voix. Et bien que francophone, le Rigoletto qu’on entend ici n’est décidément pas à dédaigner : Renée Doria pouvait certes chanter Olympia, mais elle avait aussi à son actif des rôles autrement exigeants, et elle s’intègre parfaitement au quatuor du dernier acte ; quant à Robert Massard et Denise Scharley, on ne voit guère comment on pourrait espérer mieux que ce Rigoletto éloquent et cette Maddalena majestueuse (écoutez ses « Ah ah, j’en ris ! » dans le quatuor). Chanté par Vanzo, le Duc de Mantoue est presque trop sympathique ; dommage qu’on ne l’entende pas aussi dans « Possente amor mi chiama ». Seul bémol : l’orchestre dirigé de façon un peu prosaïque et lourde par Jésus Etcheverry. Chez Verdi, Alain Vanzo fut aussi un superbe Riccardo du Bal masqué, avec pourtant de tout autres moyens qu’Albert Lance, également interprète du rôle au Palais Garnier.

Ce disque inclut une vraie rareté, l’extrait de l’autre Bohème, celle de Leoncavallo, et l’on se demande quand la France se décidera enfin à donner sa chance à cette œuvre. On entend aussi un extrait du Chevalier à la rose, sans doute venant des représentations dirigées par Louis Fourestier en 1962 à l’Opéra de Paris, avec Elisabeth Schwarzkopf, Suzanne Sarroca et Liliane Berton. Entre les deux couplets du chanteur italien, on découvre d’autres partenaires d’Alain Vanzo : si le notaire, aux halètements comiques, ne semble pas avoir l’allemand pour langue maternelle (il s’agirait de Michel Forel), l’Ochs du Britannique Michael Langdon paraît beaucoup plus à son aise, à défaut d’être vraiment truculent. Ce document sonore appartient à Madame Alain Vanzo, et l’on rêve de pouvoir un jour en découvrir l’intégralité.

Commentaires

VOUS AIMEZ NOUS LIRE… SOUTENEZ-NOUS

Vous pouvez nous aider à garder un contenu de qualité et à nous développer. Partagez notre site et n’hésitez pas à faire un don.
Quel que soit le montant que vous donnez, nous vous remercions énormément et nous considérons cela comme un réel encouragement à poursuivre notre démarche.
>
208

Note ForumOpera.com

4

❤️❤️❤️❤️❤️ : Exceptionnel
❤️❤️❤️❤️🤍 : Supérieur aux attentes
❤️❤️❤️🤍🤍 : Conforme aux attentes
❤️❤️🤍🤍🤍 : Inférieur aux attentes
❤️🤍🤍🤍🤍 : À oublier

Note des lecteurs

()

Votre note

/5 ( avis)

Aucun vote actuellement

Infos sur l’œuvre

Détails

Wolfgang Amadeus Mozart

« Dalla sua pace », « Il mio tesoro » (Don Giovanni)

Gioachino Rossini

« Languir pour une belle » (L’Italienne à Alger)

« Des rayons de l’aurore » (Le Barbier de Séville)

Vincenzo Bellini

« A te o cara » (I puritani)

Gaetano Donizetti

« Tombe degli avi miei » (Lucia di Lammermoor)

« Una furtiva lagrima » (L’elisir d’amore)

Giuseppe Verdi

« Qu’une belle », « Ils me l’ont ravie », « Comme la plume au vent », quatuor du dernier acte (Rigoletto)

« Forse la soglie attinse » (Un ballo in maschera)

Giacomo Puccini

« Que cette main est froide » (La Bohème)

« Adieu, séjour fleuri » (Madame Butterfly)

Ruggero Leoncavallo

« Io non ho che una povera stanzetta » (La Bohème)

Amilcare Ponchielli

« Ciel et mer » (La Gioconda)

Richard Strauss

« Di rigori armato » (Der Rosenkavalier)

Stanislao Gastaldon

« Musica proibita »

Renée Doria, soprano

Denise Scharley, mezzo

Robert Massard, René Bianco, barytons

Adrien Legros, Michael Langdon, basses

Direction musicale

Jules Gressier, Jésus Etcheverry

Enregistrements réalisés entre 1958 et 1964

>

Nos derniers podcasts

Nos derniers swags

Enfin de quoi se réjouir des JO !
CDSWAG

Les dernières interviews

Les derniers dossiers

Dossier

Zapping

Vous pourriez être intéressé par :

Enfin de quoi se réjouir des JO !
Maïté BEAUMONT, Rocio PÉREZ, Joshua LOVELL
CDSWAG