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BERG, KORNGOLD, récital Sumi Hwang – Marvão

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Spectacle
2 août 2026
Sumi Hwang, du romantisme à Broadway

Note ForumOpera.com

3

Détails

Franz Schubert
« An Sylvia »
« Nur wer die Sehnsucht kennt »
« An die Musik »

Franz Liszt, Trois sonnets de Petrarque
« Pace non trovo »
« Benedetto sia ’l giorno »
« I’ vidi in terra Angelici costumi »

Alban Berg, 7 Frühe Lieder
« Nacht »
« Schilflied »
« Die Nachtigall »
« Traumgekrönt »
« Im Zimmer »
« Liebesode »
« Sommertage »

Erich Wolfgang Korngold, Songs of the Clown
« Come Away, Death »
« O Mistress Mine »
« Adieu, Good Man Devil »
« Hey, Robin »
« For the Rain, It Raineth Every Day »

Soprano
Sumi Hwang

Piano
Tae-Hyung Kim

Marvão, Eglise Notre Dame de l’Etoile, jeudi 30 juillet, 19h30

Marvão fait partie de ces festivals qui fédèrent tout un village autour d’un projet incroyablement ambitieux au regard de sa population. Avec moins de 100 habitants, à plus de deux cent kilomètres de Lisbonne, perdue et perchée dans les montagnes de l’Alentejo, cette adorable bourgade dominant à 360 degrés le Portugal d’un côté, l’Espagne de l’autre, vit pendant dix jours à la pulsation de près de 40 concerts.

Une redoutable équipe de bénévoles gèrent l’accueil, la logistique mais également la cantine où les artistes, les directeurs artistique du festival – Juliane Banse et son époux Christoph Poppen – côtoient les bénévoles de toutes générations et la presse dans de grandes tablées conviviales.

Dans les paisibles petites ruelles blanches, l’on croise les participants à la classe de dessin matinale gratuite tandis que s’interpellent les habitués venus de l’Europe entière. Ils échangent leurs impressions sur le dernier concert.

De l’avis général, découvrir Marvão c’est l’adopter ; y venir, c’est la promesse d’y revenir souvent. Grâce à une direction artistique ambitieuse, au réseau exceptionnel, le niveau des prestations musicales s’avère excellent pour une politique tarifaire plus que raisonnable à 25 euros la place.

Ce soir, les festivaliers sont rassemblés autour de Sumi Hwang – lauréate du concours Reine Elisabeth 2014 et invitée de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’hiver en 2018 – pour une nouvelle soirée consacrée à la musique vocale germanique.

La jeune femme propose un programme pléthorique avec pas moins de 19 morceaux, souvent extrêmement exigeants, à la progression chronologique tout à fait séduisante pour l’oreille.

Avec Franz Schubert et trois airs archi connus, elle impose immédiatement sa présence aussi lumineuse que son timbre qui ne manque pas de caractère. La diction restera excellente tout au long de la soirée, quelle que soit la langue – allemand, italien ou anglais. Dès « An Sylvia », les attaques sont d’une grande élégance, les finales souples. « Nur wer die Sehnsucht kennt » valorise une émission naturelle bien canalisée. La nostalgie sied tout autant à l’artiste que la joie. Le ruban mélodique se déroule avec aisance et fluidité dans « An die Musik » comme dans les second et troisième sonnets de Pétrarque de Franz Liszt.

Avec ce second compositeur, Le pianiste Tae-Hyung Kim, un peu en retrait jusqu’alors s’affirme un peu plus. Il faut dire que l’acoustique de cette église, relativement plus grande que les autres édifices de la communes flatte moins la voix et laisse le piano un peu en arrière. Si l’on aurait apprécié plus de puissance dans la première partie de « I’ vidi in terra Angelici costumi », dans la transition comme dans le postlude, le piano est joliment perlé.

La chanteuse, de son côté, a enregistré les trois sonnets en 2019 chez Deutsche Gramophon. Elle fait montre d’une intéressante théâtralité avec des interventions presque opératiques qui laissent imaginer combien elle doit s’épanouir dans le belcanto. Les aigus sont glorieux dans « Pace non trovo » comme plus tard dans le « Nachtigall » de Berg. Seules les attaques pianissimo des aigus resteront un peu fragiles.

Sumi Hwang maîtrise parfaitement le style allemand, ce que confirme après l’entracte les sept Frühe Lieder de Berg. L’artiste assume aisément le large ambitus de la première intervention, « Nacht », même si le grave pourrait être plus sonore. Elle en offre une version incarnée, habitée, tout comme dans « Die Nachtigall » où les aigus sont magnifiques et l’histoire bien joliment racontée. On trouve de même de très jolies couleurs dans « Traumgekrönt », où les aigus pianissimo sont mieux posés. « Liebesode » contraste superbement avec le passionné« Sommertage » qui clôt le cycle.

Moins fréquemment interprétés, les Songs of the Clown d’Erich Wolfgang Korngold parachèvent en beauté cette soirée pléthorique. La fatigue y est à peine perceptible tant la technique est solide. Le médium est sonore dans « Come Away, Death », le lyrisme épanoui dans « For the Rain, It Raineth Every Day », la ligne toujours conduite avec intelligence et finesse. « O Mistress Mine » va comme un gant à l’artiste, flirtant délicieusement avec la séduction juvénile de Broadway. « Adieu, Good Man Devil » éclate d’humour musical, tout comme « I hate music ! » de Leonard Bernstein qui compose un bis plein d’esprit.

Rare en France – comme un grand nombre des artistes programmés à Marvão – c’est en Allemagne ou en Corée qu’il faudra vous rendre pour applaudir Sumi Hwang.

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❤️❤️❤️❤️❤️ : Exceptionnel
❤️❤️❤️❤️🤍 : Supérieur aux attentes
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❤️❤️🤍🤍🤍 : Inférieur aux attentes
❤️🤍🤍🤍🤍 : À oublier

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