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WAGNER, Wesendonck Lieder – Saint-Denis

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Spectacle
9 juin 2026
De la cathédrale de Sienne à la Basilique de Saint-Denis

Note ForumOpera.com

4

Infos sur l’œuvre

Wesendonck Lieder (1862)
Poèmes de Mathilde Wesendonck
Musique de Richard Wagner

Tristan und Isolde (1865)
Poème et musique de Richard Wagner

Parsifal (1882)

 

 

 

Détails

Richard Wagner
Wesendonck Lieder (1862)

Tristan und Isolde (1865)

Prélude et Mort d’Isolde

Parsifal (1882)
Prélude du premier acte
Enchantement du Vendredi Saint

Ingela Brimberg, soprano

Orchestre national de Lille

Alpesh Chauhan, direction musicale

Saint-Denis, Basilique, jeudi 4 juin 2026, 20h30

Et c’est reparti pour la 58e édition du Festival de Saint-Denis sous la direction générale de Nicolas Candoni, qui l’a placée sous le signe de la voix, rendant d’ailleurs un vibrant hommage au baryton José Van Dam, fidèle du lieu et disparu récemment, en une série de concerts.
Et pour cette soirée Wagner conçue avec Nicolas Candoni, elle a permis de fêter royalement les 50 ans de l’Orchestre national de Lille sur la grande scène de la Basilique avec les Wesendonck Lieder, le Prélude et la Mort d’Isolde et des extraits du Parsifal. De la Cathédrale de Sienne (modèle voulu par Wagner pour le décor de la scène du second acte, celle des Chevaliers du Graal à sa création à Bayreuth en 1882) à la grande scène de la Basilique : voilà qui est pertinent et même grandiose à vivre ; un programme puissamment cohérent par la grande proximité d’inspirations et de compositions de ces œuvres vers la fin des années 1850 (même si le Parsifal n’est qu’une esquisse en 1857). Choisie par N. Candoni, la soprano Ingela Brimberg est l’interprète d’abord des Cinq Poèmes pour voix de femme, sur des poèmes de Mathilde Wesendonck, l’Isolde rêvée quoique épouse de son mécène, et dont Wagner fut le Tristan de 1853 à 1857 à Zurich. Dès le premier poème, Der Engel, la soprano suédoise nous bouleverse tel cet ange qui emporte l’être aimé, même si la voix a perdu de sa rondeur, y compris dans le médium. Elle est bien aidée par le superbe talent de l’orchestre (aux cordes sublimes) dirigé par un jeune chef anglais, Alpesh Chauhan, qui se révélera un excellent wagnérien de bout en bout. L’émotion est bien là, celle du renoncement au vouloir-vivre et celle de la consolation (Stehe still ! Schmerzen) et si la montée dans les aigus est souvent synonyme de détimbrage, Ingela Brimberg livre une belle interprétation entre déclamation et confidence, y compris dans les deux études avouées pour le Tristan que Wagner est en train de composer (Im Treibhaus, Traüme) dans ce langage qui sera censé rendre fou l’auditeur. Les flux et reflux, entre élan et désolation, puis les ondulations aux cordes laissent peu à peu place à l’échappée lumineuse dans le rêve.
L’orchestre, souverain, offre le Prélude d’un Tristan de haut vol, dans une montée ineffable vers l’exaspération orchestrale des sens, avec ses suspensions et ses reprises (d’abord avec l’exposition de ses six motifs repris par groupes d’abord aux cordes graves puis au hautbois et enfin tous les pupitres). Alpesh Chauhan livre décidément une version idéale au fondu subtil avec son parfait tuilage des motifs et des plans sonores, sa science de la texture avec des oppositions de tonalités, sa maîtrise des variations des rythmes ; il sait se montrer particulièrement savant dans les essentiels crescendos et decrescendos et offre un langage harmonique iridescent aux modulations bien phrasées.
Ingela Brimberg revient pour une Liebestod tenue, jusqu’à la note aiguë finale (fa dièse) obtenue au prix d’une hauteur de voix soudain abaissée. Cependant la vision hallucinée de l’héroïne s’unissant aux obsessionnelles vagues orchestrales s’élève et se lance vers l’accord final enfin résolu, dans la silence tendu de la basilique.
Le concert dans la basilique de Saint-Denis prend un sens spirituel évident quand les trois extraits du Parsifal résonnent sous les arcs de la basilique, donnant au drame une transcendance particulière avec sa couleur bleue, celle des vitraux. Dès le Prélude du premier acte, Alpesh Chauhan trouve l’accord parfait entraînant les trémolos des cordes, puis les bois et les cuivres, et il saura recréer ensuite avec « L’Enchantement du vendredi Saint-pierre » et la « Scène de la transformation » du troisième acte un climat plein de mystère, de regrets et d’une élévation toute en transcendance mystique, grâce à un orchestre très investi, malgré deux entrées des bois, des cuivres un peu retardées. Programmation complet du festival et réservation ici http://www.festival-saint-denis.com

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Tristan und Isolde (1865)

Prélude et Mort d’Isolde

Parsifal (1882)
Prélude du premier acte
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Ingela Brimberg, soprano

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