Forum Opéra

Barbara Hannigan et le Münchner Philharmoniker – Evian

arrow_back_iosarrow_forward_ios
Partager sur :
Spectacle
30 juin 2026
Le goût de la surprise

Note ForumOpera.com

3

Détails

Münchner Philharmoniker
Soprano et direction
Barbara Hannigan
Soprano Barcarolle d’Offenbach
Julieth Alejandra Lozano Rolong

Aaron Copland
Dance Symphony (1929)
I. Dance of the Adolescent. Lento – Molto allegro
II. Dance of the Girl Who Moves as if in a Dream. Andante moderato
III. Dance of Mockery. Allegro vivo

Joseph Haydn
Symphonie n° 90 en ut majeur Hob.I:90 (1788)
I. Adagio – Allegro assai
II. Andante
III. Menuet – Trio
IV. Allegro assai

Jacques Offenbach et Manuel Rosenthal (arrgt)
Suite Gaîté parisienne, extraits (1938)
I. Allegro brillante
II. Polka
XIII. Valse lente
IX. Tempo di marcia
X. Valse moderato
XI. Vivo
Barcarolle
XV. Allegro
XVI. Cancan
XX. Allegro
XXI. Allegro
XXII. Vivo

Kurt Weill et Bill Elliott (arrgt)
Youkali
Lost in the Stars

Rencontres Musicales d’Évian, La Grange au Lac, samedi 27 juin 2026, 20h

Pour les cinquante ans des Rencontres Musicales d’Évian, le tout récent écrin de la Source Vive accueille une superbe intégrale Brahms et ses traditionnelles associations – souvent inédites – d’artistes de générations différentes. Les soirées font la part belle au répertoire orchestral dans le vaisseau conçu à cet effet il y a trente ans… tout récemment – et fort opportunément – climatisé.

Aux commandes du festival, Renaud Capuçon, aime à diriger depuis son violon. Il ne peut donc qu’être sensible au parcours exceptionnel de Barbara Hannigan.

Ce soir, sous les pampilles de la Grange au lac, le festival propose donc un pas de côté avec ce concert dirigé et chanté par la radieuse soprano, récompensée au printemps 2025 du prestigieux Polar Music Prize qui saluait ainsi la dimension pionnière de son travail.

Le programme, étonnement transversal, a été présenté cet hiver au Canada et la semaine dernière à l’Isarphilharmonie de Munich. Il permet de goûter au son sculpté en orfèvre du Münchner Philharmoniker. Les thèmes qui le traversent sont ceux de la surprise et de la France comme terre d’accueil pour les musiciens que sont Offenbach, Copland et Weill.

Ces deux sujets touchent de près Barbara Hannigan, artiste canadienne qui réside désormais en Bretagne et fait montre d’un indéniable goût de la facétie comme le prouve le final célèbre de la Symphonie n° 90 en ut majeur Hob.I:90, dont le surnom de « la Surprise » n’est pas usurpé : la cadence y est en effet jouée à trois reprises et la bête de scène qu’elle est ne se prive pas d’en jouer : lorsque les applaudissements éclatent elle se retourne, abaisse ses lunettes sur son nez pour mieux fusiller le public du regard, puis reprend alors que chacun est dans ses petits souliers. À la seconde salve, sans plus de cérémonie, elle serre la main du premier violon et quitte le plateau tandis que l’orchestre seul, unanimement hilare, trisse le final.

© Rencontres musicales d’Evian

Les extraits de la Suite Gaîté parisienne, arrangés par Manuel Rosenthal d’après Offenbach, bénéficient également d’un indéniable sens de la narration avec une gradation émotionnelle très bien menée et la surprise, cette fois, de la Barcarolle des Contes d’Hoffmann en duo avec Julieth Alejandra Lozano Rolong. Les timbres suaves, la douce nonchalance dans la manière de poser les vocalises font de cette parenthèse le bonbon espéré.
Lost in the Stars, un peu instable, clôture le concert de manière moins enthousiasmante que Youkali qui éblouit : nouveau clin d’œil du programme si ce n’est au voyage, du moins à l’exil, Barbara Hannigan s’y révèle proprement envoûtante ; le tango s’y épanouit avec une sensualité confondante et chaque entrée donnée à l’orchestre, de dos, semble la caresse d’une enchanteresse à quelque créature mythique – l’orchestre – domptée et consentante.
Le goût de la surprise, c’est également celui des contrastes. Le raffinement des nuances, si sensible dans les mélodies de Weill s’affirme dès le début du concert avec une interprétation particulièrement réussie de la Dance Symphony d’Aaron Copland. Là, malgré un effectif pléthorique, l’excellent Münchner Philharmoniker débute tout en délicatesse et en demi-teintes, le son est soyeux, nourri, la sinuosité de la ligne assez jouissive – nettement plus que dans la symphonie de Haydn, investie de manière moins personnelle, nous semble-t-il, la Suite Gaîté parisienne sacrifiant quelque peu le raffinement à son tropisme de Caf’ conc’. Ceci dit, l’énergie joyeuse de l’ensemble emporte l’adhésion.

L’humour musical est joliment exploité dans les glissandos des cordes de la troisième partie du Copland, justement intitulée « Dance of Mockery » tout comme dans la gestion du tempo de la Valse lente d’Offenbach/Rosenthal.
Tout au long de la soirée, la direction est articulée, extrêmement rythmique, le geste ample ; le ballet des longues mains de la cheffe hypnotise de grâce et de puissance. Sa manière, si personnelle, de continuer à donner les entrées et les intentions à l’orchestre, même de dos, s’avère proprement fascinante. Surtout Barbara Hannigan raconte merveilleusement les histoires : elle chante en cheffe et dirige en cantatrice !

L’incandescente artiste canadienne dirigera jusqu’en Islande cet automne, elle reprendra la Dance Symphony de Copland à Copenhague le 1er avril prochain, et ce n’est pas une farce. Vous pourrez l’entendre dans la Suite Gaîté parisienne le 17 décembre prochain à la Halle aux Grains de Toulouse associée à la Girl Crazy Suite de Gershwin – écho au superbe album du même nom paru chez Alpha Classic en 2017. Cet enregistrement des mélodies de Satie a été salué l’an passé dans nos colonnes par notre confrère Yvan Beuvard. Barbara Hannigan se produira également dans l’hexagone en récital à l’opéra de Bordeaux le 17 janvier et le 19 avril 2027.

Commentaires

VOUS AIMEZ NOUS LIRE… SOUTENEZ-NOUS

Vous pouvez nous aider à garder un contenu de qualité et à nous développer. Partagez notre site et n’hésitez pas à faire un don.
Quel que soit le montant que vous donnez, nous vous remercions énormément et nous considérons cela comme un réel encouragement à poursuivre notre démarche.

Note ForumOpera.com

3

Légende

❤️❤️❤️❤️❤️ : Exceptionnel
❤️❤️❤️❤️🤍 : Supérieur aux attentes
❤️❤️❤️🤍🤍 : Conforme aux attentes
❤️❤️🤍🤍🤍 : Inférieur aux attentes
❤️🤍🤍🤍🤍 : À oublier

❤️❤️❤️❤️❤️ : Exceptionnel
❤️❤️❤️❤️🤍 : Supérieur aux attentes
❤️❤️❤️🤍🤍 : Conforme aux attentes
❤️❤️🤍🤍🤍 : Inférieur aux attentes
❤️🤍🤍🤍🤍 : À oublier

Note des lecteurs

()

Votre note

/5 ( avis)

Aucun vote actuellement

Détails

Münchner Philharmoniker
Soprano et direction
Barbara Hannigan
Soprano Barcarolle d’Offenbach
Julieth Alejandra Lozano Rolong

Aaron Copland
Dance Symphony (1929)
I. Dance of the Adolescent. Lento – Molto allegro
II. Dance of the Girl Who Moves as if in a Dream. Andante moderato
III. Dance of Mockery. Allegro vivo

Joseph Haydn
Symphonie n° 90 en ut majeur Hob.I:90 (1788)
I. Adagio – Allegro assai
II. Andante
III. Menuet – Trio
IV. Allegro assai

Jacques Offenbach et Manuel Rosenthal (arrgt)
Suite Gaîté parisienne, extraits (1938)
I. Allegro brillante
II. Polka
XIII. Valse lente
IX. Tempo di marcia
X. Valse moderato
XI. Vivo
Barcarolle
XV. Allegro
XVI. Cancan
XX. Allegro
XXI. Allegro
XXII. Vivo

Kurt Weill et Bill Elliott (arrgt)
Youkali
Lost in the Stars

Rencontres Musicales d’Évian, La Grange au Lac, samedi 27 juin 2026, 20h

Nos derniers podcasts

Nos derniers swags

En attendant le bicentenaire…
CDSWAG

Les dernières interviews

Les derniers dossiers

Zapping

Vous pourriez être intéressé par :

Dans la forêt lointaine
Stanislas DE BARBEYRAC, Tomasz KONIECZNY, Izabela MATULA
Spectacle