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	<title>Jessye NORMAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Tue, 04 Apr 2023 14:36:08 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Jessye NORMAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Jessye Norman &#8211; Les inédits</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/jessye-norman-les-inedits/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 31 Mar 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il y en eut, des rumeurs sur ces bandes inédites de Jessye Norman. On prétendit qu&#8217;elle avait enregistré tout le Tristan de Wagner, puis seulement des extraits, mais où elle aurait tenu à la fois les rôles de Brangäne et d&#8217;Isolde. On argua même qu&#8217;il existait une intégrale d&#8217;Elektra de Strauss sous la baguette de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y en eut, des rumeurs sur ces bandes inédites de <strong>Jessye Norman.</strong> On prétendit qu&rsquo;elle avait enregistré tout le <em>Tristan</em> de Wagner, puis seulement des extraits, mais où elle aurait tenu à la fois les rôles de Brangäne et d&rsquo;Isolde. On argua même qu&rsquo;il existait une intégrale d&rsquo;<em>Elektra</em> de Strauss sous la baguette de Claudio Abbado, malgré les dénégations répétées de tous ceux qui avaient travaillé avec le maestro. Trois ans et demi après la disparition de la diva, les mirages se dissipent, et nous voila confrontés avec la réalité. Pas d&rsquo;intégrale cachée au fond d&rsquo;une cave, mais des extraits substantiels du <em>Tristan</em> de Wagner, les<em> Quatre dernier lieder</em> de Strauss et les <em>Wesendonck</em> de Wagner, et un CD regroupant la <em>Mort de Cléopâtre</em> de Berlioz, la <em>Berenice</em> de Haydn et la<em> Phèdre</em> de Britten. Et finalement, au contraire de ce qui se passe d&rsquo;habitude, la réalité dépasse les rêves pour ce qui est de la splendeur.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="560" height="375" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/jessye20norman2.jpg" alt="" class="wp-image-93421" /><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© DR</sup></figcaption></figure>


<p>C&rsquo;est vers le <em>Tristan und Isolde</em> que les lyricomanes se précipiteront d&rsquo;abord. Non que le reste soit sans intérêt, on y reviendra. Mais l&rsquo;aura mythique de l&rsquo;œuvre, les antécédents wagnériens de la chanteuse, et les fantasmes qui ont entouré cette tentative (et surtout son inachèvement) ont aiguisé une curiosité légitime. Aucun artifice au final : ce sont des extraits assez classiquement sélectionnés, avec un titulaire pour chaque rôle (quel sens y aurait-il eu à fusionner Brangäne et Isolde en un seul personnage ?), et une distribution qui est bien plus qu&rsquo;un faire-valoir pour la grande Jessye. A commencer par <strong>Kurt Masur</strong> et son <strong>Orchestre du Gewandhaus de Leipzig,</strong> si rares à l&rsquo;opéra. Le chef allemand séduit par une lecture cursive, rapide (un « Liebestod » de 6 minutes 15 !), qui allège constamment le propos sans tomber dans la superficialité, avec une mise en valeur de chaque pupitre, loin de la mélasse wagnérienne habituelle. Son sens dramatique et l&rsquo;attention portée au texte, avec un orchestre qui ne couvre jamais les voix, révèle le grand chef d&rsquo;opéra que Masur aurait pu être s&rsquo;il avait fait d&rsquo;autres choix de carrière. Il veille aussi à maintenir l&rsquo;équilibre entre les éléments de sa distribution, même lorsque leurs moyens diffèrent. Il ménage un espace autour de <strong>Thomas Moser</strong> pour que ce dernier existe face à Norman. Et son Tristan, même s&rsquo;il est loin du format héroïque, n&rsquo;en est pas moins artistement réalisé et profondément touchant. Le pilote du jeune <strong>Ian Bostridge</strong> est un luxe absolu, et seule la Brangäne de <strong>Hanna Schwarz</strong> déçoit un peu dans ses appels, curieusement fâchés avec la justesse. Reste Isolde, celle qu&rsquo;on attendait depuis si longtemps. Elle comblera, à condition de ne pas la comparer à ses devancières. Inutile en effet d&rsquo;attendre une soprano torrentielle, <em>hochdramatisch</em>, qui mette ses pas dans ceux de Flagstad, Nilsson ou même Stemme aujourd&rsquo;hui. Norman n&rsquo;en a ni les moyens ni l&rsquo;envie. Son Isolde est définitivement lyrique, une amoureuse plus qu&rsquo;une femme offensée, avec un sens du legato souverain et une musicalité qui convaincront ceux qui restent de marbre face à l&rsquo;art de Wagner tant elle y met de séduction et de tendresse. Les puristes noteront bien l&rsquo;un ou l&rsquo;autre aigu difficile, voire arraché, mais que pèsent ces peccadilles face à une incarnation aussi humaine ? 66 minutes de pur bonheur, juste un peu gâtées par des coupures au milieu du grand duo. Les extraits devaient être à l&rsquo;origine plus généreux, mais il semble que les sessions d&rsquo;enregistrement, qui datent de 1998, aient été interrompues à cause d&rsquo;une mésentente entre la soprano et le chef. On avoue n&rsquo;en percevoir aucun écho dans le produit final.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="666" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/jessye-norman-1945-chanteuse-lyrique-americaineune-representationl-orchestre-philharmonique-cologne-allemagne-juillet-2009_0_1400_933.jpg" alt="Jessye Norman © DR" class="wp-image-68083" /><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© DR</sup></figcaption></figure>


<p>Le deuxième CD est moins original, en ce sens qu&rsquo;il offre des pièces que Norman comptait déjà dans sa discographie officielle. Les <em>Quatre derniers</em> lieder de Strauss, dont elle avait signé la version de référence avec Masur chez Philips au début des années 80, et les <em>Wesendonck Lieder</em> de Wagner, gravés en 1976 avec le London Symphony Orchestra et Colin Davis. Les prises présentées ici datent de 1992. On ne peut pas vraiment dire qu&rsquo;elles témoignent d&rsquo;un approfondissement de la part de la chanteuse. Le matériau vocal apparait même un rien diminué, avec des passages de registres plus difficiles et quelques raucités qui pourront déplaire. Cela reste néanmoins d&rsquo;excellent niveau, et <strong>James Levine</strong> nous rappelle quel incroyable accompagnateur il fut, surtout à la tête des <strong>Berliner Philharmoniker.</strong> L&rsquo;entente entre le chef et les musiciens est parfaite, et le violon solo de « Beim Schlafengehen » est à se damner. Il faudra un jour réevaluer les disques de l&rsquo;attelage Berlin-Levine, mais ceci est un autre débat. Le troisième et dernier CD est construit autour du thème de l&rsquo;Antiquité, et de trois figures féminines: la Bérénice de Haydn, la Cléopâtre de Berlioz et la Phèdre de Britten. Si la cantate de Berlioz avait déjà été enregistrée avec Daniel Barenboim, le CD n&rsquo;en reste pas moins un indispensable, parce que l&rsquo;identification de Jessye à ces figures antiques est totale, et que l&rsquo;osmose entre texte, vocalité, langue et accompagnement orchestral y atteint des sommets. Sous la baguette d&rsquo;un <strong>Seiji Ozawa</strong> visiblement emballé par sa chanteuse, l<strong>&lsquo;Orchestre symphonique de Boston</strong> se glisse dans les trois styles des œuvres avec une souplesse couleuvrine. La <em>Phèdre</em> de Britten, un des derniers opus du compositeur, reçoit enfin une interprétation a la hauteur de sa subtilité, et sera une révélation pour beaucoup.</p>
<p>Il n&rsquo;y a pas de doute que la parution de ce coffret alimentera les discussions. A-t-on le droit, post mortem, de publier des enregistrements qu&rsquo;un artiste ne souhaitait pas révéler au public? Le débat est pertinent et complexe. Sans prétendre apporter de réponse définitive, nous nous contenterons de souligner que ces trois disques ne font qu&rsquo;ajouter à la gloire d&rsquo;une des artistes les plus éminentes de notre époque, et qu&rsquo;ils sont des acquisitions indispensables pour ses admirateurs.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/jessye-norman-les-inedits/">Jessye Norman &#8211; Les inédits</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Des inédits de Jessye Norman bientôt commercialisés</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/des-inedits-de-jessye-norman-bientot-commercialises/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Oct 2022 10:00:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Decca Classics annonce sous la forme d’un coffret de 3 CD la sortie d’enregistrements inédits de Jessye Norman. Le perfectionnisme de la soprano américaine, morte en septembre 2019, explique cette publication posthume. « C’est avec elle-même que Jessye était la plus dure »,  raconte l’ex président de Philips et Decca, Costa Pilavachi. L’ensemble comprend des extraits &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Decca Classics annonce sous la forme d’un coffret de 3 CD la sortie d’enregistrements inédits de<strong> Jessye Norman</strong>. Le perfectionnisme de la soprano américaine, morte en septembre 2019, explique cette publication posthume. « C’est avec elle-même que Jessye était la plus dure »,  raconte l’ex président de Philips et Decca, Costa Pilavachi. L’ensemble comprend des extraits de <em>Tristan und Isolde</em> datés de 1998. Dirigée par <strong>Kurt Masur</strong> à la tête du Leipzig Gewandhaus Orchestra, Jessye Norman par la magie du studio chante à la fois les rôles d’Isolde et de Brangäne. A ses côtés, <strong>Thomas Moser</strong> en Tristan et <strong>Ian Bostridge </strong>en jeune marin. Les <em>Wesendonck Lieder</em> de Richard Wagner enregistrés en 1992 sont couplés avec des <em>Vier letzte Lieder</em> datés de 1989.<strong> James Levine</strong> dirige le Berliner Philharmoniker.  A comparer avec la version de 1982 aujourd’hui dans le peloton de tête de la discographie straussienne. Enfin, un 3<sup>e</sup> CD propose un enregistrement live d’un concert de 1994. Dans un programme conçu autour des reines antiques, Jessye Norman accompagnée par <strong>Seiji Ozawa </strong>et l’Orchestre symphonique de Boston ceignait tour à tour les couronnes de Berenice de Haydn, Cléopâtre de Berlioz et Phèdre de Britten. Sortie annoncée le 23 janvier 2023.</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/fjUr8cCaFlY" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
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		<item>
		<title>Diva de Jean-Jacques Beineix : pourquoi Wilhelmenia Fernandez ?</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/diva-de-jean-jacques-beineix-pourquoi-wilhelmenia-fernandez/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Jan 2022 16:21:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Jean-Jacques Beineix aimait-il l’opéra ? La question posée ce matin dans nos colonnes a suscité quelques-uns des éclaircissements appelés de nos vœux (et nous vous en remercions). C’est donc Jessye Norman chantant les Wesendonck Lieder de Wagner à l&#8217;Opéra de Bordeaux qui aurait inspiré le personnage de Diva *. Information à croiser avec une interview accordée &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Jean-Jacques Beineix aimait-il l’opéra ? La question posée ce matin <a href="/breve/jean-jacques-beineix-aimait-il-lopera">dans nos colonnes</a> a suscité quelques-uns des éclaircissements appelés de nos vœux (et nous vous en remercions). C’est donc Jessye Norman chantant les <em>Wesendonck Lieder</em> de Wagner à l&rsquo;Opéra de Bordeaux qui aurait inspiré le personnage de<em> Diva *</em>. Information à croiser avec une interview accordée par la soprano américaine où elle raconte avoir eu pour fan – et ami – un employé du télégraphe, comme Jules dans le film (voir ci-dessous). Quant au choix de <strong>Wilhelmenia Fernandez</strong>,<strong> </strong>Isabelle Masset, grande amie de Régine Crespin et ancienne directrice adjointe de l’Opéra de Bordeaux, nous en livre la clé. Barbara Hendricks aurait d’abord été envisagée pour le rôle mais son emploi du temps était inconciliable avec les dates de tournage. Il fut alors suggéré à Jean-Jacques Beineix d’aller au Palais Garnier écouter une jeune soprano qui interprétait le rôle de Musetta dans <em>La Bohème</em> . C’est ainsi que le réalisateur tomba instantanément sous le charme de Wilhelmenia Fernandez. CQFD. Reste à savoir pourquoi l’air de <em>La Wally</em>…</p>
<p><strong>Addendum</strong> : Dans <a href="https://www.francemusique.fr/emissions/la-matinale/jean-jacques-beineix-met-en-scene-kiki-de-montparnasse-12844">la Matinale de France Musique</a> présentée par Jean-Baptiste Urbain le 24 août 2015 (vers 1h25), Jean-Jacques Beineix expliquait avoir choisi l&rsquo;air de <em>La Wally</em>  après l&rsquo;écoute pendant une semaine d&rsquo;arias choisies par Igor Maslowski, discophile dont la collection occupait une pièce entière du sol au plafond. Le cinéaste disait ne pas regretter ce choix même s&rsquo;il avouait avoir hésité avec un autre air d&rsquo;opéra sans en révéler le titre. </p>
<p>* Jean-Jacques Beineix : « J’ai écouté Amanda Lear en boucle », <a href="https://www.liberation.fr/musique/2016/01/29/jean-jacques-beineix-j-ai-ecoute-amanda-lear-en-boucle_1429890/"><em>Libération</em>, 29 janvier 2016</a><br />
 </p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/V9gb9KlMiZQ" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
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		<title>Verdi : Messa da Requiem</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/verdi-messa-da-requiem-le-requiem-bavarois-de-muti/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Rousseau]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Nov 2021 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Beau cadeau de la Radio bavaroise, pour les 80 ans du maître, que la réédition d&#8217;un concert de Riccardo Muti, tout juste quadragénaire, les 8 et 9 octobre 1981 à la Herkulessaal de Munich. Beau cadeau pour nous surtout.&#160; En chroniquant ici le gros coffret édité par Warner au printemps dernier, reprenant les enregistrements symphoniques &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/swag_1.jpg?itok=L3WL7JQK" style="width: 100px; height: 100px; margin: 5px; float: left;" title="MASQUER">Beau cadeau de la Radio bavaroise, pour les 80 ans du maître, que la réédition d&rsquo;un concert de <strong>Riccardo Muti</strong>, tout juste quadragénaire, les 8 et 9 octobre 1981 à la Herkulessaal de Munich. Beau cadeau pour nous surtout.&nbsp;</p>
<p>En chroniquant <a href="https://www.forumopera.com/cd/riccardo-muti-the-complete-warner-symphonic-recordings-muti-chef-de-coeur"><strong>ici</strong></a> le gros coffret édité par Warner au printemps dernier, reprenant les enregistrements symphoniques du chef napolitain, j&rsquo;écrivais :&nbsp;«&nbsp;Verdi ne pouvait pas être absent d&rsquo;une telle somme ! D&rsquo;abord la seule version gravée par Muti&#8230; à Berlin des&nbsp;<em>Quattro pezzi sacri&nbsp;</em>(avec des choristes suédois !) et l&rsquo;aérienne Arleen Auger. Mais surtout deux <em>Requiem</em>, l&rsquo;un gravé à Londres en 1979 avec un cast assez hétérogène (Scotto, Baltsa, Lucchetti bien vulgaire, Nesterenko), l&rsquo;autre capté « live » à la Scala en 1987 avec une équipe grand format (Studer, Zajick, Pavarotti, Ramey), des tempi plus contrastés, une ferveur palpable.&nbsp;»</p>
<p>On retrouve dans l&rsquo;équipe réunie à Munich deux ans après l&rsquo;enregistrement de studio du <em>Requiem </em>de Verdi&nbsp;(1979) deux de ses solistes –&nbsp;<strong>Agnes Baltsa</strong> et <strong>Evgueni Nesterenko</strong> –. on y reviendra. On gagne considérablement au change en 1981 avec la présence de <strong>Jessye Norman</strong> (au lieu de Renata Scotto) et de <strong>José Carreras </strong>(la vulgarité de Lucchetti était le point faible de la première version Muti).&nbsp;</p>
<p>C&rsquo;est la quatrième version au disque, si nos comptes sont exacts, du <em>Requiem</em> de Verdi pour RIccardo Muti, la dernière remontant à 2010 à Chicago.</p>
<p><strong>Le meilleur <em>Requiem</em> de Muti</strong></p>
<p>On était resté sur l&rsquo;impression désagréable que nous a laissée la <em>Missa Solemnis</em> de Beethoven que Muti a dirigée l&rsquo;été dernier à Salzbourg : solennité oui mais sans élan, gravité oui mais figée dans le marbre. Déjà de récents concerts viennois de Nouvel an nous avaient alerté sur le poids et l&#8217;empois des ans chez un maître de l&rsquo;orchestre jadis fier et fringant.</p>
<p>Et voici que surgit ce témoignage qu&rsquo;on n&rsquo;attendait plus d&rsquo;un Muti tout juste quadragénaire, dans une œuvre dont il connaît tous les secrets. Le livret (en anglais et en allemand seulement) nous apprend que les preneurs de son ont eu maille à partir avec l&rsquo;exiguité du plateau de la Herkulessaal de Munich, où ce <em>R</em><em>equiem</em>&nbsp;de Verdi a été donné les 8 et 9 octobre 1981. Il n&rsquo;en paraît rien à l&rsquo;écoute.&nbsp;</p>
<p>D&rsquo;abord un mot sur la conception –&nbsp;constante au fil des décennies –&nbsp;du chef napolitain quant au chef-d&rsquo;œuvre de Verdi. Il n&rsquo;en fait pas un faux opéra. Il tient la bride courte à ses solistes qui ne font pas concours de décibels. Il creuse la masse orchestrale, révélant mille détails de l&rsquo;orchestre verdien. Il donne au texte subtilité et puissance.</p>
<p>Mais il y a bien plus en ces soirs d&rsquo;automne d&rsquo;il y a quarante ans : le sentiment de vivre une soirée exceptionnelle, grâce d&rsquo;abord au meilleur chœur qu&rsquo;ait jamais eu Muti dans ses quatre versions du Requiem. Celui de la radio bavaroise (qu&rsquo;il sollicitera à plusieurs reprises pour sa fabuleuse intégrale des messes et requiems de Cherubini) est indépassable tant dans l&rsquo;effusion que dans la fureur, dans la ferveur comme dans la terreur.&nbsp;</p>
<p><strong>Hommage à Jessye Norman</strong></p>
<p>Cette nouvelle version est aussi un magnifique hommage à Jessye Norman. A la même époque, la soprano américaine disparue en 2019, est visible sur une vidéo dirigée par Claudio Abbado &#8211; mais comme alto aux côtés de Margaret Price ! &#8211; Ce sont ses seuls enregistrements du<em>&nbsp;Requiem</em> de Verdi. D&rsquo;un bout à l&rsquo;autre, et bien sûr dans le «&nbsp;Libera me », elle est admirable, rayonnante, dans la plénitude des moyens d&rsquo;une voix qu&rsquo;elle plie aux intentions du chef et aux inflexions du texte. Son «&nbsp;Libera me&nbsp;»&nbsp;bouleverse.</p>
<p>Agnes Baltsa à ses côtés paraît presque sous-dimensionnée, dans le timbre et la chair de la voix. José Carreras fait déjà entendre les failles d&rsquo;une voix que la maladie viendra bientôt fragiliser. Mais ces faiblesses, ou supposées telles, n&rsquo;en rendent que plus humaines et touchantes ses interventions –&nbsp;un «&nbsp;Ingemisco »&nbsp;d&rsquo;anthologie –&nbsp;Evgueni Nesterenko ne force pas la noirceur de son timbre ni la puissance de sa basse. La pudeur contre l&rsquo;exhibition.</p>
<p>Cette version est &nbsp;certainement la meilleure version du <em>Requiem</em> de Verdi que Riccardo Muti nous ait livrée, la quintessence d&rsquo;un art où le respect du texte n&rsquo;excluait ni la fougue ni la ferveur, où le spectaculaire ne prenait jamais le pas sur la spiritualité.&nbsp;</p>
<p>Si le mot galvaudé de «&nbsp;référence&nbsp;» a encore un sens, c&rsquo;est bien ici et pour cette version qu&rsquo;il peut s&rsquo;appliquer pleinement.</p>
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		<title>Finale des auditions du Met en streaming</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/finale-des-auditions-du-met-en-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 May 2021 09:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les auditions du Met (plus exactement Metropolitan Opera National Council Auditions) sont une ancienne tradition new-yorkaise, aujourd&#8217;hui dans sa 67e saison. Chaque année, l&#8217;institution organise des auditions à travers tout le pays : cette saison, ce ne sont pas moins de 1.200 candidatures qui se sont manifestées, la moitié ayant été retenues pour les 31 auditions &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les auditions du Met (plus exactement Metropolitan Opera National Council Auditions) sont une ancienne tradition new-yorkaise, aujourd&rsquo;hui dans sa 67<sup>e</sup> saison. Chaque année, l&rsquo;institution organise des auditions à travers tout le pays : cette saison, ce ne sont pas moins de 1.200 candidatures qui se sont manifestées, la moitié ayant été retenues pour les 31 auditions régionales. 141 chanteurs ont été sélectionnés par la suite pour participer aux 10 concours régionaux qui ont eux-mêmes fait émerger 23 demi finalistes. Ceux-ci se sont produit devant un plus large public le 9 mai et les 10 finalistes se produiront à nouveau en concert le 16 mai. Le prix est plutôt bien doté (20 000 dollars par gagnant) et assure une exposition assez unique pour les professionnels du lyrique. La pression est forte et avait inspiré à <a href="https://youtu.be/FyMszwMVCVQ">Susan Froemke son film <em>The Audition</em>, réalisé lors de l&rsquo;édition 2007 du concours</a>. Compte tenu des circonstances sanitaires, la finale est proposé en streaming avec inscription préalable sur le lien concerts.kiswe.com/metopera. Rappelons quelques lauréats remarquables : Grace Bumbry, Louis Quilico, Teresa Stratas, Jessye Norman, Frederica von Stade, Shirley Verrett, June Anderson, Samuel Ramey, Kathleen Battle, Cheryl Studer, Carol Vaness, Renée Fleming, Susan Graham, Thomas Hampson, Ben Heppner, Deborah Voigt, Sondra Radvanovsky et, dans les années 2000, Lawrence Brownlee, Michael Fabiano, Angela Meade, Lisette Oropesa ou Nadine Sierra. Pour les curieux, le Met propose <a href="https://www.metopera.org/about/auditions/national-council-auditions/about-the-national-council/">un petit film retraçant la compétition depuis ses origines,</a> initialement en partenariat avec les radios (Martina Arroyo fut ainsi découverte via ce média). Les 10 finalistes comptent 7 chanteurs américains et 3 artistes coréens : les sopranos Hyoyoung Kim, Brittany Olivia Logan, Murrella Parton, Raven McMillon et  Erica Petrocelli, les mezzos  Emily Treigle et  Emily Sierra, un baryton-basse, Jongwon Han, un baryton Timothy Murray, et un ténor, Duke Kim. Souhaitons aux lauréats des carrières aussi riches que celles de leurs ainés.</p>
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		<title>Best of 2019</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Dec 2019 18:27:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que 2019 égrène ses dernières heures, retour mois par mois sur une année riche en anniversaires. L’occasion de se remémorer ses grands événements musicaux et les articles les plus plébiscités par nos lecteurs.    Janvier 2019 Avec deux productions polémiques et les premières suppositions concernant son nouveau directeur, l’Opéra de Paris inaugure sa 350e année &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Alors que 2019 égrène ses dernières heures, retour mois par mois sur une année riche en anniversaires. L’occasion de se remémorer ses grands événements musicaux et les articles les plus plébiscités par nos lecteurs.</strong></p>
<hr />
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<p><strong> Janvier 2019</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/opera_bastille_christian_leiber.jpg?itok=hql7AXYu" style="width: 150px; height: 97px; float: left; margin-left: 5px; margin-right: 5px;" />Avec deux productions polémiques et les premières suppositions concernant son nouveau directeur, l’Opéra de Paris inaugure sa 350<sup>e</sup> année avec fracas. Le retour sur scène des <a href="https://www.forumopera.com/les-troyens-paris-bastille-un-cheval-nomme-enee"><em>Troyens</em>, revus et corrigés par Dmitri Tcherniakov et dirigés par Philippe Jordan</a>, ne s’est pas contenté des huées du soir de la première : il a ébranlé durant tout le mois de janvier la lyricosphère qui a adoré le détester. Sans déchaîner autant les passions, le <a href="https://www.forumopera.com/il-primo-omicidio-paris-garnier-double-homicide-au-palais-garnier"><em>Primo omicidio</em> de Scarlatti à la sauce Castellucci </a>a lui aussi provoqué son lot de réactions mitigées. Un début d’année chargé aussi bien à Garnier qu’à Bastille – dont le bâtiment fêtait sa trentième année d’existence –, bientôt suivi par le feuilleton à rebondissements de la <a href="https://www.forumopera.com/actu/alexander-neef-dirigera-lopera-national-de-paris-des-2021">nomination d’Alexander Neef</a>.<br />
	Un vieux monsieur de 350 ans, l’Opéra de Paris ?</p>
<p><strong>Février 2019</strong></p>
<p><a href="https://www.forumopera.com/recital-vivica-genaux-poissy-le-terminus-est-encore-loin"><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/kaufmannrach_0.jpg?itok=ZoKbJxb6" style="width: 120px; height: 145px; float: left; margin-left: 5px; margin-right: 5px;" /></a>Si le mois de février a vu sur scène les très rares <a href="https://www.forumopera.com/la-finta-pazza-dijon-ecouter-et-jubiler-avec-le-theatre"><em>Finta pazza</em></a> et <a href="https://www.forumopera.com/la-divisione-del-mondo-strasbourg-olympe-ton-univers-impitoyable"><em>Divisione del mondo</em></a>, ou encore les récitals remarqués de <a href="https://www.forumopera.com/recital-yusif-eyvazov-paris-gaveau-eyvazov-enflamme-gaveau">Yusif Eyvazov</a> et <a href="https://www.forumopera.com/recital-vivica-genaux-poissy-le-terminus-est-encore-loin">Vivica Genaux</a>, ce ne sont pas les spectacles qui ont le plus retenu l’attention des lecteurs de notre site. Ils passeraient presque inaperçus alors que Jonas Kaufmann domine l’actualité avec deux brèves en quelques jours, annonçant <a href="https://www.forumopera.com/breve/jonas-kaufmann-apres-lacte-ii-lacte-iii">l’acte III de <em>Tristan</em> pour 2020</a> et faisant entendre sa <a href="https://www.forumopera.com/breve/jonas-kaufmann-enfin-dans-les-contes-dhoffmann">maîtrise de la voix de tête dans la Barcarolle </a><a href="https://www.forumopera.com/breve/jonas-kaufmann-enfin-dans-les-contes-dhoffmann">des <em>Contes d’Hoffmann</em></a> ! A ses côtés, les espoirs d’entendre <a href="https://www.forumopera.com/breve/anna-netrebko-a-bordeaux-la-saison-prochaine">Anna Netrebko à Bordeaux</a> et <a href="https://www.forumopera.com/breve/anna-netrebko-adriana-lecouvreur-a-paris-en-2020">à Paris</a>, les <a href="https://www.forumopera.com/breve/edita-gruberova-adieux-a-lucia">adieux d’Edita Gruberova à Lucia</a> et les diverses <a href="https://www.forumopera.com/breve/une-annulation-de-plus-pour-bryan-hymel">annulations de Bryan Hymel </a>: l’actualité lyrique revêt bien des formes, et ne se limite décidément pas à des comptes rendus et à des interviews.<br />
	La preuve – s’il en fallait une – qu’à l’opéra le spectacle n’est pas seulement dans la salle…</p>
<p><strong>Mars 2019</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/javier_camarena_tonio_met_marty_sohl.jpg?itok=02t3lgJ8" style="width: 150px; height: 100px; float: left; margin-left: 5px; margin-right: 5px;" />Que de ténors pour un seul mois ! Et quels ténors ! Mars guette fébrilement la présence de <a href="https://www.forumopera.com/breve/jonas-kaufmann-chantera-chantera-pas-dans-la-forza">Jonas Kaufmann dans <em>La Forza del destino </em></a>à Londres et s’inquiète pour sa santé ; <a href="https://www.forumopera.com/breve/bonne-nouvelle-pour-les-fans-dalagna">Roberto Alagna montre des signes de fatigue dans <em>Otello</em></a> à Bastille et <a href="https://www.forumopera.com/breve/gregory-kunde-retour-au-met-a-65-ans">Aleksandrs Antonenko se voit contraint de renoncer à Samson à New York</a>… Chanter chaque jour à l’opéra ? « <em>Mais le gosier le plus flexible / Ne peut résister à cela !</em> » nous rappelle Saint-Phar dans <em>Le Postillon de Lonjumeau</em>. Tout auréolé de gloire, le ténor n’en est pas moins un homme : notre empathie et notre bienveillance devraient être à la hauteur de l’admiration que nous leur portons. Heureusement, de belles nouvelles viennent aussi parsemer le mois : le <a href="https://www.forumopera.com/breve/en-direct-du-met-camarena-dechaine-les-foules">triomphe de Javier Camarena</a> en Tonio au Metropolitan, le retour sur cette même scène de <a href="https://www.forumopera.com/breve/gregory-kunde-retour-au-met-a-65-ans">Gregory Kunde après douze ans d’absence</a>, et même un <a href="https://www.forumopera.com/breve/carnet-rose-jonas-kaufmann-est-papa">nouveau-né dans la famille Kaufmann</a> !<br />
	Décidément… <em>On ne peut pas résister à un ut !</em></p>
<p><strong>Avril 2019</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/postillon_de_lonjumeau_stefan_brion.jpg?itok=7u4ZlsuN" style="width: 150px; height: 100px; float: left; margin-left: 5px; margin-right: 5px;" /> Avril voit la France sous le coup de l’émotion après l’incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris, nous rappelant que les chefs-d’œuvre du passé eux aussi sont fragiles et en péril. Un rappel également qu’il convient de saisir la beauté lorsqu’elle nous vient : une <a href="https://www.forumopera.com/cd/semiramide-feu-dartifices"><em>Semiramide</em> fabuleuse enregistrée par Mark Elder</a>, le <a href="https://www.forumopera.com/le-postillon-de-lonjumeau-paris-favart-le-prix-du-contre-re">retour du <em>Postillon de Lonjumeau</em> salle Favart</a>, une <a href="https://www.forumopera.com/la-damnation-de-faust-strasbourg-damour-lardente-larme"><em>Damnation de Faust</em> à l’affiche éblouissante</a>, le <a href="https://www.forumopera.com/manon-bordeaux-benjamin-bernheim-le-chevalier-supreme">duo Bernheim et Sierra à Bordeaux</a>, un premier <a href="https://www.forumopera.com/manon-massenet-paris-tce-nest-ce-plus-manon">des Grieux superlatif pour Juan Diego Flórez</a>, un <a href="https://www.forumopera.com/passion-selon-saint-jean-bwv-245-bach-paris-philharmonie-in-persona-christie">Reinoud van Mechelen stupéfiant d’émotion en Evangéliste</a>… Avril est le triomphe de la voix, qui vient mettre un peu de baume au cœur des auditeurs.<br /><em>Pour mieux sécher mes pleurs, que ta voix parle encore…</em></p>
<p><strong>Mai 2019</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/logocarre_0.jpg?itok=Cuz-Tv1b" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 5px; margin-right: 5px; float: left;" />C’est en mai 1999 que Camille De Rijck inaugurait un site qui, s’il a évolué par sa forme au gré des mutations d’internet, demeure un repère favori des lyricomanes. Riche de multiples métamorphoses et de rédacteurs passionnés qui ont donné de leur temps et de leur plume tout au long de ces deux décennies d’existence ; riche de comptes-rendus, brèves et dossiers en tous genres ; riche enfin de lecteurs qui permettent à Forum Opéra de poursuivre son chemin avec toujours plus de succès. Un grand merci à tous !<br /><em>Nous n’avons encore que vingt ans</em>… mais sommes prêts à continuer vingt ans de plus ! La preuve ? Nos rédacteurs n&rsquo;ont pas cessé de parcourir l’Europe : une belle <a href="https://www.forumopera.com/die-walkure-naples-la-walkyrie-ou-la-metamorphose"><em>Walkyrie</em> napolitaine</a>, le <a href="https://www.forumopera.com/andrea-chenier-londres-roh-voix-grand-format">Chénier londonien de Roberto Alagna</a>, une <a href="https://www.forumopera.com/die-frau-ohne-schatten-vienne-staatsoper-incontournable-nina-stemme"><em>Femme sans ombre </em>viennoise</a> à la formidable distribution ou un <a href="https://www.forumopera.com/der-fliegende-hollander-berlin-deutsche-oper-noir-cest-noir"><em>Vaisseau fantôme</em> berlinois</a>… L’aventure se poursuit !</p>
<p><strong>Juin 2019</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/jacques_offenbach_andre_gill.jpg?itok=4S6CKLCL" style="width: 120px; height: 118px; float: left; margin-left: 5px; margin-right: 5px;" />Il n’en est pas fini des anniversaires pour 2019, loin de là : un 20 juin il y a 200 ans naissait notre Jacques Offenbach national… à Cologne ! L’occasion de (ré)entendre les chefs d’œuvre du roi de l’opérette mais aussi des raretés : <a href="https://www.forumopera.com/le-voyage-de-mm-dunanan-pere-et-fils-paris-ranelagh-nous-avons-fait-un-beau-voyage"><em>Les voyages de MM. Dunanan père et fils</em></a>, <a href="https://www.forumopera.com/maitre-peronilla-paris-tce-paris-plus-fin-que-bouffe"><em>Maître Peronilla</em></a>, <a href="https://www.forumopera.com/pomme-dapi-montpellier-festival-a-croquer"><em>Pomme d’Api</em></a>, ou encore le <a href="https://www.forumopera.com/madame-favart-paris-favart-retour-au-bercail-reussi">retour de <em>Madame Favart</em> à l’Opéra Comique</a> ont réjoui les oreilles des auditeurs en ce bicentenaire. Autant de bulles de champagne distillées tout au long de l’année, accompagnées d’un <a href="https://www.forumopera.com/dossier/le-roi-offenbach-bach-que-lon-fete">dossier consacré au compositeur</a> mettant en lumière son goût éclectique pour la légèreté et le sérieux, le burlesque et l’héroïque, la tradition et la parodie, et toutes les formes d’entre-deux.<br />
	Un anniversaire dignement fêté, mais assombri par la<a href="https://www.forumopera.com/breve/deces-de-franco-zeffirelli"> disparition de Franco Zeffirelli</a>, metteur en scène de légende dont les productions n’ont pas fini d’occuper la scène.</p>
<p><strong>Juillet 2019</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/guillaume-tell_philippe_gromelle.jpg?itok=a8V5b_uR" style="width: 150px; height: 100px; margin-left: 5px; margin-right: 5px; float: left;" />L’été revient comme chaque année avec son lot de festivals, dont certains sortent l’opéra de la salle de concert – et de son confort. Un décor enchanteur ne suffit certes pas à adoucir les exigences du public, ce dont le festival d’Aix-en-Provence a fait les frais avec un <a href="https://www.forumopera.com/requiem-aix-en-provence-extinction-du-spectacle-vivant"><em>Requiem</em> de Mozart</a> et une <a href="https://www.forumopera.com/tosca-aix-en-provence-mort-et-naissance-dune-diva"><em>Tosca</em></a> dont les mises en scène ont provoqué des critiques véhémentes. Mais l’extérieur et le ciel étoilé ont évidemment leur magie, comme en témoignent un très beau <a href="https://www.forumopera.com/guillaume-tell-orange-un-enchantement-sous-les-etoiles"><em>Guillaume Tell</em> à Orange</a>, un <a href="https://www.forumopera.com/rigoletto-bregenz-ris-donc-paillasse"><em>Rigoletto</em> à Bregenz</a> avec sa marionnette monumentale, ou encore des <a href="https://www.forumopera.com/le-nozze-di-figaro-grenade-noces-dans-les-jardins-despagne"><em>Noces de Figaro</em> au cœur des jardins de l’Alhambra</a>. Difficile malgré tout d’éviter les caprices météorologiques, comme lorsque <a href="https://www.forumopera.com/les-indes-galantes-beaune-rameau-sous-lorage">l’orage s’invite au milieu des <em>Indes Galantes</em></a> : en juillet, la nature reprend ses droits sur l’opéra !</p>
<p><strong>Août 2019</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/hector_berlioz_etienne_carjat.jpeg?itok=NYrJYzIp" style="width: 100px; height: 146px; margin-left: 5px; margin-right: 5px; float: left;" />Dans la série des anniversaires – on vous l’avait dit, 2019 fut une année festive ! – citons également les 150 ans de la mort d’Hector Berlioz. Si les hommages ont été nombreux, le mois d’août a connu deux soirées mémorables – un <a href="https://www.forumopera.com/benvenuto-cellini-la-cote-saint-andre-les-metaux-ces-fleurs-souterraines"><em>Benvenuto Cellini</em> dirigé par John Eliot Gardiner</a> offrant une leçon de chant berliozien en la personne de Michael Spyres, et un <a href="https://www.forumopera.com/romeo-et-juliette-la-cote-saint-andre-un-romeo-russe-chez-hector"><em>Roméo et Juliette</em> sous la baguette inspirée de Valery Gergiev</a> – ainsi que la parution d’une <a href="https://www.forumopera.com/cd/la-damnation-de-faust-jardin-anglais-a-la-francaise"><em>Damnation de Faust</em> dirigée par Simon Rattle</a> et d’une <a href="https://www.forumopera.com/dvd/berlioz-la-mort-de-cleopatre-une-torche-sallume"><em>Mort de Cléopâtre</em> où éclot le talent de Lucile Richardot</a>. Un mois faste donc, qui offre plusieurs versions de référence à la discographie.<br />
	« <em>Mais révère en ton cœur et garde en ta mémoire / Et d’Enée et d’Hector les exemples de gloire</em> » écrivait Berlioz : les artistes étrangers rendent en tout cas un bel hommage à un génie français en attendant, qui sait, <a href="https://www.forumopera.com/breve/berlioz-au-pantheon-oui-mais-pourquoi-pas-offenbach">son entrée au Panthéon</a> ?</p>
<p><strong>Septembre 2019</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/traviata_stone_charles_duprat.jpg?itok=2kcXcied" style="width: 150px; height: 100px; margin-left: 5px; margin-right: 5px; float: left;" />Tout pluriséculaire qu’il est, l’opéra n’a pas oublié en ce mois de septembre de plonger à pieds joints dans la modernité. Avec une <a href="https://www.forumopera.com/la-traviata-paris-garnier-violetta-sur-les-reseaux-sociaux"><em>Traviata</em> à l’ère des réseaux sociaux</a>, des<em> <a href="https://www.forumopera.com/les-indes-galantes-paris-bastille-rameau-dans-lere-du-vide">Indes Galantes</a></em><a href="https://www.forumopera.com/les-indes-galantes-paris-bastille-rameau-dans-lere-du-vide"> à la sauce voguing</a>, un <a href="https://www.forumopera.com/don-carlos-anvers-par-le-petit-bout-freudien-de-la-lorgnette"><em>Don Carlos</em> en hôpital psychiatrique</a> et un<em> <a href="https://www.forumopera.com/idomeneo-francfort-mozart-a-la-sauce-daujourdhui">Idoménée</a></em><a href="https://www.forumopera.com/idomeneo-francfort-mozart-a-la-sauce-daujourdhui"> transposé comme il se doit</a>, les metteurs en scène nous rappellent – s’il en était besoin – à quel point l’opéra peut être brûlant d’actualité et miroir de notre temps. Que cela plaise ou déplaise, l’art lyrique ne semble pas avoir épuisé l’intérêt que les metteurs en scène lui portent – et c’est au moins une bonne nouvelle. Mais il se révèle aussi de son temps lorsqu’il est frappé par les débats qui agitent le monde contemporain, tels que les <a href="https://www.forumopera.com/breve/placido-domingo-new-york-cest-fini">accusations portées à l’encontre de Placido Domingo</a>, entraînant le chanteur à renoncer à se produire sur le sol américain dans <em>Macbeth</em>. L’opéra, un art définitivement 2.0.</p>
<p><strong>Octobre 2019</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/jessye-norman_c.-friedman.jpg?itok=EOddCDgf" style="width: 150px; height: 98px; margin-left: 5px; margin-right: 5px; float: left;" />Il est des mois où le sort semble s’acharner : octobre est de ceux-là, voyant disparaître trois grands noms de la scène lyrique. Le <a href="https://www.forumopera.com/actu/jessye-la-consolatrice">décès de Jessye Norman</a> a ému la planète comme rarement lorsqu’une grande voix s’éteint. De la Marseillaise, la mort de Didon, les gospels enflammés ou son Elisabeth chez Wagner, chacun choisira sa madeleine. Nous ont quittés également<a href="https://www.forumopera.com/breve/deces-de-rolando-panerai"> Rolando Panerai</a> – formidable Taddeo au disque auprès de l’Italienne de Teresa Berganza – et <a href="https://www.forumopera.com/actu/marcello-giordani-le-colosse-aux-pieds-dargile">Marcello Giordani</a>, ténor aux moyens éblouissants.<br />
	C’est sans conteste toujours une grande tristesse de perdre ces figures qui, au fil des concerts et des enregistrements, ont accompagné d’une manière ou d’une autre des moments de notre vie. Octobre fut donc, en quelque sorte, le mois des souvenirs et du temps qui passe.</p>
<p><strong>Novembre 2019</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/prince_igor.jpg?itok=w3kIiMvP" style="width: 150px; height: 100px; margin-left: 5px; margin-right: 5px; float: left;" />En moins d’une semaine, l’actualité de notre site s’est trouvée bousculée par deux spectacles aux propositions dramaturgiques diamétralement opposées, et qui ont déchaîné les passions des lecteurs. D’un côté des <a href="https://www.forumopera.com/les-noces-de-figaro-paris-tce-strehler-bis"><em>Noces de Figaro</em> vues par le cinéaste James Gray</a>, partisanes d’un classicisme et d’une tradition comme on n’en voit plus guère sur nos scènes ; de l’autre un <a href="https://www.forumopera.com/le-prince-igor-paris-bastille-fais-moi-mal-barrie"><em>Prince Igor</em> par Barrie Kosky</a>, résolument ancré dans le monde contemporain et assumant un propos politique. Nous voici à une époque charnière pour les metteurs en scène, mus par leur désir de réinvention mais se heurtant aux résistances d’une partie du public. Si la question n’est pas tout à fait nouvelle, le hasard de la programmation des scènes parisiennes a pourtant fait surgir à cette occasion un débat d’une rare violence sur notre forum.<br />
	Après <em>prima la musica</em> ou <em>prime le parole</em> et après la querelle des Bouffons, peut-être la mise en scène sera-t-elle le sujet de la nouvelle grande querelle de l’opéra ?</p>
<p><strong>Décembre 2019</strong></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/1_fortunio_dr_stefan_brion_0.jpg?itok=FbpkYhxP" style="width: 150px; height: 100px; float: left; margin-left: 5px; margin-right: 5px;" title="© Stefan Brion" />Grèves obligent, la vie musicale s’est vue perturbée et ralentie en ce mois de décembre. Annulations en série – notamment à l’Opéra de Paris –, salles moins remplies, inquiétudes et attente ont été le lot de cette fin d’année, assombrie également par le <a href="https://www.forumopera.com/breve/deces-de-peter-schreier-levangeliste-sest-tu">décès du ténor Peter Schreier</a>, fervent interprète de Bach aussi bien que de Mozart et de Lieder.</p>
<p>Heureusement, de magnifiques spectacles viennent illuminer ces temps troublés : un <a href="https://www.forumopera.com/fortunio-paris-favart-beau-ainsi-quune-promesse"><em>Fortunio </em>plein de poésie</a> à l’Opéra Comique, un <a href="https://www.forumopera.com/il-pirata-madrid-la-came-du-lyricomane"><em>Pirata </em>à Madrid</a> au casting éblouissant, le <a href="https://www.forumopera.com/die-tote-stadt-munich-jonas-kaufmann-nouvelle-etape-nouveau-triomphe">triomphe de Jonas Kaufmann</a> dans <em>Die tote Stadt</em> à Munich… Quant aux malheureux lyricomanes immobilisés loin des salles de concert, ils ont pu se consoler en retrouvant, au DVD, <a href="https://www.forumopera.com/dvd/die-entfuhrung-aus-dem-serail-on-refait-tout-comme-avant"><em>L’Enlèvement au sérail</em> mythique de Giorgio Strehler</a> et en lisant les <a href="https://www.forumopera.com/livre/maria-callas-lettres-et-memoires-chere-madame-callas-chere-maria">lettres de Maria Callas rassemblées par Tom Volf</a>.</p>
<p> </p>
<p>En attendant de voir ce que l’année 2020 nous réserve, belle fin d’année à tous !</p>
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		<title>Jessye, la consolatrice</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sylvain Fort]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Oct 2019 04:00:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’était en 1998, à l’Université de Harvard. Nelson Mandela venait recevoir son doctorat Honoris Causa. Jessye Norman était là pour chanter « Amazing Grace » en l’honneur du grand homme. Une fois qu’elle eut chanté, Mandela vint la saluer, et il lui posa cette question : « D’où vous vient toute cette voix ? ». Alors ils s’étreignirent.  La question de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’était en 1998, à l’Université de Harvard. Nelson Mandela venait recevoir son doctorat Honoris Causa. Jessye Norman était là pour chanter « Amazing Grace » en l’honneur du grand homme. Une fois qu’elle eut chanté, Mandela vint la saluer, et il lui posa cette question : « D’où vous vient toute cette voix ? ». Alors ils s’étreignirent. </p>
<p>La question de Mandela paraît simple. Presque naïve. Pourtant c’est la question que nous nous sommes toujours posée en écoutant Jessye Norman. Sa voix venait de loin. Elle était ancrée dans quelque immémorial. Dans un arrière-pays que nous devinions sans le connaître. </p>
<p>C’est ce lointain, ce secret d’un enracinement mystérieux, qui a fabriqué la carrière de Jessye Norman. Partout on lit que nous aurait quittés une grande chanteuse d’opéra. Jessye Norman ne fut pas une grande chanteuse d’opéra. Elle fut d’abord et avant tout une grande chanteuse que l’opéra occupa, mais en partie seulement. Peu de rôles. Peu de scène. Des interruptions de carrière : pendant des années elle ne parut plus au théâtre. Son univers n’était pas la scène. C’était le chant. Elle consacra plus de temps au récital de mélodies, aux Spirituals, au gospel, à l’oratorio, qu’au théâtre à proprement parler. Elle n’aborda certains rôles qu’au disque ou pour le film. Pourtant, pour ses contemporains et aujourd’hui encore au moment où tant d’hommages lui sont rendus, elle était la diva par excellence. La chanteuse d’opéra par nature. C’est qu’il suffisait qu’elle parût pour que soudain l’on change de monde. Elle était à soi-même son propre théâtre. La stature, le visage, l’ampleur de la voix palliaient l’absence de décor, de comparses, d’intrigue. Jessye Norman ne nous jouait pas la comédie. Elle nous entraînait, par la musique, dans ce pays imaginaire d’où elle venait. Nous étions chez elle comme chez nous.  La tristesse immense qui a accueilli la nouvelle de sa mort vient de là. Elle n’était pas l’indispensable médiatrice d’un univers sans elle inaccessible. Elle était à elle seule un univers. </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/jessye-norman-1945-chanteuse-lyrique-americaineune-representationl-orchestre-philharmonique-cologne-allemagne-juillet-2009_0_1400_933.jpg?itok=eXA__t9l" width="468" /></p>
<p>Son disque le plus étonnant (sans être forcément le plus beau) est celui qu’elle publia en 2010, sous le titre « Roots : My Life, My Song ». Peu d’opéra (une <em>Habanera</em>de Carmen jazzy), des chansons, du jazz, des spirituals, du tambour africain. Partout, la voix à nu, exposée, presque crue, et magnétique, nous attirant à elle, nous faisant entrer dans les détours d’une âme artiste, nous faisant parcourir comme impudiquement ses paysages favoris, ses souvenirs intimes, enfin ce qui murmure en elle, au plus près. Apprenant la disparition de Jessye Norman, ce n’est pas vers la Mort d’Isolde ni vers <em>Erwartung </em>que nous nous sommes tourné, mais vers cet enregistrement du <em>Solitude </em>de Duke Ellington présent sur ce disque. Parce qu’il a fallu pour chanter cela comme ça s’être sentie réellement seule ; et pour y mettre ce sourire, il faut avoir la clef qui permet de surmonter les petites avanies, et les grandes ; il faut avoir l’âme généreuse pour que cette solitude devienne aussi consolatrice. </p>
<p>Et nous ne savons pas d’où cela lui vient, cette chaleur. Cette grandeur. Cette immensité d’âme. Ce qui fait d’elle cette chanteuse dont on n’aperçoit jamais les limites mais toujours les possibles. Qui ne s’est du reste jamais contrainte aux schémas de carrière, aux typologies vocales, aux canons du répertoire, mais a toujours ouvert toutes les portes et toutes les fenêtres. Nous ne savons pas, mais comme des enfants gâtés, pendant des années, nous nous sommes abreuvés sans vergogne à cette source qui semblait inépuisable. </p>
<p>Avec elle nous avons non pas écouté mais appris <em>Erwartung </em>et Didon, Brahms et Schubert, Poulenc et Messiaen , Wagner et le gospel. Aussi, lorsque nous avons su qu’elle nous avait quittés, nous n’avons pu croire que le silence pût soudain se faire, tant elle nous avait habitués à abuser de son abondance, à nous y plonger sans réserve, à faire grâce à elle le pont entre les genres et les époques, avec une joie toujours renouvelée. Car la source était toujours fraîche et pure. </p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="307" src="/sites/default/files/styles/large/public/mv5bm2yxm2mwyzetmdm2my00ywy1lthjmzctogyxotixmty2mwe1xkeyxkfqcgdeqxvymje5mzm3mja._v1_.jpg?itok=I1rUcDIV" title="Jessye Norman © DR" width="468" /></p>
<p>Ce fut son génie de faire tomber les limites et de nous mener vers des explorations que, sans cette psychagogue, nous n’eussions pas osées. C’est avec elle que nous sommes entrés dans la nuit froide de Brahms. C’est elle qui nous a fait entendre les ailleurs de Strauss, et suivre ce regard qui porte vers des cimes où se couche le soleil d’<em>Im Abendrot</em>. C’est elle aussi qui nous a fait comprendre enfin l’hallucinante libération d’énergie d’une Sieglinde retrouvant son jumeau : comme si quelque chose se débondait soudain, joie et désir, évidence et espoir, comme un arc électrique incandescent. Sans elle, nos yeux fussent restés couverts d’écailles. </p>
<p>Le plus surprenant cependant lorsque fut connu son décès, ce fut d’entendre sur toutes les ondes jouer « Amazing grace », qui n’est pas un spiritual, mais une action de grâce. Cela démontrait une chose essentielle : Jessye Norman restait pour beaucoup celle dont la voix parle de l’âme, et va à l’âme. Même ceux qui ne la connaissaient pas très bien savaient cela d’elle. C’est cela qui la ferait demeurer. Et, à la fin, c’est là en effet qu’on l’aura entendu à son point  plus vibrant. Dans une nudité de chant et d’expression qui transperce les plus indifférents. Plus encore que les scènes, Jessye Norman aura fréquenté les églises, les chapelles, les cathédrales du monde entier. Partout elle y aura fait entendre cette vibration, qui semble aujourd’hui se prolonger dans l’air. Car ce lointain en elle, cet illimité, cette opulence partagée, ce ne fut rien d’autre chez elle qu’une manifestation de foi. Sans doute est-il mal porté de le dire aussi crûment. C’est pourtant la vérité. Elle l’a dit elle-même sans fard. Elle a fait mieux que le dire, elle l’a fait entendre. On n’imagine pas, écoutant <em>There is a balm in Gilead</em>, que ce soit simplement le chant d’une cantatrice de talent. Tout ce qui qui s’y mêle de tendresse, de bonté, de douleur surmontée, est d’un autre ordre. Nous n’avons pas besoin de savoir que la chanteuse tenait par toutes ses fibres à une foi faite de christianisme d’enfance et de philosophie hindouiste, pour sentir que cette voix même se fait baume et vient panser des plaies que nous ne nommons pas. </p>
<p>Jessye Norman nous quitte et nous réalisons qu’elle emporte avec elle sa part de mystère. Trop heureux de profiter à plein de sa générosité, nous ne nous sommes jamais vraiment demandé quelle femme se cachait derrière tant de dons. Sa stature impressionnait trop pour qu’on la pensât fragile. </p>
<p>Son rire et son humour masquaient quelque chose que son chant, si l’on tend l’oreille, nous disait. Sa pudeur extrême décourageait les amateurs de secrets. Tout chez elle était dignité. C’est pourquoi elle lutta pour la dignité des autres, des opprimés, des humiliés &#8211; notamment les Afro-Américains et les femmes. Elle fut cette voix qui chante pour ceux qui n’en ont pas, et qui disent leur gratitude malgré la souffrance et l’oppression. Elle fut cette femme debout qui nous aide à mieux nous tenir. </p>
<p>Elle fut cette grande vivante qui nous apprend à moins redouter la mort. Sa voix seule pourra nous consoler de la sienne. Écoutons-la encore. </p>
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		<title>Disparition à 74 ans de Jessye Norman</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/disparition-a-74-ans-de-jessye-norman/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sylvain Fort]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Sep 2019 22:41:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ses dernières apparitions en récital, dans des églises, nous la montraient affaiblie non de voix mais de corps, un fauteuil roulant soutenant sa stature suite à une fracture spinale. Nous n’aurions pas imaginé cependant que les forces lui manqueraient si vite, si tôt. Et l’annonce de son décès a sonné comme un de ces malentendus &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ses dernières apparitions en récital, dans des églises, nous la montraient affaiblie non de voix mais de corps, un fauteuil roulant soutenant sa stature suite à une fracture spinale. Nous n’aurions pas imaginé cependant que les forces lui manqueraient si vite, si tôt. Et l’annonce de son décès a sonné comme un de ces malentendus réguliers qui donnent pour morts des musiciens encore vaillants. Il faut pourtant se résigner à voir partir à 74 ans celle qui aura été, de toutes ses contemporaines, la plus inaltérable. Les souvenirs se pressent déjà dans notre esprit mais une constante les réunit :  dans notre mémoire est pour toujours gravé ce timbre fait de noblesse et de profondeur, et ses plus saisissantes incarnations sont désormais notre bien pour toujours. Le temps des hommages est venu. Aucun ne sera inutile. Car Jessye Norman n’a pas seulement éclairé de son aura le monde de la musique : elle aura changé nos vies. Grâces lui soient rendues.</p>
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		<title>Offenbach, The Operas &#038; Operettas Collection</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/offenbach-the-operas-operettas-collection-aimer-ce-que-lon-a/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Apr 2019 14:42:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Quand on n’a pas ce que l’on aime, il faut aimer ce que l’on a » : cette réplique de la Grande-Duchesse résume l’état d’esprit avec lequel on conseille d’appréhender le coffret proposé par Warner Classics à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Jacques Offenbach. Autrement dit par Julien Marion : faire l’apprentissage de la frustration. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« <em>Quand on n’a pas ce que l’on aime, il faut aimer ce que l’on a</em> » : cette réplique de la Grande-Duchesse résume l’état d’esprit avec lequel on conseille d’appréhender le coffret proposé par Warner Classics à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Jacques Offenbach. Autrement dit par Julien Marion : <a href="https://www.forumopera.com/actu/offenbach-au-disque-ou-lapprentissage-de-la-frustration">faire l’apprentissage de la frustration</a>. D’une manière générale, <em>Les Contes d’Hoffmann</em> et les cinq grands opéras bouffes (<em>Orphée aux Enfers</em>, <em>La Belle Hélène</em>, <em>La Vie parisienne</em>, <em>La Grande-Duchesse de Gérolstein</em>, <em>La Périchole</em>) résument l’essentiel de la discographie offenbachienne. Et les quelques enregistrements hors des sentiers battus datent au mieux de Mathusalem ou, au pire, ont été réalisés avec des bouts de chandelle, pour un résultat souvent inégal.</p>
<p>A la décharge des labels, l’alternance de parlé/chanté propre à la majorité des œuvres lyriques d’Offenbach se prête mal à l’exercice du disque. Enregistrés, les dialogues, pourtant indispensables à la compréhension du livret et à la respiration de la musique, deviennent rapidement envahissants et peuvent représenter un frein à l’achat, encore plus si l’on maîtrise mal la langue française. Ceci explique en partie un catalogue qui peut sembler chétif quand on le rapporte à la popularité du compositeur et à la longue liste de ses pièces lyriques (une centaine au total).</p>
<p>Puisqu’il faut se contenter de ce que l’on a, réjouissons-nous de retrouver dans un coffret à la présentation soignée mais, comme souvent dans ce genre d’entreprise, au livret sommaire, quelques trésors discographiques et, à défaut d’inédits, plusieurs raretés. A commencer par ces petits joyaux que sont <em>Ba-ta-clan</em>, <em>Les Bavards</em> et <em>La Fille du tambour-major</em>, témoignages courageux d’un temps – la fin des années 60 –, où l’on enfouissait la musique d’Offenbach à l’étable sous le tas de fumier. L’auteur de ces lignes, alors jeune lyricomane, se souvient avoir longtemps caché son goût pour Offenbach comme la plus inavouable des perversions.</p>
<p>Opérette, opéra-comique ou chinoiserie musicale ? Si la dénomination de ces trois ouvrages est <a href="/actu/offenbach-et-loperette-ou-la-confusion-des-genres">source de confusion</a>, leur musique se consomme sans modération, y compris dans une interprétation que nos oreilles jugent aujourd’hui maniérée. D’une ambition supérieure aux deux autres, <em>La Fille du tambour-major</em> n’a droit qu’à des extraits dirigés par <strong>Félix Nuvolone</strong>, d’où se détache le Robert charpenté de <strong>Michel Dens</strong>, le tout complété par un échantillon suranné de <em>La Grande-Duchesse</em>. Pourquoi ne pas avoir préféré pour cette dernière œuvre l’enregistrement intégral réalisé par <strong>Michel Plasson</strong> ? Tout comme le cœur, les compilations ont leurs raisons que la raison ne connaît pas.</p>
<p>Dans les années 1970, Plasson est en effet l’artisan d’une « Offenbach renaissance » dont<em>, La Grande-Duchesse</em> exceptée, on retrouve ici tous les jalons. Enfin, cette musique était prise au sérieux. Un peu trop à la limite. Il y a dans l’approche de celui qui, plus largement, s’attelait alors au dépoussiérage du répertoire romantique français, une ambition musicale parfois inappropriée aux enjeux du genre. On ne prête qu’aux riches. Plus opéra que bouffe, cette lecture luxueuse est servie par une pléiade de grands chanteurs, <strong>Régine Crespin</strong> en tête, Metella de référence dans <em>La Vie parisienne</em> par la largeur ambiguë d’une voix capable de se couler dans le format imposé par Hortense Schneider (qui ne chanta jamais ce rôle). Il suffit que l’âge aidant, la reine Régine passe son sceptre à Jessye Norman dans <em>La Belle Hélène</em> pour que l’on mesure a contrario la distance amusée et le chic canaille avec lesquels la soprano française aborde ce que certains considérèrent à l’époque comme un contre-emploi. Autour d’elle, la fine fleur du chant français. <strong>Michel Trempont</strong>, <strong>Mady Mesplé</strong> dont le timbre pointu peut désagréablement piquer ou encore <strong>Michel Sénéchal,</strong> délicieux Gardefeu, Orphée facétieux, Don Pedro d’une préciosité hilarante, pas si éloigné à certains égards de sa désormais légendaire nymphe Platée (il existe d’ailleurs plus d’une passerelle entre Rameau et Offenbach). <em>Orphée aux Enfers</em> particulièrement se pose en référence. Seul témoignage intégral à notre connaissance de la version de 1874, sa dimension féerique – comprendre grand spectacle – convient particulièrement aux ambitions musicales de Michel Plasson. Ailleurs, l’approche trouve ses limites dans le choix de stars internationales –  <strong>Jessye Norman</strong> en Hélène donc, <strong>John Aler</strong> en Pâris, <strong>Teresa Berganza</strong> et <strong>José Carreras</strong> en Périchole et Piquillo&#8230; – tous égarés dans un répertoire qu’ils contribuent à fâcheusement endimancher. Faut-il être français pour bien chanter Offenbach ? La réponse serait oui si, plus tard, Felicity Lott ne nous avait démontré le contraire, à contre-voix. </p>
<p>A défaut de francité, il existe dans les pays germaniques — Vienne notamment où Offenbach fut fêté de son vivant et certains de ses ouvrages créés avant Paris – une tradition offenbachienne. Datés de la fin des années 1970, des enregistrements d’<em>Orpheus in der Unterwelt</em>, <em>Die schöne Helena</em>, <em>Pariser Leben</em> et <em>Die Groβherzogin von Gerolstein</em> le rappellent, à titre anecdotique pour l’auditeur francophone qui ne trouvera là-dedans rien de mieux que ce qu’il a dans sa propre langue.</p>
<p>Seule exception, <em>Les Contes d’Hoffmann</em> par <strong>Dietrich Fischer-Dieskau</strong> et <strong>Julia Varady</strong>, jamais à court d’arguments ici comme ailleurs. A comparer pour les philologues de la partition avec la version Oeser enregistrée par <strong>Sylvain Cambreling</strong> et présentée à l’époque de l’enregistrement (1988) comme la mouture définitive de l’œuvre. Abandonnée depuis, son acte de Venise s’avère pourtant d’une consistance supérieure à ce que l’on trouve dans les autres avatars d’une partition condamnée pour l’éternité aux supputations musicologiques. Fidèle à ses habitudes, <strong>Neil Shicoff</strong> dans le rôle-titre fait valoir l’engagement jusqu’au-boutiste que l’on est en droit d’attendre du poète maudit. </p>
<p>Dans le sillage des hommages monumentaux érigés par Plasson, L<em>es Brigands </em>et la drôle de trilogie formée par <em>Pomme d’Api</em>, <em>Monsieur Choufleri</em> et <em>Mesdames de La Halle</em> résolvent dans les années 1980 cette impossible équation entre musique et théâtre, entre rire et, cachée derrière la bouffonnerie, prête à affleurer, cette absurde mélancolie qui apporte un relief particulier à la musique d’Offenbach (et fait cruellement défaut à Hervé – là est peut-être la raison du succès du premier quand le second peine à sortir de l’ombre). </p>
<p>En bonus, les six Fables de la Fontaine par ce prince de la mélodie française qu’est <strong>François Le Roux</strong>, <em>G</em><em>aîté parisienne</em>, ballet en forme de pot-pourri arrangé par <strong>Manuel Rosenthal</strong>, qui connut son heure de gloire avant que l’<em>Offenbach Renaissance</em> ne le remise au placard, et un récital de <strong>Jane Rhodes</strong>. Dirigée par son époux <strong>Roberto Benzi</strong>, la première Carmen du Palais Garnier est ici à Offenbach ce que Bartoli fut à Vivaldi : le porte-drapeau du renouveau d’une musique alors méjugée. Avant Crespin, dont on entend à l’écoute de ce florilège combien elle l’inspira, la diction, le timbre pourpre, le port royal de la voix, les inflexions coquines raniment la flamme vive d’Hortense Schneider, diva et divette, passage des princes et princesse des boulevards, dont Offenbach en signe d’allégeance reconnaissait n’être que le « <em>compositeur ordinaire</em> ». </p>
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		<title>Gala de stars en l&#8217;honneur de Jessye Norman</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/gala-de-stars-en-lhonneur-de-jessye-norman/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Feb 2019 00:25:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Jessye Norman s&#8217;est vu décerner le douzième prix Glenn Gould pour couronner sa longue et riche carrière. La soprano américaine rejoint une prestigieuse liste de récipiendaires : Yehudi Menuhin, Pierre Boulez ou encore Philip Glass pour n&#8217;en citer que quelques-uns. A soirée exceptionnelle, invités exceptionnels, Jessye Normann était donc entourée sur scène notamment de Nina &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Jessye Norman</strong> s&rsquo;est vu décerner le douzième prix Glenn Gould pour couronner sa longue et riche carrière. La soprano américaine rejoint une prestigieuse liste de récipiendaires : Yehudi Menuhin, Pierre Boulez ou encore Philip Glass pour n&rsquo;en citer que quelques-uns. A soirée exceptionnelle, invités exceptionnels, Jessye Normann était donc entourée sur scène notamment de <strong>Nina Stemme</strong>, <strong>Sondra Radvanovsky</strong> ou encore<strong> Donald Runnicles</strong> le temps d&rsquo;un gala lyrique à la Canadian Opera Company de Toronto le 20 février dernier. </p>
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