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	<title>Saint-Etienne - Ville - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Saint-Etienne - Ville - Forum Opéra</title>
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		<title>PUCCINI, Tosca &#8211; Saint-Etienne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-tosca-saint-etienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jun 2026 08:36:38 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette production n’avait pas été reprise depuis sa création, à Tours en 2017. Et on est en droit de s’interroger quant aux raisons de cette longue parenthèse, car l’approche de <strong>Pier-Francesco Maestrini</strong> méritait pleinement d’être redécouverte. Classique ou traditionnelle jugeront certains, d’une fidélité exemplaire à la lettre comme à l’esprit de l’ouvrage, sans tomber dans l’exhumation de sa création, pensons-nous. Nulle transposition, ni volonté d’imposer une lecture répondant à telle ou telle préoccupation d’actualité, pour autant dépourvue de ringardise, inventive, au service du drame et de ce qu’il porte d’émotion, la démarche et l’aboutissement sont exemplaires. Avant même que la lumière décline dans la salle, le rideau de scène offre une belle fresque d’une coupole italienne du XVIIIe siècle. De fait, les projections (scénographie et vidéos de <strong>Guillermo Nova</strong>) participeront pleinement au décor, fluide et renouvelé, au point que l’on a parfois peine à distinguer les objets projetés de ceux bien réels, placés derrière le voile de tulle. Leur choix, pertinent, cohérent et d’un goût très sûr, se fonde sur une iconographie richement documentée (1). Nous serons bien à Sant’Andrea della Valle, puis au Palais Farnèse et enfin au Château Saint-Ange. Signés <strong>Luca Dall’Alpi</strong>, les costumes du Directoire, à la coupe, et aux tons séduisants, participent à cette plongée au tournant de 1800 (Bonaparte à Marengo). Les lumières, ingénieuses et efficaces, de <strong>Bruno Ciulli </strong>et<strong> Pascal Merat</strong>, permettent de jouer sur tous les plans, avec une approche et un mouvement cinématographiques (2). Beauté plastique et sonore se conjuguent idéalement</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSC7405-1294x600.jpg" alt="" />© Cyrille Cauvet - Opéra de Saint-Étienne</pre>
<p>La distribution, pleinement investie, est dominée naturellement par les trois premiers rôles. Si nous connaissions le Scarpia de ce soir, Tosca et Cavaradossi sont deux révélations, du moins dans l’Hexagone, où l’on découvre <strong>Federica Vitali</strong>, semble-t-il. (3) Elle était déjà Floria l’été dernier à Klosterneuburg. Notre soprano <em>assoluta</em> se situe dans la descendance de Montserrat Caballé, dont elle fut la disciple, et qu’elle surpasse dans l’incarnation, croyons-nous. D’une flamboyance vocale indéniable, son aisance, sa vérité physique et dramatique impressionnent. Une immense tragédienne. Noble et passionnée, terrifiée et déterminée au III, l’émotion est toujours au rendez-vous. Une voix longue, toute en couleurs, sensuelle, homogène, servie par des moyens d’exception. Une ligne soutenue, aux phrasés ciselés, la splendeur des aigus, les graves capiteux et un riche médium, tout est là, dès la première note. Un <em>Vissi d’arte</em> admirable de douceur et de piété, mais aussi son ultime duo, introduit par le <em>O dolci mani</em> que chante Cavaradossi, tout nous étreint.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>« Un nom à retenir » écrivait Christian Peter après l’avoir écouté dans Luisa Miller, à Tours en 2024, et il avait pleinement raison. <strong>Anthony Ciaramitaro</strong> nous vaut un Mario Cavaradossi généreux, viril, ardent, sensible, courageux<strong>.</strong> La voix est large, à l’aise dans toute l’étendue de son registre, ample et souple, le timbre flatteur et le style irréprochable. Le ténor américain d’ascendance italienne rivalise avec les plus grands. Evidemment <em>Recondita armonia</em>, <em>E lucevan le stelle</em>, sont illustrés avec maestria&#8230; du début à la fin le bonheur musical est là.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSC7504-1294x600.jpg" alt="" />© Cyrille Cauvet - Opéra de Saint-Étienne</pre>
<p>Le baron Scarpia, confié à <strong>Massimo Cavalletti</strong>, jamais ne tombe dans la caricature. Point n’est besoin d’ajouter à la noirceur, à la violence : le grand commis de l’Etat, exécrable, emperruqué, joue de sa voix solide, ample, bien timbrée, à l’émission arrogante, passant avec subtilité de l’autorité impérieuse à la séduction lubrique. Son incarnation donne une épaisseur au personnage, fût-il abject. <strong>Matteo Loi</strong> nous vaut un sacristain, enfermé dans sa pratique formelle, complice zélé du régime oppresseur. La voix est saine et le jeu convaincant. Les comprimari ne sont pas reste. Spoletta, l’agent de police, est confié au ténor<strong> Saverio Pugliese</strong>, aux moyens sûrs et à la présence efficace. Nos deux Français, <strong>Mathieu Gourlet</strong> (Angelotti) et <strong>Florian Bisbrouck</strong> (Sciarrone) sont en parfaite harmonie avec la distribution italienne. On se souvient du beau Masetto que le premier incarnait récemment à Clermont-Ferrand. Le prisonnier échappé du Château Saint-Ange est idéalement campé, robuste et nuancé. Quant à Sciarrone, il est servi avec l’autorité attendue.</p>
<p>Le chœur et celui des enfants sont admirables d’engagement et de précision. Le <em>Te Deum</em> est un grand moment. Mais, même si l’émotion des voix est au cœur de l’ouvrage, la magie vient de l’orchestre. <em>Tosca</em> est un opéra de chef. Sous la direction exigeante de <strong>Giuseppe Grazioli</strong>, l’orchestre chante comme il explose, avec un souffle constant, souple et nerveux, violent. Les couleurs et la dynamique sont bien là. On retiendra la qualité des cordes, particulièrement dans la scène accablée précédant le <em>Vissi d’arte</em>, introduit par une belle clarinette. Sans oublier le prélude du troisième acte, poétique évocation de l’aube sur Rome.</p>
<p>Une distribution d’anthologie, bousculant les hiérarchies, une mise en scène fascinante de beauté et d’efficacité, une direction dans son arbre généalogique, orchestre et chœurs à l’avenant, que souhaiter de plus ? Il faudra que le rideau tombe pour mettre un terme aux longues acclamations d’un public enthousiaste.</p>
<pre>(1) Ainsi la Madeleine au pied de la croix, le Château Saint-Ange (de Giuseppe Zocchi).</pre>
<pre>(2) L’insertion concise du titre et de quelques images d’un film ancien (film de Carlo Kock, de 1941, à moins que ce ne soit le film-opéra de Gallone, 1956, avec Franco Corelli et la voix de Maria Caniglia ?), des effets de rotation et de zoom y participent.</pre>
<pre>(3) Alors que leur carrière internationale est saluée pour leurs premiers rôles sur des scènes prestigieuses, on s’interroge sur les raisons de cette absence des nôtres.</pre>
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		<title>Saint-Etienne 2026-27 : honneur au lyrique !</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/saint-etienne-2026-27-honneur-au-lyrique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 May 2026 05:26:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une lecture superficielle et précipitée du programme 2026-27 de l&#8217;Opéra de Saint-Etienne, dévoilée le 3 mai, peut surprendre : quatre opéras seulement, auxquels s’ajoutent les Carmina Burana, pour les fêtes… Ce serait se méprendre gravement. En effet, les spectacles lyriques structurent toujours la saison, qui fait la plus large part au chant. Une Carmen, avec &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Une lecture superficielle et précipitée du <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-26-27/spectacles//type-lyrique">programme 2026-27 de l&rsquo;Opéra de Saint-Etienne</a>, dévoilée le 3 mai, peut surprendre : quatre opéras seulement, auxquels s’ajoutent les <em>Carmina Burana</em>, pour les fêtes… Ce serait se méprendre gravement. En effet, les spectacles lyriques structurent toujours la saison, qui fait la plus large part au chant.</p>
<p>Une <em>Carmen</em>, avec dialogues parlés, où <strong>Héloïse Mas</strong> reprend le rôle, mise en scène par <strong>Christophe Rico,</strong> en ouverture.</p>
<p>Jamais monté depuis 1905, l’opéra de Mermet, <em>Roland à Roncevaux</em>, retrouvera vie à la faveur de la collaboration avec le Centre de musique romantique française (Palazzetto Bru Zane). C’est <strong>Hervé Niquet</strong> qui dirigera, la mise en scène étant confiée à <strong>Jean-Romain Vesperini</strong> (en mars).</p>
<p>Suivra, en avril-mai, le <em>Roméo et Juliette</em> de Gounod (<strong>Jean-Yves Ruf</strong> / Christian Lacroix), offerte à l’Opéra-Comique en période de pandémie COVID, avec une direction et une distribution totalement renouvelées (<strong>Guillaume Tourniaire</strong>, <strong>Cyrille Dubois</strong>, <strong>Florie Valiquette</strong>…).</p>
<p>En juin, ce sera une <em>Turandot</em>, qui ira ensuite à Tours, coproduction oblige. <strong>Giuseppe Grazioli</strong>, chef permanent de l’Orchestre de l’Opéra de Saint-Etienne, spécialiste du répertoire italien, en assurera la direction. <strong>Nicola Berloffa</strong> signera la mise en scène, et <strong>Alexandra Marcellier</strong> sera Liù (tous les Stéphanois gardent en mémoire la <em>Madame Butterfly</em>, qui marqua son envol international, en novembre 2021).</p>
<p>S&rsquo;ajoutent à ces productions d&rsquo;autres spectacles lyriques dont l’intérêt n’est pas moindre : en octobre <em>The Opera Locos</em>, imprégné d’humour, où cinq chanteurs, dont <strong>Florian Laconi</strong>, se disputent Mozart, Puccini, Rossini et Verdi ; <em>Didon et Enée</em>, par Les Surprises, avec <strong>Blandine de Sansal</strong>, en décembre ; <em>Broadway Rhapsody</em>, le mois suivant, sera l’occasion de se réjouir avec Cyrille Dubois, et avec <strong>Jean-Michel Founereau</strong> auquel on doit la réalisation ;<em> Dites-le donc avec des fleurs</em>, où l’amour est mis en question, par trois chanteurs, avec le concours de Mozart, Rossini, de la comédie musicale et de l’opérette, en mars.</p>
<p>Il faudrait ajouter, en novembre, le concert de l’Ensemble orchestral contemporain, que dirige <strong>Bruno Mantovani</strong>, où le monodrame de Philippe Manoury pour contralto et ensemble sera donné, avec deux créations de Suzanne Giraud et Claude Ledoux. Sans en oublier deux autres de <em>Canticum Novum</em>, où la voix d’<strong>Emmanuel Bardon </strong>est essentielle (décembre et mars).</p>
<p>Ajoutons que cinq des sept <em>Afterworks de l’Opéra</em> illustrent le chant lyrique. Saint-Etienne nous promet une somptueuse saison. A la tienne, Etienne !</p>
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		<title>SILVER, La Belle au bois dormant &#8211; Saint-Étienne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/silver-la-belle-au-bois-dormant-saint-etienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre Venissac]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Apr 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>124 ans, c’est le temps qu’il aura fallu pour que cette Belle au bois dormant retrouve la scène après sa création, surpassant ironiquement la durée du sommeil de son héroïne. Créée en province, l’œuvre n’a jamais été reprise dans les salles parisiennes : le succès d’estime n’aura pas suffi à la préserver de l’oubli. A &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>124 ans, c’est le temps qu’il aura fallu pour que cette Belle au bois dormant retrouve la scène après sa création, surpassant ironiquement la durée du sommeil de son héroïne. Créée en province, l’œuvre n’a jamais été reprise dans les salles parisiennes : le succès d’estime n’aura pas suffi à la préserver de l’oubli. A l’heure où des maisons d’opéra bien plus subventionnées se contentent d’appliquer des recettes connues, il faut saluer l’audace de l’Opéra de Saint-Étienne pour inscrire une telle redécouverte dans sa programmation. Pari gagné, le succès public est retentissant aux saluts.</p>
<p>Il faut dire que cette « féerie lyrique » a bien des atouts à faire valoir. La musique de Charles Silver emprunte beaucoup à son maître Massenet, que ce soit par la séduction harmonique immédiate ou par la souplesse de la ligne vocale. Pour 1902, l’écriture regarde beaucoup vers le passé, avec également des influences wagnériennes. Bien orchestrée, flatteuse vocalement, émouvante et contrastée, la partition vaut par son charme et son efficacité. La fin du premier acte en particulier est une vraie réussite, avec un duo d’amour extrêmement délicat. Le livret s’accorde deux libertés majeures avec le conte de Perrault. La Fée Urgèle condamne Aurore à mourir le jour où elle rencontrera l’amour : ainsi pas de fuseau ni d’épine dans cette version, mais un premier baiser (consenti qui plus est !). Par ailleurs, Carré et Collin rajoutent une sous-intrigue comique avec le couple de paysans formé par Jacotte et Barnabé. Ce dernier est persuadé par la méchante fée qu’il est légitime à réveiller Aurore, ce qui crée des ruptures de tons assez drôles dans les actes II et III. La dramaturgie d’ensemble se tient plutôt très bien, et accorde une place prépondérante à l’antagonisme entre Urgèle et Primevère, la fée bienfaitrice. Comme souvent avec le genre des opéras féeriques, le livret indique moult effets scéniques spectaculaires, entre décors mouvants, rideau de brume, et animaux sur scène.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_3226-1294x600.jpeg" alt="" />© Cyrille Cauvet</pre>
<p><strong>Laurent Delvert</strong> fait le choix d’évoquer ce champs du merveilleux plutôt que de le représenter littéralement, avec une poésie désarmante. Avec l’aide de la scénographie de <strong>Zoé Pautet</strong> et des lumières de <strong>Nathalie Perrier</strong>, la magie naît de subtiles modifications du décor et de l’éclairage, notamment par de simples jeux de rideaux. Par cette épure relative, on apprécie d’autant plus la tendresse de cette production. L’omniprésence des fées autour de la princesse, un prince moins fanfaron qu’à l’accoutumée, la mélancolie d’Aurore…ces aspects sont dans le livret, mais aussi particulièrement valorisés par la direction d’acteurs. Lisible, délicate et personnelle, c’est tout ce qu’on attend d’une bonne mise en scène, avec en plus le sentiment agréable qu’elle a été conçue en équipe et pour les interprètes.</p>
<p>Toute la distribution a été constituée avec un soin qui force le respect, entre jeunes noms et artistes reconnus mais peu médiatiques. Même le rôle parlé de la fée Primevère, certes très important scéniquement, est confié à <strong>Anne-Lise Polchlopek</strong>, superbe mezzo qu’on n’a ici guère l’occasion d’entendre. Elle s’acquitte cependant avec beaucoup de dignité et d’éloquence des textes qui lui sont attribués, alors qu’il s’agit de la vraie faiblesse de l’œuvre. <strong>Antoine Foulon</strong> ne fait qu’une bouchée des deux rôles qui lui incombent, tandis que <strong>Philippe-Nicolas Martin</strong>, avec le beau rôle du Roi, a l’occasion de faire valoir la noblesse de son baryton lyrique. Avec leur couple paysan, <strong>Héloïse Poulet</strong> et <strong>Matthieu Lécroart</strong> font mouche grâce à une énergie bouffe irrésistible, et on a l’occasion avec le rôle du page d’apprécier d’autant plus la voix très facile de la première.<strong> Julie Robard-Gendre</strong> en Urgèle revancharde continue de prouver qu’elle est l’une des mezzos françaises qui comptent, par ce timbre unique, cette facilité sur tout l’ambitus, et un charisme scénique irrésistible. Aurore est incarnée par <strong>Déborah Salazar</strong>, qui lui prête une délicatesse et une intelligence du texte extrêmement émouvantes. Sa voix, souple et lumineuse, ne va qu’en s’épanouissant au fil de la représentation jusqu’à signer avec son réveil au dernier acte l’un des plus beaux moments de chant de la représentation. Enfin, si <strong>Kévin Amiel</strong> impressionne par ses moyens vocaux et son endurance dans les rôles des princes, il séduit d’autant plus par sa capacité à nuancer, à chercher des aigus piano et à explorer scéniquement une certaine vulnérabilité face à Aurore. Comme pour chaque chanteur de la production, le français est aussi clair qu’il est incarné.</p>
<p>Le <strong>Chœur Lyrique Saint-Etienne Loire</strong>, préparé par <strong>Laurent Touche</strong>, ne souffre d’aucun défaut d’implication et de précision, et se montre en grande forme. Il en va de même de l’<strong>Orchestre Symphonique Saint-Etienne Loire</strong>, dont on apprécie particulièrement l’harmonie, très sollicitée : le hautbois dans le prologue par exemple, ou les cors dans les passages d’inspiration germanique. <strong>Guillaume Tourniaire</strong> dirige cette musique avec beaucoup de souplesse et une attention particulière aux timbres, sans jamais que le plateau ni la fosse ne se trouvent mis à mal en terme de mise en place. On a peine à croire qu’il ne s’agit là que de la deuxième représentation d’une œuvre jamais jouée tant le résultat est abouti.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_3228-1294x600.jpeg" alt="" />©️Cyrille Cauvet</pre>
<p>La Belle au bois dormant n’est pas un chef-d’œuvre, et Charles Silver n’est pas un génie oublié. Défendue avec ce sérieux, cette intelligence et cette compétence, ce n’en est pas moins une œuvre attachante, riche en beautés, et qui a su ici inspirer un spectacle abouti sur tous les plans. Pour les malheureux qui n’ont pas pu assister à l’une des deux représentations, le Palazzetto Bru Zane a sorti ce 24 avril l’enregistrement de l’opéra fait à Budapest l’an dernier, avec une distribution entièrement différente à l’exception du rôle de Barnabé. Julien Dran, Kate Aldrich, Thomas Dolié… voilà des arguments suffisants pour découvrir cette belle endormie.</p>
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		<item>
		<title>Saison 2026-27 : les programmes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/saison-2026-27-les-programmes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Mar 2026 06:41:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://blo.org/season/">Boston</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.laseinemusicale.com/programmation/?format%5B%5D=222">Boulogne (Seine Musicale)</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.lamonnaiedemunt.be/fr/season/1760?_gl=1*1ho8qs1*_up*MQ..*_ga*NjMzNjI2MTM4LjE3NzU4MzAyOTE.*_ga_BKCKGBJ4NV*czE3NzU4MzAyOTEkbzEkZzAkdDE3NzU4MzAyOTEkajYwJGwwJGgw">Bruxelles (La Monnaie)</a></strong></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.opera.hu/en/programme/premieres/?evad=2026-2027&amp;helyszin=&amp;mufaj=opera&amp;q=&amp;nezet=doboz"><strong>Budapest</strong></a></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://theatre.caen.fr/actualite/un-avant-gout-de-la-saison-2627"><strong>Caen</strong></a></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.lyricopera.org/shows/upcoming/2026-27-season/">Chicago</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://clermont-auvergne-opera.com/actualite/telecharger-la-saison-26-27/">Clermont-Ferrand</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.oper.koeln/en/productions/2026-2027">Cologne</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.theatresdecompiegne.com/saison">Compiègne</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.kglteater.dk/opera/?tags=2026-2027">Copenhague</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://dallasopera.org/2627-season/">Dallas</a></strong></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://opera-dijon.fr/fr/au-programme/calendrier/saison-26-27/"><strong>Dijon</strong></a></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.theaterdo.de/oper/startseite/premieren/">Dortmund</a></strong></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.semperoper.de/spielzeit-2026-27.html"><strong>Dresde</strong></a></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.irishnationalopera.ie/whats-on/category/opera">Dublin</a></strong></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.tiroler-festspiele.at/spielplan-karten#programm|Sommer%2027"><strong>Erl</strong></a></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.maggiofiorentino.com/event_season/opera-e-balletto-2027">Florence</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://oper-frankfurt.de/en/new-productions/">Francfort</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://nof.ch/#archives/26-27">Fribourg</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.gtg.ch/saison-26-27/nouveaux-mondes/">Genève (Grand Théâtre)</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://lacitebleue.ch/fr/evenements/2026-2027">Genève (La Cité Bleue)</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://operacarlofelicegenova.it/spettacoli/">Gênes</a></strong></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://oper-graz.buehnen-graz.com/spielplan/oper-operette-musical-2/"><strong>Graz</strong></a></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.die-hamburgische-staatsoper.de/de/programm/spielzeit-2026-2027#oper">Hambourg</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://oopperabaletti.fi/en/repertoire/#opera">Helsinki</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.houstongrandopera.org/on-stage#season">Houston</a></strong></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.staatstheater-karlsruhe.de/programm/vorschau26-27/#oper"><strong>Karlsruhe (Badisches staatstheater)</strong></a></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.opera-lausanne.ch/season/2026-27/">Lausanne</a></strong></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.oper-leipzig.de/en/produktionen/2026-2027"><strong>Leipzig</strong></a></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.operaliege.be/evenement/?saisons=56487&amp;cats=50592&amp;view=columns&amp;pages=1&amp;lang=fr"><strong>Liège</strong></a></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.opera-lille.fr/#ConstellationAutomne">Lille</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.operalimoges.fr/search">Limoges</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.eno.org/about/this-season/">Londres (English National Opera)</a></strong></li>
<li style="text-align: left;"><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.rbo.org.uk/tickets-and-events?hotFilter=opera-and-music&amp;page=1"><strong>Londres (Royal Opera House)</strong></a></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.laopera.org/whats-on?Genre%5B0%5D=2026-27%20Season">Los Angeles</a></strong></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.opera-lyon.com/programmation-2026-2027"><strong>Lyon</strong></a></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.theater-magdeburg.de/diverses/premierenuebersicht-2627/#spielzeitheft"><strong>Magdebourg</strong></a></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://operazuid.nl/en/season-26-27/">Maastricht (Opera Zuid)</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.teatroreal.es/sites/default/files/AVANCE_26-27.pdf">Madrid</a></strong></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://opera-odeon.marseille.fr//actualites/saison-2026-2027"><strong>Marseille</strong></a></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.opera-massy.com/fr/saison-26-27-abonnez-vous.html?cmp_id=77&amp;news_id=1255&amp;vID=3"><strong>Massy</strong></a></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://opera.eurometropolemetz.eu/fr/a-l-affiche.html"><strong>Metz</strong></a></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.teatroallascala.org/static/upload/pro/programma-stagione-2026-2027.pdf">Milan</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.opera.mc/">Monte-Carlo</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.opera-orchestre-montpellier.fr/saison-26-27/saison-2026-2027/#a-venir">Montpellier</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://operademontreal.com/saison-26-27">Montréal</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.staatsoper.de/en/season-2026-27">Munich</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://opera-nancy.fr/actualites/decouvrez-notre-nouvelle-saison">Nancy</a></strong></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.angers-nantes-opera.com/programmation"><strong>Nantes</strong></a></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.teatrosancarlo.it/spettacoli/stagione-2026-27-teatro-di-san-carlo/">Naples</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.metopera.org/season/2026-27-season/">New York (Metropolitan Opera)</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.carnegiehall.org/Events/Carnegie-Hall-Presents-26-27?sourceCode=55056&amp;gad_source=1&amp;gad_campaignid=22996030269&amp;gbraid=0AAAAADrUvhZJin0tdJDtdG5cd99KD59yi&amp;gclid=Cj0KCQjwh-HPBhCIARIsAC0p3cf8fFlQB4MWCSmCgry8ggdBcTFTkPsC0GvZc5imwPBg1Kv4jjJvhLwaAiViEALw_wcB">New York (Carnegie Hall)</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.opera-nice.org/agenda/?_season=saison-2026-2027">Nice</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.operaoviedo.com/actualidad/opera-oviedo-temporada-26-27/">Oviedo</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.teatromassimo.it/en/the-2026-27-season/">Palerme</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.athenee-theatre.com/saison/spectacles.htm?&amp;mk=1&amp;im=92744&amp;in=28707&amp;il=1286069">Paris (Athénée)</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.chatelet.com/saison/26-27/tous/">Paris (Châtelet)</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.opera-comique.com/fr/magazine/serie-la-saison-2026-2027">Paris (Opéra Comique)</a></strong></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.musee-armee.fr/au-programme/saison-musicale-invalides/les-concerts-2026-2027.html"><strong>Paris (Invalides)</strong></a></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.operadeparis.fr/programmation/saison-26-27"><strong>Paris (OnP)</strong></a></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://philharmoniedeparis.fr/fr/programmation/saison-26-27">Paris (Philharmonie)</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.maisondelaradioetdelamusique.fr/saison-26-27">Paris (Radio France)</a></strong></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.theatrechampselysees.fr/saison-2026-27"><strong>Paris (TCE)</strong></a></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.teatroregioparma.it/en/season-27-opera/">Parme</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.teatroregioparma.it/en/festival-verdi-2026-en/">Parme (Festival Verdi)</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.narodni-divadlo.cz/en/ensembles/opera/opera-repertoire-2026-27">Prague</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.operaphila.org/whats-on/2627-season/">Philadelphie</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://operadereims.com/event/?filters=type_of_event-2,68,54,222,60">Reims</a></strong></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://opera-rennes.fr/fr/programmation"><strong>Rennes</strong></a></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.opera.lv/en/repertoire/">Riga</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.operaroma.it/news/il-dolce-suono-mi-colpi-la-stagione-2026-2027-del-teatro-dellopera-di-roma/">Rome</a></strong></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.operaorchestrenormandierouen.fr/regarder/nouvelle-saison-changer-nos-desirs-plutot-que-lordre-du-monde/"><strong>Rouen</strong></a></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://opera.saint-etienne.fr/otse/saison-26-27/spectacles//type-lyrique">Saint-Etienne</a></strong></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.sfopera.com/seasons/explore/"><strong>San Francisco</strong></a></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.seattleopera.org/tickets/tickets-and-packages/discover-the-season/"><strong>Seattle</strong></a></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://drive.google.com/file/d/1OO4VQd0fzem7MVzR5xGuxGSdWhQzGKqo/view"><strong>Séville</strong></a></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.operanationaldurhin.eu/fr/spectacles/saison-26-27/opera-1">Strasbourg, Mulhouse, Colmar (Opéra national du Rhin)</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.nntt.jac.go.jp/english/2026-27season-opera.html">Tokyo</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.coc.ca/tickets/2627-season">Toronto</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://mcusercontent.com/73e7fda2a33bc83bfc84c30b4/files/a977de9c-c4af-13e9-0d09-6925f41c4d24/Brochure_26_27.pdf">Toulon</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://opera.toulouse.fr/saison-2026-2027/">Toulouse</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.atelierlyriquedetourcoing.fr/saison-26-27/">Tourcoing</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://operadetours.fr/fr/programmation?filtre%5Bliste_evenements%5D%5Btype%5D=125">Tours</a></strong></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.teatroverdi-trieste.com/it/news/presentata-la-stagione-lirica-e-di-balletto-2026-27/"><strong>Trieste</strong></a></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.teatroregio.torino.it/node/8236">Turin</a></strong></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.lesarts.com/es/programacion/c/opera-61.html"><strong>Valence</strong></a></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.vancouveropera.ca/whats-on/2026-2027-season/">Vancouver</a></strong></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.theater-magdeburg.de/diverses/premierenuebersicht-2627/#spielzeitheft"><strong>Varsovie</strong></a></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.teatrolafenice.it/en/new-season-2026-2027/">Venise</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.chateauversailles-spectacles.fr/app/uploads/sites/2/2026/03/Avant-programme-A3-saison-musicale-26-27_17-MARS-2026_WEB.pdf?_gl=1*o28uom*_gcl_au*NjQwOTA1Nzc1LjE3NzU4ODUxMTE.">Versailles</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.wiener-staatsoper.at/en/new-season/">Vienne (Staatsoper)</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.theater-wien.at/en/events/season2026-27">Vienne (Theater an der Wien)</a></strong></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.volksoper.at/premieres/season-2026-2027.en.html"><strong>Vienne (Volksoper)</strong></a></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://img1.wsimg.com/blobby/go/70eeb621-a1d4-4dc5-bf4a-7e51fc42fde1/2627_WNO_Renewal_Brochure_5-15PM.pdf">Washington</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.wexfordopera.com/programme/festival-programme">Wexford (Festival Opera)</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.staatstheater-wiesbaden.de/spielplan/premieren-26-27/">Wiesbaden</a></strong></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.opernhaus.ch/en/spielplan/spielzeit-ueberblick-2026-27/"><strong>Zurich</strong></a></li>
</ul>
<ul>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://lesgrandesvoix.fr/saison-2026-2027/">Les Grandes Voix</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://opera-rara.com/">Opera Rara</a></strong></li>
<li><strong><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.philippemaillardproductions.fr/page-37/saison-concerts-paris-2026-2027.html">Philippe Maillard Productions</a></strong></li>
</ul>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>STRAVINSKY, L&#8217;histoire du soldat &#8211; Saint-Etienne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/stravinsky-lhistoire-du-soldat-saint-etienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Mar 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=209217</guid>

					<description><![CDATA[<p>Quelle heureuse idée que de programmer L’histoire du soldat, si rare sur nos scènes comme au concert ! Il est vrai que l’œuvre, inclassable, qui ne fait pas appel à la voix chantée, ne relève pas précisément du théâtre lyrique. Encore que la diction rythmée, l’intonation que lui donnent le narrateur, le diable et le soldat &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Quelle heureuse idée que de programmer <em>L’histoire du soldat</em>, si rare sur nos scènes comme au concert ! Il est vrai que l’œuvre, inclassable, qui ne fait pas appel à la voix chantée, ne relève pas précisément du théâtre lyrique. Encore que la diction rythmée, l’intonation que lui donnent le narrateur, le diable et le soldat lui en confèrent les attributs, et que la dimension dramatique et chorégraphique n’y contribue pas moins. Il est malaisé de se débarrasser de ses préjugés lorsque l’on fréquente <em>l’Histoire du soldat</em> depuis son adolescence &#8230; La genèse vaudoise, avec le mécénat de Werner Reinhardt (1), sans qui rien n’aurait été possible, est connue. Ernest Ansermet à la baguette, René Auberjonois signant les décors;  parmi les trois étudiants engagés pour les rôles parlés, Jean Villard – plus tard Villard-Gilles – en diable, Georges Pitoëff comme chef de troupe, et danseur (le diable) avec Ludmilla (la princesse) : que du beau monde (2).</p>
<p>Pour bien connaître sa gestation, le texte original de Ramuz et la partition de Stravinsky, l’annonce d’une version amplifiée d’un prologue interrogeait : l’œuvre ne se suffisait-elle pas à elle-même ? On appréhendait les altérations, sinon les dévoiements. Le vieux conte russe d’Afanassiev, magistralement réécrit par Ramuz, dans une langue simple, savoureuse, délibérément naïve, mais toujours poétique et forte, est une petite merveille. Il faut relire le texte original, dans son intégralité, pour apprécier pleinement la pièce comme l’œuvre musicale. Les coupures effectuées par Stravinsky pour condenser l’action paraissent des ablations, tant dramatiques que poétiques. Ce soir, le texte est enrichi d’un prologue, que signe <strong>Benjamin Lazar</strong>, le metteur en scène, qui apporte par ailleurs quelques retouches ou amplifications au texte original, reprises de Ramuz ou de sa plume. Le programme nous dit « Une génération après la nôtre, dans les années 2050, une jeune femme enquête sur son père, un soldat qu’elle n’a pas connu. Elle se rend pour cela chez un médium qui prétend rendre visibles les souvenirs intérieurs. Lors de cette séance, la jeune femme va voir resurgir l’histoire de son père des profondeurs insoupçonnées de sa mémoire ». Le médium renvoie à Menotti, bien sûr, mais sans que ce soit une référence.  Le côté fantastique et l’humour sont saufs, tout en prenant des allures d’enquête documentaire. Les modifications entraînées sont multiples. La Princesse, rôle uniquement dansé dans la version originale, se fait aussi narratrice, tout en incarnant la fille du soldat. A cet égard, il faut saluer l’extraordinaire performance de comédienne, de chorégraphe et de danseuse de <strong>Taya Skorokhodova</strong>. Le prologue ajouté, composé par Martin Matalon, fait appel aux mêmes musiciens que ceux sollicités par Stravinsky, bien sûr (3). Et son écriture, sans jamais pasticher le maître, s’harmonise fort bien avec son langage : les interjections, ponctuations, onomatopées s’inscrivent dans une métrique riche en invention, colorée, virtuose, qui rejoint celle du conte.</p>
<p>Créé au Théâtre de Caen, en mai 2024, avec les mêmes interprètes, sinon les sept musiciens, ici membres de l’Orchestre symphonique Saint-Etienne Loire, le spectacle est réglé avec brio. La mise en scène, faisant appel à une vidéo habile et efficace, est parfaitement respectueuse du dispositif arrêté par Stravinsky : au centre, une scène réduite, de tréteaux, les sept musiciens et le chef regroupés côté jardin, le côté cour élargissant les évolutions à tout l’espace scénique. La magie du spectacle repose largement sur une cloison mobile, en fond de scène, dont la large baie vitrée autorise nombre d’effets bienvenus, à la fois miroir sans tain et écran. Un dispositif qui marie simplicité et efficacité, à la faveur de la magie des lumières, signées <strong>Camille Mauplot</strong>, et des costumes aussi justes que séduisants d’<strong>Adeline Caron</strong>, auteure d ‘une scénographie exemplaire. Les vidéos de<strong> Yann Chapotel </strong>participent pleinement à l’émotion, comme à l’humour et au lyrisme de la production. Ainsi, le fabuleux retour en calèche « à travers le ciel » du diable et de Joseph est un bonheur visuel, parmi d’autres. La direction d’acteurs est ici chorégraphie : les trois comédiens se doublent de parfaits danseurs et chaque déplacement est porteur de sens, de la symétrie des évolutions entre la fille et son soldat de père à la grande scène dansée qui réunit le soldat et la princesse, c’est un constant régal.</p>
<p><strong>Maurin Ollès</strong> campe avec bonheur un soldat jeune, naïf, habité par le bon sens, sympathique. L’expression de sa détresse, puis de sa passion est juste et en font un personnage attachant. La truculence du médium, puis la roublardise du diable, dans ses métamorphoses colorées, sont traduites par <strong>Pierre Maillet</strong> avec autant de panache. Leur bonheur à jouer est partagé par la narratrice, princesse, jeune femme et autre soldat, puisqu’elle aussi endosse plusieurs rôles. L’ensemble des solistes de l’Orchestre symphonique Saint-Etienne Loire est exemplaire, conduit avec maestria par<strong> Jean Deroyer</strong>. L’ancien assistant à l’IRCAM donne à ces musiques, qu’elles soient de Matalon ou de Stravinsky, une vigueur dramatique singulière, dont la précision et les accents sont remarquables. Si tous les instruments sont également virtuoses, le violon, le trombone (dans l’évocation de la guerre), la clarinette se distinguent avec bonheur. Seule réserve, minime : pourquoi n’avoir pas préféré le cornet, plus chaud, rond, canaille, à la trompette claire, perçante ?</p>
<p>Le puriste froncera peut-être le sourcil à quelques menues altérations. Mais ces soulignements, assortis d’un humour de bon ton, s’inscrivent pleinement dans le projet. D’abord la féminisation du narrateur, l’intrusion de la guerre (4), le chasseur de papillons, première incarnation du diable, est remplacé par un randonneur alpestre avec son pique-nique, une actualisation obligée par la transposition (le pistolet, le téléphone portable en guise de livre&#8230;). Du fantastique intemporel on est plongé dans les affres de notre monde, tout en conservant cette dimension onirique chargée d’humour. Les scènes où la jeune femme retrouve son père, derrière l’écran, avec des rushes de violence armée, sont d’une force expressive rare. L’émotion ne nous quitte pas, à la différence de la version originale, distanciée.</p>
<p>Chacun aura partagé les interrogations douloureuses de la jeune femme à la recherche de son histoire familiale, qui nous entraine dans cet univers fabuleux, où se conjuguent le sourire, l&rsquo;humour et la gravité. L’émotion était bien au rendez-vous de ce théâtre de tréteaux, comme jamais nous ne l’avions éprouvée. Le nombreux public qui emplissait la vaste salle de l’opéra ne ménagea pas ses ovations, pleinement méritées, pour un spectacle d’une qualité rare, que l’on souhaite voir diffusé largement.</p>
<pre>(1) Il tenait la partie de clarinette lors des premières représentations.
2) On a même failli ajouter Picasso auquel Stravinsky voulait confier la réalisation d’un ballet sur la suite instrumentale, en 1920, mais le projet, rapporté par Ramuz, n’aboutira pas. 
(3) Etrangement, <em>Le piège de Méduse</em>, qu’écrivait Satie en 1913, faisait appel à la même formation, singulière. Créé seulement en 1921, Stravinsky ne pouvait en avoir connaissance, mais cette convergence illustre bien des préoccupations semblables chez les deux compositeurs.
(4) Le soldat ne revient pas de guerre (jamais Ramuz ne l’évoque), mais dispose de 15 jours de permission. Pour autant cet ajout de la guerre, présente dans tous les esprits lors de la création, n’est que le soulignement de la fonction de Joseph. Et ce, d’autant que depuis 1918, une autre guerre (la dernière ?) et bien d’autres conflits auront ravagé notre humanité.</pre>
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		<title>OFFENBACH, La Périchole &#8211; Saint-Etienne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-la-perichole-saint-etienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Jan 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On se souvient de l’ingénieuse et efficace mise en scène de l’Enlèvement au sérail, produite ici-même en juin dernier. Son réalisateur, Jean-Christophe Mast, nous revient, toujours flanqué de Jérôme Bourdin, qui signe décors et costumes, pour une Périchole réjouissante, riche en surprises et en trouvailles. Une mécanique bien huilée vous emporte, grisé, pour une soirée &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On se souvient de l’ingénieuse et efficace mise en scène de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true"><em>l’Enlèvement au sérail</em>,</a> produite ici-même en juin dernier. Son réalisateur, <strong>Jean-Christophe Mast</strong>, nous revient, toujours flanqué de <strong>Jérôme Bourdin</strong>, qui signe décors et costumes, pour une <em>Périchole</em> réjouissante, riche en surprises et en trouvailles. Une mécanique bien huilée vous emporte, grisé, pour une soirée festive, rythmée à souhait. La direction d’acteur est soignée, parfois proche du music-hall, dont la gestique et la chorégraphie emportent l’adhésion. L’atmosphère foraine, carnavalesque, les travestissements réjouissent, même si cette lecture laisse peu de place à l’émotion que la musique recèle. L’ambiguïté sur laquelle repose l’ouvrage est occultée. Si le sourire est constant, la douce amertume est réduite à la portion congrue. Le ton de la farce, grotesque, l’emporte ce soir, évitant la caricature (les puissants ne sont antipathiques que par leurs actes) et la niaiserie. Pratiquement pas d’actualisation du livret ni de cause à défendre, la fidélité à l’esprit festif est pleinement assumée.</p>
<p>Le metteur en scène a-t-il été marqué par <em>le Temple du soleil</em> ? Son Pérou, de fantaisie, coloré à souhait, tourne autour d’une pyramide inca, avec des lamas emblématiques, et des costumes aussi caractérisés que cocasses. Un ingénieux dispositif sur plateau tournant évitera les changements de tableau, conférant unité renforcée et continuité au déroulé de l’œuvre. Riches en couleurs, les costumes, recherchés, sont drôles, particulièrement pour le Vice-roi et ses assistants. Pour ne parler que de Don Andrès, entre sa première et sa dernière apparition, les changements appropriés de tenue sont aussi comiques que justes. Cela va de son déguisement en docteur (couplets de l’incognito) à la tenue d’apparat du souverain, en passant par un séducteur mi catcheur-mi Monsieur Propre, et par un geôlier catcheur caricatural. On est bien dans le registre bouffe et la drôlerie est constante. L’univers forain et carnavalesque n’est pas très loin, avec ses manèges, attractions (lanceurs de couteaux) et buvette des Trois cousines. Ses tons crus et bigarrés, sa fantaisie, donnent le ton. La coiffure commune à Panatellas et Hinoyosa, dignitaires jumeaux et exécutants du Vice-roi, les tresses des Péruviennes, il n’est pas un détail qui ne participe à cette joyeuse débauche de formes et de tons. Un régal visuel que ce fouillis synthétique de clichés. Les  têtes de lamas couronnant chacune des faces de la pyramide, qui crachent de l’or si besoin, ne sont que l’affirmation de leur omniprésence : chevaux de bois-lamas, autos tamponneuses-lamas…</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" title="611632425_10239791210382038_4635132049990957492_n" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/611632425_10239791210382038_4635132049990957492_n-1294x600.jpg" alt="" />© Cyrille Cauvet - Opéra de Saint-Etienne</pre>
<p>La distribution, sans réelles inégalités, se caractérise par de nombreuses prises de rôle qui excluent toute routine : l’aisance constante des chanteurs-comédiens d’une troupe complice est manifeste. Notre Périchole affiche une santé rayonnante. Pour cette prise de rôle, <strong>Marie-Andrée Bouchard-Lesieur</strong>, déploie ce soir des moyens éblouissants, on pense à Régine Crespin, avec, en plus, un sens singulier de l’opéra-bouffe ; il est vrai qu’Offenbach lui est familier. La voix est sonore, aux graves assurés, colorée, ductile et articulée de façon exemplaire. Plus rebelle que soumise, elle nous réjouit et nous émeut, déchirée entre son amour pour le malheureux Piquillo et la misère de leur quotidien, que la mise en scène traduit de façon superficielle. Mais l’émotion attendue est bien là dans la scène de la lettre, la finesse aussi (« Ah ! quel dîner je viens de faire », sa griserie). Attendrissant sont le « Nigaud, nigaud, tu ne comprends donc rien », comme le « Je t’adore, brigand ». Les duos sont autant de moments de bonheur. Une grande voix.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" title="611336880_10239791211222059_1883902186151145014_n" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/611336880_10239791211222059_1883902186151145014_n-1294x600.jpg" alt="" />© Cyrille Cauvet - Opéra de Saint-Etienne</pre>
<p><strong>Kaëlig Boché </strong>(Pedrillo, dans <em>l’Enlèvement au Sérail</em> en juin), s’empare du rôle de Piquillo, écrasant, dans chacun des trois actes. Le chanteur de rue n’est ce soir ni trop gauche ou ballot, ni vulgaire. La voix est sûre et impressionne, l’éclat et le mordant sont au rendez-vous. La tendresse comme l’indignation, la jalousie et la peine sont traduites avec art, dans la lointaine descendance d’Alain Vanzo. Après la complainte de l’Espagnol à la jeune Indienne, le duetto du mariage est un excellent moment. Son suicide avorté est aussi convaincant que celui de Papageno. Sa dignité, sa droiture, comme sa peine (« On me proposait d’être infâme ») alors qu’il croupit sur la paille, ont le ton juste, avant la complainte des amoureux, dont l’émotion sera partagée par le Vice-roi comme par la salle. Un grand bravo. <strong>Florent Karrer</strong> nous vaut un Don Andrès de Ribeira imposant, athlétique, jeune et séduisant, l’un des Vice-rois les plus convaincants, les plus drôles, que l’on ait vus et écoutés. Ses costumes renouvelés et sa gestique le dispensent de toute bouffonnerie ajoutée. Ce n’est pas le despote concupiscent, calculateur et suffisant que l’on rencontre souvent, mais un homme, veuf, qui s’éprend sincèrement de la Périchole. Sa clémence finale n’est pas feinte, calculée, mais sincère. Le trio de la prison (« la jalousie et la souffrance »), où la constance de son amour est manifeste nous émeut. Dès les couplets de l’incognito, la voix s’impose, puissante, riche en couleurs, d’une intelligibilité constante. Chacune de ses apparitions est un morceau d’anthologie, vocale comme visuelle. Le public acclamera chaleureusement nos trois premiers rôles pour le bonheur de leur chant et de leur jeu.</p>
<p>Les courtisans serviles, voire obséquieux, et facétieux, forment un duo réussi. Don Miguel de Panatellas est confié à <strong>Flannan Obé</strong>, une présence, une voix et une diction d’exception, et Don Pedro de Hinoyosa à <strong>Jean-Gabriel Saint-Martin</strong>, également remarquable. « Les maris courbaient la tête » (boléro) où ils accompagnent Piquillo auprès du geôlier (Vice-roi) est abouti. Les trois cousines, les dames d’honneur (<strong>Amandine Ammirati, Mathilde Lemaire, Aliénor Feix</strong>), ont du chien, faisant preuve d’une assurance individuelle et collective remarquable, et répondant à toutes les attentes, musicales, dramatiques et chorégraphiques. Chacune de leurs interventions réjouit. On retiendra particulièrement les deux couplets du cancan, et la valse du troisième acte, truculente. On boit d’abondance dans l’ouvrage. Les deux notaires (<strong>Alix Varenne et Frédéric Bayle</strong>) sont impayables, dont l’ébriété (« Tenez-vous bien par le bras ») s’ajoute à la griserie de la Périchole, et à l’ivresse de Piquillo. Les voix sont bien assorties et leur jeu divertissant. Pour le marquis de Tarapote, le vieux prisonnier, <strong>Jean-Claude Calon</strong> ne convainc qu’à moitié : ses gestes sans équivoque se substituant à la demi-douzaine de baisers à la Périchole, renouvelés, s’imposaient-ils ? Les nombreux ensembles sont autant de réussites et de bonheur, et on ne les énumérera pas, sinon les trios du dernier acte (du joli geôlier, puis de la prison), d’une rare perfection vocale.</p>
<p>A la tête de l’orchestre symphonique Saint-Etienne Loire, et de son chœur, <strong>Laurent Touche</strong>, à la fois familier du répertoire et de ses interprètes, impose une direction aussi fouillée que dynamique et truculente. Dès l’ouverture, l‘<em>allegro non troppo</em> est pris dans le tempo juste, et le thème de la lettre, confié au hautbois, puis à l’alto solo, lyrique à souhait. Elégance, joie débridée, sensibilité, comme poésie et humour, souligné par les couleurs de l’orchestre sont au rendez-vous : les espagnolades (Séguedille, Boléro, « Il grandira… ») réjouissent tout particulièrement. La pesanteur appuyée du chœur des patrouilles, les finales endiablés des premier et troisième actes sont irrésistibles. L’attention constante portée au chant, la cohésion, la précision des ensembles n’appellent que des éloges. Est-il besoin de souligner les qualités du chœur, très sollicité, rayonnant, intelligible ? Le plus souvent mixte, signalons cependant le chœur des dames de la Cour, puis celui des Seigneurs, qui attestent l’équilibre des pupitres. Ses évolutions servent fort bien le propos, chaque chanteur se doublant d’un acteur engagé.</p>
<p>Malgré le seul – petit – bémol, relatif au manque d’ambiguïté de la lecture, la virtuosité débridée d’une vraie troupe, servie par une direction et une mise en scène de haut vol, sont longuement ovationnés par un public galvanisé, ce qui n’était que justice. Pour celles et ceux qui n’auraient eu le bonheur d’assister à cette <em>Périchole</em>, l’Opéra de Marseille en reprendra la production, succédant à celle d’Olivier Le Pelletier. A surveiller !</p>
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		<title>MOZART, Die Zauberflöte &#8211; Saint-Etienne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-die-zauberflote-saint-etienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Nov 2025 05:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Singulièrement, la Flûte enchantée pose davantage de problèmes de lecture et de mise en scène que la plupart des ouvrages du répertoire. Entre les visions extrêmes – puérile (alla Bergman) et ésotérique-symbolique – l’équilibre est rarement trouvé. D’autant que son merveilleux s’inscrit dans la descendance de Séthos (*) et porte l’empreinte des Lumières. L’autre difficulté tient &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Singulièrement, <em>la Flûte enchantée</em> pose davantage de problèmes de lecture et de mise en scène que la plupart des ouvrages du répertoire. Entre les visions extrêmes – puérile (alla Bergman) et ésotérique-symbolique – l’équilibre est rarement trouvé. D’autant que son merveilleux s’inscrit dans la descendance de <em>Séthos</em> (*) et porte l’empreinte des Lumières. L’autre difficulté tient aux dialogues, nombreux et essentiels à la compréhension de l’ouvrage. Les conserver en allemand suppose leur connaissance et leur compréhension par nos publics. Les adapter à notre langue se traduit fréquemment par une rupture avec le chant, d’autant que nos chanteurs ne sont pas forcément d’authentiques comédiens. Tout en conservant l’essentiel du message mozartien, <strong>Cédric Klapisch</strong> les a transcrits en un français contemporain, émaillé de traits comiques qui ajoutent à la légèreté comme à la caractérisation de chacun, et la qualité des interprètes fait oublier le bilinguisme. Nous ne reviendrons pas sur la mise en scène, décrite dans les précédents comptes rendus.  La réalisation du cinéaste et de son équipe, révélée il y a deux ans au TCE (**), devient un classique à la faveur de ses reprises régulières. Elle se signale par sa profonde intelligence de l’ouvrage, par l’invention constante à laquelle elle conduit, propre à séduire tous les publics, sans démagogie. Tout concourt à conjuguer le régal visuel et dramatique aux émotions musicales justes. La légèreté comme la gravité y font le meilleur des ménages. A la relecture du compte-rendu que j’en faisais après l’avoir découverte à Nice, je mesure combien cette production s’est bonifiée (c’est le propre des grands crûs), alors que la routine les dégrade fréquemment avec l’usure du temps. Pour l’essentiel, les réserves que j’émettais alors n’ont plus cours, en dehors des bruitages, dès avant l’ouverture, qui demeurent. Outre la qualité des costumes et des décors, il faut signaler le parfait réglage des mouvements, particulièrement des groupes (trois dames, trois enfants, esclaves, prêtres&#8230;) que signe <strong>Laura Bachman</strong>, chorégraphe.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Flute-7-1294x600.jpg" alt="" />© Christine Vuagniaux</pre>
<p>Il est vrai que la distribution, jeune, est renouvelée dans sa totalité : tous les chanteurs sont familiers de nos scènes. Si, individuellement, pour chacun des rôles, on a connu tel ou telle personnalité devenue référence, il est exceptionnel qu’une équipe aussi homogène soit constituée. Par ailleurs, l’aisance dans les textes des dialogues, leur intelligibilité (y compris pour un Sarastro quelque peu italien), la vérité de leur jeu atteint une indéniable qualité. Tamino est confié à <strong>Léo Vermot-Desroches</strong>, qui s’est affirmé en quelques années comme l’un de nos grands ténors. Vêtu de rouge, il rayonne, ardent (« Dies Bildnis ») et sage, avec sa dignité princière comme sa sensibilité humaine. La Pamina de <strong>Norma Nahoun </strong>se signale par son charme et sa maîtrise du legato (« Ach ! Ich fühl’s »). La voix est homogène, mûre et sûre, et on oublie sans peine que la créatrice avait 17 ans. Papageno est le plus sollicité de la distribution, même si celle-ci le relègue toujours après les figures nobles. Son aisance permet à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/die-zauberflote-beaune-cest-mozart-quon-galvanise/"><strong>Riccardo Novaro</strong></a> de traduire à merveille la légèreté désinvolte, la couardise, l’humanité de son anti-héros. L’engagement total, son chant comme son jeu nous réjouissent. La voix est sonore, bien conduite, appuyée sur une diction impeccable. On attendait la Papagena mutine, charmante et pétillante, de <strong>Chloé Jacob</strong>, et on n’est pas déçu. Jamais <strong>Luigi De Donato </strong>ne démérite, dont on se souvient du Sarastro chanté à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/die-zauberflote-beaune-cest-mozart-quon-galvanise/">Beaune</a> : la noblesse, l’autorité bienveillante sont là, comme les graves sonores. Cependant, le legato comme l’allemand peuvent s’améliorer. <strong>Yan Bua</strong> nous vaut un Monostratos puissant, viril, même si on ne croit guère à ses intentions prédatrices (« Du feines Täubchen »). Par contre, l’attendu « Das klingelt so herrlich », avec ses esclaves, est un régal. Redoutable par son emploi comme par ses deux airs, la Reine de la Nuit est confiée à <strong>Marlène Assayag</strong>. Un peu sur la réserve, tendue au premier, elle s’épanouit pleinement au second. L’émission est charnue, les aigus sont en place, comme les coloratures, un moment justement attendu, et acclamé. <strong>Joé Bertili</strong> assume sa fonction d’Orateur avec aisance.</p>
<p>Les trois Dames forment un ensemble savoureux, dans leurs mouvements synchrones, dans leur singulier costume, dans l’ordre des tailles, comme dans le chant, irréprochable<strong>. </strong>Familières de l’ouvrage, sinon de l’emploi, leur bonheur à chanter et à jouer est communicatif. Leur espièglerie, leur jeunesse, leur parfaite entente (y compris dans leurs rivalités lorsqu’elles découvrent Pamino endormi), tout est un régal. <strong>Camille Poul </strong>(qui fut une adorable <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-flute-enchantee-dijon-laffaire-sarastro-une-flute-qui-interroge/">Papagena</a> avec Rousset), <strong>Reut Ventorero </strong>et<strong> Eléonore Gagey </strong>forment un ensemble idéal. On imagine aisément que les trois enfants (trois jeunes filles en distribution alternée) pourraient bien se muer d’ici quelques années en trois dames, car leur jeu et leur chant n’appellent que des éloges. Les hommes d’armes, dont le duo est un des sommets de l’œuvre, nous laissent un peu sur notre faim. Ce soir, la projection constante est syllabique, l’articulation se calque sur celle de l’orchestre, alors qu’on attend un legato très soutenu. Le choral a eu pour principal mérite de focaliser notre attention sur la richesse du tissu instrumental.</p>
<p>Comme à l’ordinaire, le chœur, sérieusement préparé par <strong>Laurent Touche</strong>, se montre sous son meilleur jour, dans les pages empreintes de gravité et de grandeur (« O Isis und Osiris », « Die Strahlen der Sonne ») comme dans le chœur des esclaves. Malgré le nombre limité de services qu’on imagine, l’orchestre se montre remarquable.  Tempi, phrasés, équilibres, égal souci de l’architecture et du détail, attention constante au chant, il est rare que l’on adhère autant à une direction ; Tout juste pouvait-on s’étonner qu’ici et là, l’articulation qu’ont redécouverte les ensembles baroques n’ait pas été prise en compte. Comparer la réalisation à celles de Szell, Böhm, ou Klemperer n’est pas un mince éloge pour <strong>Giuseppe Grazioli</strong> et ses musiciens de l’orchestre symphonique Saint-Etienne Loire.</p>
<p>La vaste salle était comble, et le public fut comblé : ses rappels, aussi unanimes qu’enthousiastes, ont bien traduit le pleine réussite de ce spectacle.</p>
<pre>(*) Le <em>Séthos</em>, de Jean Terrasson, publié en 1731, contribua largement à la mode de l'égyptologie, bien avant le déchiffrement des hiéroglyphes. Son héros, le prince, dont il narre l'histoire, l'initiation et les aventures, connut un immense succès, largement diffusé à travers toute l'Europe, l'Autriche notamment. La première scène de <em>la Flûte enchantée</em>, où Tamino affronte le serpent, en est tirée. Quant à Wieland, le Voltaire allemand, son recueil de 12 contes <em>Dschinnistan</em>, de 1786à 1789, fournit à Schikaneder (et Gieseke ?) la trame du livret. La scène, avec glockenspiel, du chœur des esclaves et Monostatos, en serait dérivée.

(**) Yves Jauneau rendit compte de la création au TCE :</pre>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="bNQWa23uOY"><p><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-die-zauberflote-paris-tce/">MOZART, Die Zauberflöte &#8211; Paris (TCE)</a></p></blockquote>
<p><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« MOZART, Die Zauberflöte &#8211; Paris (TCE) » &#8212; Forum Opéra" src="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-die-zauberflote-paris-tce/embed/#?secret=fPrjG8IhEk#?secret=bNQWa23uOY" data-secret="bNQWa23uOY" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<pre>et la reprise niçoise<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-die-zauberflote-nice/"> fit l'objet d'un autre compte-rendu</a></pre>
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		<title>LEGRAND, Les Parapluies de Cherbourg &#8211; Saint-Etienne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/legrand-les-parapluies-de-cherbourg-saint-etienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Oct 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a trois ans, ici même, Giuseppe Grazioli et ses troupes nous restituaient la musique de Prokofiev pour le formidable Alexandre Nevski, d’Eisenstein, qui était projeté simultanément (1). Si le propos et le traitement sont d’une toute autre nature, l’expérience se renouvelle pour les Parapluies de Cherbourg, dont Michel Legrand signait la partition, essentielle. &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a trois ans, ici même, <strong>Giuseppe Grazioli</strong> et ses troupes nous restituaient la musique de Prokofiev pour le formidable <em>Alexandre Nevski</em>, d’Eisenstein, qui était projeté simultanément (1). Si le propos et le traitement sont d’une toute autre nature, l’expérience se renouvelle pour <em>les</em> <em>Parapluies de Cherbourg</em>, dont Michel Legrand signait la partition, essentielle. Combien de fois avons-nous fait l’expérience de versions de concert d’ouvrages lyriques, qui nous permettaient de découvrir leur richesse orchestrale, plus ou moins occultée par les productions mises en scène ? Le confinement des musiciens en fosse, l’attention auditive se conjuguant à la visuelle sont oubliés. Ce soir, aucune image, si ce ne sont celles gravées dans la mémoire du nombreux public. D’autant plus que ce n’est pas la bande-son qui est jouée, mais la partition remaniée par Michel Legrand, qui revient en quelque sorte à sa version première, sans coupures et enrichie d’une écriture approfondie. La finesse des textures, des couleurs, savamment composées n’a jamais été mieux servie. Le principe du dialogue chanté, qui dérouta une part du public de la création, n’est-il pas la meilleure introduction au monde de l’opéra ? Jacques Demy avait souhaité créer un « opéra populaire », qui parle à chacun, « une manière d’opéra où tous les mots seraient audibles, sans jamais forcer le lyrisme des voix, comme si l’opéra avait suivi l’évolution du jazz ». Avec Michel Legrand, la musique de film intègre harmonieusement l’écriture jazzique, et devient essentielle au propos, qu’il s’agisse de narration ou de commentaire. Son sens mélodique, son orchestration, ses harmonies raffinées, sa référence constante à l’univers de la chanson en ont fait une figure majeure du XXe siècle. Que n’a-t-il osé réaliser des ouvrages lyriques se passant du projecteur !</p>
<p>On connait ’histoire de Geneviève – qu’incarnait Catherine Deneuve – éprise de Guy, que la guerre d’Algérie va séparer. Son public – dont je fus – était directement concerné par ce contexte. Ce soir, on l’oublie, comme la romance larmoyante, pour l’émotion, due pour l’essentiel à la musique. La banale et tragique histoire d’amour échappe au réalisme du quotidien pour accéder à la beauté. La séquence finale, à la station-service (que l’on ne voit évidemment pas) nous empoigne, d’une infinie tristesse résignée.</p>
<p>L’auditeur le plus humble aura été sensible aux multiples variations du thème de Geneviève, fédérateur (3), jusqu’à l’obsession. Ne serait-ce que par ce travail d’écriture, le compositeur a bien gagné sa place au panthéon des compositeurs du XXe siècle. L’orchestre, en grande formation, enrichi pour la circonstance (percussions, batterie, banjo, guitare électrique, accordéon, célesta, piano&#8230;), occupe tout le vaste plateau. Quelques grands parapluies multicolores égaient l’anthracite du décor. Les percussionnistes, puis le chef, porteurs de larges parapluies, gagnent enfin leurs pupitres. Le ton est donné.</p>
<p>Comment n’être pas admiratif devant une formation symphonique dont la précision des attaques (les riffs des cuivres) et les phrasés n’ont rien à envier aux grandes formations de jazz de l’après-guerre ?  De même, tout en se fondant dans la masse, des solistes, rompus à l’exercice, improviseront dans son esprit. L’écriture fait la part belle aux cors, aux bois, aux cuivres, et aux percussions. Cependant, parées du célesta, du piano, du clavier électrique, de la harpe, sans oublier la guitare électrique et le banjo, les cordes sont tout aussi essentielles, qu’il s’agisse des mélodies ou de leur mise en valeur. La direction de Giuseppe Grazioli, enthousiaste et efficace, fédère tous les artistes pour une réussite incontestable. Les brèves pages symphoniques, à elles seules, sont autant de bijoux, porteuses de la plus large palette des émotions. Ainsi, le retour de Guy, dont nous ne nous souvenions pas de la rare justesse expressive. Le rythme de l’ouvrage, suivant les séquences filmées, associe légèreté, gravité et émotion, où le langage classique s’habille de swing et emprunte également à la variété du temps.</p>
<p>Il s’agit d’une mise en espace, où les éclairages subtils sont bienvenus. Les costumes, sobres, sont appropriés, et nos chanteurs se révèlent d’excellents comédiens, jusqu’à la claudication et l’ébriété passagère de Guy. Quelques amorces de chorégraphie (le dancing) participent elles-aussi à renforcer la caractérisation des scènes. La distribution a privilégié des voix capables d’oublier le vibrato du chant lyrique pour incarner chaque personnage. En effet, comme dans la comédie musicale, l’amplification est la règle, et, une fois passée la surprise des premières scènes (2), l’oreille l’oublie sans peine.</p>
<p><strong>Sophie Marin-Degor</strong> et <strong>Alice Lecat</strong> sont mère et fille, pleinement complices à la scène comme à la ville, pour incarner Madame Emery et Geneviève. A la maturité du timbre et à l’autorité de la mère répond la fraîcheur de la fille, toutes deux vivant leurs rôles respectifs avec un engagement exemplaire. <strong>Cyrille Dubois</strong>, Guy, dont on connaît les qualités vocales, trouve ponctuellement des inflexions de crooner, conformément aux intentions du compositeur et à l’esprit du temps. Pour avoir physiquement dépassé l’âge d’un appelé du contingent, la voix de notre ténor n’a pas pris une ride, et son jeu – jusqu’à la claudication finale ou l’ébriété passagère – nous émeut. L’émission « droite » et la qualité de diction emportent l’adhésion. Un vrai chanteur qui nous fait oublier le créateur du rôle. C’est aussi le cas de <strong>Guilhem Worms</strong>, Roland Cassard beaucoup plus séduisant – vocalement et physiquement &#8211; que dans le film. Elle a déjà chanté Madeleine, dirigée par Michel Legrand, au Châtelet en 2014. Il faut le lire pour y croire : les ans n’ont pas eu de prise tant sur sa voix que sur son jeu. Dès sa première apparition, chez la tante Elise, l’émotion est là. La touchante Madeleine est confiée à <strong>Louise Leterme</strong>, dont chaque intervention est un moment de bonheur, notamment à la terrasse du café et à la station-service. <strong>Majdouline Zerari</strong>, tante Elise et de petits rôles, nous donne une belle leçon de chant : la chaleur du timbre, la qualité de l’élocution, la vérité du jeu n’appellent que des éloges. <strong>Elie Valdenaire</strong>, <strong>Maxime Duché</strong> et <strong>Valentin Morel</strong> chantent et jouent les nombreux petits rôles qui donnent sa dimension sociale à l’ouvrage. Rien ne permet de les distinguer des solistes tant leurs qualités et leur engagement sont patents.</p>
<p>L’émotion et le bonheur du public – où il n’y avait pas que des nostalgiques – sont manifestes, qui valent aux artistes de multiples rappels. L’expérience, courageuse, méritait pleinement d’être tentée, et son succès fait regretter que l’intense travail de préparation ne débouche pas, pour l’instant, sur d’autres concerts ou un enregistrement. Comment ne pas regretter, aussi, que Michel Legrand ne nous ait laissé un authentique opéra ?  Notre Bernstein en avait tous les moyens.</p>
<ul>
<li>
<pre>1. Lien: <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/alexandre-nevski-saint-etienne-faut-il-croire-que-lhistoire-begaie/">https://www.forumopera.com/spectacle/alexandre-nevski-saint-etienne-faut-il-croire-que-lhistoire-begaie/</a> . A signaler que la Cité musicale de Metz, a fait de la musique de film un de ses points forts, en diffusant à raison d’un film par mois, nombre de productions dont la bande son est restituée par un orchestre in vivo. 
2. Durant le générique et la musique du garage, la balance favorise l’orchestre, qui montre ses muscles, et la projection des chanteurs ne parvient pas à rétablir l’équilibre. Ce travers disparaîtra ensuite et l’intelligibilité, favorisée par la prosodie exemplaire de Michel Legrand, sera la règle.
3. Comme pour Wagner dont les premiers épigones cataloguèrent les <em>leitmotiven</em>, les spécialistes de Michel Legrand ont relevé pas moins de 27 motifs récurrents, de même nature.</pre>
</li>
</ul>
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		<title>Opéras et festivals du monde</title>
		<link>https://www.forumopera.com/dossier/operas-du-monde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Sep 2025 07:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On a coutume de dire que l&#8217;opéra ce sont des voix, une mise en scène, un orchestre et son chef. Mais l&#8217;opéra, c&#8217;est aussi un lieu : de création, de vie, d&#8217;échange et de passage, de festival. On y vient le temps d&#8217;une représentation le cœur plein d&#8217;espoir. Pour vous aider à vivre ces grandes &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On a coutume de dire que l&rsquo;opéra ce sont des voix, une mise en scène, un orchestre et son chef. Mais l&rsquo;opéra, c&rsquo;est aussi un lieu : de création, de vie, d&rsquo;échange et de passage, de festival. On y vient le temps d&rsquo;une représentation le cœur plein d&rsquo;espoir. Pour vous aider à vivre ces grandes soirées, nous consacrons un dossier aux théâtres et festivals lyriques en France et à l&rsquo;étranger.</p>
<p><strong>France</strong></p>
<ul>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/theatre-imperial-compiegne">Compiègne</a> &#8211; <em>mis à jour en 2024</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/lopera-de-dijon">Dijon</a><em> &#8211; 2020</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/opera-de-lille">Lille</a><em> &#8211; 2016</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/lopera-de-limoges">Limoges</a><em> &#8211; 2016</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/actu/opera-national-de-lyon">Lyon </a>&#8211; <em>mis à jour en 2024</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/lopera-municipal-de-marseille">Marseille</a><em> &#8211; 2017</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/opera-de-massy">Massy</a> &#8211; <em>mis à jour en 2024</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/actu/lopera-de-nancy">Nancy</a><em> &#8211; 2016</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/le-theatre-graslin-a-nantes">Nantes</a><em> &#8211; 2017</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/opera-bastille-paris">Paris (Bastille)</a> <em>&#8211; 2016</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/actu/le-theatre-du-chatelet">Paris (Châtelet)</a><em>&#8211; 2019</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/palais-garnier-paris">Paris (Palais Garnier)</a><em>&#8211; 2015</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/la-salle-favart">Paris (Salle Favart)</a><em>&#8211; 2017</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/le-theatre-des-champs-elysees">Paris (Théâtre des Champs-Elysées)</a> &#8211; <em>mis à jour en 2024</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/actu/opera-de-rouen-normandie-theatre-des-arts">Rouen</a><em>&#8211; 2015</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/lopera-de-saint-etienne">Saint-Etienne</a><em>&#8211; 2018</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/actu/les-soirees-lyriques-de-sanxay">Soirées lyriques de Sanxay</a><em>&#8211; 2017</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/opera-national-du-rhin-strasbourg">Strasbourg</a> <em>&#8211; 2015</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/festival-dans-les-jardins-de-william-christie-a-thire/">Thiré (Festival)</a> <em>&#8211; 2024</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/le-theatre-du-capitole-de-toulouse">Toulouse</a><em>&#8211; 2017</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/lopera-royal-de-versailles">Versailles</a><em>&#8211; 2016</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/opera-de-vichy">Vichy </a><em>&#8211; 2016</em></li>
</ul>
<p><strong>Allemagne</strong></p>
<ul>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/baden-baden">Baden-Baden (Festspielehaus)</a> <em>&#8211; 2015</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/kissinger-sommer-sur-les-traces-de-sissi">Bad Kissingen (Kissinger Sommer)</a> <em>&#8211; 2015</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/bayreuther-festspiele">Bayreuth (Bayreuther Festspiele)</a> &#8211; <em>mis à jour en 2024</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/deutsche-oper-berlin">Berlin (Deutsche Oper)</a> &#8211; <em>mis à jour en 2024</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/staatsoper-berlin/">Berlin (Staatsoper)</a> <em>&#8211; 2025</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/semperoper-dresden-opera-de-dresde">Dresde (Semperoper)</a><em>&#8211; mis à jour en 2025</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/actu/oper-frankfurt-francfort">Francfort (Oper Frankfurt)</a><em>&#8211; 2015</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/internationale-handel-festspiele-karlsruhe">Karksruhe (Internationale Händel Festspiele)</a> <em>&#8211; 2017</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/bayerische-staatsoper-opera-detat-de-baviere">Munich (Bayerische Staatsoper)</a> <em>&#8211; 2015</em></li>
</ul>
<p><strong>Espagne</strong></p>
<ul>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/gran-teatre-del-liceu-barcelone">Barcelone (Liceu)</a> &#8211; <em>mis à jour en 2024</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/teatro-real-madrid">Madrid (Teatro Real)</a> <em>&#8211; 2015</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/le-festival-de-peralada">Peralada (Festival)</a><em>&#8211; 2017</em></li>
</ul>
<p><strong>Italie</strong></p>
<ul>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/teatro-alla-scala-milan">Milan (Teatro alla Scala)</a> &#8211; <em>mis à jour en 2024</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/teatro-san-carlo-naples">Naples (Teatro San Carlo)</a> <em>&#8211; 2016</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/actu/teatro-massimo-palerme">Palerme (Teatro Massimo)</a> <em>&#8211; 2016</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/le-teatro-regio-de-parme">Parme (Teatro Regio)</a> <em>&#8211; 2017</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/teatro-regio-de-turin-du-reve-a-la-realite/">Turin (Teatro Regio)</a> <em>&#8211; 2024</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/teatro-la-fenice-venise">Venise (Fenice)</a> <em>&#8211; 2015</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/verone-le-plus-grand-festival-a-ciel-ouvert-de-la-planete/">Vérone (Festival Arena di Verona)</a> <em>&#8211; 2024</em></li>
</ul>
<p><strong>Ailleurs en Europe</strong></p>
<ul>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/festival-de-bastad-suede/">Båstad</a><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/festival-de-bastad-suede/"> (festival en hommage à Birgit Nilsson)</a> &#8211; <em>2025</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/la-monnaie-bruxelles">Bruxelles (La Monnaie)</a> <em>&#8211; 2015</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/garsington-opera">Garsington Oper</a><em>&#8211; 2015</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/harrogate-gilbert-sullivan">Harrogate (Gilbert &amp; Sullivan)</a> <em>&#8211; 2015</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/royal-opera-house-londres">Londres (Royal Opera House)</a> &#8211; <em>mis à jour en 2024</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/lopera-royal-de-wallonie-a-liege-0">Liège (Opéra Royal de Wallonie)</a> &#8211; <em>mis à jour en 2024</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/lopera-de-monte-carlo/">Monte-Carlo</a> <em>&#8211; 2016</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/le-theatre-national-de-prague-narodni-divadlo">Prague (Théâtre National)</a> <em>&#8211; 2015</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/prague-summer-nights">Prague (Summer Nights)</a> <em>&#8211; 2017</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/lopera-royal-de-stockholm">Stockholm (Kungliga Operan)</a> <em>&#8211; mis à jour en 2025</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/tiroler-festspiel-erl/">Tiroler Festspiel Erl</a> <em>&#8211; 2025</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/actu/wiener-staatsoper-vienne">Vienne (Staatsoper)</a> <em>&#8211; 2015</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/verbier-festival-ou-livresse-musicale-des-cimes">Verbier (Festival)</a> <em>&#8211; 2016</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/opernhaus-zurich">Zurich (Opernhaus)</a> &#8211; <em>mis à jour en 2024</em></li>
</ul>
<p><strong>Amérique du Nord et autres continents</strong></p>
<ul>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/lyric-opera-of-chicago">Chicago</a> &#8211; <em>mis à jour en 2024<br />
</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/festival-dopera-de-jerusalem">Jérusalem (Festival d&rsquo;opéra)</a><em>&#8211; 2016</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/opera-royal-de-mascate">Mascate (ROHM)</a> <em>&#8211; 2019</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/metropolitan-opera-new-york">New York (Metropolitan Opera)</a><em>&#8211; 2016</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/san-francisco-opera">San Francisco</a>&#8211; <em>mis à jour en 2024</em></li>
<li><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/new-israeli-opera-tel-aviv">Tel Aviv</a> <em>&#8211; 2016</em></li>
</ul>
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		<title>MOZART, Die Entführung aus dem Serail &#8211; Saint-Etienne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-die-entfuhrung-aus-dem-serail-saint-etienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Jun 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=192108</guid>

					<description><![CDATA[<p>On se souvient de la singulière histoire de Constance, Blondchen et Pedrillo, tombés aux mains des pirates et captifs du sultan Selim, qui s’est épris de la première. Il a donné Blondchen au gardien de son harem, Osmin, et a fait de Pedrillo son jardinier.  Ils devront leur liberté à la magnanimité du souverain, après &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On se souvient de la singulière histoire de Constance, Blondchen et Pedrillo, tombés aux mains des pirates et captifs du sultan Selim, qui s’est épris de la première. Il a donné Blondchen au gardien de son harem, Osmin, et a fait de Pedrillo son jardinier.  Ils devront leur liberté à la magnanimité du souverain, après une tentative avortée d’évasion, conduite par le fiancé de Constance, Belmonte.</p>
<p><strong>Jean-Christophe Mast</strong>, à qui l’on doit la mise en scène, connaît bien l’ouvrage, pour l’avoir déjà monté, ici même, en 2007. L’action est transposée à Istambul, dans la première moitié du siècle dernier, alors que les idées progressistes d’Atatürk s’opposent au conservatisme rétrograde. Pourquoi pas, d’autant que le personnage attachant de Selim, inspiré des Lumières, y trouve une vraisemblance bienvenue ? Cependant, le réalisme de cette proposition en limite la fantaisie, intemporelle. L’Orient de pacotille se traduit essentiellement par les costumes. Ceux des Janissaires, tout de blanc vêtus, surprennent, choquent même (les femmes sont en niqab&#8230;.). S’il y a longtemps que l’on ne convoque plus les <em>Mille et une nuits</em> pour mettre le sérail en scène, les décors ne conservent de la turquerie qu’un ingénieux assemblage central de cages, volières, rappel stylisé de moucharabieh, qui sera mur d’enceinte, chambre, prison, observatoire, à la faveur de quelques transformations, réalisées par les quatre serviteurs – muets – du sultan.</p>
<p>Est-il œuvre plus malaisée, plus subtile à réaliser ? Comment créer cette fluidité entre les scènes, construire une dramaturgie qui captive l’auditeur ? Le passage du récit parlé au chant, qui se double ici de la maîtrise de l’allemand et du français, puisque les dialogues sont traduits, soulève bien des interrogations, particulièrement avec une distribution dépourvue de germanophones de naissance.</p>
<p>Le premier acte déçoit, plus fébrile qu’exubérant, sans jeunesse ni sensualité, souffrant des passages parlés dans un français parfois approximatif (pourquoi ce choix ?). L’humour est chichement mesuré, limité à des jeux de scène. Par chance, l’entrée en jeu de Blondchen et de Pedrillo au deuxième acte marquera d’une aisance et d’un naturel nouveaux cette production, qui se terminera dans la bonne humeur de sa conclusion moralisatrice. La distribution, par trop inégale et disparate, ne convainc qu’à moitié. Ainsi, le couple central ne recueillera que des applaudissements polis au terme du spectacle alors que celui formé par Blondchen et Pedrillo sera acclamé, comme Osmin et Selim. D’autre part, le redoutable exercice consistant à jouer la comédie, en français, accuse les limites de nos deux aristocrates.</p>
<p>Etonnante Constance, on connaît et apprécie<strong> Ruth Iniesta</strong>, sa belle étoffe vocale, son agilité comme son engagement. La voix est ample, épanouie, sûre. Hélas, pour ce qui doit être une prise de rôle, elle imprime à Mozart sa technique belcantiste, sa projection, son puissant medium. Aussi, après son <em>Traurigkeit</em>, plus formel que pathétique, les décoiffantes vocalises, les aigus filés, les effets pyrotechniques de <em>Marten alle Arten</em> en font-il ce soir un air de concert, démonstratif, hors contexte. Son Belmonte fait assez pâle figure, écrasé par l’orchestre au premier acte. Pourtant <strong>Benoît-Joseph Meier</strong>, ténor usant d’une belle voix mixte, souple, suave, mais trop faible pour le lieu, ne démérite pas toujours. N’était la puissance, l’élégance, le phrasé, renvoient à Leopold Simoneau. Méforme passagère ou difficulté à passer d&rsquo;un baroque intime à Mozart ? Son air d’entrée, comme le « Constance » suivant nous laissent sur notre faim. Par contre, sa participation au trio, au quatuor comme au finale s’avère convaincante.</p>
<p>Blondchen est ici une soubrette délicieusement effrontée, piquante et énergique. <strong>Marie-Eve Munger, </strong>épanouie, a l’abattage requis. Le timbre séduit, empreint de fraîcheur, le charme joue dès son premier air, moqueur, dont le trait final, superbe, est un régal. « Welche Wonne », tendre, primesautier, la confirme comme mozartienne. Son Pedrillo (<strong>Kaëlig Boché)</strong> est remarquable, aussi à l’aise dans les dialogues en français que dans ses airs ou ensembles. La sûreté de l’émission, la facilité dans la plus large tessiture sont bien là. Non seulement en pleine possession de ses moyens, son jeu, ses talents de comédien s’épanouissent pour le plus grand bonheur de chacun. Entre la crainte et la résolution, toujours tendre, la composition est réussie. Les deux couples réunis dans le grand quatuor nous font oublier les inégales performances des chanteurs.</p>
<p>Osmin, l’eunuque gardien du sérail, est campé par<strong> Sulkhan Jaijani. </strong>Svelte, séduisant, à rebours des clichés, le bouffe est quelque peu gommé, estompé, au profit de la vérité humaine. La richesse du bas-medium, les solides graves, la clarté de l’élocution, la puissance sont au rendez-vous, même si les aigus manquent d’aisance. La dissonance entre le personnage dessiné, bourru et cruel, mais sensible, et la mise en scène interroge (la description des supplices se traduit ainsi par du grand guignol). Son ivresse soporifique est privée des bouffonneries éthyliques attendues. Pour parlé que soit le rôle, celui de Selim est essentiel, par sa dimension, par sa générosité comme par son amour pour Constance. Le metteur en scène ne s’y est pas trompé, qui nous le montre, seul, devant le rideau de scène, pensif, dès l’ouverture, puis accablé après les dernières notes. Excellent comédien, <strong>Denis Baronnet </strong>traduit remarquablement, la classe, l’élégance, l’aristocratie du maintien comme la bonté d’âme d’une sorte de prémonition de Sarastro.</p>
<p>Pour traduire les exaltations juvéniles du cœur comme les échos de l’amour opprimé, l’allégresse, le sourire et les larmes, on attendait de<strong> Giuseppe Grazioli </strong>une direction malicieuse, sensuelle et raffinée, tendre et mélancolique, jeune, bondissante, exubérante, alliant précision, poésie et vigueur. L’entrain joyeux, assorti de savoureuses turqueries, paraît quelque peu appliqué. L’équilibre privilégie les cordes. Les vents ne méritaient-il pas d’être valorisés par un déplacement qui aurait favorisé leur mise en évidence ? <em>Andante</em> est un caractère, on peut être allant sans que le mouvement métronomique soit rapide. <em>Wenn ein Liebchen hat gefunden</em>, nous présente un Osmin tendre, émouvant, qui va se révéler possessif jusqu’à la séquestration. Ce soir, l&rsquo;air est défiguré, dépourvu de respiration, indifférent. La remarque vaut à d’autres moments. Les contrastes, de tempi comme de nuances, sont amoindris, et ce, dès l’andante central de l’ouverture. Alors que Mozart a voulu établir un lien fort avec le premier air de Belmonte, cette production apparaît comme une succession de numéros plutôt qu’une fresque construite, avec ses progressions, ses ruptures dramatiques. Le choix de dialogues en français ajoute à ce sentiment. La jubilation finale, bienvenue, nous fera oublier bien des réserves. <em>L’Enlèvement au sérail</em> est inaltérable !</p>
<p>L’orchestre symphonique Saint-Etienne Loire, en fosse, reste en-deçà de nos attentes. Les cordes, abondantes, sont trop souvent pâteuses, lourdes ou ternes, les bois insuffisamment articulés et privés de verdeur. Ainsi, la petite symphonie concertante qui introduit le <em>Marten alle Arten</em>, une merveille d’écriture, est-elle un peu fade. C’est propre, à quelques rares exceptions près, mais on cherche trop souvent la fraîcheur, la ductilité, la jeunesse, la vie. Les deux interventions des vingt chanteurs du chœur (celui des Janissaires, puis le vaudeville final), purement décoratives, sont parfaitement en place, comme attendu. Il en va de même de ses quatre solistes intervenant ponctuellement.</p>
<p>Au sortir de ce spectacle, malgré les quelques frustrations soulignées, on retiendra la proposition de mise en scène, et le couple Blondchen-Pedrillo, comme les ensembles, équilibrés et musicalement bien conduits.</p>
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