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	<title>Igor BOUIN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Igor BOUIN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>Un été avec &#8230; Igor Bouin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/un-ete-avec-igor-bouin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Aug 2026 03:28:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Igor Bouin, découvert à un Concert à la Ferme de l&#8217;ensemble Contraste au début de l&#8217;été, ne ménageant pas ses efforts pour ravir un public novice en opéra et opérette, a commencé sa carrière comme tromboniste puis comme membre du Choeur d&#8217;adultes de la Maîtrise de Paris. Chef de choeur et soliste, ce baryton facétieux &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Igor Bouin</strong>, découvert à un Concert à la Ferme de l&rsquo;ensemble Contraste au début de l&rsquo;été, ne ménageant pas ses efforts pour ravir un public novice en opéra et opérette, a commencé sa carrière comme tromboniste puis comme membre du Choeur d&rsquo;adultes de la Maîtrise de Paris. Chef de choeur et soliste, ce baryton facétieux aime s&rsquo;échapper dans le théâtre musical. Il a fondé il y a quelques années le <strong>Trio Musica</strong> <strong>Humana</strong> (spécialisé dans le chant à trois voix de la Renaissance) avec le contre-ténor <strong>Yann Rolland</strong> et le ténor <strong>Martial Pauliat</strong>, un ensemble actuellement en tournée avec un spectacle « farfelu » (sic) au titre évocateur, « Bingo, un loto musical » mis en scène par <strong>Corinne Benizio</strong> du duo Shirley et Dino.</p>
<p><strong>Quel est votre programme de l&rsquo;été sur scène ?</strong></p>
<p>J&rsquo;ai un programme très varié : j&rsquo;ai donné beaucoup de récitals en plein air avec les Concerts à la Ferme, et l&rsquo;Opéra de Massy par exemple. Je suis passé par le Festival de Beaune et j&rsquo;ai participé aussi à un spectacle pour les enfants, <em>Cerise au pays de l&rsquo;opéra</em> au Festival des Saisons baroques du Jura, fin juillet ; un spectacle dont j&rsquo;ai composé quelques musiques de chansons, et que nous reprenons à la rentrée à la Seine Musicale. Notre spectacle farfelu, « Bingo, un loto musical », avec mon trio vient d&rsquo;être donné au festival de Yoan Héreau à Clohars-Carnoët, Les Parenthèses musicales. Là-même où le 8 août, nous rejoignons un beau cast (Raquel Camarinha, Jean-Christophe Lanièce, Victor Sicard) pour une version de chambre des <em>Mamelles de Tirésias</em> de F. Poulenc. Avec le Poème Harmonique, nous partirons ensuite en tournée en Espagne. Début septembre avec la Compagnie Maurice et les autres je chante Zuniga (un rôle augmenté de meneur de revue) dans  <em>Carmen, un opéra paysager itinérant</em> d&rsquo;après G. Bizet pour le début de la saison hors-les-murs de l&rsquo;Opéra Comique, après que nous l&rsquo;avons donné fin juillet au Luxembourg.</p>
<p><strong>Où passerez-vous vos vacances ?</strong></p>
<p>Je vais les passer chez moi à Dieppe, en Normandie, la meilleure destination possible pour la fraîcheur !</p>
<p><strong>Quel livre emporterez-vous sur la plage ? </strong></p>
<p>Sur cette plage avec des galets (on a mal aux pieds mais pas de sable dans les chaussures !), j&rsquo;ai une tradition. Je relis toujours les romans policiers d&rsquo;Agatha Christie. Une manière pour moi de me déconnecter et de prendre <em>Pension Vanilos</em> ! Dès les premières lignes, je suis heureux.</p>
<p><strong>Quel festival nous recommanderiez-vous ?</strong></p>
<p>Je recommande Les Parenthèses musicales à Clohars-Carnoët ! Mais aussi les Rencontres Musicales de Vézelay, où l&rsquo;on entend de grands et beaux choeurs dans la magnifique basilique. D&rsquo;autant plus que dans ce festival, il y a des soirées très variées avec beaucoup d&rsquo;activités, dont du théâtre musical. J&rsquo;aime les manifestations qui mélangent grandes et petites formes.</p>
<p><strong>Quelle musique tourne en boucle dans vos écouteurs ?</strong></p>
<p>J&rsquo;écoute beaucoup de musique dans les transports entre mes concerts pour m&rsquo;endormir ! Tout l&rsquo;enjeu pour un artiste est d&rsquo;avoir un bon sommeil. J&rsquo;ai donc deux disques en boucle : le <em>Concerto</em> <em>d&rsquo;Aranjuez</em> par Thibaut Garcia que j&rsquo;adore, et le second album de Norah Jones, <em>Feels like Home</em>.</p>
<p><strong>Quel est votre plus beau souvenir estival ?</strong></p>
<p>J&rsquo;en ai beaucoup car dans les festivals nous croisons du monde en été, avec des temps d&rsquo;échange et de convivialité. Mon plus beau souvenir appartient au Festival de Saintes où j&rsquo;ai mené pendant quatre ans un stage de chant choral que j&rsquo;avais appelé « Chanter + Bouger = Yeah ! ». Le fait de pouvoir rester une semaine entière avec les amis artistes pour discuter et vivre en nous retrouvant dans les mêmes petits restaurants et bars, c&rsquo;est vraiment sympa. Avoir des habitudes, quel luxe dans une vie d&rsquo;artiste !</p>
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		<title>Un été avec&#8230;</title>
		<link>https://www.forumopera.com/dossier/un-ete-avec/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Jul 2026 17:06:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sur la route des vacances, rencontre avec certains de nos artistes préférés – chanteurs, chefs d’orchestre mais pas seulement –  en quelques questions légères comme une sieste dans un hamac. Lucia Adélaïde Di Nicola et Andrea di Carlo Julien Behr Benjamin Bernheim Igor Bouin Jérôme Boutillier Ambroisine Bré Albane Carrère Adèle Charvet Sébastien Daucé Natalie &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Sur la route des vacances, rencontre avec certains de nos artistes préférés – chanteurs, chefs d’orchestre mais pas seulement –  en quelques questions légères comme une sieste dans un hamac.</p>
<ul>
<li style="list-style-type: none;">
<ul>
<li><strong><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-lucia-adelaide-di-nicola-et-andrea-di-carlo/">Lucia Adélaïde Di Nicola et Andrea di Carlo</a></strong></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-julien-behr/"><strong>Julien Behr</strong></a></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-benjamin-bernheim/"><strong>Benjamin Bernheim</strong></a></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-igor-bouin/"><strong>Igor Bouin</strong></a></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-jerome-boutillier/"><strong>Jérôme Boutillier</strong></a></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-ambroisine-bre/"><strong>Ambroisine Bré</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-albane-carrere/">Albane Carrère</a></strong></li>
<li><strong><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-adele-charvet/">Adèle Charvet</a></strong></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-sebastien-dauce/"><strong>Sébastien Daucé</strong></a></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-natalie-dessay/"><strong>Natalie Dessay</strong></a></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-pierre-dumoussaud/"><strong>Pierre Dumoussaud</strong></a></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-ophelie-gaillard/"><strong>Ophélie Gaillard</strong></a></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-christophe-ghristi/"><strong>Christophe Ghristi</strong></a></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-giuliana-gianfaldoni/"><strong>Giulina Gianfaldolni</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-romain-gilbert/">Romain Gilbert</a></strong></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-thomas-guggeis/"><strong>Thomas Guggeis</strong></a></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-aneas-humm/"><strong>Äneas Humm</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-sophie-junker/">Sophie Junker</a></strong></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-anna-kissjudit/"><strong>Anna Kissjudit</strong></a></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-daniela-kohler/"><strong>Daniela Köhler</strong></a></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-gregory-kunde/"><strong>Gregory Kunde</strong></a></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-matthieu-lecroart/"><strong>Matthieu Lécroart</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-lucie-leguay/">Lucie Leguay</a></strong></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-marie-lys/"><strong>Marie Lys</strong></a></li>
<li><strong><a href="http://Zuzana Markova">Zuzana Markova</a></strong></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-ricarda-merbeth/"><strong>Ricarda Merbeth</strong></a></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-nadege-meden/"><strong>Nadège Meden</strong></a></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-elena-mosuc/"><strong>Elena Mosuc</strong></a></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-stephanie-doustrac/"><strong>Stéphanie d&rsquo;Oustrac</strong></a></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-antoine-palloc/"><strong>Antoine Palloc</strong></a></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-anthea-pichanick/"><strong>Anthea Pichanick</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-anne-lise-polchlopek/">Anne-Lise Polchlopek</a></strong></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-marina-rebeka/"><strong>Marina Rebeka</strong></a></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-matthieu-rietzler/"><strong>Matthieu Rietzler</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-marc-scoffoni/">Marc Scoffoni</a></strong></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-andreea-soare/"><strong>Andreea Soare</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-arnaud-thorette/">Arnaud Thorette</a></strong></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-marta-torbidoni/"><strong>Marta Torbidoni</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-catherine-trottmann/">Catherine Trottmann</a></strong></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-reinoud-van-mechelen/"><strong>Reinoud Van Mechelen</strong></a></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-marina-viotti/"><strong>Marina Viotti</strong></a></li>
<li><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-carlo-vistoli/"><strong>Carlo Vistoli</strong></a></li>
<li><strong><a href="https://www.forumopera.com/un-ete-avec-eva-zaicik/">Eva Zaïcik</a></strong></li>
</ul>
</li>
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		<item>
		<title>LULLY, Armide &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lully-armide-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Mar 2026 14:34:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Parmi toutes les pièces lyriques de Lully, Armide, sa dernière tragédie, est une de celles qui contient les plus riches trésors musicaux, et qui valent à cet opéra d’être souvent repris, avec ou sans mise en scène. L’indigence de l’action, ou son aspect suranné, a parfois entraîné des metteurs en scène vers des relectures plus &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Parmi toutes les pièces lyriques de Lully, <em>Armide</em>, sa dernière tragédie, est une de celles qui contient les plus riches trésors musicaux, et qui valent à cet opéra d’être souvent repris, avec ou sans mise en scène. L’indigence de l’action, ou son aspect suranné, a parfois entraîné des metteurs en scène vers des relectures plus que douteuses, la dernière en date pourrait bien être la vision de Dominique Pitoiset dans une co-production de l’Opéra Royal à Versailles et de l’Opéra de Dijon, en <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lully-armide/">2023</a>, version soit dit en passant où l’on retrouvait quatre des protagonistes vus ce jour à Toulouse.<br />
Le Capitole a plutôt choisi la version de concert et l’on ne va pas s’en plaindre, la pauvreté de la trame narrative pourtant brillamment mise en vers par Quinault ne laissant guère l&rsquo;alternative qu’entre une vision historique et possiblement ennuyeuse et une version transposée et à coup sûr périlleuse.<br />
Dans ce qui nous est proposé ce jour, on n’est toutefois pas loin de la version mise en espace, les différents protagonistes allant et venant, de la scène aux loges, de l’arrière scène à l’avant-scène. Roland passera même toute la fin du II allongé sur l&rsquo;avant-scène et endormi !</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/ONC_3892-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1774260981795" />© David Herrero</pre>
<p>Mais pour que tout cela soit fluide, il aurait fallu que les chanteurs se libèrent davantage de leur partition, seul <strong>Timothée Varon</strong> à la basse sombre et puissante, ayant choisi pour ses deux &#8211; petits- rôles (Artémidore et la Haine) de chanter sans filet. L’un des moments les plus intenses (« Enfin il est en ma puissance » à la fin du II) est du reste cette scène que <strong>Stéphanie d’Oustrac</strong> chante librement et où elle déploie ce faisant tous ses talents de tragédienne.<br />
D’Oustrac est coutumière du rôle, elle en possède tous les détails. La voix domine ce soir et emplit la salle. La projection est assurée, le timbre toujours touchant parce que de la voix respirent l’authenticité et l’engagement. Mais posons la question : Armide est-elle ce personnage monolithique, enragé, fiévreux, impatient, qui se déploie du début à la fin sous nos yeux ? Ce personnage n’est-il pas plus complexe que cela, surpris soi-même par cet amour soudain qui lui tombe dessus ? Il y a peu de place au doute dans la vision du personnage principal proposée ce soir, et ce sera un regret.<br />
Question déjà posée : <strong>Cyril Auvity</strong> a-t-il la voix de Renaud ? Convaincant dans les trois derniers actes, Auvity peine à donner toute l’envergure du héros dans les deux premiers. Le <em>mezzo forte</em> est toujours d’une grande noblesse, mais le <em>forte</em> peine à emporter l’adhésion.<br />
Mention toute particulière à <strong>Marie Perbost</strong>, Sagesse et Phénice, puis Mélisse, qui donne à ses trois personnages une vitalité joyeuse et entraînante. La technique est maîtrisée et l’aisance fait plaisir à entendre. Son duo avec <strong>Victoire Bunel</strong> (qui chante la Gloire, puis Sidonie et Lucinde) dans le Prologue, restera un des beaux moments.<br />
Autre moment convaincant, le très attendu « Les plaisirs ont choisi pour asile » qui permet à <strong>David Tricou</strong> de mettre en avant une voix bien placée, à la technique sûre, avec toute la légèreté qui sied à ce moment un peu suspendu.<br />
<strong>Tomislav Lavoie</strong> possède une basse plus chantante que puissante : il donne vie à Hidraot et Ubalde en en faisant des personnages à part entière.<br />
<strong>Vincent Dumestre</strong> dirige les vingt-deux musiciens et les vingt choristes (capables de rendre justice aux mille nuances de la partition) de son Poème Harmonique avec sa conviction coutumière. Le trait est léché, le rythme soutenu. Mention spéciale au continuo qui a fort à faire et aux quatre instrumentistes qui se partagent alternativement les bois (flûtes à bec, hautbois et bassons) sans faillir.</p>
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		<title> HERVÉ, Le petit Faust &#8211; Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/herve-le-petit-faust-paris-athenee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Dec 2025 11:18:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec Le Petit Faust en 1869, Hervé confirme sa réputation de « compositeur toqué ». Partition effervescente, situations volontairement détournées, clins d’œil irrévérencieux : rien n’échappe à son goût pour la subversion dans cette parodie proclamée de l’opéra de Gounod. L’intrigue, volontairement loufoque multiplie les références et les excès comiques. La musique mêle virtuosité, et sens aigu &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec <em>Le Petit Faust</em> en 1869, Hervé confirme sa réputation de « compositeur toqué ». Partition effervescente, situations volontairement détournées, clins d’œil irrévérencieux : rien n’échappe à son goût pour la subversion dans cette parodie proclamée de l’opéra de Gounod. L’intrigue, volontairement loufoque multiplie les références et les excès comiques. La musique mêle virtuosité, et sens aigu du rythme théâtral. De la farce ? Oui mais moins grossière qu’il n’y paraît, savante même. Hervé ne se contente pas de rire – et faire rire – de <em>Faust</em> : il en travestit les procédés<strong>, </strong>moins par la citation musicale que par le pastiche du style et une pratique de la rupture proche de l’absurde. Les changements arbitraires de ton et de tempo sont les ficelles que le compositeur s’amuse à tirer. Les envolées lyriques sont brusquement interrompues par une réplique parlée ou un effet comique. Les harmonies attendues débouchent sur une cadence triviale. Faust introspectif, élégiaque et noble chez Gounod exagère les appoggiatures, les suspensions et les montées expressives. Marguerite, « ange pur et radieux », se présente sous un jour déluré. Quant à Mephisto, loin de la basse sardonique et velue à laquelle la tradition l’associe, il est ici confié à une mezzo-soprano.</p>
<p>C’est cet esprit déjanté que cherche à retrouver <strong>Sol Espeche</strong> en transposant la pièce dans l’univers des jeux télévisés des années 1990 – après avoir glissé <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/messager-coup-de-roulis-paris-athenee/">Coups de roulis</a></em> dans le moule du soap opera il y a deux saisons. Le public peut-il saisir aujourd’hui avec la même évidence qu’hier la relation transgressive qu’entretient l’opéra-bouffe d’Hervé avec le chef d’œuvre de Gounod ? A défaut, les allusions à <em>Tournez Manège</em>, <em>Secret story</em> et autres divertissements cathodiques parleront au plus grand nombre – tout au moins à ceux d’un temps que les moins de vingt ans peuvent ne pas connaître.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/251129_RdL_0368-1294x600.jpg" /> © Christophe Raynayd de Lage</pre>
<p>Etrenné à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/herve-le-petit-faust-tours/">Tours</a> le mois dernier, et repris à l’Athénée jusqu’au 20 décembre, le spectacle passe à la moulinette de la caricature un ouvrage déjà caricatural. La classe de Faust lorgne du côté de <em>L’Ecole des fans</em> chère à Jacques Martin. Le deuxième acte transporte le Bal Mabille sur les plateaux de <em>Champs Élysées</em> – l’émission de Michel Drucker –, et la chambre virginale de Marguerite bascule dans un studio clinquant de télé-réalité. Quelques gradins modulables suffisent à suggérer les différents décors. Le décalage entre les situations et le texte, qu’il soit parlé ou chanté, est assumé. Les gags se bousculent. On rit souvent. Tout n’est pas drôle, tout ne fonctionne pas mais le grotesque règne à un tel degré qu’on finit par soupçonner une intention délibérée derrière les ressorts comiques les plus distendus.</p>
<p>A la manière d’Hervé, le fil narratif est sans arrêt interrompu, dès le début lorsque Valentin fait irruption sur scène pour perturber l’enregistrement de l’émission. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/herve-le-petit-faust-tours/">Antoine Brunetto à Tours</a> nous promettait « un moment assez irrésistible » ; il l’est, grâce à l’énergie d’<strong>Igor Bouin</strong>, baryton polyvalent également engagé dans la musique de chambre et la direction de chœur. Ses couplets militaires, articulés d’une voix de stentor, sont un concentré d’humour vitaminé. Du tempérament, ses partenaires en ont aussi à revendre, chacun dans leur genre : <strong>Charles Mesrine</strong> plus en retrait pour composer un Faust dépassé par les événements ; <strong>Anaïs Merlin</strong>, Marguerite entre élans acides de son air « Place, place à la voyageuse » et fausse fraîcheur ingénue de la Ballade du Roi de Thuné – ndlr : ce n’est pas une coquille – ; <strong>Mathilde Ortscheidt</strong>, Mephisto soudain ramené à la raison par Le Rondeau des quatre saisons, parenthèse étonnamment nostalgique au sein d’une partition qui laisse peu de place aux sentiments. Après avoir chauffé la salle avec brio, <strong>Maxime Le Gall</strong> rejoint un chœur que l’on aimerait plus idiomatique, hilarant cependant avec ses refrains martelés et ses entrées volontairement décalées comme un pied-de-nez à l’écriture chorale du <em>Faust</em> original.</p>
<p>Attentif aux rebonds burlesques comme aux ensembles plus élaborés, <strong>Sammy El Ghadab</strong> impulse à d’excellentes Frivolités Parisiennes un mouvement joyeux et souple, avec le sang-froid d’un régisseur de plateau télé rompu aux aléas du direct.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/herve-le-petit-faust-paris-athenee/"> HERVÉ, Le petit Faust &#8211; Paris (Athénée)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title> HERVÉ, Le petit Faust &#8211; Tours</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/herve-le-petit-faust-tours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Nov 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les musiciens de l’Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours étaient d’humeur badine pour cette matinée. On les comprend, car ils annoncent avant le concert qu’une décision a enfin été prise de pérenniser l’orchestre et ses trente-deux musiciens. Voilà une excellente nouvelle pour eux et pour les habitants de la région, car cela va &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les musiciens de l’Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours étaient d’humeur badine pour cette matinée. On les comprend, car ils annoncent avant le concert qu’une décision a enfin été prise de pérenniser l’orchestre et ses trente-deux musiciens. Voilà une excellente nouvelle pour eux et pour les habitants de la région, car cela va permettre de multiplier l’offre musicale locale. Sous la houlette enjouée de <strong>Sammy El Ghadab</strong>, ils nous emportent dès l’ouverture d’abord rêveuse vers une valse endiablée qui nous rappelle que nous sommes ici pour rire.</p>
<p>Voilà qui rend justice à ce <em>Petit Faust</em>, opéra bouffe en trois actes créé en 1869, pastiche du <em>Faust</em> de Gounod (mais pas seulement), qui faisait cette même année son entrée à l’Opéra de Paris. On se moque bien de la grande œuvre et Hervé ne se prive pas de clins d’œil plus ou moins appuyés à son modèle. On aura droit aux couplets de Valentin (hilarant <strong>Igor Bouin</strong>, en épigone de Filip des 2B3) qui nous rappellent les « Gloires immortelles de nos aïeux », une chanson sur une puce, une autre à propos d’un Roi de Thu<u>n</u>é et un diable qui mène le bal à la fin… La liste n’est évidemment pas exhaustive !</p>
<p>La musique est bien troussée, prenant des formes de valses, de galops, mais sait aussi se faire tendre quand Méphisto évoque les quatre saisons de l’amour. Méphisto est d’ailleurs ici une femme, plus meneuse de revue et des plaisirs que réellement inquiétante. <strong>Mathilde Ortsheidt</strong> s’y glisse avec gourmandise, lui prêtant son timbre prenant, ombré et légèrement voilé, et son abattage scénique.</p>
<p>La production fait craindre le pire au début, conjuguant surjeu et une certaine vulgarité. Déjà, l’intervention du chauffeur de salle Patrick Lepion (<strong>Maxime Le Gall</strong>) dès avant le début du spectacle nous avait paru un peu longuette et répétitive. On n’est donc pas loin de partager l’avis de Valentin qui, tel Raphaël Quenard dans <em>Yannick</em>, vient interrompre le spectacle pour dire tout le mal qu’il en pense (le moment est assez irrésistible) – l’effet repoussoir devait donc être volontaire. L’univers des jeux télévisés imaginé par <strong>Sol Espeche</strong> se fond plutôt bien dans l’intrigue : au début <em>La Classe</em> et <em>L’école des fans</em> avec le vieux Faust en Jacques Martin, puis <em>Champs Élysées</em>, <em>Greg le Millionnaire</em> et surtout le <em>Tournez manège</em> désopilant, avec Faust à la recherche de Marguerite, le tout orchestré par Méphisto / Fabienne Égal. On passera ensuite à Secret Story où les confessions de Faust et de Marguerite se font sous l’œil des caméras et de Méphisto / la Voix. Enfin l’enfer prendra la forme d’un cours d’aérobic type Véronique et Davina, où les amants se déchaînent sur des exercices de fitness pour l’éternité ! Les décors sont minimalistes mais parviennent bien à nous faire replonger dans chacun de ces univers. Au final, malgré des dialogues réécrits, certains effets parfois lourdauds, et une direction d’acteurs qui gagnera sûrement en précision au fil des représentations (nous assistons ici à la toute première), les idées ne manquent pas pour nous surprendre et nous amuser.</p>
<p>Les interprètes réunis sur scène sont jeunes et ne se ménagent pas. On pourra regretter un certain déficit de relief et surtout d’intelligibilité chez certaines voix. Il est bien dommage d’avoir besoin de recourir aux surtitres pour comprendre le texte ! La Marguerite / Gretchen d’<strong>Anaïs Merlin </strong>ne manque cependant pas de chien en fausse ingénue et vraie mondaine, mais a tendance à prendre l’ascendant sur le Faust moins sonore de <strong>Charles Mesrine</strong>.</p>
<p>La production sera reprise à Reims (fin novembre) puis au Théâtre de l’Athénée à Paris en décembre, mais avec cette fois ci Les Frivolités Parisiennes en fosse.</p>
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		<title>CAMPRA, Requiem &#038; Miserere</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/campra-requiem-miserere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Sep 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour les mélomanes peu familiers avec le répertoire baroque qui ne se souviennent plus exactement qui était André Campra, rien de tel que de se replonger dans l&#8217;increvable Rebatet et son Histoire de la musique. « C&#8217;est le compositeur français le plus italianisé de son époque, usant des ornements, de ces effets vocaux sur une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour les mélomanes peu familiers avec le répertoire baroque qui ne se souviennent plus exactement qui était André Campra, rien de tel que de se replonger dans l&rsquo;increvable Rebatet et son <em>Histoire de la musique.</em> « C&rsquo;est le compositeur français le plus italianisé de son époque, usant des ornements, de ces effets vocaux sur une syllabe longuement répétés que réprouvait le rationalisme de Lully. (&#8230;) A vrai dire, il n&rsquo;y a pas l&rsquo;ombre d&rsquo;un sentiment religieux dans ses psaumes, ses motets, son Requiem, travaux d&rsquo;un abbé de cour qui prélude au style galant. » Bigre, la charge est lourde. Elle est un savant mélange de vrai et de faux. Il est exact que la musique de Campra fait une part plus belle à l&rsquo;hédonisme que celle de ses contemporains. De là à affirmer que sa musique religieuse est vide de foi &#8230; Un tel commentaire rejoint le bêtisier de ceux qui condamnent les messes de jeunesse de Mozart ou le <em>Requiem</em> de Verdi au nom d&rsquo;un jansénisme musical de mauvais aloi. Opposer jouissance musicale et sentiment religieux est simpliste et faux. Comment nier l&rsquo;impact psychologique des cinq premières minutes de ce <em>Requiem</em>, où Campra accumule les moyens d&rsquo;expression avec une maestria confondante, pour exploser dans un océan de douleur, le tout sur un ton qui reste constamment élégant ? La suite de l&rsquo;œuvre est certes d&rsquo;une atmosphère plus légère, et s&rsquo;ouvre généreusement aux rythmes de danse, mais est-il si indigne de lier la mort au mouvement, lorsqu&rsquo;on se rappelle la floraison des danses macabres dans l&rsquo;art médiéval, tenu en si haute estime par les censeurs du style galant ?</p>
<p>La discograpĥie du <em>Requiem</em> est réduite mais de qualité, avec au sommet la version enregistrée par Philippe Herreweghe et La Chapelle Royale en 1987 (Harmonia Mundi). Plus récemment, Sébastien Daucé (encore Harmonia Mundi) ou Emmanuelle Haïm (Erato) ont apporté de belles pierres à l&rsquo;édifice. La contribution de <strong>William Christie</strong> était attendue. Après tant de jalons dans le répertoire français de l&rsquo;époque, on était curieux de voir comment le chef allait aborder ce chef-d&rsquo;œuvre. Sans surprise, Christie privilégie la clarté des lignes à l&rsquo;effet dramatique. Tout du long, c&rsquo;est la certitude du salut qui se fait entendre, plus que la peur de la damnation. Lucien Rebatet aurait sans doute trouvé cela trop « galant », mais c&rsquo;est une perspective qui se défend parfaitement. On se laisse emporter par cette battue sereine, régulière sans jamais être monotone, qui sait équilibrer les plans sonores tout en faisant ressortir tel contrechant ou tel détail instrumental. Tout s&rsquo;écoule avec un naturel qui dénote l&rsquo;interprète rompu à ce répertoire.</p>
<p>Les <strong>Arts Florissants</strong> sont en effectif plutôt fourni : 17 choristes et 21 instrumentistes, auxquels il faut rajouter 6 solistes vocaux. On ne sait que louer le plus, de l&rsquo;homogénéité du chœur, de sa diction précise (attention : prononciation française du latin, comme on pouvait s&rsquo;y attendre) ou de la ductilité qui émane de chacun des pupitres de l&rsquo;orchestre. Tout se passe comme si ces musiciens avaient acquis une familiarité totale avec l&rsquo;œuvre. Les solistes se fondent dans l&rsquo;ensemble avec un sens du collectif qui force le respect. Même si, face à une esthétique aussi globale, il est de mauvais aloi de juger séparément les prestations, on épinglera particulièrement les flûtes de <strong>Serge Saitta</strong> et <strong>Charles Zebley</strong>, d&rsquo;une transparence qui évoque la gaze et la soie.</p>
<p>En complément de programme, le <em>Miserere</em> de 1725 fait bonne figure. Campra y adopte un ton plus contrit que dans le <em>Requiem</em>, avec un chromatisme omniprésent, mais sa vitalité italienne n&rsquo;est jamais très loin, comme en témoigne l&rsquo;efflorescence chorale du « Libera me de sanguinibus ». Les interprètes y sont tout autant à leur aise que pour le <em>Requiem</em>. Le minutage total du disque, plus d&rsquo;1h20, la qualité du programme et de l&rsquo;interprétation en font une initiation idéale à l&rsquo;univers de Campra.</p>
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		<title>Les Parenthèses Musicales de Saint-Maurice 2025</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/les-parentheses-musicales-de-saint-maurice-2025/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julian Lembke]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Jul 2025 05:36:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les Parenthèses Musicales de Saint-Maurice, festival d’été ayant élu domicile sur le site abbatial de Saint-Maurice à Clohars-Carnoët, se forge un profil de plus en plus particulier depuis que le pianiste et chef d’orchestre Yoan Héreau en a pris la direction il y a six ans. L’édition 2025 est consacrée à Maurice Ravel, dont nous &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les Parenthèses Musicales de Saint-Maurice, festival d’été ayant élu domicile sur le site abbatial de Saint-Maurice à Clohars-Carnoët, se forge un profil de plus en plus particulier depuis que le pianiste et chef d’orchestre Yoan Héreau en a pris la direction il y a six ans. L’édition 2025 est consacrée à Maurice Ravel, dont nous célébrons cette année le 150<sup>e</sup> anniversaire.</p>
<p>Plusieurs facettes du compositeur seront présentées sous un jour nouveau. Ainsi, le Duo Jatekok proposera des versions pour deux pianos d’œuvres orchestrales, dont l’emblématique <i>Boléro</i>, la <i>Rhapsodie Espagnole</i>, mais aussi des extraits de <i>Carmen</i> de Georges Bizet. Les pianistes Naïri Badal et Adélaïde Panaget rejoindront ensuite le comédien Florient Azoulay pour <i>Les Contes de la mère l’Oye</i>. Celui-ci élucidera également quelques aspects méconnus de la vie de Ravel dans le cadre d’une conférence-lecture.</p>
<p>Si ce programme fait dialoguer la musique de Ravel avec, entre autres, des pages de son confrère espagnol Manuel de Falla, le concert <i>Viva España !</i> du guitariste Emmanuel Rossfelder soulignera davantage les influences ibériques dans l’univers musical du Français. On retrouvera le même esprit dans le spectacle <i>En Forme de Habanera</i>, présenté par les chanteurs Raquel Camarinha et René Ramos Premier sur l’Esplanade de l’Océan. Deux soirées au titre espiègle <i>Les Chansons de Maurice </i>mettront en valeur la production de mélodies de Ravel ainsi que l’amour que ce dernier portait à la poésie. Le public y entendra notamment le ténor Enguerrand de Hys et le baryton Igor Bouin. Le trio Karénine, quant à lui, mettra face à face Ravel avec son compatriote Camille Saint-Saëns.</p>
<p>Enfin, la marque de fabrique du festival est sans aucun doute la production annuelle d’un projet lyrique ambitieux. Cette année, l’équipe a jété son dévolu sur <i>L’Heure Espagnole</i>, dans un nouvel arrangement pour solistes et petit ensemble signé Jean-Frédéric Neuburger.</p>
<p>Un beau palmarès de spectacles qui vaudra le déplacement dans ce coin charmant de la Bretagne.</p>
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		<title>PURCELL, Dido and Aeneas &#8211; Bruxelles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-dido-and-aeneas-bruxelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Apr 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On aura beau l’avoir entendue et ré-entendue, l’œuvre conserve tout son charme et son pouvoir de séduction. Sa durée relativement courte, son action resserrée et sa progression dramatique jusqu’au désespoir de l’héroïne en l’un des plus beaux airs du répertoire anglais, tout concourt à la popularité de ce chef-d’œuvre, que l’enthousiasme du public de la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On aura beau l’avoir entendue et ré-entendue, l’œuvre conserve tout son charme et son pouvoir de séduction. Sa durée relativement courte, son action resserrée et sa progression dramatique jusqu’au désespoir de l’héroïne en l’un des plus beaux airs du répertoire anglais, tout concourt à la popularité de ce chef-d’œuvre, que l’enthousiasme du public de la grande salle Henry Leboeuf du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles a encore confirmée.</p>
<p>Déjà donnée au festival de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-didon-et-enee-la-chaise-dieu/">la Chaise-Dieu l’été dernier</a> cette production du <em>Didon et Enée</em> de Purcell en version semi-scénique présente un bon compromis entre une version théâtrale et une version de concert, toujours un peu décevante lorsque l’œuvre est présentée comme un oratorio.</p>
<p>Le parti pris d’une mise en espace légère mais assumée offre bien des avantages : les protagonistes chantent de mémoire, ce qui favorise toujours le contact avec les spectateurs, ils incarnent leur rôle d’une façon beaucoup plus crédible, et le public est plongé dans le drame d’une façon très efficace et bien plus directe, propice à susciter l’émotion. Quelques éclairages subtils suffiront à rendre l’atmosphère chargée de la cour de la Reine Didon, le caractère inquiétant de l’univers des sorcières ou la gouaille fanfaronne et imbibée des marins intrépides, la magie de la musique faisant le reste. La conception dramaturgique tire une peu vers une vision people, une exacerbation des sentiments à des fins de représentation.</p>
<p><strong>Vincent Dumestre</strong> et ses troupes ont visiblement pris plaisir à agrémenter la partition d’un tas d’ajouts et d’ornements, étoffant la ligne musicale qu’ils ont sans doute jugée trop dépouillée. On a aussi joint quelques intermèdes orchestraux et renforcé l’effectif instrumental de quelques guitares, castagnettes, crotales, et autres instruments, sans que cela n’ajoute ni ne nuise à la lisibilité du propos. Est-ce pour allonger de quelques minutes la durée du spectacle ? Tout ce petit monde est visiblement très bien préparé, mené par un premier violon dynamique et communicatif, et soumis à la conduite d’un chef sans doute plus attentif à la préparation que réellement charismatique en concert.</p>
<p>La conception musicale du spectacle repose sur l’accentuation des contrastes d’une partition tour à tour drame et comédie bouffonne, dans la plus pure tradition shakespearienne. Ce parti pris s&rsquo;exprime dès l&rsquo;ouverture et se traduit par une accélération des passages rapides (parfois au détriment d’une certaine précision, en particulier du chœur) et un ralentissement des airs au lyrisme appuyé ou en forme de lamento, une amplification des effets sonores (rarement un orage aura été plus crédible au concert….) soulignant au passage le côté baroque et même italianisant de la partition.</p>
<p>La distribution vocale est de grande qualité : Didon, est chanté magistralement par <strong>Adèle Charvet</strong> qui prête sa stature de minerve et son port de reine à un rôle qui lui va comme un gant. La voix est souple et chaude, avec ce qu’il faut de vibrato voluptueux pour susciter l’émotion et la compassion. A ses côtés, la Belinda de <strong>Ana Quintans</strong> fait fort belle figure, plus incisive, plus directement active à faire avancer le drame, mais sans doute aussi moins émouvante. <strong>Jean-Christophe Lanièce</strong> est lui aussi physiquement parfait pour endosser avec prestance et séduction le rôle d’Enée, héros malgré lui et navré d’avoir à causer le désespoir de la Reine. La voix est puissante et bien posée, la diction anglaise est sans reproche, même si le rôle manque un peu de consistance dramatique. <strong>Igor Bouin</strong> est étonnant dans le rôle de la sorcière, habituellement confié à une femme mais dont il assume parfaitement la masculinité, et campe ensuite un marin très dynamique et plein d’entrain. <strong>Marie Théoleyre</strong> en deuxième dame, <strong>Caroline Meng</strong> et <strong>Anouk Defontenay</strong> en sorcières (pas vraiment effrayantes..), et <strong>Fernando Escalona Melendez</strong>, très spectaculaire dans l’air de l’Esprit, complètent agréablement la distribution.</p>
<p>Les chœurs, intégrés dans la mise en espace, participent tour à tour au monde inquiétant des sorcières ou renforcent la foule enivrée des marins, contribuant ainsi au visuel du spectacle en y ajoutant le mouvement. Au plan musical, ils livrent eux aussi une prestation de grande qualité.</p>
<p>Le public bruxellois réservera à cette prestation de haute tenue une ovation très chaleureuse et enthousiaste.</p>
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		<title>POULENC, Les Carmélites de Compiègne &#8211; Paris (Fondation Eugène Napoléon)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/poulenc-les-carmelites-de-compiegne-paris-fondation-eugene-napoleon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre Venissac]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Dec 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dialogues des Carmélites n’est pas un opéra rare, mais c’est un vrai luxe pour les mélomanes parisiens d’avoir pu choisir entre deux versions de l’œuvre en ce même début décembre. En effet, à côté du très médiatisé spectacle du TCE se cachaient jusqu’au 6 décembre ces Carmélites de Compiègne, mouture réduite pour piano et solistes, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Dialogues des Carmélites</em> n’est pas un opéra rare, mais c’est un vrai luxe pour les mélomanes parisiens d’avoir pu choisir entre deux versions de l’œuvre en ce même début décembre. En effet, à côté du <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/poulenc-dialogues-des-carmelites-paris-tce/">très médiatisé spectacle du TCE </a>se cachaient jusqu’au 6 décembre ces <em>Carmélites de Compiègne</em>, mouture réduite pour piano et solistes, dans le cadre idéal de la chapelle de la Fondation Eugène Napoléon. Il s’agit de la reprise d’une production créée en 2021 dans la bien plus vaste cathédrale Sainte-Cécile d’Albi par le collectif SacréProd. Cette association, qui s’articule autour de la représentation d’œuvres sacrées dans des lieux sacrés, y donnait alors son premier opéra. L’occasion de prouver une fois de plus que des moyens réduits ne signifient pas une prestation moindre, bien au contraire. En plus des talents individuels, tous remarquables et pour certains déjà bien remarqués, l’esprit de collectif donne au tout une cohérence et une force émotionnelle.</p>
<p>Il faut en premier lieu féliciter <strong>Yoan Héreau</strong>, maître d’œuvre musical de la soirée. Pianiste, chef de chant, il est également responsable de l’adaptation présentée. Pas de Marquis ni de Chevalier dans cette version, l’opéra commence donc avec le deuxième tableau du 1er acte, tandis que le deuxième interlude et le troisième tableau du 2e acte sont également coupés. A l’exception de l’aumônier, les rôles secondaires masculins sont transformés en rôles parlés, et leurs répliques raccourcies. Sans jamais perturber la lisibilité du récit, ce choix permet de mettre en avant le huis clos de la communauté, et de redoubler ainsi la violence des intrusions de l’extérieur. Le fait de donner le spectacle dans un lieu sacré a évidemment une incidence sur cet aspect, le spectateur se trouvant totalement intégré à l’atmosphère recueillie du Carmel. Si l’on ne se pose jamais la question de la pertinence de cette adaptation, c’est évidemment parce que son interprétation est remarquable. Dès les premières notes, le discours du pianiste est limpide, toujours très bien conduit ; il porte la représentation de bout en bout sans aucune perte d’intensité. Tout en ayant une vision de chef, capable de construire sur la grande forme, il donne à entendre de vraies belles sonorités de piano. Souple et délicat pour les moments les plus intimes et touchants, raide et implacable quand il faut imiter les sons de cloches, il incarne par son jeu l’Ordre aussi bien que la Grâce décrites par Poulenc et Bernanos. Enfin,&nbsp;on sent en permanence qu’il connaît les voix avec qui il joue, et que cela lui permet de leur créer un espace de confort sans jamais sacrifier sa prise de parole pour autant.</p>
<figure id="attachment_178829" aria-describedby="caption-attachment-178829" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-large wp-image-178829" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Carmelites-Compiegne-2-1024x625.png" alt="" width="1024" height="625"><figcaption id="caption-attachment-178829" class="wp-caption-text">Blandine Folio Peres<br />©️Marianne Asseily</figcaption></figure>
<p>Le soin de raccrocher les wagons entre eux dans cette version coupée revient aussi à la mise en scène de <strong>Mirabelle Ordinaire</strong>. Elle parvient à fluidifier le tout grâce à un mouvement quasi continu, les préludes servant de préparation à vue au tableau suivant. On regrette simplement la récurrence de sons de cloche pour faire le lien, procédé un peu facile qui devient lassant. Plus généralement, la metteuse en scène réussit à optimiser l’espace dont elle dispose en faisant tout un travail symbolique sur les plans. Ainsi, la première apparition de la Première Prieure se fait au fond de la scène, vers l’autel, à distance et en position dominante vis-à-vis de Blanche qui est elle à l’avant-scène. Lors de son agonie, privée de sa coiffe et de son aura, elle est cette fois tout près du public, et à sa hauteur. Les spécificités de la chapelle sont également bien exploitées, notamment la chaire, sur laquelle Mère Marie et Madame Lidoine se partagent la supériorité, ou les bancs de côté, qui servent de prison. Cette confusion entre lieu réel et lieu fonctionnel rend le saccage des révolutionnaires d’autant plus marquant lorsqu’ils s’en prennent à l’autel, qui n’est pas un élément de décor rapporté. Enfin, il faut relever le soin apporté à la lumière, qui culmine dans une scène finale bouleversante. Les carmélites entrent une à une cierge à la main, sans aucune autre source de lumière, avant de former un chœur. A chaque coup de guillotine, une chanteuse souffle sur sa bougie et disparaît, jusqu’à ce qu’il ne reste que Constance, qui se sert de sa flamme pour allumer le cierge que lui tend Blanche, revenue pour le martyre. Une fois cette dernière lumière éteinte, les dernières notes du piano résonnent alors dans le noir complet, laissant le public accueillir cette fin dans le recueillement le plus total (et profiter d’un peu de silence, chose rare au concert). Avec peu d’éléments de scénographie, cette mise en scène emporte la mise par sa lisibilité, sa finesse, et surtout une remarquable direction d’acteurs.</p>
<figure id="attachment_178830" aria-describedby="caption-attachment-178830" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-large wp-image-178830" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Carmelites-Compiegne-1-1024x782.png" alt="" width="1024" height="782"><figcaption id="caption-attachment-178830" class="wp-caption-text">Laurence Pouderoux<br />©️Mariane Asseily</figcaption></figure>
<p>En effet, toute la distribution est très investie et très crédible, chacun étant à sa juste place. Le texte se suit très facilement malgré l’absence de surtitres, probablement grâce au travail préalable avec Yoan Héreau, même si du fait de l’acoustique certains passages rapides sont plus confus. Cette version bénéficie d’un certain nombre de chanteuses rompues au répertoire de la mélodie, et donc à l’art de phraser par les mots. On pense en premier lieu à <strong>Raquel Camarinha</strong>, dont on invite chacun à redécouvrir ou découvrir ses albums dans ce genre (<a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rencontre-raffinement-culotte/">notamment avec Yoan Héreau</a>). Sa Blanche de la Force vaut ainsi par sa clarté, aussi bien que par la présence originale qu’elle lui donne : très digne, moins fragile que d’autres, mais mélancolique. Elle forme un contraste scénique saisissant avec la Constance de <strong>Laurence Pouderoux</strong>, à qui le rôle sied très naturellement. Voix légère mais riche et bien projetée, elle parvient à porter la gaité du personnage sans mièvrerie.<br />
Madame de Croissy a peu de temps sur scène, mais nécessite une chanteuse en pleine possession de ses moyens, le rôle ayant été pensé sur les possibilités d’un contralto italien type Amnéris. <strong>Blandine Folio Peres </strong>est peut-être plus lyrique que dramatique, mais la chaleur de son mezzo en fait une Première Prieure très convaincante, charismatique mais jamais virulente. Son vibrato caractérisé est aussi source d’émotion. Elle donne à son personnage une bonté et une dimension pédagogique bienvenues, avant d’être particulièrement intense dans son agonie. Elle est cependant légèrement moins compréhensible que les autres. Mère Marie donne moins de possibilités de débordement, étant obsédée par la règle et l’idée de sacrifice : <strong>Anne-Lise Polchlopek</strong> est exemplaire de charisme et de sévérité, tout en montrant la mélodiste et la fine technicienne qu’elle est lorsque le rôle consent à fendre l’armure, et à montrer un peu d’humanité. La voix est longue, remarquablement homogène, et l’incarnation toujours intense. Rappelons qu’elle est lauréate du dernier Grand Prix du Concours de Mélodie de Toulouse. Enfin, <strong>Axelle Fanyo</strong> livre une très grande prestation en Madame Lidoine. Dès sa première note, on est saisi par la faculté de son instrument à irradier dans toute la salle, sans forcer, d’un grand soprano lyrique riche en harmoniques. Surtout, l’émotion que procure ce son est décuplé par l’émotion de la musicienne et de la comédienne : ses paroles dans la prison semblent même arracher des larmes aux artistes des chœurs, tant elles débordent de bonté et d’abnégation. Elle reprendra le rôle à l’opéra de Rouen en janvier, inutile de dire qu’il faudra s’y rendre. Il nous apparaîtrait incompréhensible que les grandes scènes nationales continuent pendant longtemps de bouder cette artiste. Les rôles secondaires, notamment l’Aumônier d’<strong>Igor Bouin</strong>, sont tous bien caractérisés, laissant entrevoir des personnalités artistiques attachantes.</p>
<p>La soirée s’était ouverte par un discours de la présidente de l’association rappelant l’ancrage historique du lieu de représentation, à deux pas de la place de la Nation où furent exécutées les carmélites historiques, et près des fosses communes de Picpus où leurs corps furent jetés. C’est un bel hommage qu’elles ont reçu ce soir là, d’autant plus que la mise en scène s’accorde une liberté dans le final qui reconnecte la fiction à la réalité historique. Tandis que les condamnées chantent le Salve Regina, on voit sur la chaire Mère Marie, qui n’a pas pu mourir avec elles, chanter aussi en écrivant. Or, Mère Marie de l’Incarnation est le seul personnage entièrement véridique de la pièce, et a de fait couché à l’écrit sa version des faits, après leur avoir survécu. Ce dernier soin est à l’image de la délicatesse qu’on a perçu ce soir.<br />
Une direction musicale fine et cohérente, un plateau investi et talentueux, une production émouvante : on ne peut que souhaiter à ces Carmélites de voyager dans d’autres salles et villes, et on espère avoir l’occasion de retrouver plusieurs fois les artistes de ce soir au premier plan.</p>
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		<title>PURCELL, Didon et Enée &#8211; La Chaise-Dieu</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/purcell-didon-et-enee-la-chaise-dieu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anne Rouhette]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Aug 2024 03:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le concert d’ouverture du festival 2024 marquait le retour de Vincent Dumestre et du Poème Harmonique à la Chaise-Dieu après plusieurs années d’absence, pour un Didon et Énée donnée dans une version de concert accompagnée de jeux de scène et d’éclairage. Cette version marquait la prise de rôle, dans le rôle de Didon, de celle &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le concert d’ouverture du festival 2024 marquait le retour de <strong>Vincent Dumestre</strong> et du <strong>Poème Harmonique</strong> à la Chaise-Dieu après plusieurs années d’absence, pour un <em>Didon et Énée </em>donnée dans une version de concert accompagnée de jeux de scène et d’éclairage. Cette version marquait la prise de rôle, dans le rôle de Didon, de celle que le dossier de presse présentait comme «&nbsp;la merveilleuse Adèle Charvet&nbsp;», autour de qui s’est concentrée une importante campagne promotionnelle. Un tel battage médiatique avait de quoi agacer et inciter à scruter la performance de la jeune mezzo-soprano d’un œil et d’une oreille critiques particulièrement affûtés. Las&nbsp;: merveilleuse, <strong>Adèle Charvet</strong> le fut, amenant les larmes aux yeux du public dès son premier « Ah Belinda ». Chaque note, chaque inflexion frémissait d’espérance, d’orgueil blessé ou de désespoir, jusqu’à un lamento final bouleversant, malgré, peut-être, une ornementation quelque peu excessive. La tessiture du rôle lui convient parfaitement et donne à entendre un médium large et charnel, un grave solide et un aigu très riche, avec une belle homogénéité, qui se projette du <em>pianissimo</em> le plus intense à des <em>forte</em> parfaitement dosés et déchirants, le tout dans un anglais d’excellente facture. Ajoutons à cela que sa prestance majestueuse était digne de la reine qu’elle incarnait ce soir-là, et qu’espérons-le elle pourra donner à entendre sur d’autres scènes, tant cette prise de rôle était réussie. Contrat plus que rempli donc pour la star de la soirée.</p>
<p>Autour d’elle, la Belinda d’<strong>Ana Quintans</strong> se distingue par son charme. La soprano portugaise, familière de ce rôle de confidente entremetteuse, l’incarne avec un abattage savoureux et une voix tout aussi exquise. Dans un anglais parfait, elle donne à entendre un beau soprano moelleux, puissant et généreux, vocalisant avec entrain et précision dans un «&nbsp;Haste, haste to town&nbsp;» particulièrement entraînant. Marie Théoleyre incarne avec brio la deuxième dame, que ce soit en duo avec Ana Quintans ou dans son ravissant solo de l’acte II, scène II. Dans le rôle plutôt ingrat d’Enée, le baryton <strong>Jean-Christophe Lanièce</strong> s’en sort bien ; il parvient à rendre émouvant ce personnage falot et lui confère une dignité qu’il n’a pas toujours, grâce à une belle présence scénique et à un timbre empreint de noblesse, notamment dans son récitatif de l’acte II.</p>
<p>Au trio d’aristocrates répondait des sorcières résolument tournées du côté de la comédie. Le plaisir visible qu’éprouvaient <strong>Caroline Meng</strong> et <strong>Anouck Defontenay</strong> à jouer les «&nbsp;méchantes&nbsp;», avec une complicité réjouissante, compensait le déséquilibre de leur duo, l’aigu rayonnant de la première écrasant le medium plus sombre de la seconde. Le baryton <strong>Igor Bouin</strong>, qui a également assuré le solo de ténor du marin au début de l’acte III, a proposé une magicienne burlesque plutôt convaincante. Confier ce personnage maléfique à un homme dans un registre grave était un choix intéressant, qui pouvait paraître surprenant (la magicienne a été souvent chantée ces dernières années par des contre-ténors comme Dominique Visse ou Damien Guillon, dont les interprétations ont marqué le rôle) mais qui fut adopté par Trevor Pinnock et par Christopher Hogwood dans leurs enregistrements ; après tout, les sorcières, particulièrement anglaises, sont des êtres éminemment hybrides, femmes à barbe dans <em>Macbeth</em> par exemple. Si le registre de contre-ténor peut permettre d’apporter une touche inquiétante au personnage quand les chanteurs accentuent la dimension quasiment surnaturelle de leur voix, l’enchanteresse d’Igor Bouin, qui crie parfois au lieu de chanter, appartient tout entière au registre de la bouffonnerie, avec force gesticulations – et après tout, pourquoi pas. Le frisson était à chercher du côté de l’esprit qui enjoint à Énée de quitter Carthage, magistralement interprété par le contre-ténor <strong>Fernando Escalona-Melandez</strong>, placé en hauteur derrière le chœur, dans le faisceau d’une lumière quasiment infernale. D’autres effets de lumière parent l’abbatiale Saint-Robert d’un rouge diabolique pour marquer l’arrivée des sorcières ou de la tempête.</p>
<p>Avec ses pupitres parfaitement équilibrés, le chœur préparé par Jean-Sébastien Beauvais a montré de très belles couleurs et un grand souci des nuances, dans un anglais globalement satisfaisant (les diphtongues ne sont pas toujours réalisées, comme sur «&nbsp;most&nbsp;», et les plosives et les dentales initiales manquent de mordant, mais il s’agit là d’un défaut récurrent pour les chœurs francophones). Dans le chœur des sorcières, il devient personnage à part entière et complète la magicienne et son duo d’acolytes&nbsp;; les choristes s’en donnent à cœur joie dans la comédie, allant même jusqu’à chanter sur le devant de la scène, donc sans voir le chef, pour une dernière intervention dans un tempo effréné («&nbsp;Destruction’s our delight&nbsp;»), ce qui a occasionné une certaine fébrilité. Commentateur de l’action à la fin de l’œuvre, il a prolongé la mort de Didon d’un magnifique «&nbsp;With drooping wings&nbsp;» d’une grande tendresse élégiaque soulignée par l’allongement de certains silences, avec des soupirs transformés en demi-pause après «&nbsp;never&nbsp;».</p>
<p>Il s’agit là d’une des nombreuses libertés prises par rapport à la partition de l’unique opéra de Purcell, telle qu’elle est souvent présentée. Il y en a bien d’autres&nbsp;: longueur de notes changée, reprises ajoutées, instrumentation modifiée avec par exemple l’ajout de flûtes à bec ou – plus étonnant – de castagnettes. Le mystère entourant toujours l’œuvre, les circonstances de sa composition et de sa création, l’absence de version définitive de la partition permettent aux interprètes de s’en emparer, ce qu’a fait magistralement Vincent Dumestre, suivi par un Poème Harmonique en parfaite osmose avec son chef. Ils ont proposé de l’œuvre une vision qui en accentue les contrastes, à l’image d’une ouverture qui fait se succéder une lenteur mélancolique et des mouvements beaucoup plus nerveux annonçant les danses endiablées, aux accents méditerranéens, qui ponctueront la suite. Vincent Dumestre donne en effet souvent à l’Anglais Purcell un côté espagnol, voire sud-américain, qui fonctionne étonnamment bien si l’on ne se soucie pas trop de cohérence&nbsp;; ainsi avec les fameuses castagnettes maniées avec jubilation par un Sylvain Fabre très sollicité, sur scène (castagnettes, tambours) comme en coulisses (tonnerre). Un trio de guitares baroques accompagnées d’un violoncelle jouant en pizzicato a même été propulsé sur le devant de la scène en introduction de «&nbsp;To the hills and the vales&nbsp;» à la fin de l’acte I, évoquant des mariachis (tous ne paraissaient pas ravis d’être là).</p>
<p>Dommage qu’un entracte soit intervenu après une quarantaine de minutes, au milieu de l’acte II. S’il a permis à la soirée de ne pas se terminer trop tôt (Vincent Dumestre a souligné la difficulté de trouver un bis pertinent, avant de proposer au chœur et aux solistes de chanter «&nbsp;Hear my prayer&nbsp;» <em>a cappella</em>), il a interrompu la progression dramatique de l’œuvre. On peut préférer des interprétations qui soulignent au contraire la cohérence et l’unité de celle-ci, avec notamment deux trios féminins, opposant à Didon et ses deux dames la magicienne et ses deux sorcières, aux registres comparables, et confrontant plus subtilement le monde des sorcières et celui de Carthage, mais le choix opéré par Vincent Dumestre d’accentuer les contrastes, au prix peut-être d’un certain éclatement, permet d’aborder <em>Didon et Énée</em> sous un jour intéressant, avec une vision magnifiquement servie par des interprètes inspirés.</p>
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