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	<title>Jean-Philippe RAMEAU - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Jean-Philippe RAMEAU - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>RAMEAU, Les Boréades &#8211; Toulouse</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 May 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il se dit que si Rameau était mort à 40 ans, personne ne le connaîtrait aujourd’hui ; son inspiration n’a il est vrai jamais été aussi florissante que dans la seconde moitié de sa vie. Il a déjà cinquante ans pour son premier triomphe à l’opéra avec Hippolyte et Aricie, il en aura quatre-vingt quand il &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il se dit que si Rameau était mort à 40 ans, personne ne le connaîtrait aujourd’hui ; son inspiration n’a il est vrai jamais été aussi florissante que dans la seconde moitié de sa vie. Il a déjà cinquante ans pour son premier triomphe à l’opéra avec <em>Hippolyte et Aricie</em>, il en aura quatre-vingt quand il compose son ultime pièce lyrique, ces <em>Boréades</em> qu’il ne verra jamais représentés : un chef-d&rsquo;œuvre pour terminer.<br />
Après Dortmund le 22 mai, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/jean-philippe-rameau-les-boreades-namur/">Namur le 23 mai</a>, et avant Bruges, Versailles, Tourcoing, Louvain puis les festivals d’été (Beaune et Lessay en juillet), l’ensemble de musique baroque « A nocte temporis » (« depuis la nuit des temps ») fondé en 2016 et dirigé par le ténor <strong>Reinoud Van Mechelen</strong>, pose ses valises à Toulouse, le temps d’une représentation de cette pièce qui défie le temps et qui contient quelques-unes des plus saisissantes inspirations de Rameau.<br />
On se référera avantageusement au compte-rendu de Claude Jottrand à Namur, qui indique à la fois la genèse et le résumé de l’action.</p>
<p>Ce soir encore, comme lors du précédent concert, c’est le septuor vocal qui glane tous les suffrages, à commencer par Reinoud Van Mechelen, ténor au long cours, qui alternativement dirige et chante (Abaris) ; une gymnastique bien huilée au service d’une direction précise, souvent très allante et d’une voix qui porte – presque trop parfois – et qui, à l’évidence conviendra à d’autres répertoires que celui-ci. La technique propre à l’ornementation de Rameau est au point, ce qui vaut du reste pour les autres protagonistes.<br />
<strong>Gwendoline Blondeel</strong> a elle aussi entièrement intégré l’ornementation fine (scène de l’orage : « Un horizon serein ») ; elle maîtrise la retenue du vibrato à merveille et allie puissance et douceur. Elle qui avait été une Dalinda (<em>Ariodante</em>) remarquée à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-ariodante-versailles/">Versailles à l’automne dernier</a>, confirme combien elle est à l’aise dans ce répertoire.<br />
Belle découverte que <strong>Lore Binon</strong> ; venue au chant sur le tard après avoir excellé dans la pratique du violon, elle incarne à merveille la légèreté qu’ont en commun Sémire, une nymphe, l’Amour et Polymnie. Remarquée elle aussi à Versailles dans ce même type de répertoire (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lully-atys-versailles-2/">Atys en janvier dernier</a>), nous l’attendons maintenant dans des rôles plus consistants.<br />
<strong>Tomáš Král</strong> chante Adamas et Apollon. Il possède un baryton séduisant : il restera au Tchèque à parfaire la prononciation de certaines nasales encore approximatives.<br />
Les deux Boréades sont Calisis et Borilée. Le premier est tenu par le ténor américain <strong>Robert</strong> <strong>Getchell</strong>, dont la maîtrise de notre langue est remarquable. Le ténor est vif et bien posé, correctement projeté. Son comparse est ce soir <strong>Philippe Estèphe</strong>, que nous avions bien apprécié dans <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rameau-les-boreades/">l’enregistrement des <em>Boréades</em></a> avec Sabine Devieilhe et Van Mechelen. Le baryton possède un timbre agréable.<br />
Enfin <strong>Lisandro Abadie</strong>, titulaire du rôle modeste de Borée, incarne de toute sa présence celui qui pensait régenter le sort d’Alphise.<br />
A l’orchestre « A nocte temporis » s’est adjoint un chœur de chambre majoritairement masculin, celui de Namur, qui aura lui aussi contribué à la réussite de la soirée et, pour nombre de spectateurs, à la redécouverte d’un authentique chef-d’œuvre du répertoire français.</p>
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		<title>Les 20 ans de l&#8217;Orchestre du Festival de Göttingen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/les-20-ans-de-lorchestre-du-festival-de-gottingen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 May 2026 14:33:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Göttingen était en fête ce 14 mai pour le concert de gala célébrant le vingtième anniversaire de l’Orchestre de son Festival, formé par la réunion volontaire de musiciens virtuoses. Au programme, des extraits des Indes galantes de Rameau, les suites BWV 1068 et 1069 de Jean-Sébastien Bach et la Musique pour les feux d’artifice royaux &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Göttingen était en fête ce 14 mai pour le concert de gala célébrant le vingtième anniversaire de l’Orchestre de son Festival, formé par la réunion volontaire de musiciens virtuoses. Au programme, des extraits des <em>Indes galantes </em>de Rameau, les suites BWV 1068 et 1069 de Jean-Sébastien Bach et la <em>Musique pour les feux d’artifice royaux </em>de Georges Frédéric Haendel.  Ces pièces musicales ou, pour reprendre le vocabulaire de Bach lui-même, ces <em>Ouvertures </em>sont inspirées du modèle « à la française » fondé par Lulli, avec un premier mouvement d’importance en trois parties, que Haendel réduit à deux. Il faudrait un long développement pour exalter à leur juste valeur les prouesses des musiciens et la direction à la fois si précise et si souple de<strong> George Petrou</strong>. Ce concert fut une véritable ivresse sonore, la virtuosité des pupitres délivrant sans trève le tissu diapré de ces compositions, dans toute leur vitalité rythmique et la variété de leur nuancier.</p>
<p>Cerise sur le gâteau, la création d’un pièce spécialement écrite pour la circonstance par <strong>Hanneke van Proosdij</strong>, claveciniste dans l&rsquo;orchestre et compositeur, où nous avons cru entendre des échos de Saint-Saëns, de Stravinski et de Miles Davis, qui utilise brillamment les ressources de l’ensemble et dépasse les effets de miroir avec les cuivres haendeliens sans craindre les dissonances. La soirée se prolongeait par des animations diverses, chansons irlandaises et écossaises contemporaines de Haendel, un trio de jazz et des pièces diverses de Telemann réunies à des danses et chants tirés de manuscrits baroques slovènes, moraves, allemands et anglais.</p>
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		<item>
		<title>Jean-Philippe RAMEAU : Les Boréades &#8211; Namur</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/jean-philippe-rameau-les-boreades-namur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 May 2026 07:22:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La légende voulait que la création des Boréades ait été interrompue pendant les premières répétitions en raison de la mort du compositeur. Quelques recherches plus loin, et en particulier celles menées par la musicologue Sylvie Bouissou, il apparaît que les raisons de cette interruption seraient plutôt à chercher du côté de la censure : comme &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La légende voulait que la création des<em> Boréades</em> ait été interrompue pendant les premières répétitions en raison de la mort du compositeur. Quelques recherches plus loin, et en particulier celles menées par la musicologue Sylvie Bouissou, il apparaît que les raisons de cette interruption seraient plutôt à chercher du côté de la censure : comme le précise le programme de la soirée, l’œuvre était déjà en répétition à Paris en avril 1763, en vue d’une création à Choisy en juin, à l’occasion des fêtes célébrant la fin de la guerre de Sept-Ans. Le côté subversif du livret, où l’on voit une femme renoncer au trône pour échapper à un mariage forcé, le héros tenté par le suicide plutôt que de combattre et les abus commis par les princes à l’égard de leur prisonnière, pourrait être une des raisons. Les difficultés de la partition pourraient en être une autre. Mais il y a aussi qu&rsquo;à Paris le goût est en train de changer de camps, au profit des italiens plus en vogue. Rameau à cette époque représente la vieille garde, son heure a passé. Il y a enfin que la Pompadour cherchait à imposer son protégé Benjamin de Laborde, et c’est l&rsquo;opéra de ce dernier <em>Ismène et Isménias</em> qui fut finalement représenté à Choisy.</p>
<p>Redécouverte et créée par John Eliot Gardiner à Aix en 1982, la partition reste rare au répertoire, et il semble bien que la représentation d’hier à Namur pourrait même être une première en Belgique.</p>
<p>Présentée sans mise en scène mais avec une distribution vocale de premier choix, l’œuvre paraît fort intéressante à bien des égards. Les éléments non conventionnels du livret, qui proclame la liberté d’aimer et voit dans cette liberté même le bien suprême, apportent à ces<em> Boréades</em> une grande modernité. La musique y est complexe, avec un recours fréquent à la virtuosité la plus débridée, tant aux voix qu’à l’orchestre, avec aussi de fréquentes ruptures rythmiques ou harmoniques, ou des transitions abruptes propres à dérouter l’auditeur, et parfois même les musiciens.</p>
<p>Seconde représentation après Dortmund la veille, et avant toute une série d’autres qui mèneront les musiciens jusqu’à Beaune en juillet prochain, la halte à Namur, où le chœur est chez lui, parait bien naturelle. Dire que la représentation fut parfaite est sans doute un peu exagéré, mais elle réunissait une distribution vocale d’excellente qualité. <strong style="font-style: inherit; background-color: var( --e-global-color-85b2d67 ); color: var(--ast-global-color-3); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">Gwendoline</strong> <strong style="font-style: inherit; background-color: var( --e-global-color-85b2d67 ); color: var(--ast-global-color-3); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">Blondeel</strong> campe une Alphise extrêmement solide, avec un réel abattage scénique, une aisance dans tous les registres et des réserves de puissance étonnantes. Elle vocalise aussi bien en force qu’en légèreté et relève avec honneur tous les défis techniques de la partition. Reste que la diction, les consonnes en particulier, laisse parfois un peu à désirer et on doit souvent s’en référer aux surtitres pour saisir le texte.</p>
<p><strong>Reinoud Van Mechelen</strong> (Abaris) ne faillit pas à sa réputation : dès son entrée au début de l’acte II, il fait très grande impression. La voix est somptueuse et le chanteur est particulièrement à son aise dans ce rôle qu’il a déjà expérimenté en septembre 2023 à Paris aux côtés de Sabine Devieilhe. Il confirme cette belle solidité tout au long de la représentation, avec une magnifique palette de nuances, des couleurs vocales très variées et toujours appropriées. Il n’empêche que vouloir cumuler le premier rôle masculin de la distribution et la direction de l’orchestre n’est sans doute pas une bonne idée. Les gesticulations, légitime dans son rôle de chef, ne sont guère compatibles avec les différentes émotions qu’il exprime comme chanteur, on le voit dansant presque sans cesse (il dirige avec tout le corps), y compris lorsqu’il est en proie aux émotions les plus fortes ou qu’il appelle la mort. Le voir diriger les duos entre lui-même et Alphise ou Adamas établit entre eux un rapport qui n’est pas juste dramatiquement. Ce sont là de petites choses, mais face à une distribution d’une telle qualité, on en vient à espérer la perfection.</p>
<p><strong>Robert</strong> <strong>Getchell</strong> qui chante Calisis, possède une voix très sonore, avec des aigus impressionnants mais parfois un peu aigres, tout à fait dans l’esthétique du baroque français. Sa diction est excellente et son engagement total. A ses côtés, <strong>Philippe Estèphe</strong>, (Borilée) sobre et efficace est un pendant parfait. <strong>Thomás</strong> <strong>Král</strong> (Adamas – mais il chante aussi, et fort bien, le petit rôle d’Apollon) en impose par sa présence scénique, sa belle voix grave et son autorité naturelle. Il confère au personnage toute la maturité requise.</p>
<p><strong>Lore</strong> <strong>Binon</strong>, beaucoup de souplesse et de facilités technique, une très belle lumière dans la voix, un charme fou en scène, cumule tous les autres rôles féminins de la distribution, principalement Sémire, mais aussi une Nymphe, l’Amour (délicieusement malicieuse) ou Polymnie. Enfin, <strong>Lisandro</strong> <strong>Abadie</strong> chante le court et peu sympathique rôle de Borée, donnant lui aussi pleine satisfaction.</p>
<p>Le chœur de chambre de Namur, préparé comme à son habitude par <strong>Thibault</strong> <strong>Leenaerts</strong>, montre la même solidité que le reste de la troupe et répond avec entrain à toutes les sollicitations du chef.</p>
<p>Un peu moins satisfaisant, l’orchestre A Nocte Temporis semble avoir manqué d’une ou deux répétitions pour parachever un travail de recherche de contrastes et de couleurs, de précision des attaques et de fluidité des enchaînements, propre à crédibiliser davantage l’intrigue et mettre en valeur le livret.  On soulignera les efforts du percussionniste pour nous faire vivre avec effroi les différents épisodes de tempête et d&rsquo;orage de la partition, la qualité des cors de chasse et des vents en général, mais le pupitre des cordes a paru fort mince face aux chatoiements de la partition, en relatif sous- effectif par rapport à ce dont on se souvient des productions précédentes, un peu insuffisant pour rendre le caractère dramatique mais aussi grandiose de l&rsquo;œuvre.</p>
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		<title>RAMEAU, Castor et Pollux &#8211; Namur</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rameau-castor-et-pollux-namur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Apr 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est la version originale, celle de 1737, que Leonardo García Alarcón a choisi de monter pour une tournée qui emmène les musiciens d’abord à Genève, ici à Namur et dès ce dimanche à Versailles. L’œuvre a été considérablement remaniée par Rameau en 1754, et c’est habituellement cette version-là, considérée comme définitive, qu’on entend. Dans cette &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est la version originale, celle de 1737, que <strong>Leonardo</strong> <strong>García</strong> <strong>Alarcón</strong> a choisi de monter pour une tournée qui emmène les musiciens d’abord à Genève, ici à Namur et dès ce dimanche à Versailles. L’œuvre a été considérablement remaniée par Rameau en 1754, et c’est habituellement cette version-là, considérée comme définitive, qu’on entend. Dans cette proposition, qui est aussi une version de concert, pas de prologue. Dès après l’ouverture, roulez tambour, on plonge directement dans le drame avec le magnifique chœur <em>Que tout gémisse, que tout s’unisse,</em> ce qui donne à l’œuvre un tout autre caractère, beaucoup plus condensé, plus direct, plus intense. En grand connaisseur de l’esthétique baroque, le chef choisit d’exacerber les affects, d’exagérer les nombreuses ruptures abruptes de la partition, mettant un accent particulier sur sa théâtralité, accentuant les contrastes, variant sans cesse les tempi, les intentions, les couleurs, avec un grand souci du détail. Il use aussi abondamment, et de façon très démonstrative, des ralentis en fin de phrase. Les musiciens répondent plus ou moins fidèlement à toutes ces injonctions, mais pas toujours avec grande précision. Certaines attaques du chœur sont un peu approximatives, les tempi extrêmement rapides des passages purement orchestraux sont aussi causes de quelques désordres, qui seront rapidement rattrapés. L’ensemble, somptueusement coloré, très engagé, donne néanmoins une impression de très grande richesse sonore, mais pas toujours de grande précision. Ce souci du détail, dont le chef fait preuve à maintes reprises, frise le maniérisme ou l’affectation, parfois au détriment d’une sereine grandeur ou de l’unité de l’œuvre. On retiendra tout de même – et à titre d’exemple – la somptueuse intervention des quatre bassons dans le grand air de Télaïre (<em>Tristes</em> <em>apprêts</em>, <em>pâles</em> <em>flambeaux</em>) créant un effet dramatique intense, les solos de flûte ou de trompette, et les efforts d’imagination du percussionniste pour déclencher les tempêtes ou les entrées fracassantes des dieux, tentant de compenser par ses effets de surprise tout ce qu’une version de concert peut avoir de frustrant sur le plan visuel.</p>
<p>La distribution vocale est globalement de très grande qualité. Les deux rôles titres sont tout simplement somptueux : <strong>Thomas</strong> <strong>Dolié</strong> prête sa voix sombre et puissante, aux harmoniques particulièrement riches à Pollux, et parvient à rendre toute la subtilité des traits du personnage avec beaucoup de crédibilité. <strong>Reinoud</strong> <strong>Van</strong> <strong>Mechelen</strong> est un Castor parfait, émouvant, rayonnant, à la voix magnifiquement timbrée, impressionnante de volume et de couleurs, créant à chacune de ses interventions de puissantes émotions musicales. Son premier grand air au début de l’acte IV, <em>Séjour</em> <em>de</em> <em>l’éternelle</em> <em>paix</em>, qui ici ouvre la deuxième partie du spectacle, fait très grande impression ; ce rôle, c’est évident, semble écrit pour lui. Cet artiste exceptionnel confirme d’années en années ses qualités vocales rares, sa parfaite diction française, mais aussi son engagement sans faille au service du répertoire le plus exigeant.</p>
<p>A l’inverse, <strong>Judith</strong> <strong>van</strong> <strong>Wanroij </strong>(Télaïre), le nez dans la partition alors que tous les autres chantent de mémoire, semble nettement moins préparée que ses compagnons, de sorte qu’on se demande ce qui se passe, chez une chanteuse qu’on connait bien par ailleurs et dont on apprécie habituellement le timbre magnifique et les véritables qualités de musicienne. On apprendra plus tard qu’elle a rejoint la production en toute dernière minute en remplacement d’une collègue malade, ce qui explique tout, mais pourquoi ne pas l’avoir annoncé ? Il n’empêche, le déséquilibre avec le reste de la troupe est flagrant, la prononciation française laisse à désirer et la communication avec le public fait largement défaut. Les deux autres solistes féminies, <strong>Victoire</strong> <strong>Bunel</strong> en Phébé, et <strong>Giulia</strong> <strong>Bolcato</strong>, voix fraîche et charmante, donnent pleine satisfaction.</p>
<p><strong>Olivier</strong> <strong>Gourdy</strong> (Jupiter) possède beaucoup de qualités vocales, mais manque de charisme pour incarner le roi des dieux dont l’impact symbolique requiert une personnalité forte. <strong>Clément</strong> <strong>Debieuvre</strong>, dans les différents petits rôles qu’il incarne, fait preuve d’une fort belle vaillance, et d’une voix particulièrement brillante dans l’aigu, sans difficulté apparente malgré la tessiture.</p>
<p>Le chœur aussi a du préparer ce spectacle en peu de temps, encore occupé il y a deux jours par la <em>Création</em> de Haydn au TCE. Cela explique sans doute les quelques imprécisions, dues sans doute aussi aux déplacements inutiles entre les bords de la salle, le fond de scène ou au contraire l’avant-scène, ce qui ne facilite guère le contact visuel avec le chef. En dépit de ces quelques réserves, la soirée fut de grande tenue, au service d’une partition exceptionnelle à bien des égards et d’un livret d’une belle richesse morale et émotionnelle, tout cela largement salué par les applaudissements très enthousiastes d’un public ravi.</p>
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		<item>
		<title>RAMEAU, Castor et Pollux – Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rameau-castor-et-pollux-geneve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Mar 2026 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On ne verra plus jamais les caddie d’hypermarché du même regard. On ignorait qu’il y avait en eux une telle force poétique (ou mortifère d’ailleurs)… C’est par l’impact des images qu’elle crée et leur puissance obsédante que la mise en scène d’Edward Clug s’impose. Décidément la tragédie lyrique s’accommode très bien des visions de chorégraphes &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On ne verra plus jamais les caddie d’hypermarché du même regard. On ignorait qu’il y avait en eux une telle force poétique (ou mortifère d’ailleurs)…</p>
<p>C’est par l’impact des images qu’elle crée et leur puissance obsédante que la mise en scène d’<strong>Edward Clug</strong> s’impose. Décidément la tragédie lyrique s’accommode très bien des visions de chorégraphes contemporains et, puisque c’est <strong>Leonardo García Alarcón</strong> qui dirige, on est tenté de se remémorer deux autres de ses spectacles eux aussi très chorégraphiés : le hip-hop des <em>Indes galantes</em> (avec Clément Cogitore et Bintou Dembélé) ou les murailles mycéniennes et les guerriers grecs d’<em>Atys</em> (avec Angelin Preljocaj), autant de visions qui restent gravées.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="819" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Castor-et-Pollux--819x1024.jpg" alt="" class="wp-image-210323"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Reinoud Van Mechelen et Andreas Wolf © Gregory Batardon</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Le deuil impossible</strong></h4>
<p>De ce <em>Castor et Pollux,</em> on se rappellera Pollux traînant le cadavre de Castor sur un manteau noir évoquant un body bag (première image), ou le même Pollux rapportant dans un sac poubelle noir la tête de Lyncée qu’il vient de trucider pour venger Castor ; on se rappellera les crânes blancs et les soutanes noires du chœur sur fond de nuages d’orages (tout le spectacle se déroule sous la menace en vidéo de cieux désespérants), on n’oubliera pas la détresse de Télaïre assise sur une chaise de cantine, si fragile dans sa petite chasuble blanche, ni les parapluies noirs des gardiens des enfers qui l’engloutiront.<br />On n’oubliera pas Pollux portant dans son dos un double de Castor, image d’un deuil impossible, aussi émouvante que celle des deux demi-frères se tenant la main ou, plus fort encore, ce moment aux Enfers où Pollux pose doucement sa tête sur les genoux de Castor, toutes images célébrant la fraternité. Ou cette Amitié dont Pollux deviendrait le Dieu (c’est le destin que Télaïre lui propose, à lui qui se meurt d’amour pour elle).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2026a050_castor_pollux_pg_20260316_gtg_magali_dougados_q3a3533_high-683x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-210310"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Pollux portant le double de Castor © Magali Dougados</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Polypropylène</strong></h4>
<p>On se souviendra de certaines incongruités cocasses : le chœur affligé se couvrant le visage non pas de cendres mais de sacs en polypropylène, ou les mêmes buvant un lait nourricier dans des bouteilles en plastique, ou bien sûr, autre image issue de la société de consommation que le metteur en scène semble abhorrer, les fameux caddie, promus char funèbre de Castor : c’est gisant là que Pollux le découvrira. Des caddie (qui n’apparaissent qu’aux Enfers) auxquels six danseurs et danseuses formidables donneront vie (mention particulière à celui qui, revêtant un masque de chien à paillettes, deviendra Cerbère et fera virevolter son chariot avec une aérienne liberté).</p>
<p>Le plateau est nu, seulement meublé de podiums à tout faire, oblongs et mobiles, les costumes sont vaguement d’aujourd’hui, hormis les « soutanes » qu’on a dites, ou les aubes blanches des âmes heureuses des Champs Elysée (porteuses d’ailleurs de déconcertantes auréoles blanches… vision quelque peu préraphaélite, à moins qu&rsquo;elle ne soit reprise de<em> Fellini Roma</em>). L’ambiance est nocturne, les nuées pesantes.</p>
<p>On le sait, il y a peu d’action dans cette version initiale de l’opéra, celle de 1737, et c’est bien pour répondre aux critiques que Rameau le refondit en 1754. Tout s’appuie sur le texte, d’ailleurs très noble, de Pierre-Joseph Bernard, et sur la grandeur des sentiments. Et si l’amitié et l’amour rivalisent, c’est bien sous le regard de la mort, obsessionnellement présente.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2026A050_Castor_Pollux_G_20260317_GTG-Gregory_Batardon_19-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-210307"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Sophie Junker (Télaïre) © Magali Dougados</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Sophie Junker en état de grâce</strong></h4>
<p>À peine passée la preste ouverture, très acérée et articulée, sous la direction pétaradante d’énergie de Leonardo García Alarcón, mais sans jamais de sécheresse (il y a de la sensualité dans sa palette, des grondements de basses, des contre-chants de bois toujours savoureux), c’est par une déploration funèbre (et sublime) que commence l’opéra, le majestueux « Que tout gémisse » en fa mineur des Spartiates, chanté par un <strong>chœur du GTG</strong> superbe de plénitude sur de telluriques roulements de timbales. <br />Avec quoi contrastera tout de suite la souplesse du dialogue en récitatif entre Phébé et Télaïre : les continuistes de <strong>Cappella Mediterranea</strong> laissent toute liberté aux chanteuses d’incarner, de dire le texte, selon leur respiration, et d’ailleurs on aura le même sentiment lors du premier air, non moins superbe et fameux, le « Tristes apprêts, pâles flambeaux » de Télaïre, lui aussi d’une étonnante flexibilité : Leonardo García Alarcón suit <strong>Sophie Junker</strong> dans tous ses changements de tempo, ses ralentissements, son rubato très personnel (la voix est superbe d’assurance, de lumière, de legato).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2026a050_castor_pollux_pg_20260316_gtg_magali_dougados_q3a3690_high-2-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-210312"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Les seaux d&rsquo;eau © Magali Dougados</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Gravité et grandeur paradoxales</strong></h4>
<p>Et donc, à l’image de ce début, ce qui convainc c’est la gravité de ton de ce spectacle, qui tient de la célébration ou de la cérémonie, et qui trouve le moyen de fondre toutes les fantaisies parfois drôles qu’il s’autorise dans une atmosphère souvent solennelle ; ainsi Jupiter peut bien apparaitre vêtu d’une fantasque jupe faite de ces plateaux en carton mâché qui servent à stocker les œufs, ou répandre sa force de vie par une ingénieuse chenille de bouteilles en PVC, c’est bien la funèbre grandeur d’un spectacle qui se déroule sous le regard de la mort qui touche profondément.</p>
<p>On est par exemple à la fois épaté et oppressé par le plus spectaculaire des épisodes dansés : apparaissent les six danseurs à peine vêtus de petits slips couleurs chair, sur lesquels les noirs choristes vont jeter des seaux d’eau (pas trop froide on espère), et dès lors sur la pellicule d’eau restant au sol ce sera un ballet de corps glissant d’un bout à l’autre du plateau, virevoltant, tournant en toupie (parfois c’est Pollux qui saisit l’un ou l’autre pour lui donner un mouvement de manège) dans un ballet à la fois gracieux, un peu sexy, fluide et fascinant autant qu’inquiétant : ces corps soumis et ballotés par des mouvements hasardeux suscitent des idées d’oppression, de destin aveugle, de souffrance, d’inexorable. Mais de sensualité aussi !</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2026a050_castor_pollux_pg_20260316_gtg_magali_dougados_q3a3636_high-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-210311"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Jupiter (Alexandre Duhamel) et l’élixir de vie © Magali Dougados</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Magnifique Andreas Wolf</strong></h4>
<p>D’autres passages chorégraphiques relèvent d’un vocabulaire disons gymnique plus convenu, notamment l’entrée des Athlètes accompagnant le triomphe de Pollux victorieux de Lyncée et le duo « Éclatez fières trompettes » de <strong>Sahy Ratia</strong> et <strong>Alexandre Duhamel</strong>, un peu désordonné, qui amènera la première intervention (il y a en aura beaucoup, le rôle est lourd) de l’excellent <strong>Andreas Wolf</strong>. <br />Ce complice fréquent de García Alarcón aura ici tout loisir de donner à entendre un timbre superbe, une voix très longue, un vibrato délectable et une diction admirable : avec son français impeccable il peut distiller le texte altier de Pierre-Joseph Bernard, suivi pas à pas par le continuo dans ses moindres inflexions. <br />Amoureux en secret de Télaïre, c’est sur un somptueux tapis orchestral de violons et de bassons qu’il chante son monologue « Nature, Amour, qui partagez mon cœur », où l’on admire la ligne de chant, l’éclat solaire des notes hautes, un chagrin s’exhalant avec noblesse (« À d’éternels malheurs mes jours sont condamnés »). Et sa supplique à son père Jupiter, « Ma voix, puissant maître du monde », sera un autre moment d’émotion contenue : le <em>rallentando</em> sur « Ô mon père, écoute mes vœux » est superbe et la reprise <em>mezza voce</em> encore davantage, de même que ses allègements dans sa plaidoirie (sur « Mais l’amour de Léda »).</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2026a050_castor_pollux_pg_20260316_gtg-gregory_batardon_83_high-2-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-210321"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Magali Dougados</sub></figcaption></figure>


<p>Si le Grand-Prêtre de Sahy Ratia convainc assez peu, le Jupiter d’Alexandre Duhamel est de belle prestance, même si on pourrait rêver de graves aussi profonds qu’est clair le registre supérieur. C’est lui, le père de Pollux, qui voudra lui montrer à quoi il renoncerait s’il descendait aux Enfers se substituer à Castor, prétexte à un nouveau divertissement, la scène d’Hébé et de ses suivantes où apparaissent les bouteilles de plastique qu’on a évoquées, et la chenille transportant un nectar de vie. Jolie intervention de <strong>Giulia Bolcato</strong> incarnant une suivante d’Hébé.</p>
<h4><strong>Les parapluies, ça marche toujours</strong></h4>
<p>Rien de plus efficace que des parapluies noirs sur une scène. Effet garanti à peu de frais. On va voir Phébé en apporter une brassée aux Spartiates pour les armer et empêcher Pollux de descendre aux Enfers : Phébé aime Pollux, mais n’en est pas aimée, d’où un caractère vindicatif, en tout cas douloureux. <strong>Eve-Maud Hubeaux</strong>, toute de noir vêtue telle une antithèse de Télaïre, choisit un chant expressionniste, souvent excessif, parfois un peu hirsute, qui met l’accent sur le courroux du personnage davantage que sa douleur. Le contraste avec le chant toujours rayonnant de Télaïre (que Phébé veut convaincre d’immobiliser Pollux elle aussi) n’en est que plus désarçonnant. Néanmoins, quoi de plus édénien que le bref trio qui surgit alors, l’une des plus belles choses que Rameau ait écrites : « Ô douceur, ô douleur, ô supplice extrême ! » chantent-ils, chacun dans son propre sentiment.</p>
<p>Nouvelle démonstration de virtuosité chorale, le chœur des Démons, « Brisons tous nos fers », du 3e acte par un chœur du GTG déchainé (à grands renfort de timbales tempétueuses) et impressionnante performance de Cappella Mediterranea dans la grande éruption du « deuxième air des Démons » mené par LGA à un tempo d’enfer (évidemment). Faute de grande bataille de Monstres et de Spectres (et d’apparition de Mercure), c’est dans la fosse que se déchaînent les foudres et c’est d’un brio formidable !</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2026a050_castor_pollux_pg_20260316_gtg-gregory_batardon_62_high-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-210318"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>L&rsquo;apparition de Castor (Reinoud Van Mechelen) © Magali Dougados</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Un duo de frères idéal</strong></h4>
<p>Voici enfin Castor (<strong>Reinoud Van Mechelen</strong>) qui apparaît au fond du plateau, poussant une batterie de caddie. Sur un suave tapis de cordes et sur un tempo assez lent, son air « Séjour de l’éternelle paix » est un délice de legato, de clarté vocale, de cantabile. La deuxième strophe, « Que ce murmure est doux », est encore plus lumineuse avant la reprise qui se décore d’ornements légers, tandis que l’orchestre se fait plus dense, et tandis que va commencer un gracieux (mais oui !) ballet de caddie, à bord desquels les danseurs se livreront à quelques figures acrobatiques, et qu’apparaîtront les Ombres heureuses, vêtues de blanc et couronnées d’auréoles.</p>
<p>Au pupitre, LGA sculpte le son, dirigeant très fermement ces séquences de ballet, donnant le départ aux choristes et aux chanteurs. Jolies interventions des deux ombres, <strong>Charlotte Bozzi</strong> et Giulia Bolcato.</p>
<h4><strong>Un récitatif à deux et en liberté</strong></h4>
<p>Pollux va découvrir Castor couché au fond d’un caddie comme on le serait dans un sarcophage. <br />Alors commence la scène la plus longue de l’opéra, tout entière en récitatif, emblématique de ce qu’est devenue la tragédie lyrique sous la plume de Rameau.  D’infimes et incessantes inflexions selon les affects du texte, des modulations, des changements de tempo, c’est un dialogue sensible, où les deux interprètes s’accordent à merveille, comme leurs voix, les chaudes couleurs de Van Mechelen s’alliant aux beaux graves et au vibrato de Wolf, notamment dans un superbe unisson sur « Ô moments les plus doux ! Ô mon frère est-ce vous ? » <br />Tout cela crée un moment suspendu, accompagné par un continuo aussi mobile et changeant que leurs états d’âme. Non sans passion. Ainsi Pollux s’animant pour décrire l’affliction de Télaïre, ou hésitant à confier à son frère qu’un autre a soupiré pour elle, et que c’est lui-même… Ou Castor refusant que Pollux prenne sa place aux Enfers.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2026a050_castor_pollux_pg_20260316_gtg-gregory_batardon_75_high-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-210319"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Un caddie-sarcophage © Magali Dougados</sub></figcaption></figure>


<p>Le dialogue s’échauffe, monte de ton. Admirable chaleur de Pollux sur « Hâte-toi, va ! Le ciel t’ordonne d’être heureux ». Et admirable effusion de Castor promettant de redescendre aussitôt qu’il aura embrassé Télaïre. Ici, Mercure devrait apparaitre et emporter Castor, mais on se bornera à un chœur splendide, « Revenez, revenez sur les rivages sombres », avec un ravissant commentaire des flûtes.</p>
<h4><strong>La fête de l’Univers</strong></h4>
<p>Au cinquième acte, l’ultime air de Phébé, « Castor revoit le jour, Mercure le ramène », sera nous semble-t-il un peu trop marqué d’aigreur et de rancœur, mais il est vrai que la gigantesque vocalise finale, du haut en bas de la tessiture, n’incite guère à tempérer la violence.</p>
<p>Il faudrait dire encore les retrouvailles entre Castor et Télaïre, Sophie Junker magnifique d’effusion, de lyrisme (et de beauté vocale) dans son « À vous pleurer encore mes sens sont condamnés », ou le « Vivez, vivez, et laissez-moi mourir », si vibrant, si sincère, de Reinoud Van Mechelen, ou le « Ton frère est ton rival », que Télaïre avoue avec peine. Réponse de Castor : « Dissipez cet effroi, je connais ses vertus. » On est dans le sublime !</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2026a050_castor_pollux_pg_20260316_gtg-gregory_batardon_80_high-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-210320"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Télaïre et Castor © Magali Dougados</sub></figcaption></figure>


<p>Tout cela se résoudra, après un grand tintamarre de timbales déchainées, par l’apparition de Jupiter, d<em>eus ex machina</em>, et de Pollux, flûtes à l’appui : « Dieux ! je retrouve ensemble / Tous les objets de mon amour ! » chantera superbement Andreas Wolf avant son merveilleux « Sois heureux ! Je ne suis immortel qu’à ce prix ! »</p>
<h4><strong>Une ronde et des lumignons</strong></h4>
<p>Une fois que Jupiter (Alexandre Duhamel, débonnaire et sonore) aura accordé aux deux frères l’immortalité, commencera le ballet cosmogonique, qui est une des difficultés de cet opéra. Et qu’Edward Clug réussira, aidé de son costumier <strong>Leo Kulaš</strong>. Apparaîtra d’abord une planète vêtue de bleu (Charlotte Bozzi) pour une gigue, et Jupiter remettra à chacun des deux frères un sac en plastique (encore !) empli de lumignons genre guirlande de Noël, signe de leur nouvel état d’astres, puis sur une immense chaconne, (une dizaine de minutes) commencera un gigantesque mouvement tournant emportant la foule des choristes et une ronde de planètes : huit danseurs et danseuses en robes d’un bleu superbe qui tourneront elles aussi juchées, sur quoi ? Mais sur des caddies bien sûr !</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/castor_pollux_trailer_1920x1080_01-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-210325"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Les planètes © Magali Dougados</sub></figcaption></figure>


<p>Puis à chacun des choristes sera remis son petit sac de lumignons, et c’est donc l’univers entier qui tournera sur le plateau, sur les infinies variations, dont beaucoup chantées, que Rameau aura inventées pour sa chaconne. Tout se terminera par un « C’est la fête de l’univers », envoyé à tue-tête par Jupiter et par le chœur. En tout cas, la fête de Rameau.</p>
<p>Fin grandiose et drôle à la fois, avec une touche de merveilleux, d’un spectacle très réussi, illuminé par des interprètes inspirés, – et conduit superbement par Leonardo García Alarcón, avec un dosage très sûr de poigne et de lâcher prise.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rameau-castor-et-pollux-geneve/">RAMEAU, Castor et Pollux – Genève</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Véronique Gens, « Reines »</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/veronique-gens-reines/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Mar 2026 10:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On appelait « rôles à baguettes » les reines, magiciennes et autres héroïnes de grand relief qu’incarnèrent, sur la scène de l’Académie Royale de musique, Mmes Saint-Christophe, Marie Le Rochois (créatrice de l’Armide de Lully et de la Médée de Charpentier), Marie-Louise Desmatins, Françoise Journet (la Médée de Salomon), Marie Antier (la Phèdre de Rameau et l’Armide &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On appelait « rôles à baguettes » les reines, magiciennes et autres héroïnes de grand relief qu’incarnèrent, sur la scène de l’Académie Royale de musique, Mmes Saint-Christophe, Marie Le Rochois (créatrice de l’Armide de Lully et de la Médée de Charpentier), Marie-Louise Desmatins, Françoise Journet (la Médée de Salomon), Marie Antier (la Phèdre de Rameau et l’Armide de Desmarest), Marie-Jeanne Chevalier (créatrice d’Erinice dans le <em>Zoroastre</em> de Rameau et de Circé dans la <em>Canente</em> de Dauvergne), Marie-Geneviève Dubois, Rosalie Duplant, Rosalie Levasseur (l’Iphigénie en Tauride de Gluck), Antoinette Saint-Huberty et Marie-Thérèse Maillard. On parlait aussi de « rôles majestueux » ou de « rôles furieux », c’est dire qu’outre de très longues voix, aux graves expressifs et aux aigus faciles, on leur demandait une flamme, une puissance, une théâtralité les distinguant des autres sopranos, celles cantonnées aux rôles humblement humains.</p>
<p>À l’instar des airs <em>di furore</em> des opéras baroques italiens, les scènes de colère, de malédiction, de désespoir, étaient des passages obligés des tragédies lyriques ou des opéras-ballets à la française, autant qu’étaient inévitables les scènes d’apparition, les descentes de Dieux dans leurs gloires, les excursions aux Enfers, les scènes d’incendie ou de destruction de temples. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/4.-Veronique-Gens-c-Camille-Tostivint-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-209488"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Véronique Gens en enregistrement à Metz © Camille Tostivint</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Un moment de l’histoire du goût</strong></h4>
<p>Cet album rassemble à nouveau, après leur album <em>Passions</em> en 2021, <strong>Véronique Gens</strong> et <strong>Louis-Noël Bestion de Camboulas</strong>, à la tête de son ensemble <strong>Les Surprises</strong>, chœur et orchestre. Et prend à nouveau l’aspect d’une manière de <em>pasticcio</em>, d’un opéra imaginaire, d’un tableau des passions humaines (ou surhumaines). D’une marqueterie d’airs, de récits, de plages orchestrales, ou chorales, comme pour présenter un moment de l’histoire du goût entre 1712 (le <em>Callirhoé</em> de Destouches) à 1763 (le <em>Polyxène</em> de Dauvergne).</p>
<p>Tout commence par un terrible tremblement de terre extrait justement de ce <em>Polyxène</em> de Dauvergne à faire vaciller les haut-parleurs. Ensuite ce sera un continuum sonore où, à la douleur de Phèdre apprenant chez Rameau la mort d’Hippolyte, s’enchaîneront l’imploration de Déjanire chez Dauvergne puis les sombres désirs de vengeance de Médée chez Salomon, et ainsi de suite.</p>
<p>Comme si un seul personnage, reine ou magicienne, passait par tous les stades de la douleur, du désarroi et de la révolte. Face à ces malheureuses, un chœur prêt à tout, soit à compatir et pleurer sur leur sort, à s’endormir avec elles (le chœur du sommeil de Valette de Montigny est tout disposé à accompagner la Circé de Dauvergne) ou à soutenir leurs noirs desseins (le chœur de démons ou de furies est un autre poncif inusable).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/3.-Louis-Noel-Bestion-de-Camboulas-c-Camille-Tostivint-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-209487"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Louis-Noël Bestion de Camboulas © Camille Tostivint</sub></figcaption></figure>


<p>Le paradoxe étant que, dans le système économico-artistique bien rodé qu’est la production à la chaîne de nouveaux opéras sous l’ancien régime, aussi standardisée que celle de pièces à sujets mythologiques par l’Académie royale de peinture et de sculpture, naissent des œuvres magnifiques de puissance et de vérité dramatique.</p>
<h4><strong>D’abord les mots</strong></h4>
<p>Véronique Gens y est (évidemment) impressionnante. Elle privilégie l’intensité et l’expression en grande tragédienne qu’elle est. Lully, on le sait, allait voir et entendre la Champmeslé jouer les Reines de Racine et la tragédie lyrique est née de son art. Gens dit les mots, les incarne, et il n’est que d’écouter, parmi les grands moments (nombreux) de cet album, le long récit « Prête à porter d’horribles coups » du <em>Médée et Jason</em> de Salomon (<a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/salomon-medee-et-jason/">décidément à l’honneur ces temps-ci</a>) : la fureur de la reine, c’est bien la diction impitoyable qui l’exprime, qui parfois s’adoucit quand le doute la saisit &#8211; et les commentaires de l’orchestre, tout en pleins et déliés, sont aussi changeants et tourmentés qu’elle. Véronique Gens assume ce jeu très physique, cette implication du corps tout entier, cette possession par un personnage, la musique venant en somme par surcroît.</p>
<p>Juste après, l’Armide de Desmarest apparaît d’abord, portée par un mélodieux concert de flûtes, troublée par l’amour qu’à sa grande surprise elle éprouve pour ce chevalier Renaud venu tuer son père Hidraot. Mais on la verra ensuite changer de ton, honteuse de sa trahison, et enfin, s’estimant « parjure et parricide », à deux doigts de planter un poignard dans son sein (Renaud l’en empêchera <em>in extremis</em>) dans un spectaculaire déploiement de démons et de tonnerre. Cette palette d’états d’âme, à nouveau Gens la joue autant qu’elle la chante, et donne vie à une poétique très codée.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/5.-Ensemble-Les-Surprises-Veronique-Gens-c-Camille-Tostivint-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-209489"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Les Surprises et Véronique Gens © Camille Tostivint</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Quelque chose de sauvage</strong></h4>
<p>Louis-Noël Bestion de Camboulas construit une dramaturgie surprenante et violente à la fois, que tempèrent des séquences instrumentales délicates, colorées, goûteuses (le hautbois dans le menuet d’<em>Acanthe et Céphise</em> !)</p>
<p>Il insère un air de Pancrace Royer, où Gens est une Zaïde incandescente, entre deux ritournelles de Destouches (ça fonctionne) puis enchaîne avec un air de Dauvergne (une invocation à la Nuit d’une poésie très Rameau), auquel il accole le chœur du sommeil du très secret Valette de Montigny.<br />Et le ravissant Air tendre de <em>Dardanus</em> (traverso et viole de gambe) ponctue de sa douceur inattendue le cavalcadant « Gouffres qui conduisez au séjour ténébreux » du <em>Méléagre</em> de Stuck, où Gens est d’une virulente âpreté, quasi sauvage !</p>
<p>Elle est, d’une plage à l’autre, d’une audace, d’une liberté totales, aboutissement d’un parcours et d’une somme d’expériences incomparable.</p>
<p>On ne sait trop quelle plage privilégier, entre toutes celles qu’on vient de citer, auxquelles s’ajoutent le grand pathétique de la plainte de Déjanire désespérée d’avoir causé la mort d’Hercule (<em>Hercule mourant</em> de Dauvergne que Gens enregistra il y a déjà quinze ans sous la direction de Christophe Rousset), ou les deux Rameau : le « Amour, cruel amour » extrait de <em>Zoroastre</em> (deuxième version, celle de 1756), dans une lecture toute en ruptures dramatiques, vocalises expressives, changements de couleurs vocales, en parfaite entente avec la direction nerveuse de Bestion de Camboulas ou la scène avec chœur de <em>Hippolyte et Aricie</em> (voir la vidéo ci-dessous) : puissance de l’incarnation, moyens vocaux intacts, grandeur tragique, une Véronique Gens au sommet de son art.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="RAMEAU // &#039;Hippolyte et Aricie: Quelle plainte en ces lieux m&#039;appelle&#039; by Ensemble Les Surprises" width="1200" height="900" src="https://www.youtube.com/embed/86rY74qyVSA?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>
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		<title>Beaune 2026, une édition riche en changements et en dépassements</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/beaune-2026-une-edition-riche-en-changements-et-en-depassements/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Feb 2026 16:39:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Au-delà » : pour sa deuxième édition en qualité de délégué général du Festival de Musique Baroque de Beaune, qui se déroulera du 3 au 26 juillet, Maximilien Hondermarck a souhaité un mot d&#8217;ordre qui convoque le dépassement autant que la nouveauté. A l&#8217;issue d&#8217;une année 2025 qui a vu la fréquentation augmenter de près de &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>« Au-delà » : pour sa deuxième édition en qualité de délégué général du Festival de Musique Baroque de Beaune, qui se déroulera du 3 au 26 juillet, Maximilien Hondermarck a souhaité un mot d&rsquo;ordre qui convoque le dépassement autant que la nouveauté. A l&rsquo;issue d&rsquo;une année 2025 qui a vu la fréquentation augmenter de près de 15%, 2026 permettra d&rsquo;intensifier encore l&rsquo;ancrage du Festival : les week-ends autour desquels s&rsquo;organisaient traditionnellement les soirs de concert commenceront dorénavant vendredi pour se terminer lundi (et parfois mardi à la faveur du 14 juillet) et le théâtre de Beaune, dans lequel les musiciens avaient jusqu&rsquo;alors l&rsquo;habitude de répéter, comptera dorénavant comme un nouveau lieu de représentations, aux côtés de la Cour des Hospices et de la Basilique. La programmation, elle aussi, apportera son lot d&rsquo;innovations : premier opéra mis en scène dans l&rsquo;histoire du Festival, l&rsquo;<em>Avare </em>de Gasparini, témoin de l&rsquo;impressionnante influence de Molière dans l&rsquo;Italie des XVIIe et XVIIIe siècles, dirigé par <strong>Vincent Dumestre</strong> et mis en scène par <strong>Théophile Gasselin</strong>, investira justement les planches du Théâtre de Beaune, dans le cadre d&rsquo;une tournée qui débutera à Caen et passera également par Paris (l&rsquo;Athénée) et Versailles ; une première également que ce <em>Nicandro e Fileno </em>de Lorenzani, considéré en son temps comme le grand rival de Lully, et qui sera ressuscité par <strong>l&rsquo;Ensemble La Palatine</strong> dirigé par<strong> Marie Théoleyre et Guillaume Haldenwang</strong> ; une première encore, ce spectacle familial autour de Peau d&rsquo;âne, accessible dès 6 ans. Des quasi-premières, enfin, que ces retours particulièrement attendus à Beaune, celui de l&rsquo;<em>Ariodante</em> de Haendel dirigée ici par <strong>Christophe Rousset</strong> à la tête de ses <strong>Talens Lyriques</strong> et d&rsquo;une distribution réunissant <strong>Eve-Maud Hubeaux, Marie Lys, Michèle Bréant </strong>ou encore <strong>Nahuel di Pierro</strong>, celui de la Messe en si mineur de Bach selon l&rsquo;ensemble <strong>Vox Luminis</strong> et <strong>Lionel Meunier</strong>. « Au-delà » oblige, plusieurs <em>opera ultima </em>seront également au programme, à l&rsquo;image des <em>Boréades </em>de Rameau, dans lesquelles <strong>Reinoud Van Mechelen</strong> accomplira le double exploit de chanter Abaris et de diriger le<strong> Choeur de chambre de Namur</strong> et l&rsquo;ensemble<strong> A nocte temporis</strong> ainsi qu&rsquo;un casting qui comptera <strong>Gwendoline Blondeel, Lisandro Abadie</strong> et <strong>Robert Gretchell</strong>, ou du <em>Stabat Mater </em>de Pergolèse (<strong>Julia Lezhneva</strong> et <strong>Carlo Vistoli</strong> sous la direction d&rsquo;<strong>Emmanuelle Haim</strong>). A l&rsquo;occasion des 400 ans de sa disparition, un hommage à John Dowland se déclinera enfin à travers trois concerts, dont un récital de <strong>Zachary Wilder</strong>.</p>
<p>Toutes les informations sont disponibles sur le site du Festival : <a href="https://festivalbeaune.com/programmation/">Programmation – Festival de Beaune</a></p>
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		<title>Cinq clés pour&#8230;</title>
		<link>https://www.forumopera.com/dossier/cinq-cles-pour/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Feb 2026 03:03:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En lien avec L&#8217;Avant-Scène Opéra, cinq angles d&#8217;approche pour aborder une œuvre lyrique souvent méconnue. Thomas Adès The Exterminating Angel par Christophe Rizoud Daniel-François-Esprit Auber La Muette de Portici par Christophe Rizoud Béla Bartók Le Château de Barbe-Bleue par Laurent Bury Vincenzo Bellini Beatrice di Tenda par Christophe Rizoud George Benjamin Written on Skin par &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En lien avec <em>L&rsquo;Avant-Scène Opéra</em>, cinq angles d&rsquo;approche pour aborder une œuvre lyrique souvent méconnue</strong><strong>. </strong></p>
<p><strong>Thomas Adès</strong><br />
<a href="https://www.forumopera.com/cinq-cles-pour-the-exterminating-angel/"><em>The Exterminating Angel</em> </a>par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Daniel-François-Esprit Auber</strong><br />
<em><a href="http://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-la-muette-de-portici">La Muette de Portici</a> </em>par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Béla Bartók</strong><br />
<em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-le-chateau-de-barbe-bleue">Le Château de Barbe-Bleue</a></em> par Laurent Bury</p>
<p><strong>Vincenzo Bellini</strong><br />
<a href="https://www.forumopera.com/cinq-cles-pour-beatrice-di-tenda-en-cours/"><em>Beatrice di Tenda</em></a> par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>George Benjamin</strong><br />
<em><a href="http://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-written-on-skin">Written on Skin</a></em> par Laurent Bury</p>
<p><strong>Georges Bizet</strong><br />
<em><a href="https://www.forumopera.com/cinq-cles-pour-le-docteur-miracle/">Le Docteur Miracle</a></em> par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Walter Braunfels</strong><br />
<a href="/actu/cinq-cles-pour-les-oiseaux-de-walter-braunfels"><em>Die Vögel</em> (</a><a href="/actu/cinq-cles-pour-les-oiseaux-de-walter-braunfels"><em>Les Oiseaux</em></a>) par Christophe Rizoud</p>
<p><strong style="font-size: 14px;">Benjamin Britten</strong><br />
<a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-death-in-venice"><em style="font-size: 14px;">Mort à Venise</em></a> par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Marc-Antoine Charpentier</strong><br />
<a href="https://www.forumopera.com/cinq-cles-pour-david-et-jonathas/"><em>David et Jonathas</em></a> par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Ernest Chausson</strong><br />
<em><a href="http://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-le-roi-arthus">Le Roi Arthus</a></em> par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Luigi Cherubini</strong><br />
<em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-medee">Médée</a></em> Par Laurent Bury</p>
<p><strong>Paul Dukas</strong><br />
<em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-le-chateau-de-barbe-bleue">Ariane et Barbe-Bleue</a></em> par Laurent Bury</p>
<p><strong>Gaetano Donizetti</strong><br />
<em><a href="http://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-anna-bolena">Anna Bolena</a></em> par Christophe Rizoud<br />
<em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-don-pasquale">Don Pasquale</a></em> par Christophe Rizoud<br />
<em><a href="http://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-la-favorite">La Favorite</a></em> par Christophe Rizoud<br />
<em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-lucrezia-borgia">Lucrezia Borgia</a></em> par Christophe Rizoud<br />
<em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-roberto-devereux"><em>Roberto Devereux</em></a> </em>par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Christoph Willibald Gluck</strong><br />
<a href="/actu/cinq-cles-pour-armide-de-gluck"><em>Armide</em></a> par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Charles Lecocq</strong><br />
<a href="https://www.forumopera.com/cinq-cles-pour-le-docteur-miracle/"><em>Le Docteur Miracle</em></a> par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Franz Lehár</strong><br />
<a href="https://www.forumopera.com/cinq-cles-pour-giuditta-de-franz-lehar/"><em>Giuditta</em></a> par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Albéric Magnard</strong><br />
<a href="https://www.forumopera.com/cinq-cles-pour-guercoeur/">G<em>uercœur</em></a> par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Jules Massenet</strong><br />
<a href="/actu/cinq-cles-pour-cendrillon-de-massenet"><em>Cendrillon</em></a> par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Pietro Mascagni</strong><br />
<em><em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-cavalleria-rusticana">Cavalleria rusticana</a></em> </em>par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Giacomo Meyerbeer</strong><br />
<em><a href="/actu/cinq-cles-pour-lafricaine">L&rsquo;Africaine</a> </em>par Christophe Rizoud<br />
<em><em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-les-huguenots">Les Huguenots</a> </em></em>par Laurent Bury<br />
<em><em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-le-prophete">Le Prophète</a> </em></em>par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Modeste Moussorgski</strong><br />
<em><em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-boris-godounov">Boris Godounov</a></em> </em>par Laurent Bury</p>
<p><strong>Wolfgang Amadeus Mozart</strong><br />
<em><em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-cinematographiques-pour-cosi-fan-tutte">Cosi fan tutte</a> </em></em>par Laurent Bury</p>
<p><strong>Jacques Offenbach<br />
</strong><a href="https://www.forumopera.com/cinq-cles-pour-fantasio/"><em>Fantasio</em> </a>par Christophe Rizoud<br />
<em><em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-la-grande-duchesse-de-gerolstein">La Grande-Duchesse de Gérolstein</a></em> </em>par Laurent Bury<br />
<a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-le-voyage-dans-la-lune"><em>Le Voyage dans la Lune</em></a> par Christophe Rizoud<br />
<a href="https://www.forumopera.com/cinq-cles-pour-les-brigands/"><em>Les Brigands</em></a> par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Sergueï Prokofiev</strong><br />
<em><em><a href="http://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-lange-de-feu">L&rsquo;Ange de feu</a></em> </em>par Laurent Bury</p>
<p><strong>Giacomo Puccini</strong><br />
<em><em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-la-rondine">La rondine</a></em> </em>par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Jean-Philippe Rameau</strong><br />
<em><em><a href="http://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-hippolyte-et-aricie">Hippolyte et Aricie</a> </em></em>par Christophe Rizoud<br />
<em><em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-les-indes-galantes"><em>Les Indes galantes</em></a> </em></em>par Laurent Bury</p>
<p><strong>Aribert Reimann</strong><br />
<em><em><em><a href="http://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-lear">Lear</a></em> </em></em>par Laurent Bury</p>
<p><strong>Wolfgang Rihm</strong><br />
<em><em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-jakob-lenz"><em>Jakob Lenz</em></a> </em></em>par Laurent Bury</p>
<p><strong>Nikolaï Rimski-Korsakov</strong><br />
<em><em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-snegourotchka"><em>Snégourotchka</em> </a></em></em>par Laurent Bury<br />
<a href="https://www.forumopera.com/cinq-cles-pour-le-conte-du-tsar-saltane/"><em>Le Conte du Tsar Saltan</em></a> par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Gioachino Rossini</strong><br />
<em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-moise-et-pharaon-de-rossini">Moïse et Pharaon</a> </em>par Maurice Salles<br />
<em><em><em><a href="http://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-lotello-de-rossini">Otello</a></em> </em></em>par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Camille Saint-Saëns</strong><br />
<em><em><em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-samson-et-dalila">Samson et Dalila</a></em> </em></em>par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Giuseppe Verdi</strong><br />
<em><em><a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-ernani"><em>Ernani</em></a> </em></em>par Laurent Bury<br />
<a href="/actu/cinq-cles-pour-giovanna-darco"><em>Giovanna d&rsquo;Arco</em></a> par Christophe Rizoud</p>
<p><strong>Richard Wagner</strong><br />
<em><em><em><a href="http://www.forumopera.com/actu/cinq-cles-pour-rienzi">Rienzi</a></em> </em></em>par Laurent Bury</p>
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		<title>Récital Alex Rosen &#8211; Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-alex-rosen-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jan 2026 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce concert met à l’honneur la voix de basse et célèbre la tragédie lyrique française, par deux de ses plus illustres représentants, Jean-Baptiste Lully et Jean-Philippe Rameau. Ce répertoire, au cœur de l’esthétique baroque, accorde une place privilégiée à la déclamation et à l’expressivité dramatique. Dans la somptueuse Grande salle des Croisades du château de &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p data-start="247" data-end="987">Ce concert met à l’honneur la voix de basse et célèbre la tragédie lyrique française, par deux de ses plus illustres représentants, Jean-Baptiste Lully et Jean-Philippe Rameau. Ce répertoire, au cœur de l’esthétique baroque, accorde une place privilégiée à la déclamation et à l’expressivité dramatique. Dans la somptueuse Grande salle des Croisades du château de Versailles, monstres, dieux et héros se succèdent, mobilisant la profondeur et l’autorité de cette tessiture pour incarner la menace, la fureur ou la grandeur morale. À travers ces figures hors norme, le parcours, intelligemment construit entre airs et passages instrumentaux, explore les passions humaines dans ce qu’elles ont de plus radical et spectaculaire.</p>
<p data-start="247" data-end="987">La voix d’<strong>Alex Rosen</strong> repose sur une assise grave solide, particulièrement marquante dans « Profonds abîmes du Ténare » (<em data-start="1109" data-end="1133">Le Temple de la gloire</em> de Rameau), où la noirceur du timbre donne un relief saisissant au personnage. Dans « Entendez ma voix souveraine » (<em data-start="1251" data-end="1261">Dardanus</em>), la basse américaine impose une autorité sereine, soutenue par une déclamation soignée qui garantit une parfaite lisibilité du texte. Cette noblesse du grave, presque royale, trouve toutefois à de rares moments ses limites lorsque la ligne s’élève : l’aigu, sans jamais se dérober, apparaît alors plus tendu et moins libre. « Ah ! qu’on daigne du moins » (<em data-start="1608" data-end="1629">Hippolyte et Aricie</em>) met en lumière une facette plus intériorisée de son chant, où l’expression se fait plus contenue. Très investi, l’interprète incarne ses personnages avec une intensité physique affirmée – regard perçant, port souverain – contribuant à maintenir, tout au long de cette heure et demie de concert, une tension dramatique palpable jusque dans l’écoute du public.</p>
<p data-start="2039" data-end="2763">Alex Rosen trouve en <strong>Gaétan Jarry</strong> un partenaire idéal, le chef dirigeant ce florilège baroque avec une énergie et une imagination constamment renouvelées. À la tête d’une vingtaine de musiciens, il conduit l’<strong>Orchestre de l’Opéra Royal</strong> dans une lecture engagée, où les cordes, très sollicitées, insufflent une nervosité expressive aux pages instrumentales, tandis que les bois – et notamment les bassons, si chers à Rameau – sont mis en valeur avec finesse. Les passages instrumentaux s’insèrent pleinement dans la dramaturgie du récital, servant de véritables transitions entre monstres et héros. Un disque produit par Château de Versailles Spectacles viendra prochainement prolonger l’expérience de ce programme.</p>
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		<item>
		<title>RAMEAU, Pygmalion &#8211; ISO, Zémide</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rameau-pygmalion-iso-zemide/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Nov 2025 14:07:14 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=cd-dvd-livre&#038;p=203626</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’acte de ballet Pygmalion (1748) a toujours compté parmi les partitions les plus populaires de Rameau, alors même que ce compositeur n’encombrait pas les discothèques : Carlos Saura n’en a-t-il pas, dès 1977, utilisé l’air d’entrée pour suggérer le trouble incestueux, dans son film à succès Elisa, vida mia ? Le rôle du sculpteur tellement épris de sa création qu’il &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div>
<p>L’acte de ballet<span class="apple-converted-space"> </span><i>Pygmalion</i><span class="apple-converted-space"> </span>(1748) a toujours compté parmi les partitions les plus populaires de Rameau, alors même que ce compositeur n’encombrait pas les discothèques : Carlos Saura n’en a-t-il pas, dès 1977, utilisé l’air d’entrée pour suggérer le trouble incestueux, dans son film à succès<span class="apple-converted-space"> </span><i>Elisa, vida mia</i> ? Le rôle du sculpteur tellement épris de sa création qu’il lui insuffle la vie, sans être le plus long de ceux confiés par Rameau à une haute-contre, est celui qui met le plus immédiatement en valeur cette voix et il est naturel que<span class="apple-converted-space"> </span><b>Reinoud van Mechelen</b><span class="apple-converted-space"> </span>ait voulu en livrer son interprétation – deux mois seulement après l’enregistrement de l’ensemble Il Caravaggio, chez le même éditeur&#8230;<span class="apple-converted-space"> </span></p>
</div>
<div>
<p>Vocalement, la réussite est totale : poignant dans « Fatal Amour », dont les phrasés langoureux flattent son timbre velouté, son aigu radieux, le ténor flamboie dans l’ariette, abordée avec légèreté jusqu’à un finale plus appuyé, après avoir affiché toute l’étendue de sa tessiture dans le meurtrier « L’Amour triomphe », où il dialogue avec le superbe Chœur de Namur. Ses partenaires sopranos,<span class="apple-converted-space"> </span><b>Gwendoline Blondeel</b><span class="apple-converted-space"> </span>et<span class="apple-converted-space"> </span><b>Virginie Thomas</b>, ne lui cèdent ni en précision, ni en éclat. La seconde trouve des accents d’une grande fraîcheur pour décrire le trop bref éveil de la statue, magnifiquement brossé par un orchestre mystérieux au possible. Plus loin, les deux pantomimes (« niaise et un peu lente »/ « très vive ») démontreront à nouveau la puissance d’évocation de cet ensemble pourtant réduit (une vingtaine de musiciens).<span class="apple-converted-space"> </span></p>
</div>
<div>
<p>La direction nous laisse cependant un peu sur notre faim, comme lors du récent<span class="apple-converted-space"> </span><i>Te Deum</i><span class="apple-converted-space"> </span>de Clérambault : avec ses attaques amorties, ses tempi peu contrastés et, surtout, ses récitatifs trop étales, trop peu dramatiques (on aimerait moins de cordes frottées), elle ne joue pas assez la carte de la théâtralité et manque de vigueur.</p>
</div>
<div>
<p>Faute de comparaison, cette approche nous séduit davantage dans le « complément de programme », très généreux : un autre acte de ballet, intégral, dû à l’inconnu Pierre Iso (1715-1794). Composée dès 1745, mais créée, dans l’indifférence, près de quinze ans plus tard, cette<span class="apple-converted-space"> </span><i>Zémide</i>, dont le climat se situe quelque part ente les ramistes<span class="apple-converted-space"> </span><i>Indes galantes</i><span class="apple-converted-space"> </span>et<span class="apple-converted-space"> </span><i>Les Fêtes de Paphos</i><span class="apple-converted-space"> </span>de Mondonville, ne manque pas d’attraits.<span class="apple-converted-space"> </span></p>
</div>
<div>
<p>On y voit l’Amour bien décidé à donner une leçon à la froide Zémide, qui se refuse à aimer le tendre Phasis.<span class="apple-converted-space"> </span>Le dieu ailé feint de dormir et d’avoir perdu ses armes au cours d’une scène véritablement ensorcelante, enrobée de magiques flûtes, traitée avec beaucoup de suspense par Mechelen (qui ne chante pas, dans cet ouvrage) et A nocte temporis. La partition réserve par ailleurs des airs délicieux à l’Amour (« Séjour fatal ») et Phasis (« Pardonne, Amour »), excellemment tenus par la piquante Blondeel et le mordant<span class="apple-converted-space"> </span><b>Philippe Estèphe</b>. La voix dure et le chant plein d’emphase d’<b>Ema</b><span class="apple-converted-space"> </span><b>Nikolovska</b><span class="apple-converted-space"> </span>nous séduisent beaucoup moins, mais conviennent sans doute à l’antipathique reine de Scyros. Une belle découverte.</p>
</div>
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