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	<title>Les Boréades - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<title>Les Boréades - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>RAMEAU, Les Boréades &#8211; Beaune</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rameau-les-boreades-beaune/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Jul 2026 04:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dortmund, Namur, Toulouse  Bruges et Versailles en avaient eu la primeur depuis mai  Vingt-quatre heures après l’avoir donné aux Heures musicales de l’abbaye de Lessay, Reinoud Van Mechelen et ses partenaires produisent Les Boréades à Beaune. C’est une première, l’ultime chef-d’œuvre de Rameau n’y ayant jamais été programmé (1). Le ciel menaçant a entraîné le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dortmund,<a href="http://www.forumopera.com/spectacle/jean-philippe-rameau-les-boreades-namur/"> Namur</a>, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rameau-les-boreades-toulouse/">Toulouse</a>  Bruges et Versailles en avaient eu la primeur depuis mai  Vingt-quatre heures après l’avoir donné aux Heures musicales de l’abbaye de Lessay, <a href="http://www.forumopera.com/un-ete-avec-reinoud-van-mechelen"><strong>Reinoud Van Mechelen </strong></a>et ses partenaires produisent <em>Les Boréades</em> à Beaune. C’est une première, l’ultime chef-d’œuvre de Rameau n’y ayant jamais été programmé (1). Le ciel menaçant a entraîné le repli de la cour de l’Hôtel-Dieu à la basilique, à l’espace contraint du chœur et du transept, comme dans l’abbatiale normande (dans le Cotentin, en face de Jersey).</p>
<p>Ignorée du grand public, mal-aimée ou méprisée des musiciens, la tragédie lyrique avait dû attendre sa création au Festival d’Aix-en-Provence, par John-Eliott Gardiner, en 1982 pour nous valoir de multiples productions ces dernières années. « …le plus fou, le plus riche, le plus généreux, le plus savant, le plus lyrique, le plus jeune des Rameau. » écrivait Ivan A. Alexandre à propos des <em>Boréades</em>. Tout a été dit et écrit sur le génie d’un octogénaire, parvenu au terme de son existence, puisqu’il mourra avant que l’œuvre disparaisse sans avoir été jouée (certainement censurée, avance Sylvie Bouissou). On ne résumera pas l’histoire de l’amour impossible d’Alphise et Abaris, contrarié par Borée et ses fils, la première renonçant par amour à son trône, enlevée, violentée, pour être sauvée par le second, avec le concours d’Apollon et de l’Amour, au moyen d’une flèche enchantée qui réduira ses ennemis. Si les dieux gouvernent toujours le monde des humains, on est plus près du romanesque de <em>Séthos</em>, de l’abbé Terrasson (1731) que de la mythologie consacrée. Abaris ne pourra connaître sa naissance qu’après avoir prouvé qu’il en était digne, Adamas, dans le secret d’Apollon, saura guider le jeune homme. Que le livret soit de Cahusac ou non, les épreuves que devra traverser le héros pour sauver et épouser Alphise renvoient à celles de Tamino. Ce n’est pas l’Egypte, mais c’est un retour à la Bactriane (l’Afghanistan actuel) de <em>Zoroastre</em>, aussi mystérieuse, chargée alors de connotations ésotériques. Le peuple n’est plus l’observateur docile ou servile : il aime sa reine qu’il soutient dans son choix. L’éthique est bien celle des Lumières (2), où le mérite n’est pas acquis à la naissance, où l’oppresseur sera vaincu, et où l’amour et les plaisirs doivent guider la vie.</p>
<p>Plus de prologue allégorique, comme dans <em>Zoroastre</em>, une ouverture directement liée à l’action (3), l’ultime floraison du baroque, d’une prodigieuse richesse d’écriture, anticipe les temps à venir, avec le constant souci de fondre les formes traditionnelles dans la continuité dramatique (ainsi les actes IV et V s’enchaînent-ils). Avant d’évoquer le chant, sans doute est-il opportun de rappeler que l’orchestre et la basse continue (violoncelle et clavecin) sont les premiers acteurs. Bien sûr par la participation directe à la tragédie, et à sa superbe illustration (la chasse, les vents, l’orage, le tonnerre et le tremblement de terre, la descente d’Apollon), mais aussi pour toutes les danses qui l’intègrent avec art, jusqu’aux deux contredanses qui concluent dans la joie, à l’égal du premier acte. Leur conduite, très chorégraphique, avec l’élégance attendue, est exemplaire. Les 28 instrumentistes (flûtes, hautbois, clarinettes, cors et bassons par deux, cordes et continuo) d’<em>A nocte temporis</em>, totalement investis, animés par la direction inspirée de son chef et fondateur, sont exemplaires de précision et de cohésion. La souplesse de la conduite, les couleurs, la maîtrise parfaite du style emportent l’adhésion.</p>
<p>Le Chœur de chambre de Namur, riche de ses 23 choristes, toujours préparé par <strong>Thibaut Lenaerts</strong>, se hisse au meilleur niveau : plus sollicité que jamais, il traduit la joie comme la violence, l’inquiétude et la terreur avec une vérité rare. Parfaitement réglé, ses qualités d’émission et de langue sont un régal. Mixte ou chœur d’hommes (le chœur des Vents, affaiblis par les pouvoirs de la flèche), la conviction est constante et n’appelle que des éloges. « Nuits redoutable » est un sommet d’effroi.</p>
<p>Les sept solistes forment une équipe complice, homogène, et partagent toutes les qualités stylistiques, dramatiques et vocales pour nous offrir ce chef-d’œuvre. <strong>Gwendoline Blondeel</strong>, nous vaut une Alphise royale, digne, raffinée et sensible, dont la personnalité est affirmée. L’émission séduit, les moyens superlatifs sont au rendez-vous, et la richesse des évolutions psychologiques, de l’insouciance initiale au bonheur final, après être passée par le doute, le courage, les tourments endurés, cette initiation (d’un autre degré que celle de Pamina) est d’une vérité constante, qui nous émeut. Lorsqu’elle chante son prémonitoire « Songe affreux » III, /1 , partagée, puis résolue (« je te suivrai jusqu’aux enfers »), c’est le personnage le plus attachant de l’ouvrage.</p>
<p>Le cumul de la direction et du rôle d’Abaris par <strong>Reinoud Van Mechelen</strong>, loin de constituer un handicap, traduit l’engagement total de notre Jélyote. Il chante le héros apollinien depuis plusieurs années, ayant eu tout loisir d’approfondir son personnage, dont l’évolution psychologique est soulignée avec art. Incertain, tendre, délicat (« Charmes trop dangereux » II/1), il trouvera le courage et la confiance après l’intervention d’Adamas (IV/4), pour devenir un souverain aimant, magnanime et éclairé. Sa vitalité, son art de conteur, servi par une diction exemplaire (4), son style et sa maîtrise admirable de tous les paramètre du chant captivent. La vérité humaine qu’il insuffle à son héros nous étreint, particulièrement dans « Lieux désolés », mélancolique puis pathétique. Avant son ultime ariette « Que l’amour embellit la vie », avec les dernières contredanses, son duo avec Alphise dispense la félicité à l’auditoire.</p>
<p><strong>Annelies Van Gramberen</strong> (5), comme il est d’usage, cumule les emplois (Sémire, une nymphe, l’Amour, Polymnie). La voix est saine, les moyens sont sûrs, cependant, la caractérisation de l’Amour demeure un peu en-deçà des attentes. Sémire, confidente de la reine, essentiellement sollicitée au premier acte, nous offre une ariette de bravoure (« Si l’hymen a des chaînes ») toute en nuances. La vocalise sur « Gronde » est fort bien conduite. Quant à la nymphe, sa proclamation (« c’est la liberté qu’il faut que l’on aime » ) reprise par le chœur, puis son ariette suivante sont délicieuses.</p>
<p>Borée, le dieu jaloux, fier, maléfique, est <strong>Lisandro Abadie</strong>.  Il impose son autorité aux vents qui lui sont soumis (« Obéissez… ») d’une voix impérieuse à l’émission arrogante. Implacable, menaçant, bourreau d’Alphise, il fléchira devant le mortel Abaris, et Apollon, son père. Ses deux fils, habiles courtisans, avides de pouvoir, sont toujours associés, intervenant tour à tour. Leur duo avec chœur « Vole, punis leur injustice » avant que le père déclenche la catastrophe, est fort bien caractérisé. Le bref trio qui réunit Borée et ses fils « Tu causes ses maux… » ne l’est pas moins. Après la séduction et la convoitise, ils trouveront les accents vengeurs (« Nuit redoutable » chantera Calisis). L’émission de chacun est caractérisée, <strong>Philippe Estèphe</strong> était déjà Borilée dans l’enregistrement de György Vashegyi, (auquel participait aussi Reinoud Van Mechelen). Sa belle voix de baryton, sûre, toujours intelligible, sert fort bien toutes ses interventions, quel qu’en soit le caractère. Calisis est confié à<strong> Robert Getchell</strong>, que l’on avait apprécié ici même dans la <em>Passion selon Saint-Jean</em>, que chantait aussi et dirigeait déjà Reinoud Van Mechelen. La voix est celle d’un haute-contre à la française et convient idéalement au rôle. Ses trois interventions du premier acte sont autant de bonheurs. « Ecoutez l’amour », au II, n’est pas moins convaincant. Ses interventions suivantes, avec son frère sont de très bonne tenue.</p>
<p>Sa maîtrise de la langue, comme de celle de Rameau, a encore gagné depuis son concert à Versailles avec Vaclav Luks, <strong>Tomas Kral</strong> (Adamas, Apollon) a la noblesse, l’autorité et la déclamation qui conviennent. La voix, souveraine, ample et libre, est admirable, y compris dans son récitatif « L’aurore a fait son cours », puis sa brève invitation aux plaisirs. On se réjouit de le retrouver demain pour des cantates funèbres…</p>
<p>La beauté apollinienne et l’émotion étaient au rendez-vous de cet aboutissement ultime du monde baroque, dont le singulier éclat est propre à toucher chacun. Le temps a été suspendu par la magie de la musique. Un enregistrement est attendu, qui fera date, n’en doutons pas.</p>
<pre>(1) Cependant, l’<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-boreades-dijon-le-magicien-doz">Opéra de Dijon</a> l’avait donné, dirigé par Emmanuelle Haïm avec la mise en scène de Barrie Kosky en mars 2019, sorti en DVD deux ans après.

(2) « Mon pouvoir doit servir au bonheur des humains » chante Abaris, résolu, à la fin du IV.

(3) Dès l’ouverture, le bonheur et l’émotion sont au rendez-vous. L’allegro final, avec clarinettes, cors et bassons, pour peindre la chasse, réjouissante, introduit le récitatif d’Alphise.

(4) « il faut que le chant imite la parole, de sorte qu’il semble qu’on parle au lieu de chanter » (Rameau).

(5) c’était Lore Binon à Dortmund et Namur.</pre>
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		<title>RAMEAU, Les Boréades &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rameau-les-boreades-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 May 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il se dit que si Rameau était mort à 40 ans, personne ne le connaîtrait aujourd’hui ; son inspiration n’a il est vrai jamais été aussi florissante que dans la seconde moitié de sa vie. Il a déjà cinquante ans pour son premier triomphe à l’opéra avec Hippolyte et Aricie, il en aura quatre-vingt quand il &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il se dit que si Rameau était mort à 40 ans, personne ne le connaîtrait aujourd’hui ; son inspiration n’a il est vrai jamais été aussi florissante que dans la seconde moitié de sa vie. Il a déjà cinquante ans pour son premier triomphe à l’opéra avec <em>Hippolyte et Aricie</em>, il en aura quatre-vingt quand il compose son ultime pièce lyrique, ces <em>Boréades</em> qu’il ne verra jamais représentés : un chef-d&rsquo;œuvre pour terminer.<br />
Après Dortmund le 22 mai, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/jean-philippe-rameau-les-boreades-namur/">Namur le 23 mai</a>, et avant Bruges, Versailles, Tourcoing, Louvain puis les festivals d’été (Beaune et Lessay en juillet), l’ensemble de musique baroque « A nocte temporis » (« depuis la nuit des temps ») fondé en 2016 et dirigé par le ténor <strong>Reinoud Van Mechelen</strong>, pose ses valises à Toulouse, le temps d’une représentation de cette pièce qui défie le temps et qui contient quelques-unes des plus saisissantes inspirations de Rameau.<br />
On se référera avantageusement au compte-rendu de Claude Jottrand à Namur, qui indique à la fois la genèse et le résumé de l’action.</p>
<p>Ce soir encore, comme lors du précédent concert, c’est le septuor vocal qui glane tous les suffrages, à commencer par Reinoud Van Mechelen, ténor au long cours, qui alternativement dirige et chante (Abaris) ; une gymnastique bien huilée au service d’une direction précise, souvent très allante et d’une voix qui porte – presque trop parfois – et qui, à l’évidence conviendra à d’autres répertoires que celui-ci. La technique propre à l’ornementation de Rameau est au point, ce qui vaut du reste pour les autres protagonistes.<br />
<strong>Gwendoline Blondeel</strong> a elle aussi entièrement intégré l’ornementation fine (scène de l’orage : « Un horizon serein ») ; elle maîtrise la retenue du vibrato à merveille et allie puissance et douceur. Elle qui avait été une Dalinda (<em>Ariodante</em>) remarquée à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-ariodante-versailles/">Versailles à l’automne dernier</a>, confirme combien elle est à l’aise dans ce répertoire.<br />
Belle découverte que <strong>Lore Binon</strong> ; venue au chant sur le tard après avoir excellé dans la pratique du violon, elle incarne à merveille la légèreté qu’ont en commun Sémire, une nymphe, l’Amour et Polymnie. Remarquée elle aussi à Versailles dans ce même type de répertoire (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lully-atys-versailles-2/">Atys en janvier dernier</a>), nous l’attendons maintenant dans des rôles plus consistants.<br />
<strong>Tomáš Král</strong> chante Adamas et Apollon. Il possède un baryton séduisant : il restera au Tchèque à parfaire la prononciation de certaines nasales encore approximatives.<br />
Les deux Boréades sont Calisis et Borilée. Le premier est tenu par le ténor américain <strong>Robert</strong> <strong>Getchell</strong>, dont la maîtrise de notre langue est remarquable. Le ténor est vif et bien posé, correctement projeté. Son comparse est ce soir <strong>Philippe Estèphe</strong>, que nous avions bien apprécié dans <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rameau-les-boreades/">l’enregistrement des <em>Boréades</em></a> avec Sabine Devieilhe et Van Mechelen. Le baryton possède un timbre agréable.<br />
Enfin <strong>Lisandro Abadie</strong>, titulaire du rôle modeste de Borée, incarne de toute sa présence celui qui pensait régenter le sort d’Alphise.<br />
A l’orchestre « A nocte temporis » s’est adjoint un chœur de chambre majoritairement masculin, celui de Namur, qui aura lui aussi contribué à la réussite de la soirée et, pour nombre de spectateurs, à la redécouverte d’un authentique chef-d’œuvre du répertoire français.</p>
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		<item>
		<title>Jean-Philippe RAMEAU : Les Boréades &#8211; Namur</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/jean-philippe-rameau-les-boreades-namur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 May 2026 07:22:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La légende voulait que la création des Boréades ait été interrompue pendant les premières répétitions en raison de la mort du compositeur. Quelques recherches plus loin, et en particulier celles menées par la musicologue Sylvie Bouissou, il apparaît que les raisons de cette interruption seraient plutôt à chercher du côté de la censure : comme &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La légende voulait que la création des<em> Boréades</em> ait été interrompue pendant les premières répétitions en raison de la mort du compositeur. Quelques recherches plus loin, et en particulier celles menées par la musicologue Sylvie Bouissou, il apparaît que les raisons de cette interruption seraient plutôt à chercher du côté de la censure : comme le précise le programme de la soirée, l’œuvre était déjà en répétition à Paris en avril 1763, en vue d’une création à Choisy en juin, à l’occasion des fêtes célébrant la fin de la guerre de Sept-Ans. Le côté subversif du livret, où l’on voit une femme renoncer au trône pour échapper à un mariage forcé, le héros tenté par le suicide plutôt que de combattre et les abus commis par les princes à l’égard de leur prisonnière, pourrait être une des raisons. Les difficultés de la partition pourraient en être une autre. Mais il y a aussi qu&rsquo;à Paris le goût est en train de changer de camps, au profit des italiens plus en vogue. Rameau à cette époque représente la vieille garde, son heure a passé. Il y a enfin que la Pompadour cherchait à imposer son protégé Benjamin de Laborde, et c’est l&rsquo;opéra de ce dernier <em>Ismène et Isménias</em> qui fut finalement représenté à Choisy.</p>
<p>Redécouverte et créée par John Eliot Gardiner à Aix en 1982, la partition reste rare au répertoire, et il semble bien que la représentation d’hier à Namur pourrait même être une première en Belgique.</p>
<p>Présentée sans mise en scène mais avec une distribution vocale de premier choix, l’œuvre paraît fort intéressante à bien des égards. Les éléments non conventionnels du livret, qui proclame la liberté d’aimer et voit dans cette liberté même le bien suprême, apportent à ces<em> Boréades</em> une grande modernité. La musique y est complexe, avec un recours fréquent à la virtuosité la plus débridée, tant aux voix qu’à l’orchestre, avec aussi de fréquentes ruptures rythmiques ou harmoniques, ou des transitions abruptes propres à dérouter l’auditeur, et parfois même les musiciens.</p>
<p>Seconde représentation après Dortmund la veille, et avant toute une série d’autres qui mèneront les musiciens jusqu’à Beaune en juillet prochain, la halte à Namur, où le chœur est chez lui, parait bien naturelle. Dire que la représentation fut parfaite est sans doute un peu exagéré, mais elle réunissait une distribution vocale d’excellente qualité. <strong style="font-style: inherit; background-color: var( --e-global-color-85b2d67 ); color: var(--ast-global-color-3); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">Gwendoline</strong> <strong style="font-style: inherit; background-color: var( --e-global-color-85b2d67 ); color: var(--ast-global-color-3); font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, Oxygen-Sans, Ubuntu, Cantarell, 'Helvetica Neue', sans-serif;">Blondeel</strong> campe une Alphise extrêmement solide, avec un réel abattage scénique, une aisance dans tous les registres et des réserves de puissance étonnantes. Elle vocalise aussi bien en force qu’en légèreté et relève avec honneur tous les défis techniques de la partition. Reste que la diction, les consonnes en particulier, laisse parfois un peu à désirer et on doit souvent s’en référer aux surtitres pour saisir le texte.</p>
<p><strong>Reinoud Van Mechelen</strong> (Abaris) ne faillit pas à sa réputation : dès son entrée au début de l’acte II, il fait très grande impression. La voix est somptueuse et le chanteur est particulièrement à son aise dans ce rôle qu’il a déjà expérimenté en septembre 2023 à Paris aux côtés de Sabine Devieilhe. Il confirme cette belle solidité tout au long de la représentation, avec une magnifique palette de nuances, des couleurs vocales très variées et toujours appropriées. Il n’empêche que vouloir cumuler le premier rôle masculin de la distribution et la direction de l’orchestre n’est sans doute pas une bonne idée. Les gesticulations, légitime dans son rôle de chef, ne sont guère compatibles avec les différentes émotions qu’il exprime comme chanteur, on le voit dansant presque sans cesse (il dirige avec tout le corps), y compris lorsqu’il est en proie aux émotions les plus fortes ou qu’il appelle la mort. Le voir diriger les duos entre lui-même et Alphise ou Adamas établit entre eux un rapport qui n’est pas juste dramatiquement. Ce sont là de petites choses, mais face à une distribution d’une telle qualité, on en vient à espérer la perfection.</p>
<p><strong>Robert</strong> <strong>Getchell</strong> qui chante Calisis, possède une voix très sonore, avec des aigus impressionnants mais parfois un peu aigres, tout à fait dans l’esthétique du baroque français. Sa diction est excellente et son engagement total. A ses côtés, <strong>Philippe Estèphe</strong>, (Borilée) sobre et efficace est un pendant parfait. <strong>Thomás</strong> <strong>Král</strong> (Adamas – mais il chante aussi, et fort bien, le petit rôle d’Apollon) en impose par sa présence scénique, sa belle voix grave et son autorité naturelle. Il confère au personnage toute la maturité requise.</p>
<p><strong>Lore</strong> <strong>Binon</strong>, beaucoup de souplesse et de facilités technique, une très belle lumière dans la voix, un charme fou en scène, cumule tous les autres rôles féminins de la distribution, principalement Sémire, mais aussi une Nymphe, l’Amour (délicieusement malicieuse) ou Polymnie. Enfin, <strong>Lisandro</strong> <strong>Abadie</strong> chante le court et peu sympathique rôle de Borée, donnant lui aussi pleine satisfaction.</p>
<p>Le chœur de chambre de Namur, préparé comme à son habitude par <strong>Thibault</strong> <strong>Leenaerts</strong>, montre la même solidité que le reste de la troupe et répond avec entrain à toutes les sollicitations du chef.</p>
<p>Un peu moins satisfaisant, l’orchestre A Nocte Temporis semble avoir manqué d’une ou deux répétitions pour parachever un travail de recherche de contrastes et de couleurs, de précision des attaques et de fluidité des enchaînements, propre à crédibiliser davantage l’intrigue et mettre en valeur le livret.  On soulignera les efforts du percussionniste pour nous faire vivre avec effroi les différents épisodes de tempête et d&rsquo;orage de la partition, la qualité des cors de chasse et des vents en général, mais le pupitre des cordes a paru fort mince face aux chatoiements de la partition, en relatif sous- effectif par rapport à ce dont on se souvient des productions précédentes, un peu insuffisant pour rendre le caractère dramatique mais aussi grandiose de l&rsquo;œuvre.</p>
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		<title>RAMEAU, Les Boréades</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rameau-les-boreades/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Sep 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Rien avant 50 ans. Ou presque. Si Rameau, né en 1683, était mort avant 1733, que retiendrions de lui ? Ses théories de l’harmonie à coup sûr, quelques motets et cantates sans doute, et ses pièces de clavecin. Mais cela aurait-il suffi à lui assurer la postérité ? Et l’enthousiasme que son nom suscite aujourd’hui &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Rien avant 50 ans. Ou presque.<br />
Si Rameau, né en 1683, était mort avant 1733, que retiendrions de lui ? Ses théories de l’harmonie à coup sûr, quelques motets et cantates sans doute, et ses pièces de clavecin. Mais cela aurait-il suffi à lui assurer la postérité ? Et l’enthousiasme que son nom suscite aujourd’hui encore ? Sans doute pas. C’est que ses plus grandes œuvres sont lyriques et qu’il ne s’approchera de l’opéra, coup d’essai, coup de maître, qu’en 1733 avec ce qui reste pour beaucoup le chef-d’œuvre entre tous du Dijonnais : <em>Hyppolite et Aricie</em>. Après ce succès, l’Académie Royale de musique va lui commander d’autres tragédies lyriques ou opéras-ballets&nbsp;: <em>Les Indes Galantes</em> (1735), <em>Castor et Pollux</em> (1737), et <em>Dardanus</em> (1739) vont s’enchaîner à un rythme échevelé.<br />
Ensuite musicien de la Cour, il laisse de côté l’opéra et n’y reviendra que dans les dernières années de sa vie&nbsp;: <em>Les Paladins</em> date de 1757 et, enfin, <em>Les Boréades</em>, mises en répétition au printemps 1763, mais abandonné avant la première. Rameau tombe malade (on a parlé de fièvre putride) et meurt le 12 septembre 1763. L’œuvre n&rsquo;est ni représentée ni éditée de son vivant. La première représentation intégrale (version de concert) a lieu à Londres en 1975, sous la direction de John Eliot Gardiner qui dirigera également la première représentation théâtrale lors du Festival d’Aix- en-Provence, le 21 juillet 1982, dans une mise en scène de Jean-Louis Martinoty. Gardiner captera l’œuvre en 1982 avec Jennifer Smith (Aphise), John Aller (Calisis), Philipp Langridge (Abaris), Jean-Philippe Lafont (Borée) et François Leroux (Adamas). A noter aussi l’enregistrement de 2003 par William Christie (Bonney, Agnew, Panzarella, Naouri, Degout).<br />
L’enregistrement auquel nous nous intéressons a été réalisé du 18 au 21 septembre 2023 à Budapest. Il s’inscrit dans un vaste chantier thématique que le Centre de musique baroque de Versailles (CMBV) a entamé dix ans plus tôt, en 2013, à l’occasion de la préparation de l’année anniversaire des 250 ans de la mort de Jean-Philippe Rameau (1764-2014). En partenariat avec la Société Jean-Philippe Rameau, qui se dédie à l’édition complète des œuvres du compositeur sous la direction scientifique de Sylvie Bouissou (<em>Rameau Opera Omnia</em>), le CMBV s’était alors donné un double objectif&nbsp;: d’une part, celui de recréer et d’enregistrer tous les derniers opéras inédits de cet auteur, ainsi que plusieurs versions alternatives imaginées par Rameau à l’occasion de reprises et qui n’avaient pas encore été rejouées aux XX<sup>e</sup> et XXI<sup>e</sup> siècles&nbsp;; d’autre part, de réinterroger les pratiques d’interprétation, en proposant de nouvelles lectures – historiquement informées et profitant des derniers fruits de la recherche musicologique – de certains des titres les plus célèbres.<br />
C’est ainsi qu’ont déjà vu le jour les productions discographiques des <em>Fêtes de l’Hymen et de l’Amour</em>, du <em>Temple de la Gloire</em>, des <em>Fêtes de Polymnie</em>, de <em>Zaïs</em>, de <em>La Lyre enchantée</em>, puis successivement de <em>Naïs</em>&nbsp;, des <em>Indes galantes</em>, de <em>Dardanus</em>, des <em>Fêtes d’Hébé</em>, d’<em>Achante et Céphise</em>, du <em>Retour d’Astrée</em>&nbsp;et de <em>Zoroastre</em>.<br />
L’œuvre a été enregistrée sur la toute nouvelle édition réalisée par Sylvie Bouissou dans le cadre de <em>Rameau Opera Omnia</em>. Plusieurs aspects musicologiques ont été pris en compte dans le traitement orchestral&nbsp;: l’absence de clavecin dans les danses et la présence d’une contrebasse dans le continuo (comme le stipulent les sources), ainsi que l’usage de hautbois et non de clarinettes (la note de Rameau les mentionnant dans l’ouverture faisant penser à un projet d’insertion non abouti). Par ailleurs, la distribution tente de rendre compte de la voix des chanteurs pour qui l’œuvre avait sans doute été pensée à l’origine, et en premier lieu Marie Fel dans le rôle d’Alphise (une soprano légère et brillante, au timbre cristallin et profondément touchant à en croire les chroniqueurs du temps) ainsi que Pierre Jéliote dans celui d’Abaris (une haute-contre ductile capable d’expressivité aussi bien que de vaillance). L’ornementation vocale (et notamment son usage non pas stylistique mais destiné à caractériser les emplois), les respirations et phrasés, les tempi et les enchaînements de sections sont également issus d’une étude méticuleuse des matériels vocaux et instrumentaux de l’époque encore conservés aujourd’hui à la Bibliothèque nationale de France.<br />
L’<strong>Orfeo orchestra</strong> et le <strong>Purcell Choir</strong> (le chœur «&nbsp;Ciel, quels accords harmonieux&nbsp;!&nbsp;» est de toute beauté et la prononciation du français impeccable pour toutes les interventions chorales) dirigés par <strong>György Vashegyi</strong> bénéficie d’une prise de son particulièrement limpide qui met en valeur les pupitres et notamment de somptueux cuivres. Il faudra écouter l’extraordinaire rendu de l’orage conclusif du III (de loin le plus dramatique des cinq actes) qui enchaîne directement avec la suite des vents au IV. Le quatrième acte avec les nombreuses danses ainsi que les intermèdes musicaux met bien en valeur la phalange hongroise.<br />
<strong>Sabine Devieilhe</strong> domine la distribution et émerveille à nouveau par toutes les qualités qui semblent ne faire que s’épanouir au fil de ses apparitions sur scène et de ses enregistrements. On ne sait s’il faut d’abord louer, dans les airs ou les récits accompagnés, la souplesse, l’étendue de la gamme, les aigus filés, la légèreté (« Un horizon serein ») ou l’expressivité (« … il amène l’orage et soulève les mers » dans l’air « Un horizon serein »&nbsp; où l’auditeur est comme témoin de la tempête.) C’est peut-être dans le magnifique air introductif du III (« Songe affreux ») que toutes ces qualités sont concentrées.<br />
<strong>Reinoud Van Mechelen</strong> (Abaris) intervient au deuxième acte qu’il fait débuter par l’air «&nbsp;Charmes trop dangereux&nbsp;» avec toutes les nuances attendues et notamment un vibrato parfait qu’il sait retarder <em>ad libitum</em>. Qualité et finesse des ornements ; on les retrouve dans l’air du IV «&nbsp;Lieux désolés&nbsp;» où le désespoir s’inscrit dans la ligne de chant ou encore dans le mélancolique «&nbsp;Je vole, Amour, où tu m’appelles&nbsp;» qui conclut le quatrième acte.<br />
<strong>Gwendoline Blondeel</strong> est une bien belle découverte. La soprano belge, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-rinaldo-beaune/">très appréciée à Beaune cet été</a>, s’empare de quatre petits rôles féminins&nbsp;: Sémire, la Nymphe, l’Amour et Polymnie. La complémentarité de sa voix avec Alphise est évidente et particulièrement bienvenue. On apprécie la technique irréprochable et la légèreté qui met en valeur une vraie personnalité («&nbsp;Comme un zéphir&nbsp;»).<br />
L’Islandais <strong>Benedikt Kristiánsson</strong> (Calisis) a le ténor clair et expressif («&nbsp;Ecoutez l’amour qui vous presse&nbsp;») même si la prononciation («&nbsp;Eh&nbsp;! pourquoi se défendre&nbsp;») peut laisser à désirer. La maîtrise technique d’un air aussi redoutable que «&nbsp;Jouissons de nos beaux ans&nbsp;» est particulièrement flagrante.<br />
Il faut citer aussi <strong>Tassis Chirtoyannis</strong> (Adamas/Apollon) au baryton clair et énergique, <strong>Philippe Estèphe</strong> en Borilée. Lui aussi baryton, sa prestation est toute d’autorité, de dynamisme et de clarté avec toute l’agilité nécessaire.<br />
Voici à coup sûr un enregistrement qui s’inscrit déjà dans la discographie indispensable de l’ultime chef-d’œuvre ramiste.</p>
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		<title>RAMEAU, Les Boréades &#8211; Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rameau-les-boreades-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Jun 2024 05:40:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une même interprétation musicale peut être perçue différemment suivant qu’on la découvre en salle, dans la réalité et l’immédiateté de son élaboration, ou bien sous la forme d’un enregistrement audio. On sait bien que les CD peuvent avoir quelque chose d’artificiel, voire de trompeur, car l’interprétation musicale est alors soutenue par tout ce que permet &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Une même interprétation musicale peut être perçue différemment suivant qu’on la découvre en salle, dans la réalité et l’immédiateté de son élaboration, ou bien sous la forme d’un enregistrement audio. On sait bien que les CD peuvent avoir quelque chose d’artificiel, voire de trompeur, car l’interprétation musicale est alors soutenue par tout ce que permet la postproduction&nbsp;: des effets d’ajustements et de rééquilibrages sonores ou un montage de différentes prises, par exemple. On a beau le savoir, l’expérimenter souvent, on ne reste pas moins oublieux parfois de ces données élémentaires et on tombe malgré nous dans le piège.</p>
<p>En 2022, la parution de l’enregistrement des <em>Boréades</em> de Jean-Philippe Rameau par <strong>Václav Luks</strong>, sous le label Château de Versailles Spectacles, est un événement. Faisant suite à un concert qui avait soulevé de l’enthousiasme chez beaucoup, cet enregistrement s’impose d’emblée comme une nouvelle référence discographique de l’œuvre, par sa vivacité, son engagement et sa fraîcheur. Deux ans plus tard, les oreilles encore étourdies par la beauté de l’enregistrement audio, on avoue avoir été confus devant l’expérience réelle de l’interprétation du chef-d’œuvre tardif de Rameau par Václav Luks et son ensemble <strong>Collegium 1704</strong>.</p>
<p>Soyons clair&nbsp;– rien de déshonorant, bien au contraire&nbsp;: les instruments délivrent des teintes chatoyantes, la matière orchestrale est moelleuse et souple, le drame avance comme il se doit, mais l’ensemble manque de relief&nbsp;: les scènes de tempête tombent un peu à l’eau parce que le geste instrumental manque de mordant, d’urgence et aussi d’ampleur. En effet, on peut se demander si l’effectif instrumental, qui sonne en disque tout à fait adéquat, n’est pas ici un peu trop menu pour permettre aux instrumentistes de déployer toutes les potentialités dramatiques et musicales de cette partition extraordinaire.</p>
<p>On savoure avec beaucoup de bonheur les scènes de divertissement les plus tendres et séduisantes écrites par Rameau, comme la sublime Entrée de Polymnie, phrasée par les cordes et les bassons avec une grâce délicieuse, mais les scènes plus furieuses restent de caractère bien trop gentil. Certains violonistes sont totalement engagés quand d’autres posent leur archet avec une réserve qui jure avec la situation dramatique, ce qui confère à ces passages une tonalité d’ensemble plutôt tiède.</p>
<p>Relevons cependant la performance réjouissante de <strong>Michael Metzler</strong>, véritable homme-orchestre ou, plus exactement, homme-orage. Le percussionniste se montre capable de jouer en même temps trois instruments différents dans certaines danses et dans les scènes d’intempéries, où il fait tourner d’une main la machine à vent, frappe de l’autre sur la plaque à tonnerre, tout en soufflant dans un sifflet à vent.</p>
<p>Les chanteuses <strong>Deborah Cachet</strong> et <strong>Caroline Weynants</strong>, présentes dans l’enregistrement de 2022, souffrent aussi quelque peu de la comparaison avec elles-mêmes. La voix de Deborah Cachet, délicieuse dans le répertoire français antérieur, sonne ici, et ce soir-là, restreinte. La prononciation, pourtant d’ordinaire un atout chez cette interprète, est embarrassée, révélant par endroit la prosodie parfois hasardeuse de Rameau. Sa scène «&nbsp;Songe affreux&nbsp;» est néanmoins brillamment mené, avec une expressivité et une virtuosité réjouissantes. Parfois confié à Alphise plutôt qu’à sa suivante, l’air redoutable «&nbsp;Un horizon serein&nbsp;» revient ici bel et bien à Caroline Weynants, l’interprète du rôle de Sémire. L’exercice manque hélas d’éclat, même si la vocalisation est soignée. On peut cependant percevoir dans son interprétation la stupeur de l’humain face à la nature, plutôt qu’une simple imitation des manifestations météorologiques.</p>
<p>S’il est un interprète qui émerveille toujours, même si on connaît déjà toutes ses qualités, c’est bien <strong>Mathias Vidal</strong>. Certains pourraient lui reprocher son expressionnisme, mais comment ne pas être sous le charme de cet Abaris tout feu tout flamme, engagé de la pointe des pieds aux boucles des cheveux ? Frissonnant de musicalité, habité par chaque phrase et chaque note, le chanteur incarne la musique de Rameau avec une évidence, une ardeur et une générosité qui exaltent. Passant de la délicatesse la plus subtile à l’éclat le plus noble, colorant son chant de demi-teintes envoûtantes ou dégainant des aigus d’acier, voilà un artiste qui gagne à être admiré en salle, pour percevoir ce qui fait la vitalité et la singularité d’une telle interprétation.</p>
<p><strong>Sébastien Droy</strong> a déjà tenu sur scène le rôle de Calisis et cela se sent dans l’aisance avec laquelle il l’interprète. La voix est souple mais l’émission vocale, habillant le timbre de métal, lorgne plus vers le XIX<sup>e </sup>siècle que vers Rameau. <strong>Christian Immler</strong> fréquente lui aussi un répertoire ultérieur à Rameau, mais son autorité vocale, le caractère incisif de sa diction et la chaleur du timbre font de lui un Borée absolument idéal. C’est comme si le puissant dieu des vents étaient d’une délicatesse pernicieuse dans l’exercice du mal.</p>
<p><strong>Tomáš Šelc</strong> est un Borilée convaincant, solide et plein de morgue. Quant à <strong>Tomáš Král</strong>, il démontre en Adamas que c’est un chanteur plein de promesses&nbsp;: le français n’est pas précis (il ne s’agit pas d’une question d’accent, mais certaines syllabes sont inexactes ou inversées) et le timbre a quelque chose de ouaté, mais l’expression dramatique est sa priorité. Il trouve son autorité de prêtre dans cette présence vocale pleine de mordant et de relief.</p>
<p>La qualité franchement exceptionnelle des solistes issus du chœur prouve le mérite d’ensemble du Collegium 1704, faisant des passages choraux les moments les plus étourdissants de la soirée. La clarté des différents registres et la musicalité des choristes servent idéalement la musique de ce compositeur de 79 ans, d’une audace et d’une inventivité ébouriffante. En Apollon, <strong>Lukáš Zeman </strong><strong>émerveille, tout comme la nymphe de </strong><strong>Tereza Zimková</strong>, la Polymnie de <strong>Pavla Radostová</strong> et l’Amour de <strong>Helena Hozová</strong>, qui mériteraient toutes de chanter des rôles plus développés.</p>
<p>Si l’enregistrement CD était complet, la partition a subi ce soir-là quelques coupes, mais l’on se console à la fin du concert avec les reprises enthousiastes de l’Entrée de Polymnie et de l’ensemble «&nbsp;Chantez le dieu qui nous éclaire&nbsp;», mené par un Mathias Vidal déchainé.</p>
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		<title>RAMEAU, Les Boréades &#8211; Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rameau-les-boreades-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Sep 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Elles se multiplient les productions du dernier opéra de Rameau, et c’est tant mieux. Quelques mois avant Versailles et un orchestre tchèque, les vents de Borée portent ce soir un orchestre hongrois au Théâtre des Champs-Elysées. Ce concert s’inscrit par ailleurs dans la tournée internationale qui vient clore le partenariat particulièrement fructueux de presque 10 &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Elles se multiplient les productions du dernier opéra de Rameau, et c’est tant mieux. Quelques mois avant <a href="https://www.chateauversailles-spectacles.fr/programmation/rameau-les-boreades_e2849">Versailles et un orchestre tchèque</a>, les vents de Borée portent ce soir un orchestre hongrois au Théâtre des Champs-Elysées. Ce concert s’inscrit par ailleurs dans la tournée internationale qui vient clore <a href="https://www.forumopera.com/breve/apres-neuf-ans-de-collaboration-le-cmbv-et-gyorgy-vashegyi-se-disent-au-revoir/">le partenariat particulièrement fructueux</a> de presque 10 ans entre le Centre de Musique Baroque de Versailles et l’<strong>Orfeo Orchestra</strong> &amp; <strong>Purcell Choir</strong>. Si les œuvres enregistrées étaient presque toutes des recréations, celle-ci dispose en revanche de quatre enregistrements officiels (deux au disque et deux en DVD), et le jeu des comparaisons n’est pas toujours en faveur des artistes de la soirée.</p>
<p>Á commencer par l’orchestre qui alterne entre mollesse hésitante et entrain excessif, laissant penser que tous les numéros n’ont pas été répétés avec la même attention. Passé un cor et un hautbois fâchés avec la justesse (« Cette troupe aimable » franchement dissonant), laissant de côté un percussionniste à qui on a manifestement posé peu de limites, les cordes, les flûtes et les bassons jouent bien voire très bien, mais c’est une suite de numéros plus qu’un drame. Or cette œuvre est bien une tragédie lyrique qui bénéficie, fait rare chez Rameau, d’un livret bien construit, et de danses plus inspirées les unes que les autres et étroitement liées à la situation dramatique dans laquelle elles sont insérées. Sans le secours de la féérie de la scène, l’ennui guette, tant la baguette de <strong>György Vashegyi</strong> semble davantage contrôler ses troupes que les galvaniser, ou alors par intermittence et sans grande finesse (ces contredanses vives mais plus pesantes que bondissantes). Le Purcell Choir, lui, se montre assez brouillon, autant dans la prononciation du texte que dans son attention aux harmoniques.</p>
<p>Chez les solistes, le Borilée de <strong>Philippe Estèphe</strong> est bien trop timide pour exister, tandis que le Calisis de <strong>Benedikt Kristjànsson</strong> a pour lui un registre aigu solaire et une agilité qui lui permettent de venir à bout de son inchantable ariette « Jouissons de nos beaux ans », quoiqu’au prix d’une certaine blancheur du timbre, de fins de phrase en sourdine et d’une raideur théâtrale : pour cet air hédoniste, on aurait préféré un Calisis moins parnassien. <strong>Tassis Christoyannis</strong> interprète les petits rôles d’Adamas et Apollon avec le même impeccable style, mélangeant diction gourmande et sens du tragique. Bien moins mesuré, et pour notre plus grand plaisir, le Borée de <strong>Thomas Dolié</strong> fait feu du seul acte que lui offre la partition : diction impérieuse, graves menaçants, grimaces débridées, le grand méchant s’est fait attendre, il ne déçoit pas. <strong>Gwendoline Blondeel</strong> séduit à chaque apparition, ponctuées d’aigus ouverts qui envahissent l’espace. Des aigus ouverts, c’est notamment ce qui manque à <strong>Sabine Devieilhe</strong>, dont l’émission sonne plus minérale et pointue que jamais. On regrette également toujours un manque de variété dans l’expression, laquelle, non dénuée d’intensité, tombe vite dans la pose. Saluons néanmoins l’extraordinaire technicienne qui livre un redoutable « Un horizon serein » avec toute l’intelligence de ses limites : des graves très proprement et efficacement poitrinés, des aigus sur le souffle toujours autant maitrisés, des vocalises impeccables qui se jouent des variations de rythmes incessantes. Si l’aigu était plus large et l’émission plus pulpeuse, on ne verrait pas seulement l’orage amené, mais aussi la mer se soulever.  Enfin <strong>Reinoud van Mechelen</strong> est un superbe Abaris, qui troque la placidité qu’on lui connaissait, pour une expressivité à la fois généreuse et naturelle, soutenue par un timbre et un art de la prosodie délectables.</p>
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		<title>Après neuf ans de collaboration, le CMBV et György Vashegyi se disent au-revoir</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/apres-neuf-ans-de-collaboration-le-cmbv-et-gyorgy-vashegyi-se-disent-au-revoir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Aug 2023 08:33:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est de point d’orgue dont il est question dans le communiqué de presse du CMBV ; d’un ultime feu d’artifice entre les Hongrois de l’Orfeo Orchestra &#38; Purcell Choir sous la direction de György Vashegyi. Une belle entente qui s’achèvera avec la production et l’enregistrement des Boréades de Jean-Philippe Rameau, ainsi que la sortie des &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est de point d’orgue dont il est question dans le communiqué de presse du CMBV ; d’un ultime feu d’artifice entre les Hongrois de l’Orfeo Orchestra &amp; Purcell Choir sous la direction de <strong>György Vashegyi</strong>. Une belle entente qui s’achèvera avec la production et l’enregistrement des<i class=""> Boréades </i>de Jean-Philippe Rameau, ainsi que la sortie des disques <i class="">Scylla et Glaucus</i> (Glossa) et « Jouissons de nos beaux ans ! ». Le communiqué intégral est reproduit ci-dessous (Aparté).</p>


<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Débuté en 2014 dans le cadre de l’anniversaire de la mort de Jean-Philippe Rameau avec l’enregistrement des Fêtes de Polymnie, le partenariat entre le Centre de musique baroque de Versailles et les ensembles du chef hongrois György Vashegyi, Orfeo Orchestra et Purcell Choir, s’achève avec l’enregistrement et une tournée internationale des Boréades du même Rameau, auquel prendront notamment part les talentueux Sabine Devieilhe et Reinoud Van Mechelen.<br><br>Ce partenariat aura donné lieu à une trentaine de concerts et 19 enregistrements, consacrés à une pléiade de compositeurs et oeuvres où les célèbres Indes Galantes ou Boréades de Rameau, côtoient les recréations d&rsquo;Hypermnestre de Gervais ou Omphale de Cardonne. L&rsquo;opéra, principalement, mais également les Grands Motets ou les récitals lyriques auront été au coeur de ce travail commun, qui s&rsquo;est élargi à la formation (2 académies en Hongrie), à la recherche artistique (travail de performance practice) ainsi qu&rsquo;à l&rsquo;édition (publication de 6 partitions). »</p>
<cite>CMBV</cite></blockquote>
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		<title>Trophées 2021 : les lauréats</title>
		<link>https://www.forumopera.com/trophees-2021-les-laureats/</link>
					<comments>https://www.forumopera.com/trophees-2021-les-laureats/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Jan 2022 06:58:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Que retenir de l’année 2021 ? Bien des choses en somme mais, s’il faut résumer, pourquoi ne pas commencer par ces neuf lauréats désignés par vos votes, chers lecteurs, à l’issue d’un scrutin forcément injuste tant on voudrait y inclure tous les artistes et acteurs culturels, premières victimes d’une interminable pandémie et, tel Jacques Martin aux &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Que retenir de l’année 2021 ? Bien des choses en somme mais, s’il faut résumer, pourquoi ne pas commencer par ces neuf lauréats désignés par vos votes, chers lecteurs, à l’issue d’un scrutin forcément injuste tant on voudrait y inclure tous les artistes et acteurs culturels, premières victimes d’une interminable pandémie et, tel Jacques Martin aux grandes heures de <em>L’Ecole des Fans</em>, les désigner tous gagnants. A défaut, qu’ils soient ici chaleureusement remerciés. </strong></p>
<hr />
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/trop1.jpg?itok=OmJSu6w8" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="Michael Spyres © Marco Borrelli" /><strong style="font-size: 14px;">Artiste lyrique : </strong><a href="https://www.forumopera.com/artiste/spyres-michael">Michael Spyres</a> (30%)</p>
<p>Déjà lauréat de nos trophées il y a 5 ans, Michael Spyres remonte en 2021 sur la première marche du podium, <a href="https://www.forumopera.com/breve/michael-spyres-chevalier-des-arts-et-des-lettres">l’insigne des arts et des lettres à la boutonnière</a>, le front ceint sur scène des lauriers de plusieurs récitals triomphaux, d’un Don Ottavio salzbourgeois déniaisé et d’un <em><a href="https://www.forumopera.com/fidelio-paris-favart-total-eclipse">Fidelio</a> </em>parisien « qui à chaque note vous coll[ait] le frisson ». Au disque, le récital <em><a href="https://www.forumopera.com/cd/michael-spyres-baritenor-chanter-en-couleurs">Bariténor</a></em> qualifié ici-même de « très emballant » et la version intégrale de <em><a href="https://www.forumopera.com/cd/mitridate-re-di-ponto-spyres-frappe-encore">Mitridate</a> </em>(dont on reparlera plus bas), parachèvent le <a href="https://www.forumopera.com/actu/michael-spyres-ou-la-renaissance-du-barytenor">portrait d’un chanteur</a> qui semble avoir fait sien le conseil donné par Diaghilev au jeune Cocteau : « étonnez-moi ».</p>
<ul>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/artiste/davidsen-lise">Lise Davidsen</a> (12%)
</li>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/artiste/grigorian-asmik">Asmik Grigorian</a> (16%)
</li>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/artiste/sierra-nadine">Nadine Sierra</a> (14%)
</li>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/artiste/tezier-ludovic">Ludovic Tézier</a> (28%)
</li>
</ul>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/trop2.jpg?itok=xClObj5i" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="Alexandra Marcellier © DR" /><strong>Etoile montante : </strong><a href="https://www.forumopera.com/artiste/marcellier-alexandra">Alexandra Marcellier</a> (29%)</p>
<p>Il a suffi d’une Butterfly pour propulser Alexandra Marcellier sous le feu des projecteurs. D’une ou plutôt de deux. A <a href="https://www.forumopera.com/madame-butterfly-saint-etienne-leclosion-dun-magnifique-papillon">Saint-Etienne</a> d’abord, début novembre, où l’on a assisté médusé à « l&rsquo;éclosion d&rsquo;un magnifique papillon ». A Monte-Carlo ensuite, lorsque la jeune soprano française – elle est née à Perpignan au début des années 1990 – a remplacé au pied levé et avec le même succès Aleksandra Kurzak souffrante. Un <a href="https://www.forumopera.com/recital-alexandra-marcellier-paris-un-peu-plus-pres-des-etoiles">récital parisien</a>, il y a quelques semaines, l’installait « un peu plus près des étoiles ». On attend la suite avec impatience.</p>
<ul>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/artiste/edris-amina">Amina Edris</a> (12%)
</li>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/artiste/pati-pene">Pene Pati</a> (25%)
</li>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/artiste/schuen-andre">Andrè Schuen</a> (6%)
</li>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/artiste/tetelman-jonathan">Jonathan Tetelman</a> (28%)
</li>
</ul>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/trop3.jpg?itok=KHulkG2l" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="Aknaten © Opéra de Nice" /><strong>Production : </strong><a href="https://www.forumopera.com/akhnaten-nice-le-triomphe-du-pharaon" style="color: rgb(1, 143, 226); text-decoration-line: underline;">Glass : <em>Akhnaten</em></a> &#8211; Nice (26%)</p>
<p>Plus qu’une production dont il faut saluer chacune des composantes artistiques, scéniques, musicales, la nomination d’<em>Akhnaten</em> récompense l’audace – « Jamais on n’avait entendu un tel répertoire à Nice » – et au-delà, la renaissance d’une institution lyrique qui, après avoir traversé plusieurs zones de turbulence, semble sous l’impulsion de son nouveau directeur, Bertrand Rossi, renouer avec son passé prestigieux.</p>
<ul>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/idomenee-lille-on-se-leve-tous-pour-campra">Campra : <em>Idoménée</em></a> &#8211; Lille (18%)
</li>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/le-coq-dor-lyon-barrie-kosky-genial-demiurge">Rimski-Korsakov : <em>Le Coq d’or</em></a> &#8211; Aix-en-Provence/Lyon (16%)
</li>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/elektra-toulouse-de-chair-et-de-sang">Strauss : <em>Elektra</em></a> &#8211; Toulouse (18%)
</li>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/tristan-und-isolde-munich-la-mort-plus-forte-que-lamour">Wagner : <em>Tristan und Isolde</em></a> &#8211; Munich (22%)
</li>
</ul>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/trop4.jpg?itok=gld3O6V1" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="Stiffelio (Strasbourg) © Klara Beck" /><strong>Renaissance : </strong><a href="https://www.forumopera.com/stiffelio-strasbourg-stupefiant-tetelman" style="color: rgb(1, 143, 226); text-decoration-line: underline;">Verdi : <em>Stiffelio</em></a> &#8211; Strasbourg (33%)</p>
<p>Cette catégorie, nouvellement introduite au sein de nos trophées annuels, a suscité de vives discussions au sein de la rédaction. Qu’entend-on exactement par « Renaissance » ? Distinguer la création scénique moderne en France d’un opéra injustement négligé de Giuseppe Verdi répond à la question.</p>
<ul>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/la-princesse-jaune-djamileh-tours-les-genants-charmes-de-lorient">Bizet : <em>Djamileh</em> / Saint-Saens, <em>La Princesse jaune</em></a> &#8211; Tours (11%)
</li>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/oedipe-paris-bastille-symphonie-lyrique">Enescu : <em>Œdipe</em></a> &#8211; Paris, Bastille (18%)
</li>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/oreste-paris-tce-pastishow">Haendel :<em>Oreste</em></a> &#8211; Paris, TCE (12%)
</li>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/la-vie-parisienne-rouen-paris-est-une-fete">Offenbach : <em>La Vie parisienne</em></a> &#8211; Rouen (26%)
</li>
</ul>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/trop5.jpg?itok=WVX9mhsi" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="Les Eclairs (Paris, Opéra Comique) © S. Brion" /><strong>Création : </strong><a href="https://www.forumopera.com/philippe-hersant-les-eclairs-opera-comique-paris-opera-comique-eclairs-de-linterieur">Philippe Hersant : <em>Les Eclairs</em> – Paris, Opéra-Comique</a> (32%)</p>
<p>Premier théâtre d&rsquo;Europe prétendument éclairé à l&rsquo;électricité, l’Opéra Comique se devait d&rsquo;accueillir une création consacrée au courant alternatif et à son inventeur. Si la musique de ce « drame joyeux en quatre actes » composé par Philippe Hersant sur un livret de Jean Echenoz a pu ne pas répondre à certaines attentes, la « douce lumière qui illumine chaque personnage de l&rsquo;intérieur » a emporté l’adhésion du plus grand nombre.</p>
<ul>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/the-time-of-our-singing-bruxelles-la-monnaie-les-voix-de-lidentite">Kris Defoort : <em>The Time of our Singing</em> &#8211; Bruxelles</a> (10%)
</li>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/hemon-strasbourg-la-vie-sauve-dhemon">Zad Moultaka :<em> Hémon</em> &#8211; Strasbourg</a> (15 %)
</li>
<li>
Kaija Saariaho : <em>Innocence</em> &#8211; Aix-en-Provence (31%)
</li>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/denis-katya-montpellier-festival-lavenir-de-lopera">Philip Venables : <em>Denis &amp; Katya</em> &#8211; Montpellier</a> (12%)
</li>
</ul>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/trop6.jpg?itok=IDWcf5nI" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" /><strong>CD, intégrale :</strong> <a href="https://www.forumopera.com/cd/mitridate-re-di-ponto-spyres-frappe-encore">Mozart : <em>Mitridate, re di Ponto</em></a>, Erato (27%)</p>
<p>A quelque chose malheur est bon. En raison de la pandémie, la tournée de <em>Mitridate</em> initialement prévue par Marc Minkowski s’est muée en session d’enregistrement avec pour résultat un « équilibre global entre le plateau vocal et la qualité de la direction, entre l’intensité dramatique et la pure performance vocale » qu’aucune version n’avait jusqu’à présent atteint.</p>
<ul>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/liste-cd-dvd-livres/compositeur/bellini-vincenzo-256">Bellini : <em>Il pirata</em></a>, Prima Classics (26%)
</li>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/cd/la-fille-du-madame-angot-jours-fortunes-dune-renaissance">Lecocq : <em>La Fille de Madame Angot</em></a>, PBZ (15%)
</li>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/cd/armida-la-magicienne-reformee">Salieri : <em>Armida</em></a>, Aparté (9%)
</li>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/liste-cd-dvd-livres/compositeur/rameau-jean-philippe-91">Rameau : <em>Les Indes Galantes</em></a>, Château de Versailles Spectacles (23%)
</li>
</ul>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/trop7.jpg?itok=363WtK_A" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" /><strong>CD, autres (récital, mélodie, musique sacrée, etc.) : </strong><a href="https://www.forumopera.com/cd/amazone-une-devorante-ardeur">Lea Desandre : <em>Amazone</em></a>, Erato (35%)</p>
<p>Coup d’essai, coup de maître pour le premier récital chez Erato de Lea Desandre et de l’ensemble Jupiter. « Un fil rouge original et d’une certaine modernité, des pépites inouïes, Cecilia Bartoli, Véronique Gens et William Christie en <em>guest stars</em> : le luxe des moyens déployés a de quoi impressionner ». La preuve avec ce trophée décerné à une large majorité relative.</p>
<ul>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/cd/soleil-noir-arie-da-e-per-francesco-rasi-le-noir-contient-toutes-les-couleurs">Emiliano Gonzalez Toro : <em>Soleil noir</em></a>, Naive (12%)
</li>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/cd/amata-dalle-tenebre-anna-netrebko-lalbum-pierre-de-touche">Anna Netrebko : <em>Amata dalle Tenebre</em></a>, DG (23%)
</li>
<li>
Christian Gerhaher : <a href="https://www.forumopera.com/cd/schumann-alle-lieder-un-monument-discret"><em>Schumann, Alle Lieder</em></a>, Sony (17%)
</li>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/cd/jeliote-haute-contre-de-rameau-on-lecoutait-avec-livresse-du-plaisir">Reinoud Van Mechelen : <em>Jéliote, haute-contre de Rameau</em></a>, Alpha (13%)
</li>
</ul>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/trop8.jpg?itok=Z5yj-HpK" style="width: 150px; height: 150px; float: left; margin-left: 10px; margin-right: 10px;" /><strong>DVD : </strong><a href="https://www.forumopera.com/dvd/les-boreades-vues-par-barrie-kosky-et-emmanuelle-haim-coup-de-vent-sur-rameau" style="color: rgb(1, 143, 226); text-decoration-line: underline;">Rameau : <em>Les Boréades</em></a>, Erato (27%)</p>
<p>« Jamais représenté, ni même édité du vivant du compositeur, révélé au public en version de concert en 1964, et mis en scène pour la première fois à Aix-en-Provence en 1982 » ( !), l’ultime chef-d’œuvre de Rameau à Dijon en 2019 conjuguait au superlatif mise en scène, distribution et direction musicale. L’édition en DVD de sa captation, » entrecroisant habilement plans d’ensemble et détails de jeu, avec de surcroit une belle prise de son, large et détaillée à la fois », effectivement s’imposait.</p>
<ul>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/dvd/franco-alfano-risurrezione-une-re-decouverte-servie-par-la-bouleversante-anne-sophie-duprels">Alfano :<em> Risurrezione</em></a>, Dynamic (7%)
</li>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/dvd/atys-un-jalon-historique">Lully : <em>Atys</em></a>, Naxos (18%)
</li>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/dvd/sadko-tout-nest-quillusion">Rimski-Korsakov : <em>Sadko</em></a>, BelAir Classiques (25%)
</li>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/dvd/ludwig-van-beethoven-fidelio-1806-version-o-namenlose-freude-oh-joie-indicible">Beethoven : <em>Fidelio</em></a>, Unitel (23%)
</li>
</ul>
<p style="font-size: 14px;"> </p>
<p style="font-size: 14px;"><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/trop9.jpg?itok=ta_AtNoE" style="width: 150px; height: 150px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="Camille Saint-Saëns © Benque et Cie. Photographe – BNU Strasbourg" /><strong>Livre :</strong> <em><a href="https://www.forumopera.com/livre/saint-saens-un-esprit-libre-le-centenaire-se-fait-attendre" style="color: rgb(13, 125, 194); text-decoration-line: underline;">Saint-Saens, un esprit libre</a></em>, catalogue de l’exposition, BnF (34%)</p>
<p style="font-size: 14px;">Le catalogue de l’exposition « Saint-Saëns, un esprit libre » aurait pu arguer de sa reliure luxueuse et de sa richesse iconographique pour se contenter de jouer les « beaux livres », à la façon de ce que l’on dénomme Outre-Manche un <em>coffee table book</em>. La qualité des textes rassemblés par Marie-Gabrielle Soret, la commissaire de l’exposition, le pose en référence.</p>
<ul>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/livre/notes-etrangeres-et-autres-ecrits-sur-la-musique-continuer-a-chanter" style="color: rgb(13, 125, 194); text-decoration-line: underline;">Nicolas Bacri : <em>Notes étrangères et autres écrits sur la musique</em></a>, L’Harmattan (9%)
</li>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/livre/bons-baisers-de-rome-italie-italie" style="color: rgb(13, 125, 194); text-decoration-line: underline;">Alexandre Dratwicki : <em>Bons Baisers de Rome</em></a>, PBZ (20%)
</li>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/livre/federico-mompou-a-la-recherche-dune-musique-perdue-quelque-chose-de-marcel-proust" style="color: rgb(13, 125, 194); text-decoration-line: underline;">Jérôme Bastianelli : <em>Federico Mompou</em></a>, Actes Sud (11%)
</li>
<li>
<a href="https://www.forumopera.com/livre/histoire-de-lopera-francais-du-roi-soleil-a-la-revolution-et-la-lumiere-fut" style="color: rgb(13, 125, 194); text-decoration-line: underline;">Hervé Lacombe : <em>Histoire de l&rsquo;Opéra Français, Du Roi-Soleil à la Révolution</em></a>, Fayard (26%)
</li>
</ul>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/trophees-2021-les-laureats/">Trophées 2021 : les lauréats</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Les Boréades, notre disque du mois</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/les-boreades-notre-disque-du-mois/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Jacques Groleau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 May 2021 08:27:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Et le disque du mois est… un DVD ! Ces Boréades rondement menées par Barrie Kosky à la mise en scène et Emmanuelle Haïm à la direction ont séduit la rédaction. « Fôlatre et pétillant », pour reprendre les termes de Charles Sigel (compte-rendu du 30 avril 2021), ce spectacle capté à Dijon en mars 2019 bénéficie en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Et le disque du mois est… un DVD ! Ces <em>Boréades</em> rondement menées par Barrie Kosky à la mise en scène et Emmanuelle Haïm à la direction ont séduit la rédaction. « Fôlatre et pétillant », pour reprendre les termes de Charles Sigel (<a href="https://www.forumopera.com/dvd/les-boreades-vues-par-barrie-kosky-et-emmanuelle-haim-coup-de-vent-sur-rameau">compte-rendu du 30 avril 2021</a>), ce spectacle capté à Dijon en mars 2019 bénéficie en outre d’une distribution de très haut vol, pour qui cette musique et ses subtilités n’ont aucun secret. Un DVD qui remet du baume au cœur en attendant l’imminente réouverture de nos salles de spectacles.</p>
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		<title>Les Boréades vues par Barrie Kosky et Emmanuelle Haïm</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/les-boreades-vues-par-barrie-kosky-et-emmanuelle-haim-coup-de-vent-sur-rameau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 Apr 2021 04:32:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le voilà, ce DVD que Laurent Bury appelait de ses vœux. Oui, ç’aurait été dommage que cette production réussie en tous points ne fût pas pérennisée. Mise en scène, distribution et direction musicale, tout est à l’unisson. Hélène Guilmette et Mathias Vidal. ©Opéra de Dijon-Gilles Abegg L’ultime chef-d’œuvre de Rameau, jamais représenté, ni même édité &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le voilà, ce DVD que Laurent Bury <a href="https://www.forumopera.com/les-boreades-dijon-le-magicien-doz">appelait de ses vœux</a>. Oui, ç’aurait été dommage que cette production réussie en tous points ne fût pas pérennisée. Mise en scène, distribution et direction musicale, tout est à l’unisson.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="295" src="/sites/default/files/styles/large/public/8383993-3488-p10062076.jpg?itok=LR7vE9Qq" title="Hélène Guilmette et Mathias Vidal. ©Opéra de Dijon-Gilles Abegg" width="468" /><br />Hélène Guilmette et Mathias Vidal. ©Opéra de Dijon-Gilles Abegg</p>
<p dir="ltr">L’ultime chef-d’œuvre de Rameau, jamais représenté, ni même édité du vivant du compositeur, fut révélé au public en version de concert en 1964, et mis en scène pour la première fois à Aix-en-Provence en 1982 (John Eliot Gardiner, Jean-Louis Martinoty, Jennifer Smith, John Aler, Philippe Langridge, Anne-Marie Rodde, François Le Roux, Gilles Cachemaille). Il a connu des versions brillantes, notamment la production Christie/Carsen de 2003 à l’Opéra de Paris. Celle-ci, par la grâce d&rsquo;<strong>Emmanuelle Haïm</strong> et <strong>Barrie Kosky</strong>, relève le défi avec allégresse.</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/hstluzjFMjE" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p>
	Barrie Kosky et Emmanuelle Haïm parlent du spectacle</p>
<p dir="ltr"><strong>Un Amour en robe pied-de-poule</strong></p>
<p>L’intrigue est d’un intérêt modeste : Alphise, la reine de Bactriane, doit, les Dieux l’ont décidé, épouser l’un des deux fils de Borée, dieu des vents. Mais elle est éprise d’Abaris (et c’est réciproque), un orphelin recueilli par Adamas, grand prêtre d’Apollon. Les jeunes amoureux pourront-ils convoler ? Il faudra cinq actes pour aboutir à ce happy end, et d’ailleurs on découvrira que le jeune homme est le fils d’Apollon, ça tombe bien. Si on ajoute Calisis et Borée, forcément deux barytons, puisqu’ils vont perturber les amours du ténor et de la soprano, on a là presque toutes les <em>dramatis personnæ</em>, à condition d’ajouter <strong>Emmanuelle de Negri</strong>, qui à elle seule incarne l’Amour, un amour rondelet, mutin, complice, moqueur, irrésistible (forcément), et diverses utilités, une servante, la muse du chant (ce qui lui va comme un gant) et une nymphe (la nymphe est de rigueur). C’est elle qui, avec une espièglerie réjouissante et force clins d’yeux, semble tirer les ficelles du drame.</p>
<p>	<img decoding="async" alt="" class="image-large" height="307" src="/sites/default/files/styles/large/public/l1050460.jpeg?itok=qroT7hjv" title="Emmanuelle de Negri. © Opéra de Dijon-Gilles Abegg" width="468" /><br />Emmanuelle de Negri © Opéra de Dijon-Gilles Abegg</p>
<p><strong>Folâtre et pétillant</strong></p>
<p>L’entrée de l’Amour traînant son sac de flèches (il y en a beaucoup et c’est lourd) donne le ton d’emblée. Il y a un esprit Kosky. Un subtil mélange de lecture scrupuleuse des œuvres (voir son récent<em> Rosenkavalier </em>à Munich ou ses iconoclastes, drolatiques et grinçants <em>Meistersinger</em> de Bayreuth), d’émotion vraie, de sens impeccable du timing, de respect des chanteurs, de second degré très <em>queer</em>.</p>
<p>La scène est presque tout entière occupée par une énorme boîte blanche, boîte à malices dont le couvercle se soulèvera pour découvrir le lieu des douleurs de l’amour, surélevé par rapport au plateau. C’est là qu’Alphise et Abaris chanteront le chapelet d’airs magnifiques que leur réserve Rameau, à commencer par le fameux « Un horizon serein » d’Alphise, grande scène douloureuse à laquelle <strong>Hélène Guilmette</strong> prête de poignants accents de vérité. Lui répondra bientôt le pathétique « Charmes trop dangereux » de <strong>Mathias Vidal</strong>/Abaris, qui compose un personnage désarmant de sincérité, avec son sage petit costume et ses lunettes sérieuses. L’un et l’autre appuient constamment leur chant sur les mots du texte pour trouver le délicat équilibre entre la musique et le jeu d’acteur.</p>
<p>La performance du chœur est particulièrement étonnante. Barrie Kosky et le chorégraphe <strong>Otto Pichler</strong> le sollicitent constamment et le font danser, bouger, habiter la scène, participer à l’action, et rivaliser avec les six danseurs (brillants). De même qu’Emmanuelle de Negri, <strong>Sébastien Droy</strong> et <strong>Yann Dubruque</strong> (les deux fils de Borée, excellents vocalement) qui eux aussi participent à la chorégraphie et semblent parfaitement à l’aise avec leur corps (tout en chantant, ça va de soi). C’est cette légèreté, ce côté folâtre et pétillant, qui donne de la grâce à ce spectacle et l’on sait que Barrie Kosky a une dilection assumée, et très berlinoise (même s’il est australien), pour la comédie musicale et la revue.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/les-boreades2coperadijon-gillesabegg.jpg?itok=sc_FEndC" title="©Opéra de Dijon-Gilles Abegg" width="468" /><br />
	© Opéra de Dijon-Gilles Abegg</p>
<p><strong>Non, Rameau n&rsquo;est pas statique</strong></p>
<p>On sent constamment son souci d’animer la scène, et d’ailleurs Rameau a ménagé de nombreux divertissements, au fil d’une intrigue-prétexte, avec une collection de danses en tous genres, tel ce Rigaudon endiablé de l’acte deux que la décoratrice Katrin Lea Tag place sous une pluie de fleurs géantes tombée du ciel ou cette Gavotte juste avant l’entracte, où Emmanuelle de Negri est particulièrement épatante… ou ce Menuet très <em>punchy</em> du troisième acte « Jouissons de nos beaux ans », qui redonne une frétillante verdeur à l’octogénaire Rameau. Derrière tout cela, Emmanuelle Haïm et les musiciens du Concert d’Astrée, pimpants, goûteux, toniques, enjoués, fruités… aussi bien qu’attentifs et sensibles pour les « airs tendres » et les « airs gracieux ».</p>
<p>Non moins réussies les scènes d’effroi et de désolation après le passage de vents furieux lancés par la colère de Borée. Gravats, fumerolles, oiseaux morts, chœur gémissant (« Nuit redoutable »), Mathias Vidal impressionne dans les airs de déréliction, puis de colère (« Fuyez, vents orageux, volez, zéphyrs… ») que lui ménage Rameau.</p>
<p>Les scènes de la fin, sous une une chute de poussière d’argent tombant des cintres, mettront en valeur <strong>Edwin Crossley-Mercer</strong>, impressionnant de timbre et de diction (et de présence) dans le double rôle d’Adamas/Apollon et la composition physique de <strong>Christopher Purves</strong> (au français plutôt pittoresque) dans le rôle de Borée.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/op.les_.boreades12.operadijon.gillesabegg.jpg-1140x760.jpg?itok=w31-hoB9" title="©Opéra de Dijon-Gilles Abegg" width="468" /><br />
	©Opéra de Dijon-Gilles Abegg</p>
<p><strong>Pour le plaisir de comparer</strong></p>
<p>On pourra s’amuser à comparer cette version Haïm/Kosky avec la version Carsen/Christie de 2003 au Palais Garnier, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=JlVsEnOpCao&amp;t=1874s">toujours visible ici</a>, ne serait-ce que pour entendre une esthétique vocale (et musicale) bien différente. Paul Agnew constamment splendide en Abaris tout comme Barbara Bonney en Alphise (<a href="https://www.forumopera.com/v1/concerts/boreades-garnier.htm">quoiqu’en dît Forum Opera à l’époque</a>…), de belles voix masculines (Toby Spence/Calisis, Stéphane Degout/Borilée, Laurent Naouri/Borée, Nicolas Rivenq/Apollon), des Arts Florissants à la sonorité plus opulente, un vaste chœur, la direction de Christie, généreuse, lyrique et animée, tout concourt à donner une dimension « grand opéra français » avant l’heure à ces<em> Boréades</em>. Quant à Carsen, sa lecture appuyée sur une dialectique blanc/noir, Lumière/Nuit, semblera bien majestueuse, pour ne pas dire empesée, et les chorégraphies un peu académiques, après la juvénile fantaisie du monde de Kosky. Pour l’anecdote, certains spectateurs avaient hué à la fin du 1er acte. Christie s’était alors retourné en leur rétorquant « Attendez la fin pour cracher votre venin », sous les applaudissements de l’ensemble du public…</p>
<p>Rien de tel à Dijon, où le public fit un triomphe à tous les acteurs d’une production en tous points réussie. L’édition en DVD de cette vidéo, entrecroisant habilement plans d’ensemble et détails de jeu, avec de surcroit une belle prise de son, large et détaillée à la fois, en effet s’imposait.</p>
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<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/les-boreades-vues-par-barrie-kosky-et-emmanuelle-haim-coup-de-vent-sur-rameau/">Les Boréades vues par Barrie Kosky et Emmanuelle Haïm</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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